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de bric et de blog - Chagrine Tarquine 2018-03-08T18:37:08+01:00 urn:md5:48b2af76ba589bac58d596875a9b0c00 Dotclear François, Luce, leur merveille et la vie qui les trahit. urn:md5:bcd4c1f2df8e70fd30c254a72093755f 2012-06-07T10:37:00+02:00 2012-06-08T08:49:36+02:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine Les mots ne viennent pas. Des larmes et des souvenirs qui remontent. Ils sont nombreux. Ses commentaires ici, dès les tous premiers billets. Mon premier Paris-Carnet, et tous ceux qui ont suivi, les pique-nique et... et... et d'autres souvenirs qui me reviennent. D'autres plus anciens. La souffrance à se tordre, le néant. <p>Mais ce n'est pas ma douleur, c'est la leur. Et je sais combien elle est insondable.</p> <p>Je pense à <a href="http://blog.faispastamaligne.info/post/2012/06/08/Les-hommages">elles</a>. J'ai envie de leur crier qu'elles garderont son amour à tout jamais. </p> <p>Que c'est leur plus grande force.</p> <p>Qu'elles se feront rattraper par la vie. Parce qu'il les aimait. Parce qu'elle c'est la seule chose qui compte. Parce que la seule force qui nous reste dans ces moments terribles c'est d'aimer. </p> <p>Je leur dirai <a href="http://blog.faispastamaligne.info/post/2012/06/06/Faire-part-de-d%C3%A9c%C3%A8s">samedi</a>. Et à lui, je dirai Tchao l'ami...</p> <div class="titepuce">&nbsp;</div> <p>Si je n'ai pas les mots, d'autres en ont de très beaux que vous invite à lire :<br /><br /><a href="http://samantdi.net/dotclear/index.php?post/2012/06/06/Fran%C3%A7ois-et-Luce">François et Luce</a> par <a href="http://samantdi.net/dotclear/index.php?">Samantdi</a><br /><a href="http://sacripanne.net/post/2012/06/06/Lettre-%C3%A0-Paco">Lettre à Paco</a> par<a href="http://sacripanne.net/"> Sacrip'anne</a><br /><a href="http://embruns.net/logbook/2012/06/06.html#sans-filtre">Sans filtre</a> par <a href="http://embruns.net/">Laurent</a><br /> <a href="http://open-time.net/post/2012/06/06/Aujourd-hui-un-jeu">Aujourd'hui un jeu</a> par <a href="http://open-time.net/">Franck Paul</a><br /> <a href="http://padawan.info/fr/2012/06/francois-granger.html">François, sans filtre</a> par <a href="http://padawan.info/">Padawan</a><br /> <a href="http://otir.net/dotclear/index.php/post/2012/06/06/Deuil-Sans-Filtre">Deuil Sans Filtre</a> par <a href="http://otir.net/dotclear/index.php/">Otir</a> <br /> <a href="http://racontars.akynou.fr/index.php?post%2F2012%2F06%2F07%2FCe-dont-je-veux-me-souvenir">Ce dont je veux me souvenir</a> par <a href="http://racontars.akynou.fr/index.php?">Racontars</a></p> <div class="titepuce">&nbsp;</div> L'âme du bivalve et la fougue de la patelle... urn:md5:ec3699bcdf4433182b4a5d1e3323dc0b 2011-04-26T16:00:00+02:00 2011-04-26T17:41:30+02:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Ma vie était un champs de ruine, j'en ai désormais fait un désert. Moitié palourde, moitié bernicle, j'avance à reculons pour ne me fixer que là où l'on a de cesse de ne surtout rien vouloir construire. Étrange banc de sable enjôleur dont la seule constance est de se défaire obstinément. Entière à mon habitude, je partage jusqu'au QI desdits mollusques. Alors je reste là.&nbsp; Molle et triste. A me boucher la vue, j'ai au moins l'assurance de ne plus risquer de m'illusionner encore...</p> l'incommensurable profondeur de la vacuité... urn:md5:5678ecea48fba61a8283c7eac1647b35 2010-10-05T01:21:00+02:00 2010-10-05T13:09:24+02:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Les histoires d'amour me font toujours pleurer : la mienne était trop belle. Et je ne sais pas bien barbouiller de gris mon passé pour rendre plus luisant mon présent. <br /> Sept années ont passé.<br />Les premières étaient si sombres que nul éclat ne pouvait les adoucir. Les suivantes, de croire que les ténèbres pouvaient s'éclaircir, étaient chamarrées du plus dérisoire espoir.<br />Puis les dernières sont venues. </p> <ul><li>S'interdire de jeter les yeux derrière soi</li> <li>Bientôt proscrire toute idée d'un futur&nbsp;</li> <li>Ne pas penser- surtout ne pas rêver.</li> <li>Calibrer la lumière au trébuchet des ténèbres. Et bien se garder de s'éblouir de ses lumineux souvenirs. </li> <li>Oublier ce qu'est le bonheur. Mon présent en sera moins miteux.