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de bric et de blog - Tarquin et Tarquine 2018-03-08T18:37:08+01:00 urn:md5:48b2af76ba589bac58d596875a9b0c00 Dotclear Quand j'étais heureuse... et ben, je savais que l'étais ! Et je le sais toujours... urn:md5:ac4f891d05cfe9741ea145cf465be707 2010-04-15T22:55:09+00:00 2010-04-15T23:00:56+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Dans leurs chambres, il est un album de photographies tout corné d'être feuilleté et trimballé de l'un à l'autre. Un album de photographies qu'ils regardent seuls.<br /> Ce soir, Tarquinou et moi avons lu un livre. Un livre qui ne l'interessait guère. Il voulait surtout ma main. Et plus encore des câlins. Des câlins au petit dernier qui devient si grand que bientôt il n'en voudra plus, cela ne se refuse pas... Je me doutais bien qu'il avait quelque chose à me dire... <br /> - <em>Papa me manque.. Moi je n'ai pas de souvenirs... tu te rends compte maman !? je n'ai jamais vu son visage !!</em>" <br /> - <em>Oui, mon petit chat, mais tu sais il t'aimait tellement qu'il t'aimera toute ta vie, tu sais ça ? Tu veux voir son visage ? </em>"<br /> - <em>Oh oui maman !! </em><br /> Un disque dur et trois clics plus loin, nous voilà 7 ans avant. Papa avec son dernier dans les bras, sur les genoux, avec l'un qui dort sur l'autre, et puis l'autre qui lui fait des blagues en soufflant dans un tuyaux, et... et... et des enfants radieux. Et moi qui raconte, qui montre tout ce bonheur qui crève l'écran de mon vaio. Et là, le grand qui danse de joie, et là, la belle avec des cheveux roses et des rires plein la bouche et... et... et... la voix de maman qui s'éraille et les sanglots qui débordent... et le petit qui pleure aussi, et moi comme une cruche à lui dire que "<em>c'est rien, c'est rien, c'est rien...</em>" comme s'il ne voyait pas que je me répands... Putain.. qu'est-ce qu'on était heureux...</p> Autodafé urn:md5:d6405577d312124e1569c35aff3241cb 2010-03-04T01:36:39+00:00 2010-03-04T01:36:39+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Pas un jour sans penser à lui.<br /> Et la vie qui continue...<br /> Pas un jour sans penser à lui.<br /> Au détour d'un son, d'une odeur, d'une couleur,<br /> En regardant un enfant. En regardant grandir les siens.<br /> Il n'y a plus qu'eux pour deviner mes larmes.<br /> Pour savoir pourquoi ma voix s'enroue et mon front obstinément se baisse.<br /> "<em>Rien mes enfants, rien, ça va passer"</em><br /> Et la vie qui continue parce qu'il faut que ce soit ainsi.<br /> Taire sa peine. Ne pas la laisser s'épanouir.<br /> Oublier combien il m'aimait. Oublier combien je l'aimais.<br /> Ne pas dire le goût qu'avait le bonheur, avant...<br /> Ne pas s'en souvenir... <br /> Ne pas le laisser brûler ce qu'il me reste d'avenir.<br /> Oublier.<br /> Pas un jour sans penser à lui.<br /> Et la vie qui continue...</p> Le métro, la concorde & le train urn:md5:4127531c62367c23074c9a5afc2c6a18 2009-07-03T23:51:09+00:00 2009-07-03T23:51:09+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>19 heures 37 &mdash; R&eacute;publique &mdash; ligne 5 &mdash; J'ai abandonn&eacute; mon vieux biclou contre un mur trop chaud le temps d'un m&eacute;tro. Dans quelques minutes j'offrirai, sur un quai de la Gare de l'Est, le plus grand des sourires &agrave; mon Tarquinet. 19 heures 37 et il me trotte dans la t&ecirc;te une question b&ecirc;te... Je ne sais plus les mois qui me s&eacute;parent de lui. Seulement les ann&eacute;es. Des ann&eacute;es et une vie qui ne ressemble plus gu&egrave;re &agrave; celle que je partageais avec lui. Et si je reste veuve, je ne suis plus tout &agrave; fait c&eacute;libataire. Une question b&ecirc;te qui me ronge. En d&eacute;pit des ann&eacute;es et ce qu'est devenue ma vie, la r&eacute;ponse sort de mes tripes pour me sauter au visage et avec elle l'eau sur mes joues. En un claquement de doigts, sans sommation. Comme si le temps d'un m&eacute;tro &eacute;tait seulement celui qui me s&eacute;parait de lui. Une question sans noblesse, un peu simple et au verbe plat. <span style="font-style: italic;">Ce qui me manque le plus ?</span> Six mots qui me jettent &agrave; bas plus s&ucirc;rement qu'un combat, six mots qui me pulv&eacute;risent et me d&eacute;vorent. <span style="font-style: italic;">Ce qui me manque le plus ?</span> Le refuge de ses bras, son amour intangible, et son rire... Un rire pour tout dire et tout d&eacute;goupiller. Ce qui me manque le plus ? Une alchimie o&ugrave; se m&ecirc;le la force, l'unit&eacute; et la paix... 19 heures 53. L'heure de planter deux bises sur les joues du Tarquinet avant de protester vigoureusement contre le demi centim&egrave;tre avec lequel il me distance d&eacute;sormais. Le temps a repris son cours et moi ma vie sans lui.