Robert Merle n'est plus

S'il est un auteur dont j'ai parcouru les ouvrages, c'est bien Robert Merle.
Peu d'auteurs modernes maîtrisent ce sens si aiguë du romanesque.
Ecrire une histoire, n'écrire que pour l'histoire, disparaître derrière l'histoire: il n'était là que pour la servir et non l'inverse.
On connaissait moins l'auteur que ses récits! Il n'avait d'ailleurs pas besoin de fréquenter les plateaux de télé pour que l'on sache qu'il avait du talent, un formidable talent !
Le talent de celui qui fait lire des milliers de gens sans démagogie, sans accroche raccoleuse et avec une langue à vous faire damner un professeur de lettres (qu'il était d'ailleurs)...
Ses succès furent fulgurants (Weekend à Zuydcoote, récipiendaire du Goncourt était un premier ouvrage !), nombreux (peu de livres passeront inaperçus...) et une renommée particulière s'attacha à sa saga de Monsieur de Sioriac, les "Fortune de France".
Mais si vous ne devez lire qu'un livre de lui, lisez donc Malevil.
C'est un petit chef d'oeuvre d'humanité (et de déshumanité). Un livre dont le sens et la quête sont éminement modernes. Mais c'est avant tout une formidable histoire que l'on dévore avec avidité (et si vous avez vu le film vous serez surpris car l'adaptation est très éloignée du bouquin).
Si le thème de Malevil vous intéresse, vous aimerez sans doute aussi une nouvelle de Jack London La peste écarlate
qui est également un petit bijou littéraire.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 31/03/2004
Veuve Tarquine bouquine
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Commentaires
Grml, il faut que j'apprenne sa disparition en venant sur ce Blog, alors que c'est l'un des auteurs que je conseille le plus souvent (surtout les premiers volumes de Fortune de France).
.....
En tout cas il m'aura fait passer des heures de lecture assidue. Je n'ai pas lu Malevil, mais "les hommes protégés" qui est loin d'être aussi ambitieux et reconnu. Mais quand le Sida avait commencé à être connu et que l'on envisageait qu'il ne pourrait toucher que les hommes, ce livre m'était revenu à la mémoire avec insistance.
Bon, c'est décidé: je lirai Malevil. La faute à ce Blog et c'est très bien ainsi car si je n'aime pas je saurais qui blamer :D
Ciao,
LoneCat
Et j'endosserai sans broncher la responsabilité de ce mauvais conseil :)
J'indique, eu égard à quelques interrogations (n'est-ce pas Philomène ?) que l'image qui illustre ce billet représente un champignon nucléaire.
Je m'interroge quant à savoir s'il ne faudrait pas lancer une souscription pour changer la paire de lunette de la sus-dite ;)
Arf, c'est peut-être ma propre paire qu'il me faut changer ?
Je m'interroge quant à savoir s'il ne faudrait pas lancer une souscription pour changer la paire de lunette de la sus-dite ;)
Tu as mon aval....et aussi mon agrément pour les verres de contact correspondant...
Chère Tarquinounette ;-))
J'ai donc acquis et lu Malevil. J'y ai retrouvé avec plaisir le style de Merle, mais j'ai trouvé qu'il y avait quelques longeurs et que les différentes parties étaient de qualité inégale. Je préfère les premiers tomes de Fortune de France, même s'ils sont moins ambitieux.
Maintenant j'ai l'air fin: ça m'a donné envie de relire "Ravage" de Barjavel, et "Les hommes protégés" de Merle pour me rafraichir la mémoire concernant certains aspects abordés dans Malevil, grml ... mais je suis bien content d'avoir finalement lu ce pavé =D
Ciao,
LoneCat
Arf, j'espère que tu ne regrettes cependant pas ton achat ! Non seulement il n'était pas si enthousiasmant mais en plus il va te rendre dépensier!!!