</li> </ul> <p>Jusqu'au jour où l'évident constat vous saute à la gorge. <br />J'ai beau rire, j'ai beau sourire, j'ai beau me réjouir je n'aime décidément pas ce que ma vie est devenue... </p> <div class="titepuce">&nbsp;</div> <p><em>Avant de m'écrire combien c'est mal de mépriser le présent, de ne pas me jeter dans l'avenir à corps perdu ou tout simplement d'avoir écrit ce billet, merci de lire les <a href="http://bricablog.net/dotclear/index.php/post/2010/10/05/l-incommensurable-profondeur-de-la-vacuite#c15784">deux</a> <a href="http://bricablog.net/dotclear/index.php/post/2010/10/05/l-incommensurable-profondeur-de-la-vacuite#c15788">commentaires</a> que j'ai d'ores et déjà écrits à ce sujet et que je me suis permise de mettre en gras pour que nul n'en ignore. N'insistez pas, je ne retrancherai pas le moindre mot et ne travestirai des émotions qui, bien que publiquement exprimées, sont et demeurent miennes...</em></p> <div class="titepuce">&nbsp;</div> Immaculées déceptions urn:md5:a768c306eef55381f6266900ecde4a2f 2010-06-30T00:00:28+00:00 2010-06-30T08:11:48+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Tendre l'endroit de blanc. Et puis le couvrir d'encre.<br /> Je viendrais oublier tout ce gris dans lequel je me noie. Ces inespérances sans cesse réaffirmées. <br /> Les platanes offrent en cette saison un précieux prétexte à mes larmes. La matin et puis le soir, j'en arrose mon biclou. Comme si celles-ci pouvaient délaver le gris de son cadre. Et aussi celui de ma vie.<br /> Il y a d'abord eu le gouffre. Et puis la terreur. Plus tard, lorsque l'effroi a allégé sa prise j'ai cru que la vie recelait encore quelques espoirs. Je ne sais plus bien pourquoi.<br /> Ici je vais mettre du blanc...</p> Métaux lourds urn:md5:8e939d4950051c2327aa07a7eadd4c91 2010-05-12T02:16:31+00:00 2010-05-19T08:58:21+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <div class="centre"><a href="http://bricablog.org/photoblog/albums/celles-du-bricablog-3/metal-2000.jpg" hreflang="fr"><img src="http://bricablog.org/images/2010/metal-500.jpg" alt="chaise, table et châssis métalliques" /></a><br /><br /> <span class="xs"> Cafétéria de l'Hôpital Saint-Philibert — Lomme</span><br /> <br /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /><br /></div> <p>Je rêve d'un cœur d'airain. <br /> Dans mon harnois je ne craindrais ni le sort, ni la mort. <br /> Alors je cesserais mon guet dans la crainte de leur cinglants ricochets.<br /> Et puis je dormirais un peu. Je fermerais les yeux et je m'abandonnerais un peu.<br /> Mais le plomb n'est pas l'airain. <br /> Et je n'ai que le premier pour armure.<br /> Je croyais que la vie me tenait, parfois même contre mon gré.<br /> Je me trompais.<br /> J'ai trop fréquenté la mort pour en aimer encore le commerce.<br /> Et si j'ai moins croisé le venin que le ventre mou des désenchantés, les deux empruntent tant à sa logique qu'à ses façons.<br /> Je n'ai su que faire des besogneux mensonges pas plus que des demi mesures mort-nées.<br /> Il me reste la ouate pour étouffer cris et envies puis oublier ce que confiance veut dire.<br /> Enfin, remplir ma vie de mouvement pour en accepter le vide.<br /></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /><br /></div> Frimas et n+&#8734; urn:md5:13938f50ff7954506538320e87ce179c 2010-01-20T00:11:41+00:00 2010-01-20T00:14:59+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Il n'y a que le froid qui s'abat, une grise neige aussi plombée que tourmentée : de gourds flocons qui étouffent les sons, les émotions et même la raison. Peu me chaut de comprendre. Je suis trop lasse pour jouer à travestir l'évidence qui se glace. De quelle arrogance, de quel aveuglement souffrais-je pour imaginer réécrire le théorème de récurrence ? Infini glacé d'un soleil qui n'a de cesse de poudroyer et d'une herbe de verdoyer. Je ne suis qu'une énième poussière sur une vague qui n'a d'autre vocation que de s'échouer toujours et toujours.<br /> Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Je me souviens des méthodes éprouvées aux moments plus désespérés qu'aujourd'hui : mon avenir se limite à l'heure suivante. Surtout pas davantage.<br /> Juste soixante minutes, le froid et l'anesthésie qu'il provoque.<br /> Il m'a toujours paru curieux, alors que je déborde d'émotions, de mesurer la profondeur d'un trouble par le calme qu'il provoque...</p> <p class ="xs">Mille mercis à un voisin qui m'offre à son insu un wi-fi malingre et mal protégé quand Free et FT se disputent si fort sur ma ligne qu'ils en détournent tout octet...