Opressante absence
Je ne parviens pas à fuir.
Les billets, les journaux, les carnets, ne parviennent ce soir
à m'offrir refuge.
Je me suis usé les yeux en triturant, déformant,
malmenant des images, des photos ou même de simples mots sans
réussir à faire taire cette sourde douleur.
Je me sens engourdie de misère, cherchant bêtement
à m'y soustraire, comme si je ne savais pas que l'entreprise
était nécessairement vaine...
Et cette lancinante chaleur qui me ramène en
arrière, qui me ramène l'an passé,
quand la vie avait encore un sens, une illusion de raison et
était synonyme de bonheur.
Rien à faire, je ne peux m'y dérober, ce soir, il
faudra donc que je serre les dents pour ne pas crier.
Putain, ce qu'il me manque l'homme que j'aime.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 24/07/2004
Tarquin et Tarquine
Fil des commentaires de ce billet – Lien permanent de ce billet










Commentaires
C'est dur de ne rien pouvoir faire. Je pense à toi.
Comme vousdevez lui manquer aussi. Vos billets sont superbes mais là, vous m'effondrez. Bien à vous.
Vos mots le rendent si vivant ... Si nous pouvions, nous qui vous lisons, prendre un tout petit morceau de votre peine et vous en soulager d'autant... mais le travail de deuil est laborieux et on ne peut pas s'y mettre à plusieurs.
Je vous embrasse.
Je viens lire ta peine en douce, et ça me déchire le coeur.... Je n'ai pas de mots pour t'aider, mais je pense à toi.
Te lire rend futile la communauté carnetière, ici plus qu'ailleurs l'éphémère est omniprésent, bien plus qu'obniprésent, l'indéfinissable solitude de l'être, ne peut se traduire en un simple commentaire.
Seuls les mots qui souviennent, plus qu'ils ne surviennent, peuvent atténuer la douleur. Je crois que tu y réussis à ta manière.
Je préfère écrire des futilités, je préfère jouer les Don Diego du vélo ou tempêter contre les marchands inélégants.
Je préfère donner à sourire et peut-être à réfléchir qu'à pleurer.
Je sais combien il est facile d'attirer la compassion et difficile d'arracher un éclat de rire.
Je souhaite de tout cœur ne pas venir appesantir la communauté cartenière qui me donne tant de plaisir, simplement parfois les mots se lâchent sans que l’on ne parviennent à leur résister…
On commence un billet léger qui reste coincé sur le clavier, on efface tout avec trois touches de celui-ci puis on crache sa peine et son chagrin. Ce n’est pas forcément à dessein.
Merci de vos mots si touchants…
Tarquine, vous devez continuer à parler, y compris de votre chagrin, de la mort de votre aimé si les mots vous viennent. Pour vous, mais aussi pour nous, parce que nulle part ici il ne semble y avoir de place pour la douleur. La sommation générale : "riez, consommez" veut que l'on reste muet, soit-disant "digne" même face à des chagrins terribles... Il est d'autres civilisations où les veuves s'arrachent les cheveux, hurlent pendant des jours et des jours... La compassion des autres leur est offerte comme une évidence, sans qu'elles aient jamais besoin de s'excuser de souffrir et de le montrer.
Je crois que ça nous ferait du bien, parfois, à nous qui aimons vous lire, de pouvoir crier ensemble que ce qui vous arrive, c'est vraiment dégueulasse, sans effets stylistiques, comme les pleureuses antiques ou les "vocifératrices" corses.
Je vous embrasse.
Parfois drole,parfois trés triste,votre site est trés emouvant.
Je vous accompagne par la pensée dans votre tristesse.