Quand on me demande mon âge souvent j'hésite. Non parce que j'ai des coquetteries de vieille dame mais parce que je ne m'en souviens jamais.

Jamais je ne souhaite les anniversaires, tout simplement parce que je ne m'en souviens pas plus, et il n'y a que celui des Tarquinets que je ne laisse passer.

Et chaque année je tombe des nues quand il se trouve quelqu'un pour me souhaiter le mien, je réalise alors que mon âge a crû d'une unité ce qui m'indiffère assez je crois.

J'avoue que complètement désemparée par l'arrêt de ses carnets, j'ai omis de souhaiter à Pierre un bon anniversaire, ce dont je m'acquitte ici présent.

Et avec deux jours de retard, je m'aperçois que de bric et de blog vient de fêter son premier printemps.

478 billets et 4.140 commentaires après la genèse, je peux affirmer que je ne regrette rien, que ces feuillets ont fait bien plus que passer le temps et qu'ils ne seraient rien sans vous. J'ai commencé ces gribouillages parce que j'avais arrêté de fumer, que je n'aime pas boire et que j'avais peur de chercher dans les jeux en ligne une vie meilleure au détriment de mes marmots. Consciente qu'il était trop tard pour me noyer dans l'alcool et trop mère pour tout foutre en l'air, je me suis accrochée à ce petit bout de net.

Je me souviens de mes premiers émois de blogueuse et au premier chef de mettre les mains dans le cambouis, je me vois écumer les forums et les premiers blogs pour trafiquer les fichiers idoines à une installation sous free, je me rappelle de ces formidables essais où j'assignais des couleurs criardes à chaque élément pour déterminer précisément la façon dont ceux-ci s'agençaient, m'amusant déjà d'exposer des laideurs.

J'ai ensuite adoré découvrir petit à petit, au hasard d'un accord entre deux couleurs ce à quoi allait ressembler cet endroit. Étonnée et un peu abrutie après avoir abusé des coloris perroquet c'est le #fff4ff qui a emporté le morceau, et ce, alors que d'aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais aimé le rose...mais j'aimais le bleu et ce bleu-là était encore plus beau sur du rose. Fi des convictions, ce qui compte c'est ce que l'on aime, et non ce que l'on n'apprécie guère, le rose aura donc ici droit de cité !

Ces tâtonnements effectués, j'ai enfin saisi la plume, j'ai couché sur ces feuillets ce qu'il était plus facile d'écrire que de dire. Je n'avais plus d'interlocuteur pour tuer le temps de mes soirées esseulées alors je les ai passées ici, avec vous. J'ai ri, j'ai pleuré, je me suis mis parfois en colère, j'ai réfléchi, balbutié, découvert des quantités de choses, fait des rencontres extraordinaires, sans doute été ingrate et souvent, j'ai regretté, prise par le temps, de vous avoir négligé.

Je ne crois pas avoir triché, je ne pense pas m'être façonnée un masque de scène, même si je sais avoir durci les traits de mes réparties pour être bien certaine de ne rien susciter qui pourrait ressembler de près ou de loin à de la pitié.

Ce qui est certain c'est que jamais je n'avais imaginé que cette année passerait si vite et qu'elle verrait autant de visiteurs venir feuilleter ces billets ! Je n'ai jamais eu d'idée déterminée en commençant ces griffonnages, je ne sais pas non plus ce que le temps leur réservera mais je sais que je vous dois un grand merci. J'ai bien conscience que la formule est un peu sèche, mais elle est éminemment sincère, sans aucun autre artifice que celui de vous dire que je vous dois beaucoup.