L'hétérophobie ? Parlons-en !
Hier soir, j'avais commencé un billet, un billet pour dire
que je ne comprenais pas comment au 21 ème siècle on
pouvait condamner au nom de la morale, des couples à ne pas
avoir d'enfants.
Il commençait ainsi :
« Je n'aime pas les moules.
Ceux où l'on doit entrer pour contenter tout le monde au prétexte fallacieux qu'il n'y a qu'une façon d'être accepté.Ceux où l'on vous enferme en fonction de votre statut social, de votre sexe ou de la couleur de vos yeux.
J'ai offert des garages à ma fille et des poupées à mon fils. Même si dorénavant la première ne jure que par le rose et le second par les survêt.
Avant même de me retrouver éperdument seule avec mes trois énergumènes, je savais combien ces affreux-là m'étaient, viscéralement, intrinsèquement, essentiels.
Ce n'est pas d'être hétérosexuel qui fait naître le désir d'enfant et on ne demande pas aux parents de passer un examen pour avoir des marmots.
Être hétéro n'a jamais été l'assurance d'être un parent parfait... »
Aujourd'hui j'ai lu le billet d'Alexia alors je vais
compléter le fond de ma pensée et
préciser que quand je lis cette prose je ne peux
m'empêcher d'y sentir les remugles de
l'hétérophobie.
Je suis désolée mais moi je n'y vois que le
recours à la caricature pour mieux dresser des murs,
exactement du même acabit que ceux qui s'imaginent que les gays
sont tous des grandes folles irresponsables et les lesbiennes de
mauvaises mères.
Non, les hétéros sont pas tous des gros beaufs
qui se gonflent de leur virilité en comptant le nombre de
marmots dont ils ont engrossé leur morue en puant la
bière.
Quant au petit couplet sur la famille de con, il me fait vomir. Il me
fait penser à ces gays vieillissant qui ne supportent
même plus la présence d'un enfant ou de certaines
qui hurlent de rire en traitant de vaches à lait celles qui
choisissent d'allaiter leur enfant.
Combattre l'intolérance par l'intolérance est un
mauvais combat et ce n'est pas en s'envoyant des caricatures
à la figure que les choses avanceront, loin de là.
Être homo ou hétéro ne change rien
quand il s'agit d'élever des enfants. Et je connais quant
à moi des couples homosexuels qui ne demanderaient rien de
mieux que de mener la vie des couillons que l'on montre du doigt en se
couchant tôt après avoir fait les devoirs avec
leur enfant. Est-ce que cela fait d'eux des auteurs de famille de cons ?
Cela feraient-ils d'eux d'aussi couillons que ces
hétéros que l'on brocardent aujourd'hui ?
Et que penser de ces hétéros qui n'en n'ont pas
eux des enfants ? Qui n'en veulent pas et qui ont le droit, ils sont
quoi dans ce tableau aux colonnes si bien
séparées ?
Je trouve hallucinant que l'on puisse d'emblée et de facto
interdire à des homosexuels d'avoir des enfants. Mais je ne peux
m'empêcher de penser que ce genre de discours
pétris de lieux-communs faciles est vraiment la preuve qu'il
reste pas mal de chemin à faire pour tolérer
qu'être parent n'a rien strictement rien à voir
avec la sexualité...
Et que faire des moules pour en combattre d'autres n'est pas un bon calcul.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 30/06/2005
De bric en vrac
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Commentaires
C'est marrant, je n'ai pas fait la même lecture du billet que vous. Je l'ai pris au second degré. Comme une façon de retourner un argumentaire trop souvent entendu par les gais et lesbiennes. Juste une façon d'inverser les rôles pour une fois.
effectivement le billet cité, même plein d'humour, revenait à dresser une caricature contre une autre. Cela dit je connais des familles qui ressemblent exactement à celles décrites, même si la mienne non (enfin j'espère). Je crois que beaucoup ne comprennent pas encore qu'être parent n'a rien à voir avec la sexualité mais beaucoup plus avec de l'amour (filial) et un certain sens des responsabilités. Je connais des couples homosexuels chez qui des enfants pourraient être heureux (et des couples hétérosexuels qui rendent les leurs malheureux). D'une façon plus générale j'ai du mal à croire à la répartition des tâches père-mère et homme-femme que la société tend à nous imposer même si beaucoup ne la remettent pas en cause, parce qu'elle leur convient sans doute relativement bien.
