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Je trimballe ma mémoire avec moi. Un souvenir par çi, une compact flash par là. Mes photos dans le PDA et Tarquin dans mon cœur. J'écris des bouts de ma vie dans ma clef USB mais j'aimerais enserrer mes spectres dans une cassette d'airain et en jeter la clef.
Si l'essentiel n'est pas dans ma carte SD, je m'obstine à faire comme si... Sans doute une façon de s'imaginer que l'on peut la maîtriser, sa mémoire.
La mémoire c'est ce que l'on est, mais aussi ce que l'on voudrait oublier d'être.
J'ai pas envie d'être triste mais j'ai pas réussi à encore tout formater...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 06/04/2005
De bric en vrac
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Commentaires
surtout ne rien formater... ne rien oublier...
simplement réussir à dépasser la tristesse.
je découvre ton blog ce soir, il est déjà tard alors je ne lirais pas toutes les archives ce soir, mais les quelques billets parcourus (, , ) me feront immanquablement revenir et découvrir le début et la suite.
déjà avec trois billets (un peu plus avec la poursuite de la bmw noire...) des larmes et des rires.
à bientôt
Il ne faut pas réinitialiser ce qu'il y a dans sa tête, cela fait partie de la mémoire vive de sa vie… et on en a besoin pour rebooter de temps en temps… et sentir les extensions, les préférences et les disques de stockage… Il faut lancer seulement l'utilitaire de vérification pour que tout se remettre en place et que jamais le disque dur de ses souvenirs ne perdent quelques secteurs qui deviendraient alors défectueux.
Obni (hot line loufoque)
Ce billet et le commentaire d'obni feraient un excellent support pour un cours sur la métaphore filée !
Moi je crois comprendre ce que tu veux dire Mme Tarquine. Les souvenirs font souffrir meme les bons quand c'est trop recent. Il faut effacer les mauvais et garder les bons pour etre heureux ou un peu nostalgique quand on s'en souvient.
C'est un tres beau post, un peu post-structuraliste sur les bords, mais vraiment beau.
Le truc avec ce que tu dis, c'est que c'est tellement limpide que je ne sais pas trop quoi dire. Alors je dis rien. On n'est pas obligé de laisser un commentaire. En même temps on a envie, pour te dire qu'on te suit, qu'on pige. Que JE te suis. Pourquoi je parle d'on moi ? Bref... La mémoire est notre plus précieux trésor. A voir les gens qui la perdent, peu à peu, et s'enferment dans un mutisme pour ne pas déranger, je me dis, comme toi, que la mémoire est ce que nous sommes avant tout. Mais je n'ai rien à oublier. Je croise les doigts...
Nico > + en croire les restes de mes cours de neurobiologie et de psychologie (presqu'oubbliés), on n'efface rien de la mémoire humaine. Toutes les expériences vécues sont emmagasinées. On se souvient de certaines choses plus que d'autres car elles ont été marquantes, ou alors parce qu'on en a besoin régulièrement dans notre quotidien.
Si l'on doit continuer dans la métaphore filée entamée par obni, les expériences passées et qui ne nous servent plus beaucoup, sont enregistrées dans un coin de notre disque dur. Plus elles sont lointaines, et plus elles se trouvent dans un secteur d'adressage un peu moins accessible.
Les expériences passées, mais qui continuent de jouer un rôle prépondérant dans notre quotidien, sont, elles aussi, enregistrées sur le disque dur (appelé aussi "mémoire morte"). Cependant, à chaque redémarrage, elles sont chargées dans la "mémoire vive" ou mémoire immédiate. Elles sont ainsi, directement utilisables. Pour exemple : Le jour où Veuve Tarquine apprit à faire du vélo est, j'en suis sûr, lointain. Mais chaque matin, quand elle enfourche sa bicyclette, le programme qui s'appelle "je sais faire du vélo" est automatiquement chargé dans sa mémoire vive. C'est même devenu un reflexe.
Tout se passe comme si notre cerveau se comportait comme un documentaliste gérant une bibliothèque. Les ouvrages les plus demandés sont disposés dans les rayons les plus accessibles et les autres sont classés, mais il faut plus d'effort pour les atteindre.
Il arrive parfois, dans la bibliotèque qu'on tombe sur un livre dont on avait complètement oublié l'existence. En un instant, c'est toujours le souvenir autour qui sature la mémoire vive. C'est quelque fois douloureux, joyeux parfois (chiasme). J'ai constaté que chez moi, les mélodies de certaines chansons ou certains parfums, avaient un puissant pouvoir de transformer en présent ce qui était de l'ordre du passé. C'est très bouleversant.
Baboon, les senteurs et les mélodies qui réveillent les souvenirs sont le lot de tous les mortels. Prends la madeleine de Proust ! :-) Chez moi, Cabrel (album Sarbacane, plus précisément la chanson Animal) me ramène à mes 8 ans, le blues à mon père et toute mon enfance, adolescence... Quant aux odeurs, je pense qu'il s'agit de la sensation la plus intime qui soit, et elle est quasiment inconsciente.
Bonjour, c'est tellement bien de se souvenir, d'avoir des images dans la tête... Quand je vois le marasme provoqué par la maladie de ceux qui oublient... Tellement de souffrance... Même si on trie et sélectionne, il faut se souvenir. Sinon à quoi bon ?
Amicalement, Fauvette
Je ne vois pas la memoire comme une accumulation d'information. Les elements n'en sont pas statiques, et certains elements n'arrettent pas de grandir, et de prendre de plus en plus de place.
Je ne pense qu' un souvenir auquel on tiens puisse s'estomper. Bien au contraire, a cause de la valeur qu'on lui porte, il devient de plus en plus tangible et present dans le quotidien, il n'arrette pas de grandir, et d'influencer tous les aspects de la vie.
Très vrai Bix, nous sommes en phase. Pour ma part, "Nothing Compares", de Sinéad O'Connor joue un rôle quasi cathartique, chaque fois que je l'entends.
Dany> Je crois que la mémoire est plutôt l'accumulation d'informations plus la capacité de la faire ressurgir plus ou moins rapidement.
Bonsoir Maitre Tarquine, J'ai découvert par hasard votre blog cette semaine et je suis stupéfié par la qualité de vos écrits. Pour la mémoire, c'est vraie qu'elle est parfois très cruelle , mais en tant qu'informaticien je me dis c'est qque l'important est quelle soit à accès sélective: pourquoi ne pas indexer que les bons souvenirs et ne faire que des 'select * from ma_mémoire where souvenir =''bon'"? 1/2 zeimer n'est il pas pire? Merci pour votre courage.
« Merci pour votre courage + Heu... Le courage c'est quand on fait des choses que l'on aime pas faire, qui nous rebutent, nous ennuient ou qui nous coûtent. Je n'ai aucun courage. Quand j'ai envie de pleurer, je pleure et quand j'ai envie de rire, je ris. Et j'ai trois marmots qui me rappelle sans cesse que la vie continue, coûte que coûte et c'est tant mieux. La tristesse n'empêche pas de vivre, pas même de rire. Je suis parfois malheureuse, parfois rêveuse, râleuse et même joyeuse mais jamais courageuse ! Enfin, si je me souviens bien :)
Et modeste alors ? ... :)