Hier soir, j'avais commencé un billet, un billet pour dire que je ne comprenais pas comment au 21 ème siècle on pouvait condamner au nom de la morale, des couples à ne pas avoir d'enfants.

Il commençait ainsi :

« Je n'aime pas les moules.
Ceux où l'on doit entrer pour contenter tout le monde au prétexte fallacieux qu'il n'y a qu'une façon d'être accepté.Ceux où l'on vous enferme en fonction de votre statut social, de votre sexe ou de la couleur de vos yeux.

J'ai offert des garages à ma fille et des poupées à mon fils. Même si dorénavant la première ne jure que par le rose et le second par les survêt.

Avant même de me retrouver éperdument seule avec mes trois énergumènes, je savais combien ces affreux-là m'étaient, viscéralement, intrinsèquement, essentiels.

Ce n'est pas d'être hétérosexuel qui fait naître le désir d'enfant et on ne demande pas aux parents de passer un examen pour avoir des marmots.

Être hétéro n'a jamais été l'assurance d'être un parent parfait... »



Aujourd'hui j'ai lu le billet d'Alexia alors je vais compléter le fond de ma pensée et préciser que quand je lis cette prose je ne peux m'empêcher d'y sentir les remugles de l'hétérophobie.

Je suis désolée mais moi je n'y vois que le recours à la caricature pour mieux dresser des murs, exactement du même acabit que ceux qui s'imaginent que les gays sont tous des grandes folles irresponsables et les lesbiennes de mauvaises mères.

Non, les hétéros sont pas tous des gros beaufs qui se gonflent de leur virilité en comptant le nombre de marmots dont ils ont engrossé leur morue en puant la bière.

Quant au petit couplet sur la famille de con, il me fait vomir. Il me fait penser à ces gays vieillissant qui ne supportent même plus la présence d'un enfant ou de certaines qui hurlent de rire en traitant de vaches à lait celles qui choisissent d'allaiter leur enfant.

Combattre l'intolérance par l'intolérance est un mauvais combat et ce n'est pas en s'envoyant des caricatures à la figure que les choses avanceront, loin de là.

Être homo ou hétéro ne change rien quand il s'agit d'élever des enfants. Et je connais quant à moi des couples homosexuels qui ne demanderaient rien de mieux que de mener la vie des couillons que l'on montre du doigt en se couchant tôt après avoir fait les devoirs avec leur enfant. Est-ce que cela fait d'eux des auteurs de famille de cons ? Cela feraient-ils d'eux d'aussi couillons que ces hétéros que l'on brocardent aujourd'hui ?

Et que penser de ces hétéros qui n'en n'ont pas eux des enfants ? Qui n'en veulent pas et qui ont le droit, ils sont quoi dans ce tableau aux colonnes si bien séparées ?

Je trouve hallucinant que l'on puisse d'emblée et de facto interdire à des homosexuels d'avoir des enfants. Mais je ne peux m'empêcher de penser que ce genre de discours pétris de lieux-communs faciles est vraiment la preuve qu'il reste pas mal de chemin à faire pour tolérer qu'être parent n'a rien strictement rien à voir avec la sexualité...

Et que faire des moules pour en combattre d'autres n'est pas un bon calcul.