Les avocats du Département d'Etat ont adressé le mois dernier au juge Weinstein une note prétendant que si la plainte n'était pas rejetée, les "implications de cette affaire seraient énormes car elle ouvrirait la voie au dépôt de plaintes d'anciens ennemis nationaux et d'anciens soldats auprès du système judiciaire américain, de mise en danger par les forces armées américaines" durant des guerres.

Washington demande le rejet d'une plainte concernant l'agent orange au Vietnam
Dépêche également reprise dans le Monde en ligne du 28 février 2005.


Je suis toujours effarée par la compréhension que font les États Unis de la guerre et des conventions internationales.

C'est un peu comme si la guerre permettait à elle seule tous les abus, comme si ce terme avait une dimension sacrée derrière laquelle des mots comme humanité ou règles de droit n'avait plus de sens...

Rumsfeld nous a déjà fait le coup de justifier la la détention au secret d'un chef présumé de l'insurrection.

Le monde entier sait désormais que la population d'Afghanistan n'est pas a priori constitué d'être humains titulaires de droit fondamentaux tels que ceux prévus par les Conventions de Genève et qu'à ce titre, outre les détenir dans leur pays, on peut également les extrader dans des centres de détention où sous le regard patelin d'organisations humanitaires (appréciez le dernier paragraphe de la dépêche mise en lien). Il faudra attendre que la Cour Suprême rappelle au monde entier que les États Unis sont encore un +tat de droit pour que l'on mette fin à des actes qualifiés dorénavant de tortures...

Rappelons également la position singulière de Monsieur Bush à l'égard de la Cour Pénale Internationale dont on pourrait penser, puisqu'elle a « vocation à juger les individus qui se sont rendus coupables des crimes les plus graves – crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide » qu'elle profiterait à l'humanité toute entière... C'est à croire que les É »tats Unis revendiquent la prévalence de tels individus au sein de leurs Armées guerrières...

Or donc, bien avant ces délicieuses péripéties, ils se trouvent que les États Unis, en l'an de grâce 1949 ont participé à Genève à l'élaboration à ce que l'on a appelé les Conventions éponymes et notamment la 4ème, dite relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, entrée en vigueur le 21 octobre 1950.

Une dizaine d'année plus tard, la guerre du Vietnam débutait et avec elle les épandages d'agent orange dont le but avoué, sans même aborder l'immense toxicité du produit que l'on connaît, était quand même de faire disparaître les terres arables d'une population rurale...

Ça vous choque ? Et bien c'est que vous n'avez rien compris ! Car il est vraisemblable que selon la lecture que font les États Unis des Conventions internationales, les vietnamiens n'étaient pas non plus des individus titulaires de droits. C'est à se demander si en droit international d'autres individus que les seuls américains pur jus bénéficient d'un statut légal...

La différence c'est que maintenant ils ne font plus semblant d'y croire en ratifiant des conventions qu'ils ne respectent pas, ils les méprisent ouvertement...