Petit catéchisme du mariageComme j'étais d'humeur badine, ce soir, j'ai entrepris la lecture hilarante d'un petit livre destiné à instruire les fiancés de leurs devoirs avec liberté et gravité : le petit catéchisme du mariage (Imprimatur Parisiis, die 27a martii 1920).

Je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques extraits dans le plus parfait désordre.

N'est-ce point une chose étrange de voir, à notre époque, tant de jeunes filles bien élevées entrer dans l'état du mariage sans avoir une connaissance précise de sa nature et de ses obligations ? Si, voyant s'approcher le jour de ses noces, la fiancée se risque à questionner sa mère, si elle l'interroge timidement sur le sacrement qu'elle va recevoir; si elle essaye de s'éclairer sur ses droits et sur ses devoirs; si elle tente de projeter quelque lumière sur cette existence nouvelle, tout enveloppée d'ombres, sur cette vie qui demain sera la sienne, sa mère trop souvent l'éconduit : "ton mari sera là pour t'éclairer, tu feras ce qu'il te diras."

Réponse bien imprudente qu'une pareille réponse !(...) n'est-il pas à craindre que ce jeune homme, ainsi préconisé docteur ès mariage, n'enseigne à son épouse, assez volontairement crédule, un enseignement de doctrines bien différentes de la doctrine catholique ? (...) N'est-il pas à craindre qu'il ne réponde aux questions de sa jeune femme par quelqu'un de ces axiomes qui sont d'autant mieux accueillis qu'ils mettent la conscience plus à l'aise ? "Ne craignez rien, dans le mariage tout est permis".


Qu'est-ce que l'union libre, préconisée par les romans du jour, réhabilitée sur la scène des théâtres ?

- A parler d'une façon générale, c'est cette union honteuse de l'homme et de la femme, que la convoitise fait contracter aujourd'hui et qu'un caprice pourra briser demain. (...) Ils veulent s'abandonner, en toute liberté, aux fantaisies d'un instinct tout bestial (...). L'union libre est un retour à l'animalité.

Mais Dieu n'a-t-il pas autorisé le divorce dans l'ancienne loi ?

- Non, pas autorisé, mais toléré : proper duritiam cordis, à cause de la dureté du coeurs des juifs. Et il a supprimé cette tolérance à l'avènement de la loi évangélique (...).

Malgré l'enseignement constant de l'+glise, malgré les foudres dont elle a frappé les rois divorcés, le divorce n'est-il pas entré dans la législation française ?

- Oui, en 1884, sur proposition du juif Naquet, le divorce est entré dans nos lois.

Comment est-il nuisible aux mariés ?

- C'est qu'il donne à la dépravation humaine le moyen de se satisfaire ; il lâche la bride aux passions (...).

D'où vient donc la malice intrinsèque de ce crime ? [du péché qui limite la vie]

- De la violation réfléchie et voulue de l'ordre établi par Dieu dans les rapports conjugaux. Dieu, auteur de la nature, permet la satisfaction des sens qui accompagne les rapports conjugaux dans le but premier de favoriser la propagation de l'espèce humaine. Rechercher le plaisir en supprimant la fonction, et ainsi priver volontairement de son effet naturel l'acte du mariage, est un désordre qui porte préjudice à la race elle-même (...)

N'y a-t-il pas des cas où une femme expose sa vie en acceptant la maternité ?

- Moins souvent qu'on ne le pense ou qu'on le dit. (...) La faute en est à notre civilisation factice et raffinée (...) à l'éducation de beaucoup de jeunes filles qui élevées dans la coton, entourées de toutes les délicatesse du confort contemporain, ne sont plus capables, devenues épouses, de supporter le moment voulu le travail et la douleur.

Que faut-il penser des femmes mariées qui meurent victimes de la maternité ?

- Il faut les plaindre toujours (...) Bien dignes d'admiration sont ces épouses vraiment chrétiennes, au coeur fort dans un corps chétif, qui soucieuse de sauver l'âme de leurs maris, en secondant leurs légitimes désirs, en écoutant le voeu secret de la nature, sont tombés sur le champs de bataille de leur maternité.

Quel serait le moyen de diminuer le nombre de ces victimes ?

- Refaire une génération vigoureuse.



Je ne sais pas vous, mais moi ce type de lecture me déclenche des envies de vociférer d'immondes grossièretés, de me vautrer dans la vulgarité et de prôner le stupre et la fornication...




Et il ne s'agissait que de la première partie de l'ouvrage... peut-être un jour vous ferais-je profiter des enseignements de la seconde...