Manufrance fait sourire les hommes

extrait du catalogue Manufrance — année 1970
En farfouillant dans mes bocaux de vieilleries, je me suis aperçue que, durant ma période Manufrance, je vous avais fait grâce, par pure omission, de ce petit morceau d'anthologie de la mode masculine.
Avouez cependant que les chemises en tergal et en nylon, ont l'air de rendre les hommes heureux, non ?
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 08/02/2005
De bric en vrac
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Commentaires
Si je trouvais aujourd'hui des chemises (fussent elles tout synthétique) au prix de celles-ci, j'arborerai peut-être un sourire tout aussi radieux que celui de ces mâles aux dents d'une aveuglante blancheur et à la mèche folâtre! La cravate à gros pois rouges est fort seyante... ;-)
Ben dites moi, c'était pas donné la matière synthètique de l'époque ;-) Le coût des mannequins non plus apparemment !
Je pense que le type à gauche devrait éviter de s'allumer une clope avec toutes ces fibres synthétiques qui l'environnent ; )
Ah les temps changent ! Les mannequins n'auraient pas risqué donner des complexes à qui que ce soit, la cigarette prête à être allumée (ouais m'sieur Evin, zyva, y a le kum y fume en public !!!).
Ceci dit, je m'insurge sur la facilité à entretenir le nylon, mais peut-être les fers à repasser ont-ils changé également depuis !
Grande classe, en effet. Mais quel est le prix des boutons de manchettes en OR? (Je trouve le sourire de l'homme-heureux-en-bleu un peu crispé? Ça doit être un faux briquet qu'on lui a mis dans ma main droite...)
c'est des mannequins, ça mondieumondieumondieu... vive le catalogue de la redoute de cette année. C'est mieux pour le fantasme :)
ce qui était interessant pour les ménagères de l'époque c'est que ces deux chemises se lavaient comme un mouchoir, séchaient en 3 minutes et ne se repassaient pas. sinon elles sont affreuses, mais bon on peut pas tout avoir et puis 25 francs pour une chemise c'est donné.
ce qui était interessant pour les ménagères de l'époque c'est que ces deux chemises se lavaient comme un mouchoir, séchaient en 3 minutes et ne se repassaient pas. sinon elles sont affreuses, mais bon on peut pas tout avoir et puis 25 francs pour une chemise c'est donné.
Ne se repassaient pas et donnaient l'aspect rigide et raide comme du carton (O souvenir des chemises amidonnées amoureusement par ma manan !) de la photo ?
Il reste un bon de commande sur le catalogue ?
Mouai, en fait, une chemise froissée, c'est pas si mal :P
Je crois que celui de droite c'est Jean-Pierre Foucault, à ses début, ou son Papa....:-)
Ne pas oublier que les francs de l'époque, ça avait à peu près la même valeur que les euros de maintenant (plus exactement, c'est en 1967 que les indices du coût de la vie coïncident).
Du coup, 25 euros pour une chemise en synthétique, ça paraît tout de suite plus cher.
Ah, revoir des hommes, des vrais !
gloups, c'est ça des vrais hommes ? je crois que je vais m'enfuir là... Je ne dois pas être normal.
Je leur trouve une belle tête de vainqueur. A croire qu'on les aurait forcé à porter ces vêtements... Je n'ose y croire.
Mais c'est super cher comme chemises en plus. Et c'est du synthétique !!
On dirait que celui de droite a une tête en plastique ... Apparemment il n'y a pas que la chemise qui soit synthétique ;-)
Roh de belles tetes de vainqueurs... merci, c'est magnifique !!! La grande classe, effectivement ! :) (un croisement JP Foucault x Patrick Simpson-Jones pour le non fumeur, non ?)
Les bienfaits du passé :
Par contre, thergal et nylon, ça fait vite transpirer. Si bien que Renard, par l'odeur dégouté fuyait comme la peste les ours mal léchés.
