Où les larmes ne font pas taire les rires
Combien de fois en mettant la clef dans la serrure
ai-je
songé que c’était la porte du bonheur qui s’ouvrait ?
Combien de fois m'étais-je dis que jamais je
n’aurais pu
imaginer vingt ans plus tôt ce qu’était ma vie
aujourd’hui ? Et que si je
l’avais su mes jeunes années auraient été plus
apaisées !
Combien de fois ai-je pensé que la vie
décidément m’avait
tout donné et que bien rares étaient les motifs de me
plaindre ?
Si souvent !
Y a-t’il donc un prix à payer pour tout le
bonheur que l’on a
consommé ?
Existe-t’il une formidable balance divine
où le plateau de
l’horreur doit venir équilibrer celui des joies et des
douceurs ?
Devrais-je inférer de la conjonction de mes
malheurs des
inconduites aussi insoupçonnées qu’inexcusables ?
Pour l’heure la révolte gronde encore
contre cet immonde
châtiment.
Oui, mes larmes coulent encore et c’est une
éternité qu’il
me faudra pour en tarir la source.
Oui la rage tempête encore et il n’est pas
né celui qui me
fera accroire que la mort de mon aimé n’est pas l’exemple
même de l’iniquité.
Mais il ne sera pas dit que je brûlerai avec
lui. Oui j’ai
le droit de rire. Oui j’ai envie d’offrir autre chose à mes
enfants qu’un
ramassis de souvenirs de plus en plus rabougri à force de ne
plus être aérés.
Même si je sais que je m’écroulerai
secouée de sanglots au
détour d’une odeur ou d’une incisive futilité ;
même si je serre encore
les poings pour ne pas crier quand le manque me chavire, je sais bien
tout au
fond de moi que si j’ai résisté à cette lame de
fond, c’est que je n’ai pas
encore perdu le goût de cette putain de vie…
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 06/09/2004
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Hasards et nécessité, oui, châtiment et justice "d'en haut", certainement pas. La vie n'est pas injuste, elle est sans justice. Mais tant qu'elle a un goût de revenez-y...
(Oui, je sais, mes commentaires ici sont toujours abscons...).
... je vous embrasse...
"Combien de fois m'étais-je dis que jamais je n’aurais pu imaginer vingt ans plus tôt ce qu’était ma vie aujourd’hui ? Et que si je l’avais su mes jeunes années auraient été plus apaisées !"
C'est Frédéric Dard qui disait, en retrouvant sa fille après l'enlèvement dont elle avait été victime "Si j'avais su que je l'aimais autant, je l'aurais aimée encore davantage."
On l'avait bien remarqué que "si tu as résisté à cette lame de fond, c’est que tu n'as pas encore perdu le goût de cette putain de vie…"
C'est un formidable exemple pour nous tous qui nous plaignons dès que le moindre petit truc nous chagrine.
Comme la photo est belle et représente ce que je comprends de votre vie à travers ce blog...
La plénitude et la beauté demeurent, ici, et les rires, malgré le chagrin.
Je vous souhaite, Veuve Tarquine, le plus souvent possible, la fin de cette chanson de Barbara qui nous manque :
"Le mal de vivre"
Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus
Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre
Que la vie chose n'est pas une balance, que Barbara "copiée collée" n'est que "copiée collée". Du droit, tu n'en as aucun sur la vie que de sourire aux nains de jardin, crotteuses de nez et choses frivoles de ce genres. Plus loin, tous poseront les questions, mais d'ici là, combien de sourires. Alors ?
>> pour nous tous qui nous plaignons dès que le moindre petit truc nous chagrine.
Ahhhhrgh... Ce genre de choses me fait bondir... Je peux partager des expériences, au-delà des simples faits, avec d'autres, recevoir des autres ces mêmes choses partagées, en être ému, ou pas, mais ces "comparaisons" ont-elles vraiment du sens ? Pour qui est-ce une consolation ?
Thomas,
Je ne comprends pas trop ce que vous voulez dire.
Moi, j'essaie tout simplement de me dire "arrête de te plaindre pour des broutilles, ça ne vaut pas le coup et profite donc mieux de ce que tu as". Et de me le dire, ça m'aide à avancer et surtout à être bien.
Laurent, tes commentaires ne me sont jamais apparus abscons mais empreints plutôt d’une grande acuité…
Autchoz, les mots de Dard sont bien beaux. En ce qui me concerne je dirais plutôt que même si j’avais su que mon Tarquin vivait condamné (ce que nous ignorions), je n’aurais pu l’aimer plus…
Merci pour cette chanson de Barbara dont j’espère que l’ultime refrain me fera danser un jour.
Anne, Sylvie Mijo, permettez-vous que je vous embrasse ? ;) Vous savez, je ne suis ni ne veux être un exemple pour quiconque. Je ne crois pas que la plénitude et la beauté m’étreignent mais plutôt la rage et la curiosité.
La rage de voir périr ceux qui sont tout pour moi et la curiosité de voir ce monde si chamarré continuer à tourner. Mais jamais au grand jamais, je ne veux être un exemple.
Thomas a d’ailleurs bien raison ! Et puis je râle comme tout le monde pour des détails insignifiants – Oh ! mes pauvres Tarquinets, vous, vous ne le savez que trop ! –
Monsieur le Docteur Buchmoll, savez-vous que présentement j’ai le sourire aux lèvres ? avec d’ailleurs quelques traces d’un remède décoiffant… de la confiote de Samantdi !!!!!!!!
Tarquine : Oh oui ! ;-)
Bon, je ne connais pas LA fameuse confiture de Samantdi, mais il va vraiment falloir que j'y remédie !! ;-)