</p> Fleurs fanées et couronnes déchues urn:md5:dfc61f2aa770ab6335aa74763e5ba511 2008-09-25T13:25:45+00:00 2008-09-25T13:27:08+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Cinq ans.<br /> Envie d'un mur contre lequel je pourrais me briser les poings.<br /> Un angle où se tapir.<br /> Et disparaître.<br /></p> 48 mois et un jour. urn:md5:3243da35bbd40ef61634aec29930c59d 2007-09-26T08:44:21+00:00 2007-09-26T08:44:59+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>4 ans hier.<br /> Rien à fêter.<br /> Sauf que j'aimerai rajouter, un brin faraude : « <em>même pas mal d'abord</em> +<br /> Mais défier la vie est vain.<br /> Je crois que je préfère l'avaler.<br /> A défaut de la digérer.<br /> <br /></p> Les mots qu'on garde (2) urn:md5:a35f7d50d9c21dc73965fe8fc5179e02 2007-07-03T23:31:25+00:00 2007-07-03T23:33:34+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Parfois je pleure et parfois je souris, lorsque je me souviens.<br /> <br /> Il disait... avec un air grave ... qu'il avait beaucoup de chance car :<br /> - <em>je ne pouvais pas l'aimer pour son argent</em> [— puisque j'en gagnais plus que lui ! ]<br /> - <em>je ne pouvais pas l'aimer pour son corps de rêve</em> [— puisque qu'il pesait deux fois et demi mon poids ]<br /> Alors lui au moins il avait la certitude que je l'aimais pour ce qu'il était vraiment et que tout le monde ne pouvait pas en dire autant ! <em>A mais !</em><br /> <br /> Il disait qu'il ne perdait pas ses cheveux... non... c'était ses fans qui lui arrachaient...<br /> <br /> Il disait... Il disait...<br /> <br /> Il y a des jours où ils me manquent tellement ses mots gorgés de rire...<br /> </p> Pourquoi t'es parti ? urn:md5:4b88a1ade4f495541a80fd707078218a 2006-12-15T22:13:21+00:00 2009-10-21T23:28:45+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <div class="centre"><a href="http://bricablog.org/photoblog/albums/celles-du-bricablog/pleurs-2000.jpg" hreflang="fr"><img src="http://bricablog.org/images/2006/pleurs-500.jpg" title="lien vers la photographie" alt="statuette en argile. Qui pleure" /></a><br /> </div> Méandres, ergo. urn:md5:4c7eb6f45dfae9f2a994136add1182b2 2006-11-29T22:17:26+00:00 2006-11-29T22:21:22+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Je n'ai jamais remis le <a href="http://bricablog.net/index.php/2005/03/13/467-le-gout-du-rien" hreflang="fr">compteur journalier</a> &agrave; z&eacute;ro.<br /> Depuis plus de trois ans maintenant.<br /> Pourquoi je ne sais pas vraiment.<br /> Car je n'aime pas les collections de souvenirs. Ni les mausol&eacute;es.<br /> <br /> Et pourtant.<br /> <br /> Sans m&ecirc;me m'en apercevoir j'ai remis une <a href="http://bricablog.net/index.php/2004/06/14/92-dorenavant-laimer-a-jamais">photo</a> de mon mari dans mon bureau.<br /> Le cadre &eacute;tait pos&eacute; &agrave; plat sur une &eacute;tag&egrave;re depuis mon d&eacute;m&eacute;nagement. <br /> Un jour, en passant, incidemment, je l'ai redress&eacute;.<br /> Il restera ainsi d&eacute;sormais.<br /> <br /> Cependant.<br /> <br /> J'essaye toujours d'oublier &mdash; et non pas de me souvenir.<br /> C'est plus facile ainsi.<br /> <br /> Antienne tarquiniolesque :<br /> Ne pas calibrer son pr&eacute;sent &agrave; l'aune de son pass&eacute;. <br /> L'un et l'autre ne souffrent pas la comparaison.<br /> <br /> Il est flagrant que l'une et l'autre de mes vies sont m&eacute;connaissables.<br /> Il est flagrant que je ne ressemble plus que de tr&egrave;s loin &agrave; celle qu'il aimait.<br /> <br /> N&eacute;anmoins.<br /> J'ai la certitude qu'il m'aimerait tout autant.<br /> Il m'aimait tellement.<br /> Pr&eacute;cieuse certitude qui me r&eacute;chauffe et me glace.<br /> S'en souvenir me confine au pass&eacute;.<br /> Insondable perte.<br /> Gouffre dans lequel je ne me noie que trop.<br /> <br /> Alors cela je ne veux pas y penser.<br /> <br /> Ordoncques.<br /> Foncer. Cela peut faire illusion.<br /> Mais bouffer la vie ne nourrit&nbsp; pas son homme, loin de l&agrave;.<br /> Sauf que je n'ai pas trouv&eacute; d'autre solution...<br /> C'est toujours mieux que de pleurer son pass&eacute; !<br /> <br /> Nonobstant.<br /> Il faut que je me souvienne.<br /> Sinon je vais me perdre.<br /> Alors je remets la cha&icirc;ne.<br /> La sienne, celle o&ugrave; s'ench&acirc;ssent <a href="http://bricablog.net/index.php/2005/07/01/600-tentative">nos alliances</a>.<br /> <br /> Qu'il est tortueux le chemin qui va du pass&eacute; vers un &eacute;ventuel futur...<br /> </p> Résurgence - La force et fardeau. urn:md5:e40c330518dc67279bf8790b403c1834 2006-08-04T10:35:58+00:00 2006-08-04T11:10:18+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>J'ai revu la ni&egrave;ce de Tarquin; la cousine des enfants.<br /> Je sais pourquoi j'ai tant eu besoin de me couper d'eux et m&ecirc;me d'elle.