Des livres, des rires, des larmes, des vies et des morts.
Pierre Carion dont je ne sais plus si j'aime tant son blog pour son formidable talent ou si je le déteste encore plus parce qu'il affiche sans aucun complexe le compte à rebours de sa fin, m'a tendu le témoin d'un questionnaire sur les livres.
Je ne suis pas très fana des questionnaires mais sur les bouquins je réponds !
J'ai une véritable adoration pour les livres et une relation un peu spéciale avec eux : je lis un livre comme on mange un gâteau. Je n'ai jamais perçu la lecture autrement que comme un vecteur de plaisir. Si j'aime je dévore, si j'aime pas, je laisse.
Je ne lis pas un bouquin qui m'ennuie. Je patiente un peu parce que l'expérience m'a montré qu'il faut laisser le temps à l'auteur de rentrer lui aussi dans son bouquin (souvenez-vous des 80 premières pages de la Chartreuse de Parme... c'est à mourir d'ennui, et pourtant la suite est fabuleuse !).
Bref, sauf antipathie soudaine et insurmontable je donne donc à l'auteur 80 pages pour m'engouer (ce chiffre de 80 étant un véritable hommage à Fabrice Del Dongo).
Et moi ce que j'aime ce sont les histoires ! Les vrais, les passionnantes, qui vous nouent les tripes, vous font rire ou pleurer, vous mettent en colère ou vous transportent de joie. Peu me chaut de me cultiver, de lire des trucs sérieux ou le dernier livre à la mode que tout le monde se doit d'avoir lu. Moi ce que je veux c'est aimer... rien d'autre !
En réalité, je n'ai jamais été autre chose qu'une petite fille qui lit Kazan, Bari, chien loup ou Ces dames aux chapeaux verts Mes premiers livres sont mes plus beaux souvenirs et je suis toujours en quête de ce sentiment si précieux où l'on ne fait plus qu'un avec son bouquin, où l'on s'y oublie totalement, où on est dans le livre, où l'on est le livre.
C'est ainsi que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans le métro (dans un temps où je n'étais ni veuve, ni orpheline), j'ai tellement hurlé de rire dans un wagon de train que ma voisine a voulu connaître le titre de mon bouquin (Monsieur Malaussène de Daniel Pennac), et j'ai bien dû m'évader 24 fois du Château d'If... Oui car une autre de mes particularité est de relire les livres que j'aime... de les relire et les re-relire. Et cette épreuve là est difficile à passer ! Parce que certains livres que l'on a adoré supportent très mal d'être scruté une seconde fois. J'ai connu ainsi de graves désillusions, un véritable désenchantement...
Pour dire la vérité, tout cela c'était avant... parce que depuis la mort de Tarquin, je n'arrive plus à lire. A chaque fois c'est pareil, à chaque deuil, je n'arrive plus à me plonger dans un livre... Mais là je sens bien que c'est en train de revenir, le plaisir de lire, l'envie de m'oublier dans les livres est revenue et je sais que je vais bientôt me replonger dans le papier !
Comme je considère que l'état de deuil n'est pas un état normal ni constant (enfin, je le souhaite) je réponds donc à ce questionnaire sans tenir compte de ces contingences factuelles, affectives et émotives et sans même m'interroger quant à savoir si je triche...
- Combien lisez-vous de livres par an?
Ouf... très compliqué à déterminer... si je suis en métro deux à trois livres par semaine, comme je suis presque tout le temps en vélo, je lis moins qu'avant, sauf si j'ai des déplacements professionnels (vive le train !). Parfois je me noies dans les quotidiens, parfois je dévore des bouquins à tour de bras... Seule constante, je dépense plus d'argent dans les livres que dans les vêtements (et je n'achète quasiment que des poches mais il est vrai que je n'aime pas non plus « m'habiller »). Pour faire une réponse digne de ce nom, je dirais environ 50 livres par an.
Je rajoute de suite que très souvent je ne me souviens pas des titres des bouquins que j'ai lus et que la quatrième de couverture ne suffit pas non plus à m'éclairer, de sorte que je les achète parfois en plusieurs exemplaires...
- Quel est le dernier livre que vous ayez acheté?
« La photographie » chez Larousse.
Donc pour moi pas un vrai livre au sens où je l'entends. Sauf puisque l'on parle de Larousse, j'ai oublié de vous dire que j'adore les dico aussi... Les livres de mots... un vrai régal, on ouvre une page au hasard et on ne sait jamais par où on va parvenir à en sortir...
