douleur et iniquité

Il était une fois un petit garçon plein de joie de vivre et confiant dans la vie. Un petit garçon avec une vie de petit garçon, quoi.

Et puis ce petit garçon connût l'épreuve des deuils. D'abord -et surtout- son papa puis, trois semaines plus tard, sa mère-grand.

Quelle confiance accorder à la vie si celle-ci fout le camp aussi brusquement ?

Grave question à laquelle ce petit garçon entreprit de répondre du haut de ses huit ans.

Très vite sa décision fut prise : continuer mener sa vie de petit garçon ; lire Titeuf, faire exploser de providentiels préservatifs ou aller à l'école y retrouver ses copains.

Et puis le petit garçon connût à nouveau le doute, allant la nuit rejoindre sa soeur pour apaiser ses peurs.

Mais quels cauchemars pouvaient donc encore le torturer ? lui qui semblait avoir connu le pire ?

C'est par le biais d'une mine de crayon que la réponse fusa.

Une mine de crayon enfoncée dans le lobe de son oreille.

Une mine de crayon patiemment affûtée par un "grand" garçon et qui, à la faveur d'un traquenard dans les toilettes de l'école- fût introduite puis brisée sous la peau d'albâtre du petit garçon.

Dorénavant, ce petit garçon a non seulement peur d'aller à l'école mais également chez le médecin pour se faire ôter cet odieux corps étranger.

N'en finira-t'il donc jamais avec la peur, ce petit garçon de huit ans ?