Tarquinou grimé en clown

Les tarquinets ont mis en commun leur savoir-faire pour mettre au point une arme redoutable à la seule fin de terrasser leur mère, j'ai nommé : « l'attaque aux câlins en concertation  »

Cela vous semble peut-être évident mais pour ces trois affreux-là, cela requiert un niveau de synchronisation particulièrement élevé et au premier chef celui de savoir taire leurs intestines querelles !

C'est ainsi que le soir, dans le grand lit qui n'est plus conjugal mais familial, après l'histoire vespérale, au moment même où va fuser le sempiternel « hop ! au lit ! » trois petites têtes me sautent dessus, qui sur mes épaules, qui sur mon ventre en glapissant d'une voix aussi obséquieuse qu'enjouée des « oh ! des câlins Maman qu'on aime à la folie d'amour et qu'on aimera toujours... »

Alors de les voir si ravis de leur nouvelle trouvaille, les yeux pétillants de bonheur, de complicité et d'espérance, de les sentir tous les trois contre moi, plein de vie, de mouvements et d'amour, d'entendre leurs rires de malice et leur miel de tendresse, je ne peux pas m'empêcher de les aimer du plus fort de mon être, et de me laisser à rire avec tapage, sans retenue, à gorge déployée, sans craindre de gêner les voisins ou d'y perdre mon autorité !

Et puis, dans un concert de cris, de youyous et de hurlements de joie, je les empoigne un à un, je les cale sur mes chevilles et d'un rapide lancement de jambes je les projette dans les airs, je les fais voler, rien que pour entr'apercevoir l'éclat fugitif de leur yeux avant leur atterrissage sur un tarmak de chatouilles.

Et ça se bat pour le prochain départ, et ça tente une place de co-pilote clandestin et ça me cajole pour prendre de l'altitude ou pour battre un record de vitesse ou de fulgurance d'un décollage !

Si vous saviez le bruit que cela fait quatre tarquinioles qui font corps et mélangent leurs rires ! C'est notre façon à nous conjurer le sort et même de se moquer, pour un instant, de la mort.