</p> Les idées qui courent par les nuits trop noires urn:md5:5ae342542f27cfe6adbae44f6cf67fa7 2009-11-25T02:30:30+00:00 2009-11-25T02:47:19+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Le sommeil est parti. Il a dû trouver son bonheur ailleurs. Et je ne lui en tiens pas rigueur. Je sais Ô combien sa quête est légitime. Ici il fait trop sombre. Il fait si noir que les rêves se sont débinés. Il me reste Vivaldi qui ne peut plus rien pour moi, et un carnet plus profond que les enfers à qui je confie des mots que personne ne lira. Silence ou capcha...sésame ou mutisme entendu. J'ai trouvé les limites de l'endroit. Demain matin, dès potron minet j'irai cavaler.<br /></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /><br /></div> <p>Je courrai d'autres lièvres... je nourrirai alors d'autres ambitions que de retrouver une vie où je pourrais m'abandonner à faire confiance à quelqu'un... <br /></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /><br /></div> <p>Je préfère la sueur aux pleurs. Que Vivaldi m'emporte loin. Demain. Un autre jour. Où je cesserai de me souvenir de ce passé au trébuchet duquel seules les larmes ont gagné en densité.<br/></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /><br /></div> Quand la chaleur s'évanouit urn:md5:b106f3339a76f92795559eff9867172b 2009-11-09T18:38:36+00:00 2009-11-09T18:38:36+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Brusquement elle est partie.<br /> Elle s’est enfuie comme par une porte dérobée.<br /> Et tout s’est accéléré.<br /> Noroît qui s’instille, se tord et faufile dans les failles d’un linteau fatigué lequel vole en éclat dans un grand silence givré.<br /> Béance où s’engouffre la glace.<br /> Un froid dont rien ne vous détourne<br /> Un froid qui s’installe et vous guinde<br /> vous transit,<br /> vous pétrifie.</p> Contagion urn:md5:239c69aa010557d1d470aadfb45d76ee 2008-12-05T07:39:29+00:00 2008-12-05T07:39:49+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Ligne 13 — Pas tout à fait 20 heures.<br /> Sur l'épaule d'un jeune homme une jeune femme pleure.<br /> Face à face.<br /> Je n'ose plus lever les yeux.<br /> Je regarde mes larmes s'écraser sur mon moleskine.<br /> Tâches et flaque.<br /> Tout se brouille. L'encre et la source de cette eau.<br /> Sa peine me renvoie à la mienne.<br /> Comme j'ai tant de fois surpris les leurs dans la vision de mon chagrin.<br /> <em>Ceteris paribus sic stantibus</em><br /></p> Stratégie d'altitude urn:md5:ffae950e7a573880d0d5c4ab334f8911 2008-04-19T00:21:59+00:00 2008-04-19T00:25:38+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Je vais transporter mes loques dans les cimes.<br /> Opération tortue au sommet.<br /> A moins que je ne construise un igloo.<br /> Le froid m'anesthésiera peut-être...<br /> Ce serait bien.<br /> <br /> Je vais me soûler de mes marmots, les respirer, les houspiller, les cajoler, m'en repaître.<br /> Et puis bouffer des pistes.<br /> J'ai même planqué des baskets dans ma valoche avec un lecteur mp3 chargé à bloc.<br /> Compilation "<em>longue cavalcade</em>" — celle qui débite Carmignola en mille morceaux...<br /> Et si je n'arrive pas à m'épuiser assez pour que le sommeil m'emporte, il restera mon Vaio pour faire ronronner un DVD soporifique.<br /> <br /> Trouver de la glue.<br /> Je me répands trop, suis trop en vrac.<br /> Tricot, photos.<br /> Et mes marmots, mes marmots, mes marmots...<br /> S'agglutiner, s'agréger, s'agglomérer.<br /> <br /> Je vais transporter mes loques dans les cimes.<br /> Pas certaine d'avoir bien chaud.<br /> Le froid m'anesthésiera peut-être...</p> Les oripeaux des matins clairs urn:md5:adcb0be777561b7fb5f7eab920856333 2008-04-13T06:07:05+00:00 2008-04-13T09:03:02+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Cinq heures. Des merles jouent &agrave; cimeti&egrave;re enchant&eacute;e.<br /> Peut-&ecirc;tre qu'un jour j'y retournerai ; cela fait, j'en suis certaine, bien plus d'une ann&eacute;e que je n'ai pas pos&eacute; ma main sur son marbre noir.<br /> J'irai quand il fera chaud.<br /> Parce qu'il me r&eacute;chauffait toujours.<br /> Dor&eacute;navant je n'en ai plus que rencontr&eacute; qui me glacent...<br /> <br /> Cinq heures et j'ouvre un &oelig;il...<br /> Depuis qu'il n'est plus l&agrave; pour veiller sur mon sommeil c'est ainsi chaque jour qui passe.<br /> Sauf parfois sous le <a href="http://bricablog.net/index.php/2008/03/24/1381-celui-qui-veille-sur-mon-sommeil" hreflang="fr">vieux masque de terre</a> que mes parents avaient ramen&eacute; de Gr&egrave;ce dans leur jeunesse.