Les collants pour les dames, c'est pas mal non plus... :o)
Le bonheur irradie de ces mâles faciès. En voici quelques raisons plausibles. En 1970, il y avait 340.000 demandeurs d'emploi dans un Hexagone qui ne connaissait ni le mot "chômage", ni le vocable "délocalisation". Néanmoins, un secretériat d'Etat à l'emploi avait été créé trois ans plus tôt, pourvu d'un titulaire nommé Chirac. Les 340 000 personnes sans travail n'étaient pas considérés comme des "exclus" (René Lenoir 1973) mais comme des salariés en phase d'ajustement, attendant simplement de passer d'une entreprise à une autre. Il est vraisemblable que cravates et chemises étaient fabriquées dans des usines Rhoville, à Lyon ou à Tronville en Barrois (Meuse). Georges Pompidou était président des Français. Un vrai conservateur éclairé qui avait estomaqué son électorat en citant Eluard à propos d'une enseignante, Gabrielle Russier, qui s'était suicidée par amour pour un de ses élèves. Foin de nostalgie. Ne regrettons ni Pompidou ni les cravates Manufrance. Essayons seulement de comprendre ce que ces deux physionomies masculines tentent de nous dire. Elles suggèrent que quelques notions libertaires ont été "récupérées" par l'ordre réétabli et que, dans ce mélange d'hédonisme et de conservatisme, les mecs doivent "assurer": chevelures faussement décontractées, larges ceintures, cravates criardes, sourires conquérants trahissent cette atmosphère de transition entre la bric à brac idéologique anarcho-hippie et le formatage des classes moyennes qu'Herbert Marcuse avait théorisé en décrivant un "homme unidimensionnel". Néanmoins,ces hommes d'avant-hier peuvent avoir confiance en eux: le travail ne manque pas, le progrès d'effraie pas vraiment, Madelin n'a pas encore galvaudé l'ascenseur social mais le phénomène fonctionne, le féminisme ne les a pas encore destabilisés. Ils vont peut-être se métamorphoser en répugnants "CSP + à cravates jaunes" (vous savez: avec des petits animaux bleus dessus). Leur morne progéniture figure peut-être parmi les sidérants blaireaux que l'on voit présentement se multiplier dans Paris, arborant les écharpes oranges de l'ex-opposition uktrainienne parce qu'ils ont vu ces écharpes à la télé. Contrairement aux blaireaux d'hier, ceux d'aujourd'hui ne sourient guère. Forcément, 9,9% de chômage, Chirac et Raffarin pour plomber leur présent, Hollande ou Sarkozy comme avenirs possibles. Mais non, vous dis-je, aucune nostalgie.
Eh, n'empêche, ça ne fait pas drôle de se dire que dans 40 ans, les gens rigoleront en regardant les mannequins de La Redoute ou des 3 Suisses en les trouvant complètement ringards ??
Anne : ils ne le sont pas déjà ?
19 commentaires avec :
Le catalogue Manufrance —édition 1970— est un vrai condensé de la vie !!
N'oubliez pas, je vous prie Dame Tarquine, que Roland Barthes a ouvert une voie nouvelle à la sémiologie à partir de l'étude d'une publicité pour les pâtes Panzani. Il osé, et réussi cela, longtemps après avoir écrit ses "Mythologies", oeuvre dans laquelle votre catalogue Manufrance 1970 aurait pu figurer.
un détail : plus la population senior grandit en nombre , plus les images de pub et les "mannequins" ou "modèles " sont jeunes .... ceci ne sont pas des perdreaux de l'année... moi , je pense plutôt à gicquel pour celui de droite et fabrice à gauche ... le nylon , et le tergal , quelle horreur , et on trouvait ça tellement moderne ! souvenez vous de nos sous- pulls orange ou turquoise en pur polyamide...ça fleurait bon le bouc dans les chaumières !
Aussi pertinentes que soient les remarques d'Alain Joannes, ça me mettrait presque le bourdon, alors qu'à regarder le faciès des deux bonhommes j'étais hilare deux secondes avant... Rêvons encore... Je me rappelle aussi des super sous-pull avec lesquels nous avions les cheveux électriques et qui nous grattaient (plus jamais ça !!!!)
Il n'entrait certes pas dans mes intentions d'inoculer le blues ou le spleen aux habituées de ce blog. Je voulais seulement souligner l'intérêt documentaire de cette photographie. Une photo en dit toujours plus que que son auteur a voulu y mettre et que ce que l'on croit y voir. Au-delà des souvenirs personnels, presque tous générationnels, cet extrait symptomatique du catalogue Manufrance 1970 "raconte" quelque chose. Evidemment, pour éviter de pontifier à outrance, j'ai dû simplifier le contexte des deux mâles sourires, au risque (assumé) de frôler le mythe de "l'âge d'or". Il faut donc rappeler pour atténuer votre bourdon que c'était aussi l'époque d'un ministre de l'intérieur de sinistre mémoire, Raymond Marcellin; de personnages aussi inquiétants que Pierre Juillet et Marie-France Garaud qui traquaient ou tramaient d'obscurs complots dans les recoins des sommets de l'Etat, des scandales immobiliers, d'une télévision beaucoup plus veule et plus servile que celles d'aujourd'hui après une sévère épuration - sur liste noire dressée par des hommes politiques et des journalistes de droite - de journalistes et animateurs soupçonnés d'avoir un esprit "subversif'. A l'extérieur, il y avait encore la guerre au VietNam et à 400 jm à vol d'oiseau les fusées nucléaires de Leonid Brejnev, des dissidents soviétiques tabassés et emprisonnés. Et puis, enfin quoi, il n'y avait pas internet et pas de blogs.
Merci Mr Joannes, je m'en suis remise très vite je vous rassure et le tout sans prozac. Je vous remercie pour ces précisions fort intéressantes qui rappellent une époque où je n'étais qu'en couche culotte et j'apprends ainsi davantage sur ce qu'était la France d'alors.
c'est toujours "moi" . peut-tu répondre à mon adresse email au plus viteeeee merci
comme quoi la mode évolue tres vite
N'auriez-vous pas également les premières pages du catalogue, celles avec les armes ? Ah, revoir le juxtaposé Robust, le Walther Manurhin 7.65, la Winchester 1894 ...