Mais avec ce bouquin de photo (moi je me perds un peu dans les focales fixes, pas fixes...alors je vais potasser un peu tout ça...) j'ai aussi acheté « le sang du renard » de Minette Walters. Parce que j'adore les polars, et j'adore Minette Walters !
- Quel est le dernier livre que vous ayez lu?
Techniquement(je reprends les termes exacts de la réponse de Pierre Carion !) c'est donc « la photographie » chez Larousse. Sauf que je ne me souviens plus très bien de toutes les contingences des focales fixes et qu'il va donc falloir que je m'y replonge dare dare... Je passe aussi sur le bouquin de jardinage que je me suis acheté pour tenter de faire quelque chose de l'immense jardin de la demeure, alors que je n'ai jamais rien fait poussé de ma vie...
En réalité, si j'écarte aussi les dico et les bouquins de droit, le dernier livre que j'ai lu c'est « L'appât invisible » de Carol O'Connel et j'ai adoré ! (voui, c'est encore un polar !)
- Listez 5 livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.
Cinq ? Seulement cinq ? c'est un peu court, jeune homme...
Le premier est facile : c'est celui que j'emporterai sur une île déserte :
« La guerre et la paix » de Léon Tolstoï. Avec une pensée émue pour mon papa qui me l'avait offert en Pléïade. A l'époque j'étais déjà tombée sous la plume de Monsieur Léon Nikolaïévitch Tolstoï notamment avec Anna Karénine — Anna Karénine... je vous en citerais un passage un jour, un extrait de pure génie ! — et avec ses nouvelles, divines, humaines, merveilleuses et réalistes. Lisez ou relisez « Maître et Serviteur », c'est l'essence même du génie russe !
Bref, j'adorais Tolstoï de tout coeur mais un bouquin sur les guerres napoléoniennes, ça me gonflait déjà ! Très moyennement emballée par ce cadeau je me suis dit qu'il ne passerait pas le test des 80 pages... Que nenni ! Je suis tombée dedans au bout de 10 pages, je ne parvenais plus à le quitter, je dormais avec, je respirais avec, je mangeais avec, je pleurais avec, je mourrais avec, je vivais avec.
Dans la multitude de livres que j'adore, que j'encense, et qui me transporte celui-là est unique, peut-être parce qu'il s'agit aussi des guerres napoléoniennes justement, parce que je les ai même aimées ces guerres là, que j'ai frémi quand les armées françaises sont arrivées au bord de la Bérézina, que j'ai compris pourquoi les russes aimaient le vieux général Koutousof, et que ailleurs à Moscou, Pétersbourg ou Tilsit, des gens vivent, s'aiment et meurent, avec tourments ou résignation. Cette oeuvre là est la quintessence du roman !
L'Odyssée d'Homère. Je l'ai lu en classe de cinquième et je me souviens que ma prof de français n'avais pas voulu croire que je l'avais vraiment lu... Il faut croire qu'elle, elle n'avait pas vu derrière ces mots antiques la magie d'Athéna qui sans relâche et sans jamais se décourager va protéger Ulysse contre vents et marée, dans le plus long, le plus beau et le plus merveilleux de tous les périples. J'ai honni Poséïdon, j'ai remercié Leucothée, j'ai respecté Alcinoos, j'ai frémi avec Circé... Et cela continue encore !
Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos Tout est génial dans ce livre ! un roman épistolaire ! la forme la plus aboutie et la plus personnelle que l'on puisse rêver pour des personnages de roman ! Et cette langue... cette façon de vous faire accroître le pire sans que la moindre licence ne puisse s'y trouver. Des mots ciselés, des trésors de non-dit parfaitement exprimés, des chausses-trappes égrillards à chaque virgule, des candeurs suspectes ou si appétissantes... Un pur joyau de maîtrise...
Le comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas. Ce livre là je l'ai lu je ne sais combien de fois... en passant mon bac je me souviens je me faisais violence pour en fermer les pages et enfin réviser... Cela faisait pourtant la 4 ou 5ème fois que je le lisais. Plus tard, je me souviens avoir violemment percuter un poteau de la rue de Charenton en me rendant à l'EFB tout en trépignant dans la rue parce que je savais avant l'intéressée elle-même que Valentine de Villefort allait finir par épouser Maximilien Morel ! Dans ce livre là j'ai vu des fautes, des répétitions, j'ai deviné que certains passages n'étaient pas tous écrits de la même main, j'ai surpris des longueurs, des facilités et des raccourcis, des imperfections... mais je ne l'en aime pas moins... Edmond Dantès reste pour moi l'éternel romanesque, le héros de ma jeunesse qui jamais ne disparaîtra. Il vit quelque part sur une île, loin de tout, vengé des hommes mais infiniment désabusé et j'espère toujours qu'il finira par retrouver son amour, celui de sa Mercédès si belle et si pimpante dans ce Marseille du siècle dernier.
