Fuir et rire

Je fanfaronnais ces jours-ci ! Je me sentais des ailes. Une
colère enfin clamée,
d’émouvantes retrouvailles avec la capitale et des
tarquinets vibrants de rires et de câlins !
On peut dire que j’ai été roidement
cueillie. Une phrase a suffit, une phrase relative à des
bêtes dispositions fiscales… Je n’ai
pourtant peur ni des mots ni de parler. « Tarquin
est mort en septembre ».
Je me suis soudainement emparé de mon casque à
vélo. J’ai crié un « Au
revoir » précipité en filant
vers la porte d’entrée. J’ai
dévalé les escaliers en hoquetant. Les clefs de
mes antivols étaient brouillées par les larmes.
Le casque de travers, le nez dégoûlinant,
j’ai fui à perdre haleine.
Fuir les larmes en espérant que le vent les
sèche, fuir l’envie de se recroqueviller, de se
mettre en boule, là, sur le sol, pour crier tout son
soûl en ignorant le monde alentour.
Fuir les regards apitoyés de ceux qui savent ma peine sans
pouvoir la soulager.
Fuir cette putain de déveine qui m’a
enlevé mon mari et mes parents et qui me fait douter de tout
(verrais-je mes enfants grandir ? vais-je mourir
demain ? mes enfants vivront-ils encore après
demain ? lequel mourra le premier ? …)
J’ai foncé dans Paris, j’ai
pédalé vers mes marmots et ensemble, on a fait la
nique à la vie.
On a joué aux chatouilles. Tarquinou
a adoré !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 31/08/2004
Chagrine Tarquine
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Commentaires
ce rire est fantastique... a écouter et réécouter dans les moments les plus difficiles comme ce mois de septembre.
je pense bien fort à vous quatre.
Dommage, je n'ai pas pu entendre les chatouilles mais continuer de faire la nique à la vie toi et tes enfants.
Je suis un peu nullle, j'avais juste oublié de mettre le son !!!
C'est beau le rire d'un enfant chatouillé. Et plus, on croit entendre le chatouilleur rire aussi.
Oh que c'est bon. Quelle belle leçon de vie que le rire d'un enfant !!!
Effectivement... si l'on écoute bien, on entend un petit rire "adulte" derrière ! Continuez de rire tous ensemble !
Je te lis à l'instant et j'ai soudainement les larmes qui me montent aux yeux...
Les souvenirs affleurent, les comparaisons abondent...
Mais je ne peux que me souvenir que toute difficile que soit mon existence, mon rire lui ne s'est jamais éteint. Rire c'est vivre, continuez à faire la nique alors :-)
Affectueuses pensées
"Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l'atteindre, où le rejoindre... C'est tellement mystérieux, le pays des larmes !"
-- Antoine de Saint-Exupéry, in "Le Petit Prince"
Puissiez-vous un jour, revenir de ce pays, Veuve Tarquine.
J'aime entendre le rire de Tarquinou, merci de le partager avec nous !
C'est trop beau !
Je découvre ici.
Emotions.
Affections.
Leçon de vie.
Les rires de Tarquinou.
Il vous faut continuer d'avancer.
Grand Respect.
BabOOn a tout dit et bien dit.
Veuve Tarquine, ce soir mes pensées sont pour vous.
Bien sûr, mes enceintes ne sont pas branchées et Lolo qui trépigne "je veux l'entendre rire moi, le petit garçon au chocolat"
Au passage, elle a définitivement décidé que Tarquinou c'était pas un "vrai" prénom !
Le petit garçon au chocolat... "le guerrier du nutella"
Je n'ai jamais autant regretté que mon PC ne soit pas équipé de carte son ! Et comme il est au bureau et que par conséquent je ne peux pas y remédier, je me contenterai d'imaginer...
Oui, Baboon a tout dit.
En effet. Saint-Ex sinon rien.
Je crois que je n'en sortirai jamais tout à fait du pays des larmes... D'abord parce qu'au fur et mesure des malheurs de sa vie on y prend tous plus ou moins pension. Cela ne veut pas dire non plus que l'on est tout le temps malheureux. En ce qui me concerne cela signifie aussi que j'ai connu le bonheur, même si la vie a été sacrément injuste ensuite...
On a tous notre pays des larmes, je crois, parfois des larmes de regrets parfois des larmes d'envie. La seule chose qui importe c'est de savoir que le pays des rires existe aussi. Et de ne pas oublier d'y faire un tour de temps en temps :)
Quelle leçon de vie ces derniers mots Veuve Tarquine.
J'en suis tout ému.
Tout ému, rien de plus.
Sinon que je dois en prendre de la graine.
Vous savez, le meilleur moyen de me transformer en hérisson, c'est de me faire un compliment... Je n'ai pas choisi ce qui m'arrive. Je suis le jouet d'une affreuse plaisanterie.
Et se complaire dans le malheur est un plus grand malheur encore.
Outre que ce serait de la complaisance, ce serait malhonnête, car on ne peut pas vivre sans lueur, sans savoir faire abstraction du pire des malheurs.
J'avais l'intention de faire un billet dessus, très prochainement peut-être :)