La vie continue (4)
J'écris des mots, sans cesse et sans relâche. Je
noircis mes carnets pour ne pas en venir au fait que tôt ce
matin, j'ai lu le billet de Laurent.
Et que j'y ai pensé toute la journée.
Et que durant tout le jour une petite voix lancinante m'a
soufflé de passer enfin le pas et de glisser dans un collier
ce que je porte au doigt.
Autour de mon cou avec la sienne, sur la chaîne qu'il
portait, serait une solution acceptable.
Malgré la profondeur et la justesse de ce billet, j'ai
conservé à l'annulaire mon alliance.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 16/06/2005
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Prends ton temps...
Un profond respect... Ma peine n'est rien mais c'est la mienne... C'est juste qu'en te lisant, je ne me sent plus tout à fait seul... Merci
Et lisant le billet de Laurent, j'ai pensé aussi à toi, à ça... perdre celui qu'on aime...
Mais il n'y a pas deux êtres qui souffrent de la même manière. Le deuil frappe chacun selon ce qu'il est et ce qu'il a été avant. Certains vont s'abîmer dans la douleur parce que leur attrait pour le néant ou leur masochisme vont trouver là un terrain où s'épanouir, parfois malgré eux. Et, pour autant, il n'y aucun jugement à porter sur leur système de défense.
Tu ne fais pas partie de cette catégorie de personnes, la vie coule en toi avec tellement de force, je ne perçois aucun dolorisme ni dans ton blog ni dans la réalité.
Le temps n'est peut-être simplement pas encore venu de défaire ton alliance.
Laurent parle de 10 ans, vous n'êtes pas dans la même durée.
Il y a la voix du coeur et celle de la raison. J'ai beau aujourd'hui juger ma situation rétrospectivement, je n'aurai de toute façon pu rien y faire, car on ne gouverne pas son coeur. Il fait ce que bon lui semble, en dépit de toute rationalité... Lors de ma dernière crise, l'hiver dernier, j'ai enlevé la chaîne en or qui n'avait pas quitté mon cou depuis 10 ans. Symboliquement, c'était très fort, j'ai même eu des craintes. Mais finalement, cela m'a oté un poid invisible et j'ai survécu. Cela a scellé la fin d'une époque. Personne n'en a rien su. Passer le pas, oui, il faut le faire, mais on n'est pas maître du temps que ça prend.
(Et quand Samantdi écrit "Certains vont s'abîmer dans la douleur parce que leur attrait pour le néant ou leur masochisme vont trouver là un terrain où s'épanouir, parfois malgré eux.", j'ai presque peur maintenant de m'y reconnaître.)
Laurent n'a pas perdu 10 ans, comme il le dit, il en avait besoin, et vous aurez besoin de votre temps, tout le monde a besoin du sien, mais je crois que le billet de Laurent vous aidera à raccourcir le votre. Moi aussi, j'ai pensé à vous en lisant, et je suis sûr que Laurent aussi en l'écrivant. Bon, je retourne à mon Malbec...
Il parait que tous les humains ont une histoire et que chaque histoire est une tragédie...
Apres, à chacun de vivre son histoire. Pas forcement comme il le veut. Pas forcement comme il le doit.
... les carapaces des tortues mettent un temps fou à cicatriser ...
:-*
Heureusement, on est encore tous différents et c'est grâce à ça qu'existe tous ces échanges ... Vivez bien Tarquine avec toutes les joies et toutes les peines que la vie engendre.
Et bonne réussite dans toutes vos futures entreprises de quelque nature qu'elles soient.
A chaque mue son propre temps ! Le temps que les ailes se forment, poussent la carapace de douleur, se déploient, sèchent et permettent l'envol. C'est seulement après la prise de hauteur que l'on peut évoquer son propre enfermement dans un "culte" de douleur. Je ne crois pas trop au "masochisme". Je crois plutôt à un mouvement inévitable, une macération de certains coeurs qui sont simplement plus denses et plus gros que d'autres et qui ont besoin de plus de temps.
Le mot de Laurent est tellement vrai qu'il est capable de ricocher dans d'autres coeurs, les secouer, y propager des étincelles. Autre vie ensuite. Autre regard plus distancié et plus large sur soi et sur les autres dont beaucoup s'enkystent dans leur propre souffrance et à qui on ne peut trop rien dire. Le moindre mot les agresse ou bien glisse comme ces exhortations que l'on peut faire à un dépressif. Rester patient et attendre que l'autre s'accouche, fasse sourdre de sa profondeur son propre déploiement.
Mon meilleur ami est mort il y a quelques années. Je regarde sa femme vivre comme un zombi, se débattre en elle-même, pleurer quand elle me voit... J'attends. J'attends, au hasard de sa vie, quand ce sera l'heure pour elle, qu'un mot comme celui de Laurent s'insinue en elle, s'empare d'elle, se mette à tout bousculer dedans.
Merci Laurent ! Les plus belles musiques ne viennent pas de soi. Elles nous traversent. Il faut être beau dedans, et en silence de soi aussi, pour savoir les mettre en notes et en partitions.
Je m'associe à En Campagne et vous dis que chacun a son rythme, pourquoi se précipiter... Votre courage et votre sincérité m'émeuvent énormément, merci pour tout.
Un matin,
Par un de ces tours de passe-passe dont la vie garde si bien le secret, tu te rendras compte que ton alliance s'est glissée dans sa chaine ... Il fera soleil ce jour là :)
Ne garde pas les yeux rivés sur le Magicien, tu ne comprendrais pas de toutes façons ;-)
En toute amitié.
pour moi...n'avoir perdu que des souvenirs et des regrets
bonjour de picardie