Et j'en ai moi aussi marre (ça vaut pour un peu tout les domaines) de tous les tableaux aux colonnes bien séparées qu'on veut nous faire adopter. C'est quand même terrible de se trouver contraints quoi qu'on fasse d'entrer dans des catégories.
Amusant, j'ai ressenti un peu la même chose que toi en lisant ce post. Sauf que je me suis abstenu d'y répondre sur le coup pour éviter une réponse beaucoup moins nuancée que la tienne.
Je suis obligé (mon cote macho qui ressort :)) d'admettre que la justesse de ton jugement me scie à chaque fois.
Diantre, veuve Tarquine ! Vous avez là l'occasion d'aller nous définir séance tenante le mot remugle sur wikipedia. J'ai jeté un oeil sur quelques dictionnaires en ligne et je comprends donc la phrase "sentir les remugles de hétérophobie" par quelque chose comme "les mauvaises odeurs, mauvais côté de l'hétérophie"...
Bref, nous avons besoin de vous :). Aidez nous à comprendre et apprendre sans plus tarder ce mot si séduisant.
Tarquine,
Il est sûrement exact que la colère et le second degré ne font pas bon ménage. Ce qui devait être un billet pour démonter certains arguments homophobes qui ne veulent pas dire leur nom, s'est laissé envahir par la colère... La colère, n'est sans doute pas bonne conseillère, mais elle m'a jusqu'à aujourd'hui permis de rester en vie de nombreuses fois... Alors si tu ressens de la violence dans mes mots, c'est vrai. Mais elle ne s'adresse à toi que par ricochet et elle n'est que le millième de ce que je peux ressentir quand je lis le neuro et certains de ses commentateurs... D'ailleurs pourquoi ne trackback-tu pas le billet de ce dernier, par exemple. Est-ce que la violence minoritaire est plus choquante : pourquoi serais-je sensé sourire et débuter une agréable conversation avec ceux qui décrivent la marche politique de ma communauté (désolé pour le gros mot) comme des gens qui se trémoussent sur des chars ?
Oui, les homosexuels seraient (ou sont) de bons parents, enfin pourquoi seraient-ils pires que les heteros ? Ce qui fait peur, c'est le regard des gens sur ces enfants les premiers temps. Notamment les moqueries des autres enfants a l'ecole. Les debuts seront durs pour eux... Mais j'imagine qu'il faut en passer par la pour faire evoluer les mentalites ?
« D'ailleurs pourquoi ne trackback-tu pas le billet de ce dernier, par exemple. »
Parce que je ne l'ai pas lu et que ton billet ne pointait pas sur lui.
J'ai également voulu réagir sur ce texte hier mais je n'ai pas trouvé les mots. Ou plutôt je ne savais pas si je devais m'insurger contre la caricature du parent hétéro (pauvre de nous) et le cloisenement qu'on recherche à imposer entre des groupes soi-disant différents ou au contraire m'insurger contre notre société qui met tant de temps à évoluer. En fait ce texte nous montre qu'homo ou hétéro, (ahhh j'aime pas ces deux mots) on n'est pas différent et qu'au final (tiens c'est marrant) on a envie des mêmes choses. Enfin même s'il y a encore beaucoup de chemin à faire en France, saluons l'Espagne qui vient d'adopter la loi sur le mariage homo et le droit d'adoption également. C'est le quatrième pays à faire ça après les Pays-Bas, la Belgique et le Canada avant-hier.