<br /> A cinq heures les fant&ocirc;mes se dressent...<br /> Ils se font dossiers, ils se font fiasco, ils se font peur.<br /> Ils sont la liste de tout ce que je n'ai pas fait, de ce que je ne fais pas.<br /> <br /> Cinq heures. Les merles jouaient &agrave; cimeti&egrave;re enchant&eacute;e.<br /> Sans bruit je suis descendue.<br /> Ce matin j'ai troqu&eacute; mon maigre et quotidien caf&eacute; au lait contre un plantureux petit d&eacute;jeuner.<br /> Puisque sonnera un pistolet de d&eacute;part dans cinq heures, alors, fait surprenant, je parviens &agrave; insuffler un peu de raison dans ma nourriture !<br /> <br /> Cinq heures.<br /> Et des lambeaux.<br /> A cinq heures ma vie est toujours en loque.<br /> Dans cinq heures elle sera sans doute pleine de projets.<br /> Descendre sous les 55 minutes, filer au ski, r&eacute;parer mon biclou, finir chaussettes et ch&acirc;le, n'importe quelle p&eacute;cadille fera l'affaire.<br /> J'y mettrai tant d'enthousiasme...<br /> Et puis il y a eux.<br /> Eux &agrave; qui je dois tout.<br /> Eux gr&acirc;ce auxquels je parviens &agrave; brosser mes guenilles et puis faire illusion.<br /> <br /> Tous les jours,<br /> A cinq heures,<br /> Lorsque les merles jouent &agrave; cimeti&egrave;re enchant&eacute;e,<br /> Je ravaude mes penailles...<br /></p> Il y a encore de la vie quelque part... urn:md5:6ce2c767aa723d601da2f8b0a7b7b90a 2008-03-25T01:02:41+00:00 2008-03-25T01:04:45+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Le sommeil qui fuit. Peut-être la faute à <a href="http://bricablog.net/index.php/2008/03/24/1381-celui-qui-veille-sur-mon-sommeil" hreflang="fr">ce masque</a> que j'ai quitté et qui désormais n'est plus là pour éconduire mes dragons. La faute aussi au petit et à son asthme qui me font sentinelle... Alors je me dissous dans ces <a href="http://www.sonyclassical.com/artists/carmignola/sk/87733.html" hreflang="fr">late violin concertos</a> qui m'ensorcellent, dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Giuliano_Carmignola" hreflang="fr">cet archet</a> dont je suis devenue idolâtre. J'aimerai avoir encore des parents. Rien que pour avoir la liberté de lancer un impératif "<em>j'arrive</em>" sans douter un instant d'être attendue... <br /> <br /> Note pour plus tard : penser à allonger le <a href="http://bricablog.net/index.php/2008/03/24/1382-la-tres-sarcastique-intemperie-axonaise" hreflang="fr">parcours</a> pour s'abrutir d'avantage : l'anesthésie a mal fonctionné aujourd'hui. Il me reste encore l'ultime narcotique... le salvateur DVD, celui qui m'a épargné des monceaux de somnifères et dispense des nuits entières son ronronnement rassurant : <em>— il y a encore de la vie quelque part — Il y a encore de la vie quelque part — Il y a encore de la vie quelque part — Il y a ...</em></p> Il s'appelait Bidule... urn:md5:78baffca729361b544161ac532aa3642 2008-02-26T12:54:07+00:00 2008-02-26T13:13:53+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Un jour peut-être je raconterais son amour des sacs poubelles — lesquelles avaient constitué son unique moyen de subsistance pendant de longs mois.<br /> Un jour peut-être je saurais décrire l'allure qu'il avait quand il accourait lorsque je criais son nom , l'allure qu'il avait quand il allait cavaler dans Montmartre et rentrait ventre à terre en reconnaissant mon pas sur le pavé.<br /> Un jour peut-être je vous narrerais l'histoire de ce voisin qui le guettait pour l'emmener chez lui mais s'étranglait chaque soir de dépit de voir s'ensauver la bestiole au moment où elle m'entendait glisser la clef dans ma serrure.<br /> Et puis ses épiques conflits avec Tarquin... Ses provocations dont il avait le don. Et dont j'étais l'enjeu.<br /> Plus tard peut-être, je vous conterai par le menu ces scènes fameuses dont les deux protagonistes ont disparu et dont le souvenir me réjouit autant qu'il me meurtrit.<br /> <br /> Il s'appelait Bidule..<br /> Ce matin, il avait à peu près 17 ans.<br /> Hier, il vivait <a href="http://bricablog.net/index.php/2004/11/05/273-vendredi-cest-tarquari-1" hreflang="fr">dans la rue</a>. Moi j'étais étudiante à Paris et éperdument amoureuse d'un drôle de bonhomme qui allait peindre ma vie en rose. C'était notre chat à nous, notre première possession commune. Notre premier investissement, notre première projection dans un futur que l'on voulait obstinément heureux.<br /> <br /> Il a tout connu.