<br /> C'est si douloureux ces vestiges de cette vie qui n'est plus.<br /> Cela me saute &agrave; la gorge avec une force que je ne soup&ccedil;onne plus et me terrasse &agrave; chaque fois.<br /> Elle a raison. C'&eacute;tait un putain de mec mon mari.<br /> Un de ceux dont tout le monde sait qu'ils &eacute;taient des &ecirc;tres d'exception.<br /> Pas facile pour tous les autres de tenir la route apr&egrave;s lui...<br /> Moi je ne pr&eacute;f&egrave;re pas y penser.<br /> Je sais trop bien que si je mesure sa gentillesse, sa droiture, sa sinc&eacute;rit&eacute; et sa franchise avec toutes celles auxquelles je me suis frott&eacute;e depuis, tout le monde sera perdant. Et moi la premi&egrave;re d'avoir accept&eacute; de telles compromissions... Ce qui me tracasse le plus ce n'est pas de reproduire une relation que je savais unique, c'est d'arriver &agrave; conserver un minimum de respect pour ceux avec qui j'ai pu penser un instant partager un bout de chemin. Et pour l'instant, et en toute franchise, il me faut bien avouer que ce qui me saute le plus aux yeux c'est surtout la force de leur &eacute;go&iuml;sme &eacute;triqu&eacute;... Je ne suis pas sortie de l'auberge... </p> Radio et sanglots urn:md5:5b22944dd218d86eca63267719063f4a 2006-07-22T20:04:50+00:00 2006-07-22T20:04:50+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>France Musique ne passe pas aujourd'hui.<br /> Alors juch&eacute;e sur une &eacute;chelle, je laisse se d&eacute;verser une improbable radio locale.<br /> Un morceau de Santana.<br /> Et c'est la d&eacute;bandade.<br /> <br /> &Ccedil;a me prends &agrave; la gorge et &ccedil;a me monte aux yeux.<br /> <br /> Il n'y a aucun signe annonciateur.<br /> Quelque soit mon moral ou mes projets, cela ne pr&eacute;vient pas.<br /> Parfois c'est <a href="http://bricablog.net/index.php/2005/09/08/670-larmes-homicides" hreflang="fr">dans un taxi</a>, tant&ocirc;t sur un <a href="http://bricablog.net/index.php/2004/07/18/130-orageuses-reacuteminiscences" hreflang="fr">parking</a>, souvent <a href="http://bricablog.net/index.php/2005/11/17/746-liquide-velocypedie" hreflang="fr">sur mon v&eacute;lo</a>, aujourd'hui sur une &eacute;chelle.<br /> <br /> Simplement cela me terrasse.<br /> J'ai juste le temps d'enfouir la t&ecirc;te dans mes bras.<br /> Et de pleurer &agrave; m'en &eacute;touffer.<br /> <br /> Putain qu'il me manque.<br /> C'est comme s'il &eacute;tait mort hier.&nbsp;<br /> Comme s'il pouvait encore m'offrir une moquerie comme on offre une fleur<br /> Comme s'il pouvait encore partager ses rires pour mieux offrir sa tendresse.<br /> Comme si je pouvais encore sentir son amour.<br /> <br /> Presque trois ans.<br /> A peine quelques jours.</p> L'avenir doué de mémoire et d'émois besogneux urn:md5:9cb2c7290506c3cea49ebf6bdc499bed 2006-04-27T23:55:30+00:00 2006-04-27T23:58:23+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Je pourrais penser que plus le temps nous s&eacute;pare, moins son absence est cuisante.<br /> Au quotidien, c'est sans doute vrai.<br /> L&agrave; o&ugrave; nous &eacute;tions deux, c'est maintenant seule et sans le moindre embarras que je m'achemine vers un avenir incertain mais entier.<br /> M&ecirc;me coinc&eacute;e &agrave; l'autre bout de la France dans un train au d&eacute;part improbable, je sais dor&eacute;navant les num&eacute;ros de t&eacute;l&eacute;phone qui mettront les tarquinets &agrave; l'abri des inopin&eacute;es absences de leur m&egrave;re courant d'air. Je sais d&eacute;sormais les coordonn&eacute;es des garagistes ouverts nuit et weekend. Qu'il s'agisse d'une roue crev&eacute;e ou d'une batterie &agrave; plat, je ne d&eacute;range m&ecirc;me pas les voisins... <br /> Je pars seule en vacances sans la crainte de n'&ecirc;tre une charge pour quiconque. Et je ne me souviens pas m&ecirc;me la derni&egrave;re fois o&ugrave; j'ai demand&eacute; de l'aide &agrave; quelqu'un.<br /> Certains voient dans cette ind&eacute;pendance acharn&eacute;e une d&eacute;fiance&nbsp;d'autrui maladive, pour moi ce n'est simplement que l'indispensable modalit&eacute; de ma libert&eacute;.