Non, je n'ai volontairement pas fait de commentaire chez lui, ni fait de trackback (même si neuro l'a fait pour moi) : parce que les discussions comme tu voudrais que j'en ai (et qui sont effectivement peut-être plus constructives), j'ai la sensation d'en avoir déjà eu des miliers : à expliquer pourquoi "enculé" est une insulte homophobe, réagir aux propos des "je ne suis pas homophobe, mais..." ou "pourquoi voulez-vous vous marier, c'était mieux avant quand vous faisiez la fête..." J'en ai assez d'expliquer et de faire de la pédagogie en serrant les dents. Et puis pour ce qui en est de dresser des murs, je ne me sens aucunement responsable des murs que ceux qui ont le pouvoir ont dressé pour me mettre à part. Peut-être même que foncer la tête la première dedans est le meilleur moyen de les fissurer. N'est-ce pas l'idée de la négritude ?
« les discussions comme tu voudrais que j'en ai »
Je n'ai jamais eu d'exigence de la sorte, pas plus que celle de ne pas citer un billet que je n'ai pas lu. Et je n'ai rien dit d'autre que ce que j'ai écrit plus haut. Pas plus que je ne devine les non-dits, il ne faut m'en imputer...
Je complète mon commentaire dont la rédaction paraît bien sèche en indiquant que je comprends fort bien ce qu'est la colère (moi qui en abuse tant !) et qu'elle donne parfois aux mots un relief qu'ils ne devraient pas avoir.
En effet, tu as raison. Mais ce que tu me reproches c'est bien de "faire des moules pour en combattre d'autres" ? Tu penses, si j'ai bien compris, que ma stratégie n'est pas la bonne. Mais je n'ai plus de stratégie : je suis en colère. Et la colère des gens d'Act Up a sûrement bien plus fait avancer les choses que cinquante ans d'une association comme Arcadie qui pronait un dialogue courtois avec la société : sauf qu'un dialogue courtois dans le cadre d'un rapport de force, ça finit toujours de la même manière : le faible mange des claques en souriant. Et plus personne ne l'entend.
Je fais partie des hétéros qui n'ont pas mal pris le texte d'Alexia.
Il ne m'a pas fait rire, je l'ai trouvé très bien ciblé. De la même façon que certains hétéros cataloguent et caricaturent les homos, il a catalogué et caricaturé les hétéros.
Effectivement, il faut peut-être avoir lu d'autres blogs et être resté sur le c*l devant certains propos pour comprendre la colère d'Alexia. Je cite par exemple: "être homo n’est pas un état équilibré".
Et je n'ai pas ressenti une "hétérophobie", mais bien une dénonciation de propos que je considère inacceptables.
Mais maintenant, reprenons: la gay-pride c'est naze, les posts comme ceux d'Alexia puent. Faut faire quoi pour faire avancer les choses?
Le billet d'Alex comme le billet de Matoo ou de Raindrops, je les ai lus en pensant à des tas de choses qui n'ont rien à voir avec la distinction homo/hétéro, mais qui ont à voir avec la pression que fait subir le groupe le plus fort qui impose ses modèles à ceux qui ne sont pas comme eux.
Ce sont des billets magnifiques qui disent ce que c'est que de devoir se taire ou mutiler une part de soi-même qui n'est pas dans la norme, une part cachée.
Je n'ai pas eu l'impression pour ma part de lire une attaque contre les héteros, mais surtout une attaque contre les bandes de cons.
Moi le petit couplet sur la famille à la con, je dois dire qu'il me fait rire, peut-être mesquinement mais ça fait de bien aussi, ce genre d'insolence.
Alex, je n'ai pas de baguette magique ni de recette miracle, j'ai juste la certitude que la caricature, a fortiori quand on parle de parentalité, est une connerie et ne sert qu'à donner des certitudes à ceux qui pensent que seuls les hétéros peuvent être des parents dignes de ce nom.
Je t'ai vu accompagnée de trois enfants au pique-nique et je suis sûr que tu t'y connais beaucoup mieux en parentalité que moi. Sinon merci pour "ces gays vieillissants qui ne supportent même plus la présence d'un enfant" ; )
« la gay-pride c'est naze, les posts comme ceux d'Alexia puent. Faut faire quoi pour faire avancer les choses? » Tomber d'un excès dans l'autre est visiblement une formule aisée. C'est tellement plus facile de lire ce que je n'ai pas écrit.
