Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 3ème et dernière partie
Ce billet fait suite à « Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 1ère partie » et Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 2ème partie ludique et divertissante
La quatrième Chambre du Tribunal de Grande instance de
Toulouse a donc rejeté la demande reconventionnelle de la
société TEGAM en réparation du
préjudice moral et matériel
allégué au motif suivant :
La SARL TEGAM INTERNATIONAL reproche à M. R.G. les atteintes tant à l'encontre du logiciel VIGUARD que de son concepteur et de la société en général, auxquelles il s'est livré par le biais d'Internet.
Ces atteintes, qui ont été portées à la connaissance du public, constituent en droit des abus de la liberté d'expression prévus par la loi du 29 juillet 1881.
Elles ne peuvent donc être réparées sur le fondement de l'article 1382 du Code Civil invoqué à l'appui de la demande de condamnation de la SARL TEGAM INTERNATIONAL.
Elle sera donc déboutée de sa demande de dommages et intérêts en réparation de son préjudice matériel et moral.

Pour la conclusion et l'arrière-goût que l'on
retient de cette affaire, je ne peux que retranscrire ici les mots
d'Eolas qui illustrent fort bien, en ces jours tragiques, le
fond de ma pensée.

Vous trouverez enfin la copie in extenso de cette décision
au bout de ce lien.

Bien entendu le site Kitekoa commente lui aussi cette décision et pour ceux qui prenne l'affaire en route, je ne vous conseille que trop que d'aller en explorer les arcanes en vous asseyant à cette bonne table.

C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 09/07/2005
(non) droit ou (in)justice
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Commentaires
Tarquine : il y a un petit bug dans le PDF, la page 4 est absente et la page 5 est en double.
Argh !! Merci je modifie le fichier ! :)
@Tarquine : Un point que j'aimerais éclaircir : Tegam a été condamnée, mais la lettre a été signée par un certain M. D. (voir ici : http://www.kitetoa.com/Images5/Tegam_condamnee/Lettre_de_denonciation-_de_Tegam_au_CNRS.jpg ).
Qu'en est-il de la responsabilité dudit monsieur ? Pourquoi n'a-t-il pas été condamné à titre personnel, solidairement avec son entreprise ? En effet, je pense, qu'en tant que gérant, il était tout-à-fait libre de ses actes (pas de chef pour lui donner des ordres contraires à sa volonté).
De plus, je trouve qu'ayant mis son entreprise en liquidation judiciaire, c'est un moyen facile pour elle d'échapper à la condamnation. Ne peut-on pas se retourner contre lui ?
Guignolito, la réponse a cette question est dans l'article 1384 alinéa 5 du Code civil :
« On est responsable non seulement des dommages que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde (alinéa premier) +
« Les maîtres et commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés (cinquième alinéa); +
Tegam est donc responsable des agissements de ses préposés.
Il est notable qu'elle n'a d'ailleurs pas rejeté sa responsabilité de ce fait (il aurait fallu pour se faire qu'elle démontre que la personne qui a signé cette lettre ait agi hors de ces fonctions, sans autorisation et à des fins étrangères à ses attributions soit exactement l'inverse des faits de l'espèce..)
Effectivement, la victime peut rechercher la responsabilité du signataire en sus de celle de son employeur mais il sera exonéré d'une quelconque responsabilité "s'il a agi sans excéder les limites de sa mission qui lui a été impartie par son commettant"
En l'occurrence, le signataire de la lettre (qui, n'était certainement pas un obscure gratte-papier...) a très certainement agi dans le cadre de sa mission...
Pour cette même raison, Tegam ne peut pas exercer contre son employé une action récursoire (afin de solliciter qu'il le garantisse des sommes qu'elle devra verser à M. R.G.) : il a agi conformément à sa mission (il suffit de voir leur inénarrable méthode de communication pour s'en convaincre...), Tegam ne peut rien reprocher à son employé.
Il est à noter que si aucune précision n'est apportée dans le jugement quant à ces dispositions, c'est que personne, ni en demande, ni en défense ne les avait soulevées (la règle de droit étant acquise pour les deux parties).