La baguette de Harry

Sept heures vingt ce matin : Tarquinet qui a (sournoisement !) fait sonner sa montre, déboule dans ma chambre. « Maman, Maman ! C’est l’heure ! »

« huuglfdg mmmm ? (affreux borborygme maternel) Ah ? Tu crois ? … Heu ?? Allez où ? »

« bah, tu sais qui, tu sais où ! »

Tarquinou débarque ensuite, traînant « titine » et doudou. Hou ! Il me tient une telle conversation que je sens bien qu’il serait illusoire de gagner quelques bribes de sommeil en m’enfonçant le nez dans l’oreiller. Pas moyen de leur échapper à ces deux là !

J’obtempère et rampe remplir la cafetière en devisant sur leur respectif empressement quand ils se rendent cette fois à l’école…

J’escompte prendre le temps de siroter mon savoureux breuvage au prétexte (car ce matin, il m’en faut un !) que Tarquinette sommeille encore.

Peine perdue, la voilà dans mon dos en s’exclamant, réjouie : « Meuh non Maman, je suis réveillée » (j’ai tellement sursauté que la tasse a risqué sa vie !)

Allons bon ! Donc ce mercredi , alors que je n’exerce plus ce jour-dit depuis peu, me voilà cependant habillant, coiffant, mouchant, changeant couches et vêtements à une allure de grand prix de Malaisie (virages inclus).

Quatre arrêts de bus plus tard, nous déposons Tarquinou chez « Tata » puis fonçons dans la bouche de métro la plus proche.

La rame recèle de tout un contingent d’enfants impatients dont nous venons grossir les rangs. Contingent que nous retrouvons à la sortie du métro en faisant la queue devant le cinéma.

Et oui ! Cela fait trois semaines qu’ils l’attendent ce moment ! Qu’ils comptent les jours. Harry PotterPotter mot magique s’il en est ! Bref, nous y sommes sans avoir eu besoin d’enfourcher un balai.

Le public est majoritairement composé d’enfants et d’adolescent – et de beaucoup de parents … mais aussi de solitaires cinéphiles.

Nous sommes assis à côté de deux délicieuses retraitées (sans alibi infantile) dont les rires spontanés, et à peine étouffés, fusaient à travers la salle, la salle qui vibrait comme un seul homme (quand elle ne flirtait pas un peu…).

Mes deux poussins étaient captivés, happés, dissous dans la pellicule. Tarquinette a eu une telle frayeur des détraqueurs qu’elle a d’abord pris refuge sur mes genoux pour ensuite… arroser ces derniers de …pipi !!

C’est ainsi que je suis sortie du cinéma détrempée mais néanmoins enchantée. J’ai adoré !