« Ce sont des billets magnifiques qui disent ce que c'est que de devoir se taire ou mutiler une part de soi-même qui n'est pas dans la norme, une part cachée. » non je moi je n'y ai pas lu cela, mais plutôt le rejet -par réaction- de ce que représente l'autre. La lecture est subjective par nature :)
Alex, je ne pensais pas exactement à Paris-Carnet en écrivant cela... Et pour l'avoir déjà vu, je sais combien cela est vrai chez certain (c'est du même tonneau que les réactions de certaines personnes âgées, soit dit en passant). Cependant, comme on a le droit de vouloir des enfants, on a le droit de ne pas en vouloir ou de ne pas les aimer sans en tirer de généralité. C'est aussi le sens de mon billet.
En effet, vous n'avez pas dit que la gay-pride était naze. Je retire.
Non, les hétéros sont pas tous des gros beaufs qui se gonflent de leur virilité en comptant le nombre de marmots dont ils ont engrossé leur morue en puant la bière.
:-)))
Ca me fait rire aux larmes ... enfin presque ... je vais de ce pas lire le billet d'Alex.
Soyons clairs. Je suis très tolérant et je défends toutes les minorités, je suis hétéro et mes meilleurs amis sont gays. Il est vrai qu'en Argentine être gay n'est pas un problème majeur et que la société les a intégrés depuis fort longtemps même si le mariage et l'adoption sont encore des problèmes non résolus.
J'a,i comme Tarquine, été un peu choqué par la violence et le l'agression de certains articles publiés dans les blogs. Je l'ai considéré comme de la colère plus que comme une espèce d'hétérophobie, cela étant dit :
Le billet de Tarquine est empreint de la plus grande tolérance que qu'on puisse avoir sur ce sujet.
Et vous m'avez gonflé, les mecs, d'une manière exceptionnelle.
Alors continuer à défendre vos droits, à émettre vos renvendications, nous seront tous derrière vous. Mais arrêter de me brouter la prostate avec vos agressions gratuites.
Je n'ai pas lu le billet d'alexia, ce com n'entre pas dans ce débat, juste une envie de partager mon sentiment...
Le désir d'enfant est toujours légitime, hétéro ou pas. Le non désir aussi d'ailleurs. Ce qu'il y a c'est que dans ce genre de débat, il est difficile d'être ailleurs que dans des généralités, alors que c'est tellement intime, tellement personnel. Dans des phases de colères et de révoltes, que j'ai connu quand j'ai été confrontée à ce désir qui ne pouvait se réaliser, j'ai pensé des absurdités comme: " c'est injuste! Quand je pense à tout ces cons qui font des enfants à la pelle!" La colère nous fait dire tant de bêtises... Qui je suis moi pour juger du con qui n'aurait pas droit à l'enfant? Hétéro ou pas? Et puis j'ai grandi dans une famille avec des parents hétéros et pervers, je ne voudrais pas qu'on les ait empêché de faire des enfants, je n'ai même plus de regret d'avoir eu ces parents là, c'est mon identité aujourd'hui. Alors, oui, biensur, il faut protéger les enfants, mais aussi il y a plus urgent comme protection! Laissons les homos être parents s'ils le veulent, laissons les hétéros être parents s'il le veulent. Et protégeons les enfants de l'inceste, du viol, des coups! cela me paraît plus important!!! La protection n'est pas, je crois, d'empêcher les couples d'avoir des enfants, c'est de pouvoir intervenir quand ces couples deviennent dangereux pour la survie de leurs enfants. Non?
C'est sûr qu'une meilleure protection des enfants, notamment des enfants pauvres est une priorité dans ce pays. Il ya eu toutes sortes d'article, cet hiver sur leur nombre et la gravité de la situation. A part les propositions d'Emmaus, aucune mouvement.
