Tarquinou

Je l’ai regardé bouger, tout empli de grâce qu’il est. Je lui ai lâchement chatouillé le cou et les « pétous »pour l’entendre rire. Un rire argenté dont je ne me lasse pas.

J’ai joué à cache-cache afin de partager ses « coucou ! » à peine ébauchés qu’il répète à l’envi depuis hier, date à laquelle ce nouveau mot a été ajouté à son vocabulaire.

Je fais semblant de m’abstraire, d’être ailleurs, pour sentir sa minuscule main venir prendre la mienne et impérieusement me tirer à lui en criant un retentissant « maman » !

Je m’amuse à lui voler son « doudou » puis à fuir en courant pour le seul plaisir d’entendre retentir les pas de ses petits pieds nus sur le sol « ploc-ploc-ploc ploc-ploc » puis le voir arriver, rayonnant de liesse d’avoir rattrapé sa mère et de se jeter dans ses bras – en oubliant doudou !

Je le regarde, l’enfant si beau, qui manie le sourire comme d’autres manieraient l’épée, précis et terriblement efficace.

Je le regarde l’orphelin de père et je ne peux m’empêcher de penser à mon Tarquin l’aimé, qui aurait été si fier de son petit dernier, qui aurait passé des heures à le faire rire, à le faire jouer, à l’aimer.

Et peste ! qu’ils ont le caractère semblable, ces deux-là qui se séparent avec le temps !