Jésus gisant / marbre blanc


Je les y ai emmenés en pensant qu'ils voudraient en sortir après quelques instants. Et puis, parvenus dans la cathédrale, ils sont tombés en arrêt devant les vitraux (pourtant rares car rescapés de la Grande guerre). La tête en l'air, ils ont ensuite suivi du regard les élégantes voûtes d'ogives aussi élancées que courbes, aussi hautes que belles. Ils ont fait trois fois le tour du déambulatoire, revenus dans la nef, ils ont croisé des statues aussi vieilles que mystérieuses et plus vraies que nature. Ils ont marché sur les noms de chevaliers oubliés, quasiment effacés des dalles où on les a gravés à jamais.

Quand interrogée sur la signification des bougies qui brûlaient, j'ai répondu que c'était simplement une sorte de voeux (mécréante comme je le suis, j'étais bien en peine de leur répondre précisément). Ils ont alors rallumé tous les cierges éteints qu'ils trouvaient.

Et puis les deux grands m'ont regardé et avant que le moindre son ne franchisse leur lèvres, je savais ce qu'ils allaient me demander.

"Dis Maman, on peut allumer une bougie pour Papa ?"

Mécréante comme je suis j'ai acheté un cierge et j'ai laissé mes enfants formuler leur voeux à eux.

Le lendemain, Tarquinette m'a dit "tu sais, papa il est content d'habiter la cathédrale : c'est drôlement joli ! "

Je lui ai dit "oui" et la mécréante que je suis a pensé qu'elle était drôlement jolie dans la cathédrale ma Minette. Elle qui ressemble tant à son Papa...

"Oui, on y retournera ma chérie."

 Tarquinette au dessus du bénitier