Je vous conseille la lecture de cet excellent article du Monde : Simone Veil raconte la loi sur l'avortement dont voici un court extrait :


- Imaginiez-vous, en montant à la tribune, le degré d'hostilité que vous alliez rencontrer ?

Non. Je savais - ne serait-ce que par le courrier reçu - que les attaques seraient vives, car le sujet heurtait des convictions philosophiques et religieuses sincères. Mais je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter, la monstruosité des propos de certains parlementaires ni leur grossièreté à mon égard. Une grossièreté inimaginable. Un langage de soudards. Car il semble qu'en abordant ce type de sujets, et face à une femme, certains hommes usent spontanément d'un discours empreint de machisme et de vulgarité. (...)*
[...]

-Quel est le pire que vous ayez entendu ?

Les propos de Jean-Marie Daillet.

*souligné par votre serviteur



Les débats parlementaires étant publiés au Journal officiel, vous pouvez retrouver les propos dont s'agit à la 4ème page de ce fichier .pdf : 3ème séance du mercredi 27 novembre 1974 (3,01 Mo)



Mais, surtout, comment oserez-vous désormais admettre la poursuite et la condamnation pénale de l'infanticide du nouveau-né, aucun biologiste ne pouvant nier, quelle que soit sa thèse personnelle, qu'il y a processus continu entre l'embryon humain et l'homme ? Cette dernière question va évidemment bien au delà du droit et de la justice : elle touche les moeurs, la civilisation.

Supposez que l'on retrouve l'un des médecins nazis qui a encore échappé au châtiment qui en frappé d'autres, l'un de ces hommes qui a pratiqué la torture et la vivisection humaine. Y a-t-il, voulez-vous me le dire, différence de nature entre ce qu'il a fait et ce qui sera pratiqué officiellement dans ces hôpitaux et dans ces cliniques de France ?

Votre projet de loi ne porte-t-il pas, par ailleurs, condamnation d'être incapables de se défendre ?

On est allé - quelle audace incroyable ! -jusqu'à déclarer tout bonnement qu'un embryon humain était un agresseur. Eh bien ! ces agresseurs, vous acceptez, madame, de les voir, comme cela se passe ailleurs, jetés au four crématoire ou remplir des poubelles.



Par ailleurs, le regard de madame Veil sur les femmes et le féminisme m'a fait sourire... il est tellement plus moderne que certaines interventions que j'ai lu sur ce carnet... mais il est également plus lapidaire : "Je me sens plus en sécurité avec des femmes. Peut-être est-ce dû à la déportation. Au camp, leur aide était désintéressée, généreuse. Pas celle des hommes. Et la résistance du sexe dit faible y était aussi plus grande.