Un grand amour ne s'arrérage pas
Il m'aimait comme jamais on m'avait aimé.
Il m'aimait comme je ne savais pas qu'on puisse aimer.
Il m'aimait comme je n'avais pas imaginé qu'on puisse
m'aimer.
Il avait choisi de vivre avec moi, il avait voulu des enfants avec moi.
Il a pleuré dans mes bras à chaque fois, ce grand
costaud tout rond qui débordait d'amour et
d'émotions.
Quand il a appris l'anomalie cérébrale, il a
refusé de partir à l'hôpital sans moi.
J'ai traversé Paris en pleurant et il m'a attendu parce
qu'il voulait que je sois près de lui à tout prix.
Et puis on s'est serrés et on a attendu.
Il m'a dit qu'il voulait lui aussi être
incinéré.
Il m'a dit des choses qu'on ne dit pas tous les jours, des choses que
l'on dit le dernier jour de sa vie. Il m'a dit aussi qu'il m'aimait et
qu'il m'avait toujours aimé.
Et puis sa vie a sombré et la mienne aussi.

Et maintenant il y a des gens qui s'imaginent pouvoir me
parler en son nom et venir me menacer avec son esprit !
Me dire « qu'il aurait voulu +
cela, qu'il « serait
malheureuxÉ et que,
méfions-nous ! Parce que « après
tout, que savons nous de l'au delà ? Et s'il y
avait quelque chose après ?É
Espèces de misérables limaces usant des plus
viles bassesses, vous vous imaginez un instant pouvoir me faire
peur ?
Vous pensez vraiment que moi, je vais avoir peur de mon
mari, transformé en ectoplasme pour mieux servir vos propres
desseins ?
Vous croyez vraiment que je vais passer le restant de ma vie (et en
étant veuve à 36 ans, il me reste statistiquement
une bonne louchée d'années) en tremblant de ce
qu'il pourrait penser de moi ? Lui qui m'aimait tant ?
Mais qui êtes-vous pour me venir me juger en son
nom ?
Vous espérez vraiment que je vais vous laissez jouer les
censeurs de ma vie durant le restant de celle-ci ?
Voyons, voyons, puisque vous avez l'air d'en douter, je vais vous le
clamer : mon mari est M.O.R.T
et cela ne vous donne aucun
droit sur moi.
Je ferais ce que je veux de ma vie, sans me demander un seul instant
s'il en serait content ou non.
Je vivrais comme je l'entend sans me soucier un instant d'avoir l'aval
de son autorité morale.
Je continuerai à être exactement ce que
j'étais auparavant : volontaire, libre et
entière. Et figurez-vous que j'en suis d'autant plus
fière que c'était comme cela qu'il
m'aimait !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 23/01/2005
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Je continuerai à être exactement ce que j'étais auparavant : volontaire, libre et entière. Y a intérêt !
Et c'est la meilleure preuve d'amour que tu puisse donner : rester toi-même. Moroc...
... nous aussi, c'est comme ça qu'on vous aime.
...et que vous faites bien, me semble-t-il...
Il serait fier de toi ;-)
oui entière c'est ton meilleur côté !
C'est comme le lait, y a qu'entier que c'est bon.
Pourquoi c'est toujours bête des "moches"-parents ? Et votre mari, il était fils unique aussi ?
Promis, juré, craché par terre ... on se surveillera si un jour on est "moche"-parent !
A dire vrai, je sais qu'il m'aimait ainsi et cela me suffit.
Je ne veux pas savoir s'il serait fier de moi ou non. De certaines choses oui certainement, mais d'autres choses non.
En réalité, je refuse de me poser cette question et encore moins que d'autres se le permettent, car c'est seulement l'invoquer pour se permettre de me juger.
On ne vit que pour soi et ses marmots et avec ce que l'on est. On ne vit pas pour celui qui est mort.
Quant à mes beaux-parents, ce sont sans doute des gens très malheureux, mais en ce qui me concerne, ils sont définitivement toxiques.
Ils avaient certainement pour lui l'amour que des parents peuvent avoir pour un fils. Un amour différent du votre mais peut-être très fort aussi et ils sont sans doute autant affectés par sa mort que vous et ne peuvent se résoudre à l'avoir vu completement disparaître. Cela dit j'ignore l'étendue et la teneur complete de vos échanges avec vos beaux parents.
vous me reconciliez avec le genre humain. merci de l'espoir que vous repandez autour de vous.
Vos beaux parents, donnez leur ce journal à lire, seront-ils les seuls auxquels vous cacherez vos sentiments? eux, deja aveuglés par leurs larmes.
oulala ! ces "moches-parents", ils me font vraiment penser à cette (pas si) ancienne tradition indienne qui exigeait qu'une veuve, jeune ou vieille, s'immole sur le bûcher funéraire de son époux... Se sentir coupable d'être toujours en vie après son départ ? pas question, hein ! faut pas vous laisser faire... En fait ce sont eux qui vous en veulent d'être toujours là alors que leur fils est parti. Je vous embrasse (si vous le permettez bien sûr !)
«En fait ce sont eux qui vous en veulent d'être toujours là alors que leur fils est parti.+
Non, c'est moi qui ne veut pas d'eux, qui ne leur pardonnerai jamais ce qu'ils ont dit quand mon mari venait à peine de décéder (et quand ma propre mère était elle en train de mourrir), et puis, impudiques, qui viennent vous demander le lendemain de promettre de n'en rien dire à personne...
J'en ai dit des choses dans ma vie, avec la diplomatie qui me caractérise parfois et une langue plutôt bien pendue, des choses dont je ne suis pas forcément fière.
Mais jamais de ma vie je n'ai demandé à des gens de promettre que « cela reste entre nous +.
Quand on a fait des conneries on ne rampe pas, soit on s'excuse, soit on accepte de s'en prendre plein la tronche. Mais en toutes circonstances, on reste debout !
De surcroît, ce n'est pas parce que je n'ai plus de parents que je me laisserai enfermer dans des pseudos relations filiales à base de culpabilisation et de leur immense malheur (que je ne nie pas) que chacun se doit de respecter.
Je les considère définitivement comme toxiques à mon égard mais cela n'enlève rien à leur histoire à eux et aux relations qu'ils pouvaient avoir avec leur fil qu'ils aimaient et qui les aimait.
J'ai toujours parfaitement respecté les liens (très forts) qu'ils avaient avec mon mari. Mais je ne les ai jamais aimé. Il est illusoire de penser que la mort rapproche les gens...
Simplement, ils ne font pas partie de mon histoire à moi, encore moins de ma famille et je ne veux plus les voir.
Ce que je ne comprends pas c'est l'ampleur de leur réaction face aux seules modalités pratiques que j'accepte d'échanger avec eux pour qu'ils reçoivent mes enfants... je me demande bien ce qu'ils attendaient de moi... Que je prenne des vacances pour faire le taxi pour les ainés et surtout sans les encombrer avec le petit... parce que lui, il faut croire qu'il n'a pas le même père... (il ne s'agit que de stricts supputations, car de Tarquinou, on ne parle jamais...)
Bref, j'aimerai bien qu'ils comprennent qu'il leur faut sortir du registre de la basse culpabilisation qui ne sert qu'à me convaincre davantage de la nécessité de les voir en dehors de ma vie...
La vie exige de la lucidité et du courage, et vous avez les deux !!! Ne changez rien.
personne n'a le droit de dicter une conduite personne ne partage nos souffrances ou si peu....
je suis de tout coeur avec toi pour l'accomplissement de ta vie...