<br /> Mon père qui me soutenait qu'il serait mieux dans la demeure que dans les ruelles parisiennes, les déménagements, les naissances, les départs en vacances avec les planches à voile sur le toit et les marmots qui braillaient, les nuits dans les tentes... <br /> <br /> Lui était resté quand tout les autres étaient partis. C'était le plus proche témoin de ma vie et du cours qu'elle avait pris. Il avait essuyé les larmes de joies et celles des douleurs indicibles.<br /> Pour moi, il était toujours là. — <a href="http://bricablog.net/index.php/2007/10/03/1296-le-poids-du-chat-sur-l-hydrometrie" hreflang="fr">Invariablement, il venait m'offrir sa présence lorsque nous savions tous deux qu'il était le seul à pouvoir m'approcher</a>.<br /> <br /> Il s'appelait Bidule.<br /> Ce matin, il avait à peu près 17 ans.<br /></p> Prélude à la mort d'un fauve urn:md5:816c1bdfc6693e5972371c86b386f381 2008-02-23T14:09:01+00:00 2008-02-23T21:17:57+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>J'ai moulu mon café, comme si de rien n'était. Juste après avoir croqué une pomme. J'ai moulu mon café et puis repris le mixeur, celui de mes bébés et de leur repas qu'on passe à la moulinette : un bout de légume, un brin d'amour. <br /> J'ai moulu mon café et j'ai mixé son repas. Doucement je l'ai posé. Au matou gouailleur et mafflu j'ai pris soin de ne pas faire peur. Je vois battre son cœur, juste là, là où ses vertèbres ne recouvrent plus son dos décharné. Battements de vie, les derniers.<br /> J'ai prévenu les enfants, sans pathos, sans l'ombre d'un trémolo. Pas certain qu'il vive très longtemps. Passez de bonnes vacances et ne m'en voulez pas si je ne vous préviens pas.<br /> J'ai pris mon café, il mange à petits coups. Je n'ai pas pleuré quand ils sont partis, j'ai fait des grands signes, des grands sourires et fait mine de confisquer leurs bonbons...<br /> La maison est trop vide, pas question de traîner où fleurissaient rires ou cris. Se méfier des jouets en embuscade. Lit & vaio, carnet & stylo.<br /> Désormais je trimballe mon mug comme je trimballais ma clope. <br /> Je l'entoure étroitement de mes deux mains tentant d'en absorber toute la chaleur . Echange de bons procédés : je ne sais boire que tiède et j'ai toujours les doigts gelés...<br /> Il ne viendra pas. Pourtant il sait. Point de larme, point de pleurs. Pas le moindre trémolo, pas le moindre tressaillement. Mais il sait bien. Il est toujours là quand lui et moi savons qu'il est le seul à pouvoir m'approcher. Il vient c'est tout. Sans trémolo.<br /> Il ne viendra pas. Il ne peut se hisser jusqu'à moi, il ne sait plus monter l'escalier.<br /> Alors avec mon mug de café, j'ai rebroussé chemin. Pour rester près de lui. Sans trémolo. Pour être là c'est tout. Je lui dois bien cela.<br /> A mon <a href="http://bricablog.net/index.php/2004/11/05/273-vendredi-cest-tarquari-1" hreflang="fr">vieux matou gris</a>.<br /></P> Désaffection urn:md5:c36017b35f61e36354e932246bdaba4d 2008-02-22T00:14:00+00:00 2011-09-10T03:29:59+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <div class="centre"><a href="http://bricablog.org/photoblog/albums/celles-du-bricablog-2/desaffection-2000.jpg" hreflang="fr"><img src="http://bricablog.org/images/2008/desaffection-500.jpg" alt="Bâtiment militaire désaffecté" title="lien vers la photographie" /></a><br /><br /> <span class="xs">"Verdun" lit-on...</span><br /><br /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <br /> </div> <p><em><a href="http://www.cnrtl.fr/lexicographie/desaffection?" hreflang="fr">Désaffection</a>, subst. fém.<br /> Perte ou diminution de l'affection, de l'intérêt que l'on éprouvait pour quelqu'un ou quelque chose.</em></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <br /> </div> <p><a href="http://www.cnrtl.fr/lexicographie/desaffect%E9?" hreflang="fr">Désaffecté,ée,</a> part. passé et adj.<br /> 1. [En parlant d'un inanimé concr.] Qui a changé d'affectation. Temple désaffecté, Ô Panthéon (Péguy, Quatrains, 1914, p. 498).<br /> 2. [En parlant d'une pers.] Libéré d'une charge; démis de ses attributions. Un chef d'orchestre désaffecté (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 71).<br /> B.