Quant à l'hétérophobie, même pour rire, c'est vraiment lassant. De quoi décourager les bonnes volontés. C'est dommage, c'est ce dont on manque le plus dans cette société.
les minorités s'enferment au lieu de s'ouvrir. Moi, quand je dis que je ne vais pas à la gay pride, je me fais traiter de fausse lesbienne, etc...à l'intérieur même nous sommes rejetées !!! il ne faut pas prendre en compte les idioties d'un côtés ou de l'autre, et comme disons enrico macias : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Jésus disait ça aussi, mais bon....(huhuh)
Et là je dois réagir comment : en rire ou en pleurer ? Parce que je ne peux m'empêcher de comprendre dans le commentaire de Wendy : Vous pouvez gueuler, mais pas trop fort. Et ça aussi ça me gonfle. Et puis entendre Sophie se plaindre de l'hétérophobie pour le coup c'est un peu fort. Que mon texte puisse être perçu comme hétérophobe, ok j'assume, mais je ne pense pas que l'hétérophobie soit une préoccupation quotidienne pour qui que se soit : l'homophobie, le sexisme, le racisme, l'antisémistisme sont de vraies préoccupations au quotidien pour beaucoup de gens : aller voir chez Raindrops.
« mais je ne pense pas que l'hétérophobie soit une préoccupation quotidienne pour qui que se soit » Oui, tu as parfaitement raison.
Alex, je pense qu'opposer homo à hétéro ne peux que conduire à de pures incompréhensions notamment en ce que les uns ressentent comme une agression et les autres une revendication. (quelque soit leur orientation sexuelle d'ailleurs comme le démontre la lecture de Samantdi et la mienne :)
Et je te proposerais bien de roter après une bonne bière au Paris-Carnet mais je déteste ce breuvage.
Reste à savoir si le "coca rondelle" autorise des prouesses en éructations sonores...
Je n'ai pas dit que c'était une préoccupation quotidienne, je trouve simplement ce comportement déplacé et pas vraiment engageant. Justement en tant qu'hétéro, c'est le genre des blagues qui me surpend chez mes amis non hétéro. Comme si on devait encore en être là de part et d'autre ! Quant à la revendication de mon statut, je ne me plains de rien :-)
"Et là je dois réagir comment : en rire ou en pleurer ? Parce que je ne peux m'empêcher de comprendre dans le commentaire de Wendy : Vous pouvez gueuler, mais pas trop fort. Et ça aussi ça me gonfle" Le prendre comme un coup de gueule amical, ou serions nous les seuls à ne pas pouvoir le faire ?
Oui je peux le faire ! et pour le coca rondelle no problemo, ça marche aussi avec le perrier tranche, plus difficile avec la vittel grenadine, mais je suis toujours prêt à de nouvelles expériences.
_je trouvela réponse de luciole assez pertinente je découvre le blog et lcelui de veuve tarquine pioché dans une revue informatique du mois de mai, et cela grâce à l'emission envoyé spécial du jeudi 23 juin . la réponse de luciole est tout à fait ce que je pense. je reviendrais assez souvent sur ton blog et je le recommanderai
Je suis nul. Je ne sais même pas ce qu'est un rétrolien, bien que j'ai une vague idée de son utilité, et je suis donc incapable d'en faire.
Pourtant, le débat suscité et sus-cité entre Tarquine et Alexia me taquine fort, et me pousse à tartiner des pages et des pages de commentaires que j'ai bien envie de mettre en ligne quelque part.
Je suis directement visé par la colère d'Alexia. je suis hétéro, et donc inévitablement buveur de bière et engrosseur de truies avec rots à l'appui. Je me dois de me faire le courageux défenseur des buveurs de bière.
J'ai été étonné et admiratif de la modération de Tarquine face au billet scandaleux d'Alexia. Sa colère (celle d'Alexia) ne justifie rien, n'excuse rien, et l'hétérobeaufitude pourra d'autant plus s'épanouir et s'autojustifier que ce genre de colère s'étalera. La pratique de la généralisation sommaire, de la caricature et de l'amalgame est odieuse, et ne peut jamais être excusée quelque soit la difficulté quotidienne. Mais il faudrait développer davantage.