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell Et le premier qui me dit que c'est un roman à l'eau de rose trahira le fait qu'il n'a pas lu ce sommet d'impertinence policée, d'incorrections révérencieuses passées au crible d'une plume aussi ronde que souple. Il faut un sacré génie pour inspirer le respect pour une femme qui ne respecte rien, et pas même ses enfants, qui triche mal et sans vergogne, qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, dont la seule chose digne d'admiration n'est certainement pas son intelligence mais sa beauté insolente et... sa rage de vivre...
En vieillissant j'ai découvert de façon surprenante que ce livre n'était quasiment jamais lu par la gent masculine... Pourtant c'était le livre préféré de mon papa et il nous le disait souvent, preuve à mes yeux que c'était vraiment quelqu'un d'intelligent...
Voilà, pour les cinq de la question. Je complète pourtant ma réponse en vous indiquant qu'il y a aussi les bouquins que j'exècre et dont, contrairement à nombre d'avis autorisés, je ne comprends pas même comment on peut les avoir terminés. Le premier de cette liste est Belle du Seigneur d'Albert Cohen... Ce livre est à mes yeux quasiment illisible tellement il m'ennuie et son succès est pour moi une véritable énigme...
- A qui allez-vous passez le relais (3 blogs) et pourquoi?
Eu égard à ma conviction que les bouquins ne doivent être que du bon temps, à personne et à tout le monde, à tous ceux qui, en lisant ce billet, auront envie de partager à leur tour leur amour ou leur désamour des livres.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 15/03/2005
Veuve Tarquine bouquine
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Commentaires
Toute la série des Pennac me faisait tellement rire que je les lisais le soir tant j'avais peur des regards des gens dans le bus...
Voilà, c'était ça exactement, une bonne candidature pour le jury du Livre Inter ("dites nous comment vous aimez lire"). Mais comme on apprend à te connaïtre (un peu) en te lisant, cela m'étonnerait bien que ce genre de festival même littéraire, soit ta tasse de thé. Tant pis pour eux, tant mieux pour nous.
Impressionnant de lire ses sensations sous le clavier d'une autre. Lire, relire de façon boulimique, passer le plaisir loin devant l'académique, la règle des 80 pages (même le chiffre !!)...
En même temps, pas très étonnnée de trouver ces mots chez vous
Et les 80 premières pages du Capitaine Fracasse, donc ? Un vrai calvaire, mais quelle aventure après !
Un petit record personnel : j'avais très exactement 8 ans et j'étais en vacances chez ma grande-tante, quand j'ai lu l'Odyssée, en très exactement 4 demi-journées de lecture acharnée. Le restant de mes journées, je devais malheureusement le passer avec ma grande-tante et mes parents (obligations familiales ;-) ), et on devait m'arracher de force...
De même que vous, je l'ai vraiment lu. Et ce n'était pas une version pour enfants, mais une vraie version intégrale (probablement en Pléiade ou qqchode dans le genre, mais à l'époque, je m'en souciais comme une guigne de l'éditeur), sans une illustration (ou tellement peu). Et avec plein de petites notes avec numéros, donc je faisais consciencieusement les allers-retours entre ma page et la fin du livre pour lire tout ça... Complètement imbuvable, par moments, mais j'ai tout lu, bien bravement, comme un grand !
Ceux qui s'interrogent sur la raison d'un tel exploit : j'aimais beaucoup le dessin animé "Ulysse 31" (transposition de l'Odyssée et de certains épisodes de la mythologie grecque dans un univers de science fiction au 31ème siècle). C'est ressorti en DVD : que de bons souvenirs...
Mon "Guerre et Paix" a la même histoire que le vôtre, Veuve Tarquine, offert par mon père, mon premier Pléiade, il comptait sur les 1000 pages et la brousse des noms russes pour essayer de calmer ma boulimie de lecture. Ca a bien marché, il m'a fallu trois semaines pour en venir à bout. J'étais très impressionnée, et bien trop petite pour tout comprendre, mais c'était l'un de mes premiers beaux livres, je l'ai passionnément aimé.