En ce qui me concerne, je n'ai pas lu les Hommes Protégés... dès que j'ai retrouvé ma capacité de lecture, je pense que j'inaugurerai cet ouvrage comme première acquisition !
Et bien entendu je viendrai t'en rendre compte ;)
Pour voir les champignons atomiques, il vaut sans doute mieux... une paire de jumelle !
(cf. commentaires du 1er au 3 avril)
Je n'ai pas lu les ouvrages suscités mais je me souviens parfaitement du choc ressenti à la lecture de "La mort est mon métier" que je considère être le pendant de "Si c'est un homme" de Primo Levi.
Un livre glaçant, indispensable.
Je l'apprends ce soir.
Je suis dévasté.
Il a rejoint Emmanuel, seigneur de Malevil.
Bonjour,
A mon sens, un des meilleurs livres de R. Merle est "La mort est mon métier". Ou comment un homme (ou vous, ou moi) peut devenir le chef d'un camp de concentration. Après ce livre, je n'ai plus jamais porté de jugement hâtif...
Bon je m'intrusie, verbe barbarisme de la première conjugaison, qui désigne l'action effectuée par une personne désignée par le mot intrus. Se conjugue comme obtusier, synonyme du verbe voténonir.
A ne pas confondre avec obusier, qui désigne l'objet que j'aimerais bien avoir à ma disposition ces jours ci, à l'attention de quelques uns.
Mais ici il s'agit de Robert Merle. Alors, bien que ce soit très tardif, et très réchauffé, et parce que c'est une bonne façon de s'intrusier comme me l'a dit mon professeur en intrusisme, je viens abonder les remarques admiratives précédentes sur cet écrivain majeur du siècle vingtième, finalement peu médiatisé, mais dont l'influence sera autrement plus forte que bien d'autres.
Le roman le plus marquant que j'aie lu de lui, non qu'il soit le meilleur, ils sont tous le meilleur, mais le plus marquant, est "la mort est mon métier". Je l'ai lu jeune homme et cette seule lecture a suffit définitivement à me faire comprendre ce qui s'est passé entre 1933 et 1945 en Europe. La victoire de la médiocrité, l'horreur organisée par les médiocres, les tout-le-monde, vous zé moi. Il n'y a pas de monstres dans cette affaire, mais des êtres humains, et là se cache le plus terrifiant.
La controverse qui avait accompagné le film "la chute" était parfaitement inutile, Robert Merle avait déjà tout dit, tout compris.
Et ces jours-ci, soudain, je le ressens comme étonnament actuel. Mon intrusion n'était finalement pas si hors-sujet que je croyais.
Bonjour, Tarquine. Je découvre les blogs. J'ai bien peur de ne plus décoller de ma souris, désormais.
je reviens sur le site, car j'aime lire aussi, mishima t c boyle jim harrisson san sha, yasmina khadra, aissa djebar récemment nommée à l'académie française, je lis peu les vrais classiques mais surtout des livres étrangers. j'oubliais, douglas kennedy. et quelques autres.
sympathiques ces conseils de lecture. Je découvre le site à l'instant après avoir cherché par hasard des infos sur un de mes auteurs préférés, Mr Robert Merle.
J'ai lu la plupart de ses romans, à l'exception de Madrapour. Malevil est celui que j'ai relu le plus souvent, en espérant à chaque fois avoir oublié tel ou tel détail de l'aventure...
Même en connaissant de bout en bout le récit, c'est toujours un plaisir de se laisser entrainer par ce magnifique conteur qu'était R. Merle.
je conseille donc également ce roman pour qui veut découvrir R. Merle. Ne pas se baser sur l'adaptation au cinéma dont la trame est bien mince en comparaison du livre... A chaque lecture de Malevil, je ne peux m'empêcher d'imaginer ce que pourrait êre une adaptation ciné réussie de ce roman...compliqué parce qu'une heure et demie ce ne serait sans doute pas suffisant...