Dans les fauteuils du grenier

Dans le grenier de la demeure il y a de profonds fauteuils au cuir éraflé qui fleurent bon le crin mouillé et la maison de mes grands-parents.
Comme il faisait un peu frisquet dans le grenier de la demeure, on s'est caparaçonné de couettes.
Comme il faisait nuit on a joué à se faire peur avec le troisième Harry Potter.
Comme on était seuls au monde on s'est serré, on s'est blotti et on a partagé le même fauteuil. On a frissonné, on a sursauté et on s'est cramponné. On a tous été émus quand Harry parlait de ses parents et plus encore de l'amour de ceux qui sont décédés.
Et puis, un à un, ils se sont endormis, la tête abandonnée qui dans le giron de sa mère, qui dans le fauteuil pronfond. Alors, un à un, sans les réveiller, je les ai déposés dans leur lit juste à côté.
Ainsi seule, je me suis blottie dans la chaleur du grand fauteuil, je me suis pelotonnée entre ses bras. Alors, roulée en boule comme un chat, enveloppée dans l'édredon de plumes d'une aïeule, j'ai sangloté ma peine, dans le cuir éraflé par quatres générations de chaussures, dans cette merveilleuse odeur de club d'un autre temps, j'ai pleuré ma déveine dans les fauteuils de mes grands-parents.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 05/12/2004
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Superbe texte....
La magie des mots de Dame Tarquine me renvoie dans un fauteuil club, à Saint-Pol de Léon, chez mes grands parent il y a plus de 35 ans.
La photo de ce fauteuil m'a tout de suite rappelé la maison de mes grand parents et plus particulièrement mon grand père que je n'ai pas eu la chance de beaucoup connaitre...
Merci Dame Tarquine d'avoir involontairement renvoyé à ces souvenirs.
Le texte est émouvant.
Les émotions transparaissent sans difficultés de ce texte. La scène est touchante, et au delà de ce sentiment je n'hésite à dire : Quel talent !
Je suis bouleversée par le fond, admirative de la forme, séduite par l'auteur. P.S.Vos enfants sont magnifiques.