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mercredi 29 juillet 2015

La rescapée du 14 juillet ou #LaCrevette qui voulait devenir grande

C’est l’histoire d’une crevette qui gambadait tout au fond d’une petite impasse de campagne, là où le bitume devient bientôt chemin bordé champs.
Tarquinet l’avait vue dans un jardin ouvert à tout va avant qu’elle ne s’ensauve lorsque mon garçon avait tenté de faire connaissance. Il ne s’était pas inquiété outre mesure, ici c’est la campagne. La population féline y est peu stérilisée et les chatons qui sortent des garages, des granges ou des arrière-cours sont légion.
Mais au soir du lendemain, le voilà qui se plante devant la porte de ma chambre avec des larmes dans les yeux (le grand Tarquinet déteste avec une particulière sensibilité l’idée de perdre un être cher, même au lendemain d’une rencontre furtive). Il m’a expliqué qu’un petit chat allait mourir. Mes premiers mots furent ceux de la raison. J’ai gémi que je ne voulais pas d’un troisième chat ! Les deux premiers m’étaient tombés dessus sans crier gare ! “Et non, je ne veux surtout pas le voir ! ” (je me connaissais trop bien).  Mais mon grand Tarquinet de 19 ans avait les yeux de la souffrance, il ne réclamait rien, il ne croyait déjà plus à la survie de l’animal. Il m’a raconté les mouches qui l’emportaient, l’odeur qui signait la fin. Il m’a dit qu’il était au bout du bout le croyant blessé. Alors évidemment, je me suis attendrie. Refuser d’adopter c’est facile mais regarder souffrir c’est insupportable…

Tarquinette, qui, par la fenêtre, avait surpris mon regard et l’inflexion de ma voix, n’a fait ni une ni deux, elle a cavalé vers le tas de bois où s’éteignait la petite chose. Elle a écarté de ses belles mains, les mouches collées au chaton qui pondaient avec la frénésie de la reproduction et, en dépit de l’odeur pestilentielle, s’en est emparé pour me le rapporter dans la seconde !

Je n’ai pas réfléchi. Je me suis assise sur les marches, j’ai mis une serviette sur mes genoux et tout ce qui comptait d’âme dans la maison s’est mis en tête de sauver la bestiole. L’urgence était évidemment de le réhydrater (je n’avais jamais tenu un animal aussi maigre entre mes mains, la peau semblait faite de papier prête à se déchirer). On l’avait déjà fait une fois et on savait tous qu’il fallait essayer (Mademoiselle Azerty était infiniment plus petite puisqu’elle venait à peine d’ouvrir les yeux mais en meilleure santé).

On a rempli une caisse avec des bouillottes et des serviettes pour le tenir bien au chaud, Tarquinet a cherché sur internet la recette du substitut de fortune de lait félin (lait, jaune d’œuf et crème) et Tarquinette a retourné toute la salle de bain pour essayer de trouver une pipette de médicament qui ferait office de biberon. Elle n’a pas trouvé de pipette mais une dosette de sérum physiologique ! Une seule ! Cela fera donc l’affaire ! Alors pendant 4 heures durant, on a alterné nettoyage et nourrissage millilitre par millilitre, millimètre par millimètre. Elle était recouverte de milliers d’œufs de mouches. Ses yeux n’existaient plus. Toute la partie gauche de son visage était déformée, enflée et l’arcade saillante. L’œil droit était invisible. On ne voyait qu’un magma d’œufs, sorte de minuscules grains de riz agglutinés par de la colle forte. Parfois je m’arrêtais et je posais un doigt sur son cœur. Je n’étais plus bien sûre qu’il battait encore…

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Après deux ou trois dosettes de notre potion, j’ai vu qu’elle sortait la langue pour l’absorber un peu mieux. On s’est muni de deux peignes à poux (ah la guerre des poux, si j’avais su qu’un jour je me féliciterai d’avoir connu cette bataille !) et poil par poil, centimètre par centimètre on a décroché les œufs. Mais, nous avions peur de tirer ceux qui entouraient ses paupières. C’était tellement impressionnant que nous craignions que “tout” vienne avec le peigne… A minuit, nous étions épuisés, le chaton était toujours écroulé entre mes mains et toussait beaucoup mais je le trouvais mieux.