− [Correspond à désaffecter B] Détaché de ce qui avait intéressé. Ce croyant, tour à tour encombré et désaffecté qu'était Rivière (Du Bos, Journal, 1927, p. 229). <br /></p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.net/dotclear/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <br /> </div> <p>Près de moi il y a un chat qui meurt en silence, près de moi il y a un chat qui meurt en prenant son temps. Les enfants vont partir. Bientôt. Il y a un air de Silvius Leopols Weiss chez <a href="http://www.avro.nl/web/avro%5Fklassiek/webradio%5Fklassiek/" hreflang="fr">Avro</a>. Et il y a cette glue qui ne me quitte plus. Un jour il faudra que j'écrive une monographie sur la perspective du champs de ruines, ses creux, ses vallées, ses ombres et ses silences...<br /> <br /> Mais ce soir, il est trop tard. Ce soir je vais juste deviser en parcourant le champ lexical où <em>désaffection</em> et <em>désaffectée</em> se tapissent.</p> Soleil noir urn:md5:25d64b5d2f968a83fe5a0a2bb84da6f5 2008-02-21T09:42:11+00:00 2008-02-21T13:10:14+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>La nuit qui dure. Ce n'est pas ces maigres rayons de soleil qui la chasseront. Sont trop mal armés... pour la faire décamper c'est un arsenal qu'il faudrait. Une nuit où se cacher. Une nuit où il suffirait de ne rien dire pour se faire oublier.<br /> Empiler des boucliers de tous côtés. Au centre il fera doux. Il fera sombre.<br /> Opération tortue...<br /> Une nuit où se souvenir combien je l'aimais mon mari.<br /> Juste une nuit... parce que sinon le monde devient trop pâle, les émois trop fades, la vie trop triste.<br /> Je n'ai pas besoin de bras pour pleurer... le noir me protège bien mieux que votre désarroi. Et je pleure autant ce que j'ai perdu que ce que j'ai découvert. Je suis d'un autre monde, un monde où les mots résonnaient, où les mots s'échangeaient comme on donne un baiser.<br /> Juste une nuit pour oser me souvenir quel homme il était. Pas plus... j'ai la particulière conscience qu'il me faut l'oublier ... seulement le garder. Vos bras sont trop maigres, votre cœur est trop petit, votre force est trop menue.<br /> Juste une nuit pour me rappeler. Il m'aurait pris dans ses bras et serré à me rompre, il aurait étouffé d'impuissance de ne pas savoir tarir ces larmes, et puis bientôt de tristesse. Et je craignais tant de lui faire mal à mon bonhomme...<br /> Donnez moi la nuit. Alors j'ôterais la ouate dont vous vous entourez, je tairais ces non-dits, véritables distances de sécurité dont vous vous croyez le centre. Vos peurs me sont si ternes... Non je n'ai pas de mépris. Simplement je ne parle pas la même langue.<br /> <br /> Et dans ma nuit, il y a des couleurs dont je crois que vous avez oublié l'éclat...</p> Le lézard court en silence sur la façade urn:md5:daf4e5c798407f7e890c84b9f74927f3 2007-11-22T00:30:26+00:00 2007-11-22T00:42:00+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Je pense des billets que je n'&eacute;cris pas.<br /> Je contraste des photos que je ne publie pas.<br /> Je laisse la distance se d&eacute;ployer.<br /> <br /> Partager le silence.<br /> Il para&icirc;t que c'est le comble de l'intimit&eacute;.<br /> <br /> Le mien&nbsp;creuse.<br /> Je dresse des murailles autour des mots.<br /> Je ne r&eacute;ponds plus aux mails.<br /> Je fuis la sonnerie du t&eacute;l&eacute;phone.<br /> <br /> Illusionniste, je suis...<br /> Je comprends mal pourquoi je dresse ces murs presque en cachette.<br /> Cela ne m'emp&ecirc;chera pas de vous sourire.<br /> Et d'&ecirc;tre si heureuse de vous revoir.<br /> <br /> Mais je fuis.<br /> Je ne sais pas m&ecirc;me quoi...<br /> Peut-&ecirc;tre moi.</p> Tendons et cavalcade urn:md5:576455318f953847826a4ba4be60ebd4 2007-07-31T22:02:44+00:00 2007-08-01T11:23:59+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Putain de tendinites.<br /> Un mois et demi de kin&eacute;, trois mois d'arr&ecirc;t complet et il suffit que je m'arme d'un pinceau et d'un balai pour qu'elles reviennent !<br /> Deux malheureuses journ&eacute;es &agrave; bichonner ma vieille baraque et je tra&icirc;ne d&eacute;sormais la patte tel un cycliste du Tour qui aurait boucl&eacute; une &eacute;tape sans EPO !<br /> J'ai le ligament marri quand je ne r&ecirc;ve que de d&eacute;taler &agrave; toutes jambes.<br /> Courir &agrave; perdre haleine, br&ucirc;ler le pav&eacute; et mes poumons avec, m'ab&icirc;mer dans la fuite.<br /> Cavalcade, diable aux trousses et sauve qui peut.<br /> <br /> Journ&eacute;e maudite s'il en est.<br /> Quatorze ans aujourd'hui. <br /> <em>&laquo; Papa est mort &raquo;</em> j'ai dit &agrave; Maman.<br /> <br /> Journ&eacute;e pourrie aussi, la perversion et le d&eacute;sir de puissance de certains juges d'instruction m'impressionnent encore...