Mais je vous trouve tous durs avec les 80 premières pages des uns et des autres... Elle est pas belle, l'entrée fracassante, jubilatoire, des Français à Milan ? C'est pas un régal de vocabulaire, la description du vieux château des Sigognac ?
Bon, j'ai essayé de faire des liens mais je ne suis pas sûre que ça marche, d'avance toutes mes excuses si j'ai fait un truc affreux et illisible...
Bonjour, Ca me fait un plaisir fou de vous lire et de lire en général, mais ce qui me rassure, c'est qu'apparemment, je ne suis pas la seule qui soit capable de racheter EXACTEMENT les mêmes livres plusieurs fois de suite, sans m'en rendre compte ;-)
Sinon, si vous aimez les polars, je ne peux que vous conseiller de courrir essayer les livres de Fred Vargas...pour moi, c'est un pur bonheur décalé.
Et le magazine GEO a sorti récemment un numéro spécial sur la Méditerranée d'Ulysse, avec les lieux réels (ou supposés tels par les chercheurs actuels) de son périple. Une belle façon de (re)découvrir une région et un mythe!
Une très jolie phrase qui me suit depuis longtemps "Ouvre un livre et c'est lui qui t'ouvrira"
Je vous souhaite à tous des aventures tumultueuses, des intrigues passionantes, des découvertes excquises et surtout du plaisir du plaisir et du plaisir....
J'oubliais : après ces 4 jours de lecture intensive, un sacré mal de crâne ! ;-)
C'est aussi mon livre de chevet La Guerre et La Paix ... Anna Karénine, m'a fait frémir et pleurer maintes fois.
à lire aussi : http://www.poesie.net/wilde1.htm
Je n'ai jamais été un grand lecteur. A l'école, on a dû me forcer pour lire la plupart des livres imposés. Quelques années après la fin de ce calvaire, je me suis remis à lire un livre conseillé par un ami: "La huitième couleur" de Terry Pratchett. Oh bien sûr, rien à voir avec Guerre et Paix dont je n'aurais même jamais atteint la 80e page. Mais ça m'a rendu le goût de lire.
J'ai avalé la série du disque-monde de Pratchett, mais j'ai aussi pris des livres plus "sérieux" tels que l'Alchimiste de Paulo Coelho. J'ai tellement aimé que j'ai lu tous les autres livres du même auteur. Puis j'ai lu ceux de Richard Bach (j'ai aimé "le messie récalcitrant" mais pas du tout "Jonathan Livingstone le Goéland")
Je me permets d'ailleurs de te suggérer, chère Veuve Tarquine, la lecture du titre "la 5e montagne" de Paulo Coelho qui traite du deuil. Je l'ai lu mais n'en ai pas tiré grand chose, je suppose parce que je n'ai pas vécu de deuil important jusqu'à maintenant.
J'ai deux handicaps au niveau de la lecture: je lis TRES lentement les livres (le reste, je le lis très vite) et je vais travailler en voiture (20min contre 1h30 en train x2). Je compense en achetant des "audiobooks", ces livres lus et disponibles sur CDs que je joue dans ma voiture et qui me font patienter dans les embouteillages quotidiens. En ce moment, j'écoute "Da Vinci Code" que j'étais réticent à attaquer à cause du battage médiatique autour de ce livre. Pour l'instant, je dois reconnaître que c'est intéressant même si les "faits" prétendument authentiques ne sont pas tout à fait corrects.
Ces Dames aux Chapeaux Verts... Je n'imaginais même pas que quiconque d'autre ai jamais lu ce bouquin... Bouquin culte de mon enfance (bien culcul réac', quand même :), parmi beaucoup d'autres... Va faloir plonger dans les cartons de la cave maternelle...
Héhé, j'ai eu le même problème avec Belle du seigneur, je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour le terminer... Je me répétais que s'il était autant apprécié, il y avait peut-être quelque chose plus loin ? La fin ? Non finalement, rien...
Difficile le top cinq. Je dirais : l'Evangile selon Saint Jean, Les Fleurs du Mal (Baudelaire), le Petit Prince (Saint Exupéry), Le Hussard sur le Toit (Giono) et... le liseur (der Vorleser) de Bernhard Schlink un livre que j'ai relu des dixaines de fois en long, en large et en travers pour finir par le lire en allemand... et c'est toujours aussi bien...
Si, si, j'ai aussi lu "Ces dames aux chapeaux verts" ! Il y a très longtemps lorsque je piochais mes lectures dans la bibliothèque d'une amie de ma grand'mère mais comme j'avais seulement 10 ans, il n'y a que celui là qui était "lisible" !