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On l’a nourri autant qu’il parvenait à avaler et puis on est tous partis se coucher en se répétant que s’il tenait la nuit, on filerait chez le véto à la première heure. Au matin, il était toujours là. Vivant. Ses yeux étaient réduits à deux fentes mais on savait qu’il en avait deux et ma Tarquinette, petite maligne, avait vérifié dans la nuit qu’il parvenait à suivre la lumière de son téléphone. Il n’était pas aveugle ! Mais toujours très mal en point. Pas moyen de voir le véto avant 15 heures. On a continué à le nourrir comme on pouvait (dorénavant avec du lait maternisé) et le nettoyer de la vermine encore présente. Son odeur était moins forte, il dormait mieux et même s’il était encore incapable de bouger, on sentait bien qu’il allait de mieux en mieux. La véto a un peu refroidi mon bel enthousiasme. Elle m’a confirmé qu’il avait une vilaine infection oculaire mais surtout une infection pulmonaire préoccupante, en me félicitant de ne pas avoir baigné cette jolie petite crevette… Car, c’était vraie une demoiselle en détresse ! Et elle n’était pas bien certaine qu’elle soit tirée d’affaire. Deux piqûres plus tard, elle m’a proposé de ne repasser que le lendemain pour éviter d’acheter des médicaments dont je pourrais ne plus avoir besoin… Je me suis fiée à mon instinct : c’était le deuxième chaton en péril que j’avais récupéré, et comme pour la première, je sentais bien qu’elle se battait comme une diablesse pour survivre. J’ai pris les médocs et j’ai foncé acheter de la pâtée pour chaton. Elle avait un peu plus de force désormais et cette crevette-là crevait manifestement de faim !

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La suite n’a été que de bonnes nouvelles. La diarrhée n’a pas résisté au smecta et les antibiotiques, jour après jour, ont fait leur office. Le côté gauche a dégonflé tout doucement - même si j’ai longtemps cru que la déformation de l’arcade était telle qu’elle ne pouvait être que congénitale ! - et la troisième paupière qui recouvrait entièrement la pupille de chaque œil a régressé au fil des jours.

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Elle s’est mise a respirer plus facilement, à manger comme quatre, à tenir sur ses pattes et bientôt à gambader ! Il faut dire qu’elle était attendue #LaCrevette ! Facebook et Twitter sont peut-être des fléaux des temps modernes pour certains mais quant à moi je peux vous assurer que les petits chats y sont accueillis comme nulle part ailleurs ! Les enfants étaient prévenus : oui pour le sauvetage mais pas de troisième chat à la maison. Essayez d’imaginer à quoi ressemble un départ aux sports d’hiver avec les mômes, les paires de skis et les félins dans ma voiture pour comprendre que trois c’est trop.

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Et la Crevette (elle s’appelle Sookie mais dans mon cœur, elle restera la Crevette), elle n’a rien perdu au change ! Ce matin, elle est partie et a trouvé refuge chez Matoo et Colin Ducasse. J’ai essayé de faire bonne figure mais quand elle est partie je n’étais pas très fière ; mon Tarquinou non plus. Cela faisait deux jours qu’elle dormait tout contre lui. Alors, il m’a dit, les larmes aux yeux, qu’il m’en voulait qu’on ne lui fasse pas une petite place pour elle à cette vive et gentille crevette. Et puis… quand il a vu que je pleurais aussi, il m’a fait un gros bisou… ” T’inquiète mon poussin, on pleure juste pour nous. Parce que la Crevette va être la plus heureuse du monde ! Elle ne pouvait pas mieux tomber ! On a fait ce que l’on savait faire : être là et lui sauver la peau. Le reste lui appartient et surtout son bonheur ! ” Merci à vous Mathieu et Alexandre. Merci du fond du cœur ! S’il y a bien quelque chose qui m’enchante, c’est qu’elle soit désormais entre vos mains !

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Et pour la suite de l’histoire, il faudra aller voir chez eux :) [et peut-être chez Laurent, le plus célèbre transfuge que compte la blogosphère :)

dimanche 22 décembre 2013

Chat de Noël

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samedi 28 septembre 2013

Chats en boîte

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mercredi 8 août 2012

Une annéee avec la bien nommée : Mademoiselle Azerty

Azerty -8 août 2012

Je n'ai jamais choisi les chats avec lesquels j'ai vécu. Le premier, celui de mon enfance l'avait été par Zomozygote. Puis, le second, mon chat Bidule était tombé dans ma vie comme un caillou au milieu d'une mare pour ne jamais cesser d'y faire des ondes. Caramel, chaton affamé avait suivi mon mari dans la rue jusqu'à se faire adopter avant d'y retourner se perdre quelques mois plus tard. Et puis enfin Minou, l'aimable et vieux matou au cœur d'or n'avait plus personne pour s'occuper de lui alors il est simplement venu s'occuper de nous. Bref, c'était toujours eux qui m'avait trouvée...

