Grand ou petit deuil ?
Quand un grand-père vous observe hilare du coin de l'oeil dans les vestiaires du studio de danse, jonglant avec l'une qui met son justaucorps à l'envers, le microbe qui veut -absolument !- prendre une douche habillé et le grand biquet qui hurle de rire à mes cotés parce que je lui demande s'il se souvient où j'ai mis le bâillon et les menottes qui auront raison du benjamin, donc quand ce grand-père vous observe hilare puis vous demande à la faveur d'une porte retenue et toujours aussi réjoui "Alors bientôt le quatrième ?" vous vous sentez bête...
Après j'ai réfléchi et je me suis souvenue qu'il n'est pas si loin le temps du grand et du petit deuil. Le temps où j'aurais été couverte de voile noir ou mauve. Le temps où l'on ne m'aurait pas posée pareille question.
J'ai donc fait un grand sourire à ce charmant monsieur, visiblement très amusé par notre compagnie, parce que tout compte fait, sa question était la preuve la plus éclatante que les tarquinioles au grand complet étaient loin d'inspirer de la pitié et qu'on avait encore assez d'énergie pour se moquer de notre putain déveine.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 29/11/2004
Les Tarquinioles
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Commentaires
"La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet;
Agile et noble, avec sa jambe de statue."
Charles Baudelaire "A une passante", Les Fleurs du Mal.
(moi je dis que la tenue de grand deuil et les bottes, ça vous attirerait de ces godelureaux...)
Bonne nuit...
Je confirme que l'énergie de toute la tribu est un grand éclat de rire qui nous arrive en pleine figure.
D'ailleurs la gallerie de photo montrant les sourires coquins et les cachettes étonnantes est une preuve irréfutable.
Heuuuuu.... c'est quoi un demi d'oeil?
P.S: Très bien les galeries, félicitation!
Re, "un malaise parmis ses compagnons de travail..."
Déjà en 1949 on ressent un malaise face à un voile, peut on alors faire un lien avec le voile actuel, le ressenti qu'il provoque, le voile de 1949 (qui vient juste après 1948 et tout ce que ça comprend pour les femmes), le fichu paysan, et enfin le voile des nonnes, qu'on retrouve actuellement aussi.
C'est un peu tiré par les cheveux, mais l'émancipation de la femme, (les changements vestimentaires que ça a provoqué afin de rendre plus unisexe les apparences) ne sont il pas à l'origine de la fin du dueil tel qu'il est décrit dans le toshopage au dessus?
Et en tirant un peu plus sur les cheveux, n'est ce pas un mouvement qui pris son envol dès la loi de 1905, puis les années folles, où le femme au quotidien se libère et prend part de façon beaucoup moins dirigé à la vie communautaire.
Hum... bon, j'arrête de tirer sur les cheveux, 1 jour ou 18 mois..est ce vraiment quantifiable.
En passant chez Pasfolle, je m'aperçois que je ne suis pas la seule à aimer votre blog et regretter le silence des derniers jours.
On sait que l''approche des fêtes est lourde parfois et laisse sans voix.
On espère que cette décision du silence n'est pas le fait des commentaires "petits" qu'on a pu lire.
On attend respectueusement et patiemment le retour.
Danielle
Merci :) Je désactive les commentaires principalement pour nul s'y sente obligé d'en faire. Je n'aime pas écrire pour attirer la compassion, pour obtenir des marques de sympathie (ce qui ne veux pas dire que je ne les apprécie pas à leur juste valeur :) Et aussi pour ne pas y répondre. Car j'écris ma peine comme on crache son mal. Après je me cache et souvent quand je reviens je ne relie pas ce que j'ai écrit (car cela me fait pleurer). C'est pour cette raison là que je commente peu moi-même sous les billets 'tristes". Or ne pas répondre est aussi une forme d'impolitesse (encore que vu le temps dont je dispose, je prie humblement tous mes lecteurs de ne pas se formaliser si je ne réponds pas systématiquement). Donc voilà pourquoi quand je vomis ma peine sur ces carnets, je ferme les commentaires.
Non, ce n'est pas les commentaires contre lesquels j'ai pu m'élever qui sont à l'origine de cette décision. ceux-là me mettent simplement en colère. Ce qui est une forme de diversion quand on a mal... la colère a parfois un côté formidablement apaisant... :) Sauf que cela ne remplace quand même pas quelques heures de sommeil donc je file me terrer à nouveaux sous ma couette.
"la colère a parfois un côté formidablement apaisant... :)"
La colère n'apporte jamais rien de bon. Jamais. Et l'on mesure rarement l'importance de la destruction qu'elle entraîne.
Devinez d'où cela peut bien venir ?
En ce qui me concerne la colère est toujours préférable à la douleur pure. Cela n'a rien à voir avec les notions de bien de mal ou de quelque valeur morale. Non simplement elle est plus facile à supporter... parce que avoir mal, vraiment mal, c'est intolérable. Vraiment intolérable. Alors, de façon empirique, si la colère peut faire oublier ne serait-ce qu'un instant cette douleur là, c'est toujours ça de pris... (dixit le manuel de survie à la mode Tarquine)