<br /> <br /> Journ&eacute;e am&egrave;re en outre.<br /> Celle o&ugrave; l'on prend conscience que je n'ai aucun temp&eacute;rament pour les d&eacute;mons d'autrui. La fr&eacute;quentation des miens me suffit bien... Et puis je souffre trop &agrave; subir ce que je ne peux pas combattre. Or on ne combat jamais les dragons des autres. C'est un principe que la vie m'a enseign&eacute; trop douloureusement pour avoir oubli&eacute; cette le&ccedil;on... Moi je ne demande rien. Et encore moins que ma fr&eacute;quentation requiert que l'on ferraille contre des ogres !<br /> <br /> Cavaler, circuler, d&eacute;gager. <br /> Allonger le pas et ralentir son souffle, sentir que chaque muscle me conduit un pas plus loin. Et puis un autre. Et puis un autre.<br /> Trisser, voltiger.<br /> Se d&eacute;mener et se r&eacute;pandre aussi.<br /> <br /> J'envisage d'oublier ces tendons capricieux et de chausser mes baskets.<br /> Pour aller plus loin.<br /> Quelques larmes couleront. L&agrave;, je m'y autoriserais.<br /> <br /> </p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /> <br /></div> <p> <br /> D&eacute;j&agrave; rentrer chez moi. Quitter ce bureau assombri par la nuit. Mon bureau. O&ugrave; je me sens chez moi aussi.<br /> Rentrer chez moi.<br /> Il n'y a pas d'enfant mais il a mon chat.<br /> Et je sais que ce soir il se blottira contre moi.<br /> <br /> Penser &agrave; manger aussi. Et puis couper le t&eacute;l&eacute;phone et cesser de vouloir tromper ma fatigue. Peut-&ecirc;tre la laisser infuser dans un DVD en courtisant Morph&eacute;e...<br /> <br /> </p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /> <br /></div> <p> Prendre mon biclou.<br /> P&eacute;daler &agrave; perdre haleine.<br /> Se mettre en danseuse et jouer les filles de l'air<br /> Fuir ma vie aussi...<br /> </p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /> <br /></div> <p><em>&laquo; Papa est mort &raquo;</em> j'ai dit &agrave; Maman.</p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /> <br /></div> Moi je collectionne les démons — et les cercueils aussi...</p> <div class="centre"><img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg"alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /> <img src="http://bricablog.dotaddict.org/blog/tiote_separation.jpg" alt="" /><br /> <br /></div> L'amour en noir urn:md5:0425b60fcc23adab59bbd3cfb968e28b 2007-05-31T00:53:12+00:00 2007-05-31T06:56:11+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>En noir. Nous ne nous voyons plus qu'habill&eacute;s de noir. Des pingouins tristes qui se dandinent derri&egrave;re des cercueils. Et le terrain est glissant. &laquo; <em>Bonjour mon cousin. Bonjour ma cousine</em> &raquo; Comme vos enfants ont grandi ! D'obs&egrave;ques en obs&egrave;ques ils ont perdus les traits de l'enfance. C'est malheureusement un destin qu'ils partagent avec les adultes. <br /> <br /> <em>&laquo; Bonjour mon frangin, comment vas-tu depuis la mort de maman ? &raquo;</em> Une lettre recommand&eacute;e et tes efforts pour m'ignorer devant monsieur le notaire : j'ai connu des gratifications plus g&eacute;n&eacute;reuses en mati&egrave;re d'affection... Non rassure-toi, c'est tr&egrave;s bien ainsi ! Et puis je sais bien que dans ta mythomanie tu as su pr&eacute;server l'essentiel. Dans nos silences trop bruyants et nos m&eacute;pris affect&eacute;s nous ne sommes pas les enfants que nos parents croyaient mais nous ne les avons pas trahis non plus. Nous ne jouons pas la com&eacute;die. C'est tout. Il est juste trop difficile de s'aimer. <br /> <br /> Tu avais besoin d'une place dans ce difficile &eacute;chiquier. Tu as les blancs, les parents t'aimaient mal. Tu as les noirs, les parents nous choyaient tant. Tu as les blancs, Maman t'excusait de tout. Tu as les noirs, Papa n'&eacute;tait pas dupe et tu l'&eacute;tais pas non plus. Tu es toujours perdant. Nous sommes toujours gagnantes. Jusqu'&agrave; la mort de celle que nous gaussions en t'appelant <em>"son petit canard rose"</em>... Quelle vicieuse co&iuml;ncidence de perdre m&egrave;re et mari en m&ecirc;me temps ! Qui n'avait d'yeux pour moi ? Jusqu'au bout nous étions trop là. Alors tu nous as fait bourreaux... nous, les <em>cruelles jumelles</em>. Et c'est bien. La vie n'est pas l'affrontement. Tu as d&eacute;sormais ta place. Nous, la vie nous as simplement emmen&eacute;es vers d'autres horizons. Tu as raison. Nous sommes toujours gagnantes avec ce putain d'amour dont ils nous ont couvert.