<br /> Cela ne signifie pas, loin de l&agrave;, que par d&eacute;finition, je ne suis plus capable de partager mon existence. Je n'ai fait serment d'all&eacute;geance ni &agrave; la&nbsp;fid&eacute;lit&eacute; d'un d&eacute;funt que j'aimais, ni &agrave; une ind&eacute;pendance qui serait si &eacute;troite qu'elle en deviendrait clo&icirc;tre. D'avoir su ne plus &ecirc;tre terrifi&eacute;e d'&ecirc;tre seule, ne m'a pas convaincu de l'int&eacute;r&ecirc;t de le rester par principe. Et si m&ecirc;me je l'imaginais, les tarquinets qui n'ont de cesse de vouloir "caser" leur m&egrave;re et gagner un papa, seraient l&agrave; pour secouer m&eacute;chamment&nbsp;mes r&ecirc;ves d'obstin&eacute;e solitude. Que voulez-vous, trois marmots hardis et d&eacute;termin&eacute;s et deux ans de psy cela vous ouvre les yeux sur ce que le mot deuil signifie... Et il vaut mieux en rire avec eux qu'en pleurer parce que des larmes j'en ai vers&eacute;es bien assez. Sauf que si tout cela align&eacute; sur le papier en lignes rectilignes et pens&eacute;es d&eacute;montre incontestablement que certes la vie continue, si je suis la premi&egrave;re &agrave; me gausser de n'avoir aucune crainte &agrave; me disputer des droits de visite et d'h&eacute;bergement que certains &nbsp;de mon &acirc;ge se d&eacute;chirent, voire m&ecirc;me de n'avoir &agrave; craindre aucune infid&eacute;lit&eacute; du p&egrave;re de mes enfants, la r&eacute;alit&eacute; c'est que savoir faire d&eacute;sormais sans lui ne me fait pas oublier combien j'&eacute;tais heureuse en sa compagnie. <br /> Contrairement &agrave; ce que l'on pense le plus difficile n'est pas de passer le pas, cela, la vie et le temps le font pour vous et demande moins d'effort qu'on veut bien vous en gratifier. <br /> Le plus difficile c'est d'admettre qu'avant de b&acirc;tir il faudra mesurer combien elle est lourde la diff&eacute;rence entre ce que nous partagions et ce que je d&eacute;couvre maintenant. La m&eacute;diocrit&eacute; n'est pas dans les&nbsp;individus mais dans la pauvret&eacute; de ce qu'ils ont &agrave; partager, qu'il s'agisse d'&eacute;motions, de respect ou de confiance. Je sais bien que c'est le lot commun et que les princes charmants n'existent pas. Mais putain, apr&egrave;s avoir aim&eacute; comme je l'ai aim&eacute;, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; aim&eacute;e comme je le savais, on ne me fera pas oublier pourquoi pendant douze ans je savais que c'&eacute;tait lui l'homme de ma vie. Passer le pas n'est vraiment&nbsp; pas tr&egrave;s difficile et si beaucoup y voit un progr&egrave;s, preuve tangible tant de votre deuil que de votre bonne sant&eacute;, quand le soleil tombe et le silence se fait, quand le lit est trop grand et les souvenirs pr&eacute;cis, accepter de se frotter aux banals accoutrements du c&oelig;ur a parfois quelque chose de diablement path&eacute;tique.</p> La croisée au dessus du cimetière urn:md5:4696d8bb6b694f663248990e807a62e1 2006-04-08T23:42:50+00:00 2006-04-09T09:10:41+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Je ne fous plus les pieds au cimeti&egrave;re.<br /><br /> Parfois je l&egrave;ve un coin de rideau, pas seulement celui qui orne mes crois&eacute;es mais celui que j'ai tir&eacute; sur ces deux ans et demi o&ugrave; j'ai compt&eacute; mes abattis. Juste un coin, juste un fragment, un coin de cimeti&egrave;re sur quelques&nbsp;fragments de souvenirs. Tous ceux-l&agrave; qu'on enterre parce que d'avoir go&ucirc;t&eacute; un putain de bonheur n'est jamais un bon motif pour s'interdire de vivre. Ils ne sont pas tr&egrave;s loin, ils sont avec moi, mi-carapace mi-alibi. Je peux les contourner en d&eacute;rision quand ils deviennent encombrants ou me r&eacute;fugier contre eux quand je cherche un sens &agrave; ma vie. Je les fuis&nbsp;mais je les aime aussi.<br /> <br /> Quand la vie m'aspire je les nargue et les d&eacute;fie. <em>&laquo; ah ! ah ! &nbsp;vous voyez bien que vous n'&ecirc;tes pas parvenus &agrave; me r&eacute;duire &agrave; n&eacute;ant ! Je respire aussi fort qu'avant et si mon coeur ne bat pas de la m&ecirc;me fa&ccedil;on, vous n'avez pas r&eacute;ussi &agrave; l'&eacute;touffer ! &raquo;</em> &mdash; pi&egrave;tre revanche que celle dirig&eacute;e contre ce qui ne vous veut ni bien ni mal... &mdash; <br /> <br /> Et puis parfois le temps s'arr&ecirc;te et prend celui de regarder derri&egrave;re soi. Alors le silence se fait et la gorge se serre, parfois au milieu d'une phrase, parfois au milieu d'une nuit.&nbsp; Je m'en vais alors soupirer et aussi pleurer contre eux, mes souvenirs heureux, ceux des temps o&ugrave; j'aimais aussi fort que l'on m'aimait : pr&eacute;cieuse certitude dont le prix d&eacute;passe celui de tous les tr&eacute;sors du monde réunis. <br /> <br /> Comble de la libert&eacute;, j'ai le droit d'en rire et celui d'en pleurer, irr&eacute;futable preuve que je me les suis appropri&eacute;s, j'en ai fait mon histoire pour moins les subir, je les raille ou je les choie, et si je n'aime pas m'en parer je serais pourtant incapable de les fouler au pied. <br /> <br /> Simplement je n'ai pas envie d'aller au cimeti&egrave;re, de voir les plantes br&ucirc;l&eacute;es par l'hiver, le marbre gris&eacute; par la poussi&egrave;re et grav&eacute; dans celui-ci le nom de mon mari. J'ai su &ocirc;ter mon alliance mais pas encore toute ma culpabilit&eacute; de vivre sans lui. Un coin&nbsp;de mes crois&eacute;es&nbsp;suffira pour le moment.