Je m'étais bien jurée de choisir le prochain ainsi que le moment où il entrerait dans ma vie... quand un chien le déposa à mes pieds. C'est ainsi que Mademoiselle Azerty du haut de ses dix jours de vie a conquis la place par KO... Allez donc résister au plus formidable arsenal de séduction que possède un chaton, qualité au demeurant tout à fait fondamentale pour assurer sa propre survie. Allez donc résister à un regard humide et implorant d'yeux à peine éclos, à des miaulements de détresse chuchotée  et pis que tout... à l'abandon confiant qu'elle vous offre lorsqu'elle a considéré que vous étiez précisément celle qui allait lui sauver la peau :  difficile de ne pas se sentir investie d'une héroïque mission !

Je dois avouer que si l'animal a eu la délicatesse de me laisser penser que je n'étais point étrangère à cette belle entreprise de sauvetage, j'ai toujours eu le sentiment diffus mais prégnant qu'elle en était le premier artisan. Elle me pardonnait tout, les biberons mal dosés et les gestes malhabiles pour tenter de les lui faire avaler, les nuits passées seule entre deux bouillottes et les heures d'épluchage à lui enlever les tiques dont elle était recouverte. Elle ne pesait à peine plus de 100 grammes et de ces quelques grammes irradiait une rage de vivre qui forçait mon respect. Je sais bien que je l'ai pas sauvée. Elle s'est d'abord sauvée elle-même.

Et à coté de ce que vétérinaires ou internet ont pu m'apprendre (informations ô combien précieuses !), elle m'a aussi enseigné quelques félines évidences. Je sais désormais que le lait coagulé dans les poils se nettoie bien mieux avec de la salive qu'avec de l'eau. Et ce faisant j'ai découvert incidemment que porter l'odeur de la première la rassurait grandement. Illusion ou non, j'ai eu le sentiment qu'à partir du moment où nous partagions cette odeur, elle n'en était que plus calme. Alors tous les matins je portais et reportais mon index à ma bouche pour consciencieusement faire sa toilette. Et si je vous dis que certains matins encore la bellote m'abandonne son pelage en ronronnant quand je retrouve les gestes d'antan, je ne mentirais pas vraiment...

Le temps de la découverte est venu. Celui où elle a quitté le confort douillet de ma peau pour... faire le tour de mon corps de géante ! Allongée par terre elle me contournait lentement sans jamais cesser de garder contact, revenant vite vers mes mains au moindre bruit suspect. J'étais exactement les frontières de son monde ... jusqu'au jour où elle s'est enhardit à me quitter de... 10 cm ! avant de s'effaroucher et non pas de faire marche arrière (la pauvrette ne savait pas faire demi-tour !) mais de marcher gauchement à reculons en s'emmêlant quasiment les pattes dans son trognon de queue ! Deux jours plus tard elle était déjà loin.

Malgré le temps et l'attention consacrée j'ai constaté combien les siens lui manquaient. Se blottir contre les cochons d'inde la remplissait d'aise, sans doute en souvenir du temps où elle partageait la chaleur de ses frères et sœurs. Et après avoir entendu parler de singes orphelins rassurés par la présence d'une peluche, j'ai glissé dans son panier un substitut maternel en la personne d'un mouton blanc, ancienne possession de ma Tarquinette. Mademoiselle Azerty ne l'a plus quitté son mouton ! Elle ne dormait que contre lui, avant de prendre l'habitude de le traîner dans la maison au milieu des travaux du moment et des piles de bouquins... Puis de l'abandonner brutalement pour un hérisson volé subrepticement dans la chambre de Tarquinette et que nul n'a pu la convaincre de lui restituer ! C'est ainsi qu'avec le règne de Henri le Hérisson, le trafic de chaussettes qui assombrissait la vie de mes deux garçons a pris fin ! Il n'était pas rare en effet de voir la chatte filer ventre à terre tenant dans sa gueule un objet mystérieux poursuivie par Tarquinet ou Tarquinou lesquels hurlaient à tue-tête "elle m'a volé une chaussette !" Durant cette sombre époque, de nombreux couples de chaussettes furent définitivement décomposés.
                 