Et merci à vous de "réhabiliter" Autant en emporte le vent ;-)
Avez-vous lu "La demande" de Michèle Desbordes, ou encore des romans de Laurie Colwin ?
Comme vous tous, je suis une boulimique de lecture et en général totalement incapable de retenir le nom des derniers livres que je viens de lire, à moins de tomber sur de purs chefs d'oeuvre. Et lorsqu'un livre me bouleverse, je l'achète à mes amis en espérant qu'ils aient les mêmes bouffées de plaisir que j'ai pu avoir en les lisant. par contre, j'avoue avoir une relation un peu fusionnelle avec les livres, j'aime les "beaux livres", les sentir, les tripatouiller, me les approprier (oui oui, je sais, il faut que je pense à aller voir un psy). Mon dernier livre culte : "les frères Holt" de Marcia Davenport (depuis 5 ans, j'ai du en acheter une dizaine). Comme certains quand j'aime un livre, après j'achète un autre, puis encore un autre du même auteur pour retrouver les sensations que j'ai pu avoir avec le premier lu. Pour "Belle du Seigneur", ne me lapidez pas sur place, mais j'ai adoré ce livre. J'avais 15 ans lorsque je l'ai lu, et j'ai trouvé que c'était une magnifique histoire d'amour (bon, je ne l'ai pas relu depuis, il faudrait donc que je me refasse une idée). J'ai des phases aussi, en ce moment policier, donc Fred Vargas après Los Angeles River de Michael Connelly. Et après, on verra en fonction de l'humeur. Sûrement Monsieur Malaussène que je n'ai jamais lu et que vous m'avez donné envie de lire.
Heu j'avoue lire avec hâte et mal me souvenir de ce que j'ai lu. Vargas, Connelly, oui oui, cela j'ai lu (en totalité pour le second même !) mais pour d'autres auteurs cités plus haut il faudrait que j'aille farfouiller dans mes bibliothèques pour répondre... Je suis en revanche certaine de n'avoir jamais lapider personne d'avoir un livre que je n'agrée pas :)En tout cas d'écrire ce billet m'a définitivement donné envie de me replonger dans les livres. C'est encore un peu hasardeux au niveau de la concentration mais j'avance plutôt gaillardement dans le sang du renard... C'est pour moi une petite victoire :)
Pareil que Ebb, je me suis forcée à finir Belle du Seigneur en me disant qu'a un moment, il devait se passer quelque chose...et puis non, rien qu'un ennui étiré à l'extrême. Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule =)
Pas pareil. Je crois de Belle du Seigneur est un grand livre malade. Sa réputation est bâtie sur la croyance qu'il s'agit d'une grande histoire d'amour romantique, alors que la relation de Solal et Ariane n'est rien d'autre qu' inauthentique et en cela très moderne. L'echec est inscrit dès les premières pages lorsque Ariane repousse le vieillard - qui n'est autre que le beau Solal déguisé. Ce qu'elle repousse là, c'est un amour sincère. Dès lors, nous savons que tout ne sera que mensonge. C'est ce mensonge qui ronge Solal tout au long du livre.
Dans le temps, les journalistes de Globe avient retrouvée celle qui avait inspiré à Albert Cohen la figure d'Ariane. On voyait alors dans son déni la peur d'avouer qu'elle avait été la maîtresse de Cohen. Je crois pour ma part qu'elle avait parfaitement compris le livre et qu'elle ne voulait pas être la pénible Bovary suisse décrite par Cohen.
Vous vous ennuyez à Belle du Seigneur en attendant qu'il s'y passe quelque chose alors que tout s'est déjà passé à la page dix. Le reste n'est que désagrégation... En fait BDS, c'est Faust sans le diable.
Je dirais un amour quand même, Post-it, mais ambivalent, radieux et morbide. Malade, oui... Une grande oeuvre, pour moi aussi, en tous les cas.
Je découvre votre blog en déambulant au hasard des billets...Si l'on m'avait dit que les larmes me monteraient aux yeux devant un écran...Vous avez recommencé à lire. Pour ma part, sans les livres et mon minuscule jardin, je serais devenue raide dingue sous les divers uppercut reçus ces dernières années. Si vous aimez les polars et vous réfugier par moment de façon compulsive dans des séries de bouquins bien écrits mais qui n'entrainent pas d'identification (non merci, les larmes et les drames, je n'ai pas besoin de ceux des autres d'ici quelque temps...), vous aimerez peut-être ceux de Henning Mankell et de son commissaire Wallander, ainsi que Anne Perry et son détective Monk. Au plaisir de vous lire encore.