</p> Hautbois et insomnie urn:md5:b5c413ca8805b443413c932ce01ea433 2006-03-15T01:25:00+00:00 2006-03-15T01:34:25+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Parfois on croit qu'on oublie, parfois on se fait illusion, on voyage et on volage aussi. On fuit mais on s'amuse aussi.<br /> <br /> Et puis parfois, dans le silence de la nuit, il y a un hautbois au son duquel on se roule en boule, on se recroqueville très loin sous ses draps et on réalise soudain qu'il est bien loin le temps où l'on était heureux pour de vrai.<br /> <br /> <object type="application/x-shockwave-flash" data="http://bricablog.net/divers/sons/lecteur.swf?src=http://bricablog.net/divers/sons/marcello-concertohautbois-adagio.mp3" width="160" height="26"> <param name="movie" value="http://bricablog.net/divers/sons/lecteur.swf?src=http://bricablog.net/divers/sons/marcello-concertohautbois-adagio.mp3" /></object><br /> <span class="xs"><em>Alessandro Marcello &mdash; Concerto pour hautbois en r&eacute; mineur &mdash; <a href="http://bricablog.net/divers/sons/marcello-concertohautbois-adagio.mp3" hreflang="fr">Adagio</a>. <br /> Hautbois, Clare Shanks &mdash; The Academy of Ancient Music, Christopher Hogwood </em></span></p> Hauteur, largeur, poids et densité du passé urn:md5:f8d16d5e9f836b663c090a416b400940 2006-01-14T11:08:19+00:00 2006-01-21T10:02:35+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Je sais dor&eacute;navant qu'il y aura d'autres hommes dans ma vie.<br /> Je sais aussi qu'il y aura d'autres sensations.<br /> Je sais encore que le plus dur est derri&egrave;re moi, que des murs sont tomb&eacute;s et que des voies se sont trac&eacute;es.<br /> En tout cela, je ne peux que remercier celui que j'appelais mon secret.<br /> <br /> Cela n'a pas fait dispara&icirc;tre l'absolue certitude que&nbsp;Tarquin &eacute;tait&nbsp;l'homme de ma vie.<br /> Cela n'a pas affadi la conscience particuli&egrave;re de l'amour assourdissant que je lui portais.<br /> Cela ne me fait pas oublier comment lui savait m'aimer, enti&egrave;rement, sans faux semblant, avec la plus parfaite honn&ecirc;tet&eacute; et sans penser un instant &agrave; s'en d&eacute;fendre ou s'en&nbsp;prot&eacute;ger.<br /> <br /> Je ne suis pas certaine de ne pas porter toute ma vie le fardeau de cet amour perdu.<br /> Je ne suis pas certaine de savoir aimer comme je l'ai aim&eacute;.<br /> Et je suis persuad&eacute;e que plus jamais on ne m'aimera comme lui savait m'aimer.<br /> Ce n'est pas parce que je m'interdis de poursuivre des chim&egrave;res perdues que j'en oublie la force et la singularit&eacute; de ce que nous partagions.<br /> Ce n'est pas parce que je m'interdis de me repaître du pass&eacute; que j'en oublie la profondeur de ce qui nous unissait.<br /> </p> Quelques parages du passé urn:md5:d6406e1c3e31877bc588ecc9006c79e8 2005-12-17T16:28:01+00:00 2005-12-17T16:44:03+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>J'y allais souvent dans ce service d'un grand h&ocirc;pital parisien o&ugrave; se situait le bureau d'un &eacute;minent expert judiciaire . Je m'y souviens encore de ma premi&egrave;re expertise o&ugrave; j'&eacute;tais terriblement impressionn&eacute;e par la renomm&eacute;e du grand homme. Ultime d&eacute;tail cocasse, je me souviens m&ecirc;me des chaussures que je portais !<br /> <br /> Et puis j'y suis retourn&eacute;e souvent ; j'ai assist&eacute; et particip&eacute; &agrave; des prises de bec d'anthologies, &agrave; des discussion o&ugrave; se sont jou&eacute; le sort de nombres d'handicap&eacute;s et aussi la responsabilit&eacute; de r&eacute;put&eacute;s praticiens. Comme le voulait l'usage, je sortais lors de l'examen de la victime par les m&eacute;decins pr&eacute;sents. <br /> <br /> Alors je faisais quelques pas et je poussais une porte vitr&eacute;e pour me griller une cigarette. Sur un esp&egrave;ce de rampe, j'absorbais consciencieusement mes bouff&eacute;es empoisonn&eacute;es. L'endroit m'intriguait et je m'interrogeais parfois sur l'usage de cette porte &agrave; moiti&eacute; d&eacute;rob&eacute;e o&ugrave; visiblement les pi&eacute;tons n'avaient pas le droit de cit&eacute;. Mais pour y fumer en surveillant une porte du coin de l'&oelig;il l'endroit &eacute;tait incontestablement parfait.<br /> <br /> De longues ann&eacute;es plus tard, j'y suis retourn&eacute;e. C'&eacute;tait juste apr&egrave;s que Tarquin l'avait franchie sur un brancard. La porte n'avait d'utilit&eacute; que pour le SAMU.<br /> <br /> Alors puisque d&eacute;sormais c'&eacute;tait lui que j'attendais dans ce service de neuro-chirurgie, j'ai repris mon poste d'observation.<br /> <br /> J'y ai fum&eacute; des nuits enti&egrave;res sans savoir si au matin, apr&egrave;s d'ultimes interventions, il y serait encore vivant. J'y ai fum&eacute; en r&ecirc;vant qu'il allait bient&ocirc;t ouvrir les yeux et les planter dans les miens.