<br /> Il y a simplement des lieux, des instants o&ugrave; il faut encore une fois se croiser.<br /> <br /> <em>&laquo; Bonjour ma tante &raquo;</em>. Vous &ecirc;tes la derni&egrave;re de votre g&eacute;n&eacute;ration. Tous les autres ont p&eacute;ri.<br /> <br /> <em>&laquo; Bonjour mon neveu &raquo;</em> Je ne vous connais pas. Moi je suis celle dont personne n'ose prendre des nouvelles. A cause du temps qui passe et de la culpabilit&eacute; qui s'alourdit chaque ann&eacute;e. — celle dont personne n'a jamais pris de nouvelles une fois la réunion macabre achevée — <em>Ah ah ah ! Non bien sûr que ce n'est pas grave ! Regardez moi ! Je pète le feu !</em><br /> <br /> <em>&laquo; Bonjour mon cousin, oui je vais bien &raquo;</em>. Non ce n'est pas grave. La vie est ailleurs. La vie est devant nous. Pas derri&egrave;re nous. Laissons mourir ces liens. Je viens juste vous dire au revoir. Vous regarder une derni&egrave;re fois. V&eacute;rifier si tous les petits-enfants partagent un trait commun avec leur prodigieux grand-p&egrave;re. Ressemblances &mdash; Vraiment ? A moins que ce ne soit d&eacute;sormais que sa seule histoire qui nous assemble encore.<br /> Je ne sais qui sera le prochain. Ce peut &ecirc;tre moi et nous ne nous reverrons pas.<br /> Peu importe. Ne cultivons pas les regrets. La vie est ailleurs que ces champs de morts.<br /> <br /> <em>Et pourquoi je pleure ?</em> &mdash; Je ne sais pas.<br /> <br /> Je ne sais pas... </p> Le vent dans la pente urn:md5:38d49f54b7cfe0a222d63abc08cbd793 2007-02-03T00:53:45+00:00 2007-02-03T07:30:26+00:00 Veuve Tarquine Chagrine Tarquine <p>Je le sens depuis un moment. Le coeur en pente, le moral en d&eacute;bandade. Un mois que je sais que cela me pend au nez. Un mois de ruses pour ne pas me confronter &agrave; cette amertume en embuscade. <br /> Le creux... Je savais bien qu'il me rattraperait. Il me rattrape toujours. En d&eacute;pit de mes rognes qui me capara&ccedil;onnent si bien. En d&eacute;pit de mes feintes, de mes stratag&egrave;mes, de mes intrigues pour ne pas c&eacute;der. Car le moral ne peut &ecirc;tre qu'en pente douce, quand un jour la terre ferme s'est d&eacute;rob&eacute;e sous vos pieds, quand un jour la vie s'est faite falaise. <br /> D'abord la falaise depuis laquelle on l'on bascule. Inexorablement. Sans m&ecirc;me penser &agrave; amortir la chute. Sans avoir d'autre conscience que de celle tomber. <br /> Et puis bient&ocirc;t la falaise qui se dresse et qu'on le veuille ou non, il faudra bien escalader. <br /> L'honn&ecirc;tet&eacute; me force quand m&ecirc;me &agrave; avouer que les deuils sont &agrave; l'inverse du v&eacute;lo : la douleur de la descente est sans commune mesure avec celle de l'ascension. Et c'est un cynisme que je prise particuli&egrave;rement quand je joue d'&eacute;vitement et de faux-fuyants avec ma m&eacute;lancolie. C'est que j'essaye de le domestiquer comme je peux ce cafard ! D&eacute;rision. Sarcasmes. Tout est bon.<br /> <br /> J'ai mis Montand dans mes oreilles et puis j'ai p&eacute;dal&eacute; comme une d&eacute;rat&eacute;e. Je me suis couverte de sueur ; de la t&ecirc;te au pied. J'ai crev&eacute; mes poumons dans des cotes providentielles ; et dans les pots d'&eacute;chappement, j'ai &eacute;reint&eacute; mon haleine. Je ne sais pas si cela suffira. En tout cas j'ai pleur&eacute;. Je m'y suis autoris&eacute;e. Moi, la Madeleine. Qu'un rien &eacute;meut... mais qui n'accepte plus dor&eacute;navant que de pleurer son bonhomme, voire ses parents. Se laisser aller... j'essaye de me persuader que c'est plut&ocirc;t bien. Des larmes, je n'en ai pas vers&eacute; beaucoup, pourtant. Cela me semblait trop futile. Trop insignifiant. Alors j'ai appuy&eacute; encore plus fort sur mes p&eacute;dales. J'ai senti le vent s&eacute;cher mon visage. Et j'ai song&eacute; que je n'ai aucune envie de m'arr&ecirc;ter. Pas maintenant. J'ai pris trop d'&eacute;lan, j'ai fait trop de chemin.<br /> Et j'ai sem&eacute; mon bourdon...<br /> Une fois encore. Un instant ou plus longtemps je ne sais. <br /> Non, je ne veux pas pleurer, je ne veux pas chialer ma vie. A aucun prix. Je ne veux pas de ces larmes qui m'obscurcissent la vue encore plus dens&eacute;ment que le vent du mouvement. Quant &agrave; se savoir aveugle, autant en choisir la mani&egrave;re et conserver l'illusion d'&ecirc;tre ma&icirc;tre de quelque chose dans ce relief qui, et c'est ma seule certitude, m'&eacute;chappe parfaitement.</p>