S’il y a bien une chose qui me déconcerte ce sont les organismes de sondage qui, censés étudier la société, sont cependant parfaitement décalés, bornés avec celle-ci , en un mot rétrogrades !

La raison de mon irritation ? : l’enquête effectuée sur le site de la SNCF par l’institut IPSOS.

Comprenez-moi, cette Société se présente comme "un leader sur le marché des études par enquêtes" avec "un effectif permanent de plus de 500 salariés et un chiffre d’affaire de 95.5 ME en 2003". (sic)

On aimerait donc, on penserait donc, que sur ces 500 personnes, l’une d’elle au moins connaîtrait un tantinet notre société !

Parce que depuis 1804 (date de notre cher Code napoléon) elle a un tantinet changé notre société…

Au tout début, l’article 213 du Code civil prévoyait : « Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari ».

Par bonheur, les choses évoluent et parce que le Code civil n’est pas aussi obtus que certaines sociétés d’étude ci-dessus citées, l’obéissance de l’épouse a été sacrifiée à l’autel de la notion de chef de famille ! (lois des 18 février 1938 et 22 septembre 1942)

Ne pouffez pas, à l’époque, il s’agissait d’un progrès !

Comme le temps a pour éternelle qualité celle du changement, la situation des femmes dans le mariage a encore changé et le 4 juin 1970, retenez bien cette date : LE QUATRE JUIN MIL NEUF CENT SOIXANTE-DIX toute référence au chef de famille a disparu du Code civil.

L’article 213 est rédigé dorénavant comme suit :

« Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l'éducation des enfants et préparent leur avenir. »

Je le redis donc encore une fois il n’y a plus aucune référence au chef de famille dans le Code civil depuis le 5 juin 1970 (date de promulgation de la loi du 4 courant).

Alors vous ! les stupides instituts de sondage, parfaitement impuissants à vous mettre à la page, arrêtez, s’il vous plait, de me demander si je suis, soit le chef de famille, soit le conjoint du chef de famille.

Et en matière d’analyse de société, vous comprendrez que je ne suis pas prête de vous faire confiance !

Enfin, par pitié, embauchez un 501ème salarié capable de vivre avec son temps et d’avoir des qualités rédactionnelles vous permettant de substituer à vos questions stupides quelque chose dans l’air du temps…

Je pourrais continuer longtemps sur ce sujet en ajoutant à l’incurie d’IPSOS la parfaite confusion entre la notion de chef de famille et celle de couple, alors la première ne se comprenait juridiquement que dans le seul cadre du mariage et non du PACS ou du concubinage.

Je rajoute que quelques mentions de « chef de famille » persistent dans le Code de la famille et de l’aide sociale (il ne s’agit que de décrets et non de loi et leur valeur sur ce principe est de nul effet). Le Code Général des Impôts continue aussi la confusion des genres mais – et je le sais d’expérience - le Trésor Public méconnaît de la plus belle manière les règles relatives à la famille. La jurisprudence, avec bonheur, le leur rappelle assez souvent… Je vous conterai peut-être un jour les mésaventures fiscales d’une femme mariée (moi en l’occurrence) qui ne porte pas le nom de son mari…