<br /> <br /> J'y ai pleur&eacute; tout ce que mon corps pouvait produire de larmes &mdash; jusqu'&agrave; les avoir toutes &eacute;puis&eacute;es.<br /> <br /> J'y ai eu peur &agrave; ne m&ecirc;me plus savoir &eacute;mettre un son.<br /> <br /> J'y ai eu mal comme je n'imaginais pas qu'on puisse avoir mal, douleur d'une telle intensit&eacute; que j'avais appris &agrave; entendre l'instant o&ugrave; se r&eacute;pandrait le flux anesth&eacute;siant par lequel mon esprit s'&eacute;vaderait de cette gangue de souffrance.<br /> <br /> L'oiseau de mauvais augure que j'&eacute;tais devenue allait aussi se poser &agrave; cet endroit pour distiller son savant m&eacute;lange de nouvelles point trop pessimistes, &eacute;troite fronti&egrave;re entre le d&eacute;sespoir et le mensonge.<br /> <br /> J'y allais aussi prendre des nouvelles de ma m&egrave;re sans savoir lequel des deux la mort me prendrait en premier.<br /> <br /> Dr&ocirc;le d'endroit que ce coin l&agrave;. Par bonheur les expertises ne s'y d&eacute;roulent plus, de sorte que j'esp&egrave;re ne jamais y retourner.<br /> <br /> Je sais pourtant que je n'ai pas besoin de me rendre sur ces lieux pour que les souvenirs que j'y ai laiss&eacute;s m'y d&eacute;busquent. Quand ils m'&eacute;treignent parfois, h&eacute;b&eacute;t&eacute;e, je mesure soudainement combien violents et cruels &eacute;taient ces tourments. L'espace d'un instant ils m'emportent encore avec eux l&agrave;-bas, l&agrave; o&ugrave; le mal est si profond que l'on s'&eacute;tonne ensuite d'&ecirc;tre encore en vie. Une vie o&ugrave; plus que jamais je continue &agrave; penser &agrave; lui.<br /> </p> Mélancolie en embuscade urn:md5:acf7340ad049074a8cd7525b8d6ac940 2005-10-12T17:17:09+00:00 2005-10-12T17:37:23+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Un, deux trois. Ils sont si pr&egrave;s de moi que je peux les compter mes fant&ocirc;mes.<br /> <br /> Issus de mes souvenirs, je me convaincs qu'ils m'aiment&nbsp;; et leur r&eacute;alit&eacute; ne viendra pas me contredire... Souvenirs que l'on fait et d&eacute;fait pour mieux se les approprier, les fa&ccedil;onner &agrave; sa mesure.<br /> <br /> On s'am&eacute;nage son pass&eacute; comme un placard bien agenc&eacute; o&ugrave; l'on vient piocher selon chaque situation le sparadrap ou le rem&egrave;de qui mettra du baume &agrave; l'&acirc;me.<br /> <br /> C'est tellement plus facile quand c'est irr&eacute;el.<br /> <br /> Sauf que lorsque l'on se frotte &agrave; la vie c'est autrement diff&eacute;rent. Chacun son histoire, chacun ses plaies, chacun ses mots. Et tout cela se t&eacute;lescope &agrave; l'aveuglette. C'est la loi du genre, celle o&ugrave; l'on est bien oblig&eacute; de tendre les mains pour conna&icirc;tre les limites.<br /> <br /> Et puis parfois les souvenirs s'en m&ecirc;lent, ils cessent de rester sagement dans leur bo&icirc;te o&ugrave; l'on croyait les avoir proprement remis&eacute;s. Alors ils s'&eacute;lancent, se serrent contre vous, vous &eacute;treignent et deviennent emb&ucirc;ches.<br /> <br /> Le soleil brillait, les enfants chantaient et je conduisais quand je me suis souvenue de l'&eacute;clat de son ventre sur son lit d'h&ocirc;pital, sa blancheur, sa douceur, sa rondeur. Juste un petit morceau de peau qui m'a clou&eacute;e l&agrave;. Alors Tarquinette m'a demand&eacute;, une fois encore, <em>&laquo;&nbsp;Maman, tu pleures pour Papa ?&nbsp;&raquo;</em>. J'ai, une fois encore, r&eacute;pondu <em>&laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo;</em>.</p> Les cris des enfants résonnent si longtemps... urn:md5:138985586966d86beef628b2f6293558 2005-09-23T17:08:49+00:00 2005-09-26T11:21:14+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Dimanche, je crois que je ne dirai rien. Dimanche, je tairai la longueur des deux ann&eacute;es &eacute;coul&eacute;es. Certains anniversaires ne s'&eacute;voquent qu'en silence, parce que les mots sont trop brutaux, trop douloureux et aussi trop vains. Dimanche, j'esp&egrave;re qu'il fera beau et que la vie me tiendra loin des rives lancinantes de certains souvenirs.