Saveur singulière — C'était le mois des examens, le mois où j'étais certaine d'avoir tout raté, où je n'avais plus qu'une idée en tête c'était que tout soit enfin terminé pour pouvoir fuir comme une dératée vers la session musicale de Saugues début juillet.

Plus tard, c'était le mois des projets, celui où l'on savait que l'été allait bientôt nous emporter vers le sud et nos habitudes. Celles d'être ensemble et de nous retrouver là où nous nous étions rencontrés.

Puis, c'était le mois des ballades, celles où nous partions avec notre marmaille au grand complet pédaler en Forêt de Rambouillet, le mois où l'on gonflait la piscine dans le grand jardin de la demeure.

« Maman, en ce moment je pense beaucoup à Papa » me dit Tarquinette.

« Moi aussi » ajoute Tarquinet.

Juin, c'est le mois où je leur réponds, « Je sais bien — Je le sens bien » et où j'essaye de leur changer les idées.

Juin, c'est le mois où j'ai toujours peur de tout rater.

Juin a toujours une saveur particulière, celle de savoir que désormais plus aucune coupure ne pourra me faire oublier mes tourments.

Longtemps, j'ai cru que ce qui m'avait le plus sûrement envahi à la mort de Tarquin l'aimé était la colère. Je me trompais.

En juin, je sais que c'est la peur qui me tient au ventre.