merde
J'aimerai rompre avec mon passé, lui dire "bye bye" "adieu", le laisser sur le bord de la route et puis poursuivre mon chemin sans lui. Lui dire "salut, merci pour tout, je te dois des moments merveilleux, sans doute les plus belles années de ma vie. Mais maintenant je te quitte."

Le remercier chaleureusement et puis lui expliquer que le bonheur cela se vit, sinon cela moisit... Le bonheur ne se conserve pas au fond d'un vieux cellier, cela ne se congèle même pas !

J'aimerai exciser cette boule de douleur brute que je porte en moi. Cette boule que j'arrive presque à oublier et qui explose brutalement parce que je croise une amie très chère devant le bureau d'un magistrat instructeur (lequel a bien dû se demander ce qu'il avait dit pour déclencher un pareil émoi...)

Je ne voudrais que conserver la rage que je mets à appuyer sur mes pédales, le coeur abandonné à regarder Paris défiler sous mes yeux, ne sachant plus si c'est fuir ou avancer qui exalte autant chacune de mes plus infimes fibres musculaires.

J'arrive à oublier que je l'aimais.
Je parviens à parler de leur père à mes enfants sans m'écrouler, ne conservant de lui que son humour légendaire et sa bonne humeur.
Je peux oublier la quiétude de dormir à deux.
Je peux fermer les yeux et penser à demain.

Mais il est une chose que je ne peux maquiller : c'est combien lui m'aimait.

Alors comme je n'ai jamais réussi à lui tenir rigueur de son amour, je déchire ma lettre en mille morceaux, j'arrête de jouer les héros et je laisse enfin mes larmes couler.