Tarquinou dort sur son père endormi

Tarquin et moi nous nous aimions, il parait que cela se voyait comme le nez au milieu du visage.

Parfois je ne sais même plus si le nez se porte vraiment au milieu du visage mais je sais que je l'aimais , oui !

Moi je me souviens du regard qu'il m'a lancé la première fois que l'on s'est rencontré. Et je me souviens qu'il me faisait rire, rire à en pleurer, rire à en oublier le reste du monde.

Je me souviens que j'ai su très vite que ce serait lui l'homme de ma vie, en dépit de tout ce qui nous séparait.

Tarquin, il se foutait bien du nombre d'années d'études qui nous séparaient. Il se foutait bien que je sois avocat, il m'aimait pour moi, pas pour mon CV !

Et moi, je me foutais bien qu'il pesait plus de deux fois mon poids, et puis je le trouvais beau comme ça, je l'aimais pour lui, pas pour ses kilos !

Tarquin il savait dire "je t'aime" avec une rare sincérité. Il le disait parce que c'était vrai et qu'il n'avait pas l'impression de se mettre en danger en me le disant.

Tarquin, il savait dégoupiller en une phrase les grenades que son explosive épouse recélait parfois.

Il se moquait de moi avec brio, avec une dérision et un humour de situation dignes des plus fins stratèges.

Tarquin je l'aimais plus que tout, je l'aimais en vrai, je l'aimais comme il était.

On n'aime pas les gens pour ceci ou pour cela. On aime les gens pour ce qu'ils sont, comme ils sont et puis c'est tout. On aime avec ses tripes, moi mon Tarquin je l'avais dans peau.

Voilà c'est tout. point final. Ça s'arrête comme ça. Pouf. on arrête tout et il n'y a même rien a recoller. Non paf, voilà, voilà, au revoir madame, il n'existe plus, vous pouvez reprendre vos sentiments surnuméraires. C'est presque encombrant. Fin de l'histoire. Rideau. Plus de coeur, plus de moteur. Plus rien. Non ça sert plus à rien d'aimer comme ça, c'est du gâchis, il n'est plus là, il est mort, presque du jour au lendemain. Une très jeune conne m'a dit un jour "c'est la vie". Je regrette de ne pas lui en avoir retourné une... La vie, tu parles... L'enfer oui !