schéma de mon révélateur à crétin


Tous les matins, je passe par un endroit stratégique que je nomme en fonction du temps "mon révélateur à crétin", "mon marqueur de néanderthalien" ou "mon poste à débusquer les philistins". Il ne s'agit pourtant que d'une simple répétition d'un marquage au sol, avouez que c'est assez anodin. Cependant, ne vous fiez pas à la simplicité du dispositif : c'est redoutable pour les automobilistes !

Je vous explique tous les matins, j'arrive à une grande porte parisienne et m'arrête à un feu tricolore. En face de moi la route devient une entrée de périphérique donc je trouve nécessairement à gauche pour entrer dans Paris. Pour ce faire devant le feu tricolore, il y a un magnifique sas vélo, le marquage est d'un blanc immaculé, on ne peut pas le louper.

Tous les matins, les voitures s'arrêtent au feu en piétinant allégrement cette évidente signalisation.

Je suis donc obligée de contourner les véhicules (qui vont quasiment tous, droit devant eux, pour emprunter le périphérique). Je m'acquitte de cette tâche avec force regards mauvais et l'index pointé vers le bas pour attirer l'attention des conducteurs endormis sur les bicyclettes peintes au sol.

La quasi totalité de ces bovins réalisent alors qu'ils ont fait une connerie et s'aperçoivent enfin de l'utilité des sas vélo, seul dispositif permettant aux pauvres cyclistes de tourner à gauche sans risquer leurs vies et -je dois le reconnaître- la plupart s'en excusent.

Ensuite, après avoir tourné à gauche il y a un second feu rouge et un second sas vélo.

Et bien vous ne savez pas, il y en a toujours un, ce n'est jamais le même mais toujours un homme qui de la façon la plus ostensible possible s'avance jusqu'à la limite du raisonnable pour couvrir de sa puante bagnole la peinture blanche du second marquage au sol.

C'est sans doute sa façon à lui de lever la patte sur les arbres pour marquer son territoire...

Quand je vous dis que les automobilistes régressent quand ils sont aux volants de leurs voitures...

Ah oui, je profite de ce billet pour décerner la médaille de stupidité à la dame qui coincée dans les embouteillages ce matin sur les boulevards extérieurs trouvait insupportable qu'un vélo puisse circuler alors qu'elle était immobilisé.

Ma pauvre petite dame si vous saviez ce que vous étiez pitoyable à essayer de me barrer la route en faisant épouser à votre véhicule les formes de ceux qui étaient à côté. He he he he... barrer la route à un vélo, votre crédulité était sans borne...

Je n'insulte jamais les niais ! Je me contente de leur faire des grands sourires gentils une fois l'obstacle passé. Et comme j'étais de bonne humeur un petit geste de la main en m'en allant pour dire "au revoir" à la nigaude complètement figée...