Alors à mon tour j'ai eu envie de réagir, puis une fois calmé j'ai eu envie de réfléchir, et il m'en est sorti un projet d'une bonne dizaine de posts, que je vais peu à peu mettre en ligne dans mon blogue favori.
Mais d'avoir réfléchi ne m'a pas vraiment satisfait, et je dois ici redire que franchement, parler comme l'a fait Alexia, revient pour elle à hurler avec les loups et donc à donner aux loups le blanc-seing inespéré, la carte blanche, l'autorisation, la bénédiction, l'absolution. Elle est la complice de ses persécuteurs, et leur caution solidaire.
Et toutes les atténuations qui suivent, du genre "mais non je n'ai pas voulu dire ceci ou cela", ou bien "mais j'étais en colère alors vous comprenez", ou encore "mais ce n'est pas à vous que je pensais" sont des reculades et des faux-semblants qui cachent mal la véritable pensée d'Alexia à l'encontre des hétéro, qui bien que majoritaires n'en sont pas moins respectables aussi dans leur généralité et dans leur individualité.
C'est forcément à moi qu'Alexia pensait dans sa description puisque je suis hétéro et que l'amalgame et la généralisation qui sont vautrées dans son billet ne me donnent aucune échapatoire (ou aucun, je ne connais même pas le genre d'échappatoire).
Rendez-vous ailleurs pendant les quinze jours qui viennent, je suis lent à produire et mon projet est encore faiblard.
@andrem: Ce que vous dites est très juste. Par exemple, j'aime beaucoup quand vous dites : "C'est forcément à moi qu'Alexia pensait dans sa description puisque je suis hétéro et que l'amalgame et la généralisation qui sont vautrées dans son billet ne me donnent aucune échapatoire."
Maintenant comprenez que ce que vous venez de ressentir à la lecture du texte d'Alexia, nous homos, le ressentons tous les jours. Et je dis bien : tous les jours. Pas seulement une fois par hasard en tombant comme vous sur un billet un peu virulent sur un carnet web.
Alors on fait quoi ? On se laisse faire ? Ou alors on dénonce poliment, et dans ce cas on nous accuse de revendiquer des droits exhorbitants, on nous traite de paranos, on nous soupçonne de faire de la martyrologie ? Ou bien on fait comme Alexia, on retourne simplement le miroir pour vous faire vivre un seul instant ce que nous vivons tous les jours, et dans ce cas on nous accuse de colère stérile ou contre-productive ? Décidément, on perd à tous les coups...
La société nous refuse déjà un certain nombre de droits élémentaires. Merci à vous de ne pas nous refuser le droit à la colère, une fois de temps en temps.
Pascal > J'imagine la violence que vous subissez tous les jours en tant qu'homosexuel, effectivement cette situation est intolérable et doit être nerveusement épuisante. Je comprends tout à fait que la colère vous envahisse et je ne vous le reproche pas ... La seule chose que je juge maladroite dans le billet d'Alexia c'est qu'en généralisant il a en partie touché des personnes ne le méritant pas ... Je ne vous demande pas d'être modérés dans vos critiques ou politiquement correct, votre colère est justifiée. Mais de grâce, ne vous trompez pas de cible ...
La cible est assez floue, alors parfois, il y a quelques dégâts collatéraux... :-)
Plus sérieusement, si ce billet vous a vexé, il ne vous rendra pas "homophobe" (le terme est un peu fort, mais vous voyez ce que je veux dire). En revanche, il est probable que quelques personnes peu sensibilisées aux problèmes des homos le soient désormais. Globalement, le bilan est positif.
Evidemment, il faut rester modéré : si l'on n'écrivait que des billets aussi agressifs, ça serait clairement contre-productif. Mais justement, ce n'est pas ce que l'on fait : si vous lisez de larges extraits du blog d'Alexia ou du mien, vous verrez que la plupart de nos billets militants font plus appel à la raison qu'à l'émotion...