<br /> <br /> Certains cris ne s'entendent qu'en silence et les vibrations de quelques uns vous poursuivent toute une vie. Curieusement les miens ne sont pas ceux dont j'ai conserv&eacute; un souvenir pr&eacute;cis - si tant est qu'ils aient exist&eacute;. Moi, je me souviens d'avoir &eacute;t&eacute; muette. Trop abrutie pour faire du bruit. Juste assomm&eacute;e - estomaqu&eacute;e comme si ma vie aussi s'&eacute;tait arr&ecirc;t&eacute;e. P&eacute;trifi&eacute;e, voil&agrave; ce que j'&eacute;tais. <br /> <br /> Et quand j'ai r&eacute;p&eacute;t&eacute; haut et fort les mots d&eacute;finitifs que l'on venait de m'annoncer, les cris des autres m'ont terrifi&eacute;s. <br /> <br /> Alors je suis partie. Je suis all&eacute;e me cacher sous la table &agrave; langer de mon tout petit. Je me suis faufil&eacute;e,&nbsp;&nbsp;recroquevill&eacute;e, rouler en boule et j'ai attendu de mourir aussi, parce que je ne savais plus vivre. J'&eacute;tais minuscule, invisible, je n'existais plus. Mais l'on m'a cherch&eacute;, et si l'on ne m'a pas trouv&eacute;, l'on m'a appel&eacute;e, l'on m'a cri&eacute;e. Alors sans bruit, je suis sortie, j'ai r&eacute;apparu, j'ai fait semblant de comprendre leurs cris quand seul un immense et d&eacute;finitif silence m'engloutissait.<br /> <br /> Un dernier face &agrave; face et tout s'est tu &agrave; tout jamais. Tout s'est termin&eacute; dans le silence des respirateurs et des larmes qui s'&eacute;crasaient sur lui.<br /> <br /> Et puis le pire, le plus difficile, le plus indicible. Aller chercher les enfants &agrave; l'&eacute;cole, leur sourire, les accueillir, faire le chemin, l'air de rien, sans leur dire, pas&nbsp; l&agrave;, pas comme &ccedil;a.<br /> <br /> Et puis s'asseoir, les prendre contre soi, tout pr&ecirc;t. Et parler. Et puis les &eacute;couter et penser mourir en entendant r&eacute;sonner ces cris o&ugrave; se m&ecirc;lent douleur et terreur et qui jamais ne devraient jaillir de la bouche des enfants.<br /> <br /> Dimanche, j'essayerai de ne pas penser &agrave; ces sons l&agrave;, ces cris dont je me souviens si pr&eacute;cis&eacute;ment.</p> La mort, la vie et le temps. urn:md5:4e6f0e4c4491fb6e5b17e801793f5e15 2005-09-17T13:56:25+00:00 2005-09-17T14:13:54+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>En quelques heures, il &eacute;tait mort.<br /> Je lui ai parl&eacute; jusqu'au dernier moment quand bien m&ecirc;me il &eacute;tait inconscient.<br /> Je lui ai parl&eacute; pendant longtemps.<br /> Et puis brutalement, j'ai quitt&eacute; cette chambre blanche remplie d'&eacute;crans, d'alarmes, de tubes et de son corps.<br /> J'ai ferm&eacute; la porte sans attendre l'ultime battement, j'ai ferm&eacute; la porte fermement sachant que je ne le verrai plus vivant.<br /> Je ne lui ai plus jamais parl&eacute;.<br /> <br /> C'est volontairement et contre l'avis de tout le monde que je suis all&eacute; &agrave; l'amphith&eacute;&acirc;tre des morts.<br /> Je suis me suis plant&eacute;e pr&egrave;s de lui et sans bouger, sans rien dire je l'ai regard&eacute;.<br /> J'ai regard&eacute; son corps gisant.<br /> Je l'ai regard&eacute; fixement, longtemps, silencieusement.<br /> Je l'ai regard&eacute; jusqu'au moment o&ugrave;, g&ecirc;n&eacute;s, des hommes en noirs sont venus me voir pour me dire qu'on "allait &ecirc;tre en retard".<br /> Sa mort m'&eacute;tait tellement insupportable, tellement inacceptable que j'avais besoin de me convaincre de sa r&eacute;alit&eacute;.<br /> Je ne voulais pas douter, je ne voulais pas r&ecirc;ver.<br /> Je voulais &ecirc;tre persuad&eacute;e qu'il &eacute;tait mort &agrave; tout jamais.<br /> <br /> Je me souviens avoir chuchot&eacute; quelques mots au grand cercueil de bois blond.<br /> Puis &agrave; la lourde urne bleue.<br /> Je me souviens lui avoir dit qu'il &eacute;tait chaud comme une brioche...<br /> Par pure d&eacute;rision peut-&ecirc;tre.<br /> <br /> Et brutalement, j'ai cess&eacute; de lui parler.<br /> J'ai bien s&ucirc;r interpell&eacute; une fois ou deux mes enfants par son pr&eacute;nom parce que l'on n'efface pas douze&nbsp;ans de vie commune d'un simple trait de plume.<br /> Mais plus jamais je ne me suis adress&eacute;e &agrave; lui, si ce n'est pour lancer parfois un &laquo; salut ! &raquo; &agrave; une pierre de marbre sombre.<br /> <br /> Plus jamais je ne l'ai fait revivre et j'ai volontairement &eacute;loign&eacute; tout ceux qui s'avisaient de parler en son nom. Je n'ai men&eacute; aucune conversation dans le silence des nuits de douleur. Je n'ai jamais recherch&eacute; son approbation, je n'ai jamais imagin&eacute; qu'il puisse &ecirc;tre &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s. Et l'envisager m'a toujours &eacute;t&eacute; intol&eacute;rable.<br /> <br /> Intol&eacute;rable car synonyme d'une indicible souffrance. Planter comme &ccedil;a sa femme et ses enfants : rien ne pouvait lui faire plus peur, rien ne pouvait lui faire plus mal.&nbsp;C'&eacute;tait la pire de ses craintes. Lui qui voulait toujours me prot&eacute;ger, en mourant, il&nbsp;me laissait seule, m'abandonnait.