Enfin, après les larcins et les bêtises de mômes, exactement comme pour les enfants, on sent venir le temps des acquisitions : celui du mimétisme forcené. A sa manière et avec sa compréhension de notre monde étrange, Azerty s'est mise à me singer, à tenter de reproduire les gestes de mon quotidien.

Et j'ai compris que c'était dans l'intimité du silence des petits matins que les grands combats se gagnent ! Lorsqu'à la fin des vacances je me suis retrouvée dans l'impossible situation de devoir emmener ma chatte au bureau au prétexte qu'elle se savait pas se passer de son biberon, il m'a bien fallu la convaincre de laper ! Alors, à quatre pattes près d'elle j'ai mille fois fait l'aller puis le retour entre la tétine du bib et l'écuelle de lait. Je l'ai patiemment regardé s'approcher, me dédaigner, s'interroger et puis se laisser vaincre par son insatiable curiosité (et vraisemblablement son appétit !)

Si malgré de nombreuses tentatives et à mon grand regret, elle n'a pas adopté, les toilettes pour y faire ses besoins, je dois reconnaître qu'elle a parfaitement compris comment appuyer sur un interrupteur pour allumer la lumière et si par malheur elle se trouve face à une porte close, elle sautera et ressautera sur la poignée de celle-ci pour tenter d'ouvrir l'obstacle et y parvenir parfois !

Aujourd'hui cela fait exactement un an que Mademoiselle Azerty est entrée dans a vie. Une grande... qui pourtant se comporte souvent avec moi comme le bébé qu'elle était. Rarement à plus d'un mètre de ma personne, si je change de pièce, l'air de rien, elle me suivra. Elle ne joue les terreurs dans le jardin de la demeure qu'à la seule condition de rester dans mon sillage... Elle reste désormais seule sans miauler, ne passe plus toutes ses nuits dans mes draps et attrape même des souris ! Son plus grand défaut : un amour immodéré des claviers dont je ne suis jamais parvenue à la détourner. il suffit que je tourne les yeux ou le dos pour qu'elle y risque une patte et si je change de pièce, s'y vautrera de tout son long avec délices... Sans doute la faute à mon grand qui lui a dégoté ce nom si prémonitoire !

Voilà un an, que cette boule de poils qui tenait dans ma paume m'a séduite et me ravit ; pourtant dans ce tableau il reste une évidence que l'on ne peut taire : celle d'avoir été éloignée bien trop tôt de sa mère. Particulièrement peureuse, elle crache là où les autres félins lèveraient le sourcil. Et si parfois je n'entends plus son crachouillis durant un mois, il suffit d'un élément de nouveauté (changement de lieu, tête nouvelle...) pour que je sente immédiatement sa crainte s'installer et sa mimique apparaître... On s'en accorde. Et pour se rabibocher, on se câline...

jeudi 8 septembre 2011

Mademoiselle Azerty au... clavier !

Mademoiselle Azerty sur un clavier

Mademoiselle Azerty en chantier

Mademoiselle Azerty dort dans un sac

Mademoiselle Azerty trouve refuge dans des étagères à CD

jeudi 18 août 2011

317 grammes

Demoiselle Azerty a 20 jours

et 20 jours

mercredi 10 août 2011

Mademoiselle Azerty, le chien Dudule et la vie qui continue

Jeune aventureuse, demoiselle Azerty s’en est allée, ses paupières à peine éclose, deviner la couleur du monde. Tendre et duveteuse elle fut sur l’heure accueillie par un bruyant et robuste labrador. Bonne bête l’animal aboya pour ameuter le quartier à venir s’extasier devant tant de joliesse et de fragilité mêlées. L’oreille humaine, canine et féline restant sourdes à ses appels, l’intelligent chien Dudule entreprit seul une mesure de sauvetage : prenant le chaton dans sa gueule, il l’apporta à ceux qui dispensent les caresses et remplissent les gamelles. Quelques heures plus tard, après avoir vainement tenté de retrouver la féline mère et arraché une nouvelle fois le rejeton de la gueule du chien, il fut décidé de conserver le nouveau-né. L’opération sauvetage avait débuté !

Demoiselle Azerty et ses pas branlants


Demoiselle Azerty, un brin effarouchée

Je vous laisse, j’ai un biberon à donner…