Tableau représentant l'intérieur de la cathédrale de Soissons
Gervais et Protais, jumeaux martyrs à Milan sous le règne de Néron à la triste notoriété, et dont les reliques furent miraculeusement retrouvés par Ambroise le saint, en l'an de grâce 386 de notre ère, ont légué leurs noms à un certain nombre d'édifices religieux et notamment à la cathédrale de Soissons.

Elle est foutrement lumineuse cette bâtisse ! Et cela n'est pas le funeste résultat d'un bris aussi déplorable que fréquent de ses vitraux colorés.

Elle est grise aussi, elle sent la poussière (non le moisi, la bougie, l'encens ou le bois humide). Elle est franchement triste. Mais ne vous méprenez pas ! Elle est belle comme le jour. Comme l'aube grise qui se lève, dépouillée et sans clinquant, elle se laisse deviner avant d'apparaître.

J'y allais avec mon père après avoir fait le marché (c'est à dire farfouiller chez le bouquiniste de la Place Fernand Marquigny). Parfois même nous y retournions l'après midi avec le Focillon sous le bras.

La cathédrale de Soissons, c'est le souvenir précis d'une cérémonie religieuse concernant de vagues cousins. J'étais arrivée en retard et je me souviens des mots de mon père en me voyant débarquer. "Tu l'es bellote, ma fille" Elle lui ressemble tellement cette phrase... un océan d'amour contenue dans une expression aussi désuète qu'à l'architecture parfaite. Un numéro d'équilibre de mot et de tendresse. Mon Papa, il parlait comme les cathédrales !