Coq et poule



A la première chambre civile de la Cour d'appel de Riom, il y avait un président qui, non content d'être un fin juriste, avait une plume, un verbe, une faconde passés à la postérité.

Je vous livre ici l'extrait d'un arrêt en date du 7 septembre 1995 :

La poule est un animal anodin et stupide, au point que nul n'est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois. Son voisinage comporte beaucoup de silence, quelques tendres gloussements, et des caquètements qui vont du joyeux (ponte d'un oeuf), au serein (dégustation d'un ver de terre) en passant par l'affolé (vue d'un renard). Ce paisible voisinage n'a jamais incommodé que ceux qui, pour d'autres motifs, nourrissent du courroux à l'égard des propriétaires de ces gallinacés. La Cour ne jugera pas que le bateau importune le marin, la farine le boulanger, le violon le chef d'orchestre, et la poule un habitant du lieu-dit La Rochette, village de Salledes (402 âmes) dans le département du Puy-de-Dôme.

EPOUX ROCHE C. ROUGIER
Gaz. Pal 1995, 4052 ; D., 1996, somm. p. 59, note A. Robert ; JCP, 1995, IV, 2603 ; JCP, 1996, II, 22625, note A. Djigo ; Rev. gén. assur., 1996, p. 739, note A. Favre Rochex.

Monsieur ALZUYETA, c'est le nom de cet éminent magistrat, nous ayant fait l'honneur de rédiger plus d'un arrêt, je ne manquerai de vous en reparler.
Peut-être qu'ainsi, je vous convaincrai que le droit n'est pas qu'une matière absconse...