Tout Jules Verne depuis toujours, je demande qu'on me fasse voyager... Et pour les polars Donna Leon, il commissario Brunetti est tellement touchant dans ses doutes et ses tergiversations, et puis il y a Venise...
Tout d'abord, Merci beaucoup pour votre blog très intéressant et si humain (qualité qui se perd ces temps-çi. Moi personnellement je trouve).
Comme vous, je suis une mordue, boulimique de livres qui nous font vivre des aventures, pleurer, rire..... etc. Il m'est souvent arrivée de ne pas sortir de chez moi de tout un week-end tant j'étais plongée corps et âme dans un livre. Parfois, je me fais l'effet d'être une zombie tant je suis imprégnée d'une histoire, d'un personnage (identification totale). Et que dire de tous les poteaux, platanes et autres obstacles percutés dans la rue. Parce que je lis tout le temps et partout. C'est vital !
Au sujet de "Belle du seigneur" : j'ai même pas commencé tant "Solal" du même A. Cohen m'était tombé des mains. L'ennui puissant 20000. Dans un autre genre : les livres que je n'arrive pas à terminer malgré plusieurs tentatives : - Ulysse, de J. Joyce. - Le voyage au bout de la nuit, L.F. Céline. - Notre-Dame de Paris, V. Hugo.
Je pourrai vous parler de tous mes coups de coeur mais la liste risque d'être trop longue et parfois il est trop difficile d'expliquer des émotions profondes avec des mots. Allez, une courte liste tout de même. Essayez : Fred Vargas et ses rompol (romans policiers comme elle dit), Frank Conroy (Corps et âmes), Sinouhé (Le livre de saphir), Magda Szabo (La porte et La ballade d'Iza), Carlos Ruiz Zafon (L'ombre du vent).... et tant d'autres.
Encore un trait de caractère qui me fait aimer vous lire. La douleur avait aussi anesthésié ma passion de la lecture. J'ai aimé ces mêmes auteurs très tôt. Mais suivre Mallaussène n'était plus jouissif, m'indigner avec Edmond me laissait indifférente, jusqu'aux affabulations d'Ariane dans son bain dans lesquelles je n'avais plus le goût de me retrouver. Mais le temps, ce traître ... a fait son ouvrage. Depuis 2 ou 3 ans, la douleur n'est plus là, la passion rebrûle. Je dévore à nouveau les personnages, m'approprie leur vie, me drogue à leurs aventures. Je vous souhaite d'avoir, depuis le moment où vous avez posté votre note, renoué avec ce vice délicieux.
Meric pour votre joli blog...je lis comme vous ...et si vous ne l'avez pas encore lu me permet de vous conseiller la lecture des "ENFANTS DE LA TERRE" de Jean Mary Auel...vous m'en direz des nouvelles! Amicalement...Emmanuellle
Savez-vous que Donna Leon a interdit la publication de ses romans en italien, de peur des protestations des Italiens? Moi en tant que venitienne je trouve ça lamentable et lache. Les Italiens sont bien plus auto-ironique qu'elle ne pense, ils seraient meme prets a devorer avec plaisir un stereotype negatif.
Tandis que je doute fort que des romans pareils ecrit en UK ou en US seraient accueillis avec le meme esprit.
Petite remarque a cote: Donna Leon affirme dans son site web qu'elle vit a Venise et qu'elle enseigne dans une universite de la terre-ferme. Dommage que son nom ne parait pas dans le site du ministere de l'education http://sito.cineca.it/murst-daus/docenti/docenti.shtml
Tres dommage. Une moralisatrice telle qu'elle est ne devrait pas dire de mensonges........
"Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon dans un lieu mystérieux du quartier gothique: Le Cimetière des Livres Oubliés...."637 pages ds le livre de poche... Carlos Ruiz Zafon, L'ombre du vent. Je ne me souviens pas si à la 80ème page la boulimie de connaître la fin de cette histoire était déja là, mais lisez le si ce n'est pas déja fait. Grâce à ce livre j'ai retrouvé le même plaisir de lire que pendant ma jeunesse... ne pas le lâchez, manger, se laver, faire pipi... etc tout en gardant les yeux rivés sur Le LIVRE pour connaître la fin peut-être ou peut-être aussi simplement continuer à vivre avec les personnages. C'était si bon...