Pascal: C'est précisément parce que je sais pertinemment que ce que j'ai ressenti ponctuellement en lisant le billet est un ressenti permanent pour bon nombre d'homosexuels que je le trouve particulièrement contre-productif.
Et je dis exactement le contraire du laisser-faire, ce que tu me soupçonnes de plaider. Euh, je tutoie assez volontiers sur les espaces virtuels et je ne voudrais pas que ce sois mal ressenti, je tutoies aussi sur les espoaces réels d'ailleurs, aucune condescendance bien sûr, mais plutôt une sorte de tutoiement républicain, d'accord?
Pas de laisser-faire, donc, mais des tonnes de réflexions, des pages de dissertation, des milliers de billets sur nos blogues. Nous ne convaincrons pas les cons de ne plus l'être, mais nous ne leur donnerons pas de bonnes raison de le rester.
Et si Tarquine, dont nous squattons allègrement l'espace vital, l'accepte, je poserai sur ce fil l'adresse de mon blogue (je ne sais pas faire de trackchose ou des rétroviseurs comme ils disent, enfin des mots qui ressemblent à ces mots et qui sont le secret de Madame Acheté-Haimèle, que je n'ai pas l'honneur de connaître).
A bon entendeur, salut et fraternité.
j'ai lu le billet d'Alexia, et en suivant le raisonnement de Andrem, j'aurais du me sentir attaquée en tant que truie hétéro
Or ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti. J'y ai vu de l'exaspération face toujours aux mêmes arguments, ceux de la pensée malheureusement dominante, qui tolère du bout des lèvres l'homosexualité mais à condition toutefois qu'elle ne soit pas trop visible, qu'elle ne s'affiche pas, et qu'elle ne revendique pas, genre (en caricaturant à peine) "en France l'homosexualité n'est pas un délit, ils ont le pacs alors qu'est ce qu'ils viennent nous faire chier à vouloir être égaux ?" Alors dire qu'Alexia construit des murs, cloisonne, c'est être un peu myope, les murs existent déjà, Alexia n'a fait que repeindre l'autre face du mur, avec un contre argumentaire qui m'a fait plus sourire et me sentir solidaire qu'autre chose. Le billet de Matoo qui a été cité dans les commentaires m'a également fait réfléchir, je l'ai trouvé un peu culpabilisant dans la mesure où je me suis sentie impuissante et démunie, puisque j'avais le sentiment qu'il avait raison mais que je ne vois pas du tout ce que je peux faire...
Les barrières ne viennent pas de gens comme Alexia, Matoo, le Roncier ou Raindrops. Je pense même que leur façon de parler d'hétérophobie n'est rien d'autre qu'une manière de dénoncer l'homophobie autrement que par des grands discours sur l'égalité, en plaçant les hétéros pour une fois sur la sellette, en retournant la situation. Non franchement, je n'ai vu aucune hétérophobie, juste une caricature de nos comportements (à nous hétéros) même lorsque nous sommes animés des meilleures intentions du monde, et que nous nous croyons tolérants (je n'aime pas ce mot, pour moi il a une connotation de supériorité... et la seule supériorité en l'occurrence est une supériorité numérique)
Mosca, je te suis sur bien des points dans ton approche. Si Alexia m'a fait réagir, ce n'est pas pour la cantonner au titre de je ne sais quelle tolérance; ce n'est pas non plus au nom d'une société où soit disant les homosexuels ont gagné largement leurs droits.
Déjà, nous sommes loin du compte en matière de droits; de plus nous sommes encore plus loin en matière de comportements. Nous avons tous encore un grand chemin à parcourir.
C'est pourquoi le soi-disant "miroir" que nous tendrait Alexia, pour reprendre l'expression de Pascal, est une régression dans le combat qui reste à mener, une sorte de balle qu'elle se tire dans le pied. Il est vrai que nous sommes en France les champions du monde des balles dans le pied. C'est cette attitude contre-productive que je dénonce. Qu'elle soit motivée par la persécution, le racisme hétérobeauf quotidien et ordinaire, je le comprends. Mais ce racisme n'attend que cette forme de colère impuissante et injuste pour se renforcer. Et le "miroir" qu'on me tend est en réalité une caricature qu'on m'inflige et qui du coup me faire perdre toute envie de continuer à me battre.
