bout de vélo dans un parc

Ce matin, le temps était courtois, le soleil élégant, et j'avais envie de musarder...

Entre deux obligations professionnelles je me suis évadée à l'insu de tous.

D'abord j'ai été acheter un petit carnet. J'ai choisi quelques stylos de différentes couleurs (selon l'humeur du jour, c'est important !) j'ai enfourché ma belle bicyclette et je me suis rendue dans un parc, si petit, si joli et si désert pour un mercredi !

Sur la première page de mon petit carnet j'ai écrit : Petit carnet pour gribouiller. j'y ai babultié quelques phrases, quelques lieux communs sur cette belle capitale qui m'enchante... sur l'odeur des fleurs déjà fânées et sur les gros mots que deux garçonnets chuchottent dans les fourrés près de moi en se croyant seuls au monde : "ça pue le pigeon !" suivi d'un éclat cristallin de rire enfantin...

Et puis j'ai rebouché mon stylo, j'ai rangé mon carnet et j'ai pris mon appareil. Mon appareil photo pour capturer mon vélo dans ce parc si petit, si joli dans Paris.

Merci ma belle bicyclette de me permettre de me croire en ballade quand je ne suis qu'en déplacement, merci de m'offrir ces rues, ces gens et ces odeurs fugitives mais si prégnantes.

Merci de m'avoir conduite jusqu'à ce parc ou pour un court instant j'ai tant aimé le génie et la mécanique qui me permettent de disposer de toi...

L'instant fût court... il cessa exactement au sortir de ce parc, au moment où j'ai avisé que ce même génie de la mécanique était également à l'origine de ce monstre de "quat'quat" noir, vierge de toute trace de boue mais parfaitement convaincu de rouler dans une jungle où laisser la priorité à droite à une pauvre biclyclette est une pure obcénité...