Fin d'un calvaire

Quoi que vous fassiez je ne serais jamais comme vous. Non, le
« qu’en dira t’on »
est une valeur dont je me contrefous, non quand je n’aime
pas, je dis « je n’aime pas »,
et quand je m’ennuie, je m’en vais.
Effectivement, je suis très mal policée, je suis
bien trop spontanée pour faire semblant très
longtemps, je suis pour vous un espèce de monstre de
liberté et d’incompréhension, un
énorme point d’interrogation.
Mais vous, vous m’aviez bien oubliée quand vous
êtes venus vous installer chez moi, vous aviez même
oublié que ma mère mourrait ! Je me souviens
d’un « c’est pas
grave » qui résonne comme une gifle. Je
pensais que la douleur rapprochait les gens, vous m’avez
démontré très exactement le contraire.
Vous avez souillé mon "chez moi" en hurlant et en criant
votre haine, comme si votre douleur vous donnait tous les droits.
Vous avez été si loin que le statu quo
est rompu et comme je me fous royalement de savoir si vous
m’aimez ou pas, je suis un électron libre, seul
l’amour de mes enfants me raccrochent à
vous…
Car vous faites partie de la famille de mes enfants. Mais quoi que vous
fassiez, quoi que vous aimeriez, vous ne faites pas partie des miens.
Cela vous désole, je le sais bien, mais c’est
ainsi. Mon mari vous adorait ; j’espère que mes
enfants vous aimeront et qu’ils sauront nouer des liens
étroits avec vous, mais moi c’est hors de question.
J’ai dorénavant l’absolue certitude que
je ne vous aime pas. Tout simplement. De mettre un nom sur cette
vérité me rassure et me calme, je ne vous aime
pas, c’est tout, et on ne force pas les gens à
aimer. Invoquer la mémoire de mon époux
n’y changera rien. Je ne vous déteste pas, je ne
vous hais pas, tout simplement, je ne vous aime pas.
Soyez des grands-parents, je ne vous demande rien d’autre et
je n’accepte rien d’autre, quoi que vous puissiez
faire.
Fin d’un calvaire, je suis rentrée chez moi
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 12/07/2004
Chagrine Tarquine
Fil des commentaires de ce billet – Lien permanent de ce billet










Commentaires
Désolée que cela ait été si dur.
Comme je te comprends...
Ouff ! Ta magie est intacte... ;-)
La douleur ne rapproche pas, au contraire, elle sépare le bon grain de l'ivraie. Encore heureux de se retrouver avec un grain dans la paume de main. Je me comprends, mais pas sûr d'être clair ;-)
J'ai aussi fait cette expérience intime de la douleur qui non seulement ne rapproche pas mais parfois sépare encore davantage et devient une autre douleur qui s'ajoute à la première...
Mais je vous admire (je sais que vous n'aimez pas qu'on dise ça) de faire la part des choses et d'espérer pour vos enfants des liens étroits avec leurs grands-parents paternels, quand bien même vous, vous ne les aimez pas. Merci de penser la complexité, d'avoir cette exigence. Car si votre expérience n'est pas transposable, elle peut parler à chacun de nous, en tout cas, elle me parle, à moi. Et elle m'éclaire aussi.
Je vous embrasse.
Le plus difficile c'est de réfreiner son envie de partir à peine arrivée. Mais dorénavant, on ne m'y reprendra plus, je préviendrais de suite que je ne reste pas. (Sauf qu'il y a encore des projets en août dont je me serais bien passée...)
S'agissant de mes enfants, j'avoue que j'ai parfois du mal à rester objective. Quand par exemple sa grand-mère proteste parce qu'un de mes enfants demande sa mère mais non sa grand-mère... Il y a des bêtises crasses que l'on a dû mal à ne pas relever.
Et plus encore quand j'apprends cet après-midi qu'ils ont embauché quelqu'un pour s'occuper des grands (Tarquinou est resté avec moi) l'après-midi.
Moi je pensais bêtement qu'il était question de nouer des liens, mais visiblement, ils doivent déranger à l'heure de la sieste...
Arg... ça doit faire grincer les dents chez Dame Tarquine...
Vivement la rentrée pour se retrouver en tribu, alors ?
Amicalement,
Anne
Bonjour,
Voilà quelques jours que je m'avance sur la pointe des pieds dans votre vie où je suis entré par hasard…
J'ai longtemps hésité…
j'ai commencé à rédiger, puis abandonné, puis repris ce post dans lequel je voulais tout simplement vous dire à quel point votre histoire me bouleverse et à quel point je vous trouve formidablement digne et courageuse.
Vous allez protester que vous n'êtes rien de tout cela.
Pourtant, l'attitude que vous déployez face à la douleur, et le tact dont vous faites preuve face à vos enfants sont proprement admirables.
Je vous souhaite de demeurer forte comme vous l'êtes, et de ne jamais céder au découragement.
Avec toute mon amitié
Eric
Atlanico, d'abord vous avez eu tort de vous y reprendre à 2 fois pour déposer un commentaire céant !
Ce n'est pas un mausolée ici vous savez ;)
Ensuite, si votre message est un bel encouragement à continuer à gribouiller mes billets, sur le fond, mais vous le savez, je ne pense pas exactement comme vous... Ce sont les événements qui sont effroyables, c'est tout.
Quant à céder au découragement, je vous avoue que parfois, je me demande bien ce que l'avenir me réserve encore... non seulement je crains que la mort frappe encore les miens mais je m'interroge sur ma capacité à éléver seule trois marmots...
Anne, je les récupère dans UNE semaine :)
Et Tarquinou et moi, on est presque comme deux âmes en peine...
On se caline, on se chamaille, on se chatouille mais quand il entend le téléphone qui sonne, il cavale pour parler à son grand frère.
Et au parc il est complétement désoeuvré... il n'ose plus aborder les autres enfants !
Heureusement les aînés sont ensembles....dans l'épreuve? Souhaitons qu'ils en retiennent quelque chose de bien,ne serait que le bonheur de vos retrouvailles.:=)
Je leur téléphone matin et soir, et je dois avoir l'honnêté de dire qu'ils ont l'air ravis...
Ils se ruent encore au téléphone pour me parler mais je vois venir le temps où quand je vais appeler ils ne vont plus interrompre leurs jeux.
Et ce sera tant mieux ;) Cela apprendra à leur vieille bique de mère à relativiser... Et puis, si leur horizon s'arrête à "maman", je ne pense pas que cela leur fasse grand bien...
C'est bien connu que les vacances, ça fatigue ! Bon courage