La cause des homosexuels n'est pas la cause des homosexuels. Elle est la cause de la civilisation toute entière, enfin celle que, homos ou zétéros, nous aimerions construire; et si chacun s'imagine qu'il pourra le faire dans sa communauté, il est planté d'avance.
Ce que j'écris là vaut pour tout ce qui est minoritaire et décalé, volontairement ou involontairement. Un point est essentiel, et Mosca dit clairement ce que j'ai dit ailleurs et ce que je redirai tant qu'il faudra: il est hors de question de parler de tolérance. Ce n'est pas de tolérance que les homosexuels ont besoin, ni d'intolérance non plus. Et je me méfie d'emblée de quiconque prend un air patelin pour me dire: les zomos, mais je suis très tolérant et je les accepte. Il n'y a ni à les tolérer ni à les accepter, il y a seulement à ne même pas devoir se poser cette question.
L'homosexualité est aussi naturelle que l'hétérotude, elle fait partie de la condition humaine, comme le nez au milieu de la figure. Notre travail est qu'un jour on ne pense même pas à s'interroger sur sa présence. Je ne militerai jamais pour le droit à la différence mais pour le droit à l'indifférence. Voilà.
Et j'écris ailleurs longuement pour tenter d'éclairer ma propre lanterne, parce que le sujet n'est pas si simple.
Amitiés à Mosca.
J'ai fait une erreur, une de plus, dans le lien vers le site Web en préparant mon billet précédent, celui en réponse à Mosca. Alors, le voici corrigé sur ce nouveau billet.
Un jour je me suis disputé avec madame Acheté-Aimèle, et depuis elle m'en veut.
Je réagis à ce billet en faisant savoir que -désolé , mais on n'est tous le raciste de quelqu'un, l'hétérophobie , en fait partie , elle est une attitude parfaitement condamnable , du simple fait que le racisme l'est. Cependant , il existe des homos qui songent qu'ils en ont plus que marre de voir autour d'eux des couples hétéros qui se permettent ce qu'ils condamnent, marre de devoir aux hétérios des droits qui nous sont acquis , marre d'avoir à subir leur homophobie sans que cela engendrent en nous les conséquences de leur attitude. Désolé , mais je ne cautionne ni ce terme , ni ne le prend pour conséquent et donc réaliste , si jamais ce sentiment s'apparentait à du racisme , il ne serait le fait que de quelques homos isolés. Cette attitude ne se vérifie pas. Ne pas réagir à leur encontre en étant "hétérophobiques", laissez-moi rire! Leur attitude a engendré une révolte naturelle et légitime. C'est une liberté de pensée et d'expression de nos ressentis. Tout de suite les grands mots:l'hétérophobie. A force de vouloir donner des dénominations à tout, on en deviens ici , des démagogues grotesques.
« A force de vouloir donner des dénominations à tout, on en deviens ici , des démagogues grotesques. » Pardonnez-moi mais votre prose m'est particulièrement absconse de sorte que je pense avoir mal compris le fond de votre commentaire.
Seriez-vous en train de nous démontrer qu'à force d'être au chômage on a le droit d'en vouloir aux arabes qui ont le mauvais goût d'avoir du boulot et de le clamer ou d'être mysogyne au principe que certaine ont du talent etc ... ? (Tout autre démonstration parfaitement oiseuse fera l'affaire) Croyez-vous sincérement que l'attitude de quelqu'uns justifie que l'on condamne tous les autres ? Vous vous achetez alors une bonne conscience pour pas très cher... Permettez-moi quant à moi d'avoir d'autres valeurs, d'autres aspirations sociales... Je ne m'étais pas beaucoup trompé quand je disais que d'aucuns élèvent des murs...