<br /> <br /> Du jour au lendemain il n'&eacute;tait plus l&agrave; et jamais je ne l'ai fait subsister, jamais je ne lui parl&eacute;, jamais je ne l'ai pris &agrave; t&eacute;moin. Il n'a pas disparu pour autant, mais&nbsp;sans fiction, sans supputation, sans supposition. Il est toujours le p&egrave;re de ses enfants dont on parle, dont on rit et qu'on pleure aussi mais hormis l'absolue certitude de son amour et de l'ind&eacute;fectible fiert&eacute; que lui inspirent "ses trois biquets", il ne sera jamais un juge, un arbitre ou un censeur.<br /> <br /> Sa mort est d&eacute;finitive. Elle est immuable. La seule chose qui persiste c'est l'absence irr&eacute;m&eacute;diable, pas une pr&eacute;sence douteuse. Et c'est tant mieux.<br /> <br /> Lui qui &eacute;tait jaloux comme un poux de mon amour, de ma tendresse, de mon corps et m&ecirc;me de certaines amiti&eacute;s, serait foutrement malheureux non seulement de me savoir pleurer mais aussi de rire et m&ecirc;me d'&ecirc;tre libre. Si cela n'emp&ecirc;che pas de pleurer, cela n'emp&ecirc;che pas non plus de continuer &agrave; vivre.<br /> </p> Insomnie urn:md5:9ff567d6db111334223aabb41a07fdc0 2005-07-13T05:39:59+00:00 2006-11-21T17:23:27+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <p>Une insomnie &mdash; une vraie.<br /> <br /> Une de celle qui ne m'arrive jamais.<br /> Une o&ugrave; pour partir j'ai abus&eacute; de caf&eacute;<br /> et o&ugrave; trop fatigu&eacute;e, je suis rest&eacute;e.<br /> <br /> J'entends le cimeti&egrave;re s'&eacute;veiller,<br /> Les merles et les moineaux chanter.<br /> Le cimeti&egrave;re o&ugrave; il est enterr&eacute;.<br /> <br /> Une aube o&ugrave; j'essaye de me rappeler du go&ucirc;t de ses baisers.<br /> Mais o&ugrave; celui-ci m'a &eacute;chapp&eacute;.<br /> Un instant o&ugrave; je r&eacute;alise que le dernier homme contre lequel je me suis blottie &eacute;tait en train de mourrir.<br /> Parfois j'aimerai dormir.</p> 671 jours plus un urn:md5:7961dde0d8102e637701c341c3c06134 2005-07-04T23:14:53+00:00 2005-07-05T09:07:43+00:00 Veuve Tarquine Tarquin et Tarquine <div class = "centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/images/2005-06/671.jpg" alt="671" /></div> <p>Hier j'étais tellement fatiguée que j'ai planté-là le billet que je rédigeais.<br /> <br /> Je le trouvais trop triste &mdash; trop "miserabilis"<br /> Comme si j'allongeais impudiquement ce qui n'est que quelques minutes dans les mille quatre cent quarante que compte une journée.<br /> Alors j'ai fermé Toshop, j'ai laissé hors ligne ces quelques lignes et je suis partie raconter ma peine à Morphée.<br /> Je lui ai dit à peu près ceci :</p> <blockquote><p><em>Six cent soixante et onze.<br /> C'est le nombre de jours successifs o&ugrave; j'ai pleur&eacute;.<br /> Aujourd'hui compris.<br /> Je ne m'en rends m&ecirc;me plus compte.<br /> J'ai r&eacute;alis&eacute; ce soir que cela faisait 671 jours.<br /> Le premier jour c'&eacute;tait pour apprendre que maman &eacute;tait condamn&eacute;e.<br /> Le second jour pour apprendre que Tarquin l'&eacute;tait peut-&ecirc;tre.<br /> Au 23&egrave;me jour, on m'annon&ccedil;ait la mort du second.<br /> Au 44&egrave;me, celle de la premi&egrave;re.<br /></em></p></blockquote> <blockquote><p> <em>671, en l'&eacute;crivant cela me semble interminable. Pourtant ce n'est plus aujourd'hui que quelques larmes par jour.<br /> Une ou deux, parfois plus. Souvent plus. <br /> Mais jamais autant que celles que j'ai d&eacute;vers&eacute;es. <br /> Dans le m&eacute;tro, dans mon lit, sur mon v&eacute;lo. Un v&eacute;ritable oc&eacute;an.</em></p></blockquote> <p>Adoncques, je ne l'ai pas publi&eacute;.<br /> Et aujourd'hui, je me suis dit qu'il ne serait pas perdu.<br /> Non, j'allais au contraire le titrer ainsi :<br /> <em>671 jours moins un</em>.<br /> Et qu'aujourd'hui ces quelques mol&eacute;cules d'H2O ne fugueront pas ; qu'elles seraient certainement bien plus faciles &agrave; contenir que d'&ocirc;ter l'anneau que je cherche toujours non pas &agrave; agacer sur sa cha&icirc;ne mais &agrave; faire rouler sur mon doigt.<br /> <br /> Et puis le t&eacute;l&eacute;phone a sonn&eacute;.<br /> <br /> Une voix connue, des ann&eacute;es en arri&egrave;re, nos premi&egrave;res ann&eacute;es, ses copains d'alors qui sont devenus les miens, les couples qui s'installent, les d&eacute;m&eacute;nagements qu'on partage, nos premiers enfants, nos premiers mariages.&nbsp; C'&eacute;tait le temps o&ugrave; l'on &eacute;tait radieux, le temps o&ugrave; l'on savait que rien ne serait plus jamais comme avant. Celui o&ugrave; la vie prend un grand tournant, celui o&ugrave; le bonheur vous aspire et o&ugrave; l'on s'en amuse tant.<br /> <br /> Ce sera &laquo; <em>671 jours plus un</em> &raquo; <br /> Je sais dor&eacute;navant que certaines solitudes sont plus douces que certains souvenirs.<br /> Ce sera &laquo; <em>671 jours plus quelques uns</em>&nbsp; &raquo; parce que je pr&eacute;f&egrave;re pleurer que de renoncer &agrave; ces souvenirs l&agrave;.<br /></p>