BMW noire, déformée...

En qualité de mère de famille normalement constituée, j’exècre d’assez vive manière les jeunes fâcheux qui prennent nos rues pour des lieux dédiés à leurs prouesses automobiles ; du genre BMW noire, prête à écraser enfants ou vieillards sur les passages cloutés.

En qualité de cycliste, je voue également une haine assez féroce à cette catégorie particulière qui méprise – évidemment - les règles de la priorité à droite, (a fortiori avec une bicyclette !), s’arrête toujours sur les sas vélo et vous ignorent – au sens propre – de si belle façon qu’au premier moment d’inattention vous rejoignez ad patres les vieillards et enfants ci-dessus cités.

Imaginez le danger que vous courez quand vous conjuguez les deux couvre-chefs !

Situation banale : je pédale avec Tarquinou dans son siège derrière ma selle, Tarquinette me précède sur sa bicyclette, nous restons tous les trois sur le trottoir.

Un classique accident de parcours (un imposant camion stationné) nous oblige à emprunter, à des fins de contournement, le couloir de bus, à cet instant d’une parfaite vacuité.

Survient un fâcheux con en BMW noire, l’espèce qui compare la vitesse d’accélération de son engin à la longueur de sa quéquette…

Il pile pour s’arrêter puis klaxonne tant qu’il peut… démontrant, par là même, l’effet strictement proportionnel de sa décélération à sa vitesse de réflexion.

Voilà, maintenant, l’homme intelligent qui mesure l’effet de son comportement : Tarquinette, s’arrête ! parce que les BMW noire qui klaxonne à tout va, en hominidé normalement constitué, elle considère cela comme un danger ! Et qui lui en voudrait ? Je n’allais quand même pas la gronder !

Donc elle pose son vélo et elle finit le contournement à pied !

Et comment fait, désormais, une mère à vélo- où est juché son petit dernier – pour récupérer et déplacer la bicyclette de Tarquinette ?

Le fâcheux con, qui, il est vrai, ne dispose que d’un très petit nombre de connexions neuronales n’a pas trouvé la solution… Il n’est parvenu qu’à mimer l’insulte suprême que l’on peut faire à une mère : d’un geste ample il levait le pouce, le poing serré, comme pour féliciter la mauvaise mère que j’étais de mettre ainsi mes enfants en danger !

Je reconnais que j’ai été prise d’une telle bouffée de rage que si Tarquinou n’avait été sur ma bicyclette, je pense que j’aurais posé celle-ci à terre pour asséner la marque de mon 38 fillette sur la portière de sa quéquette !