Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tarquin et Tarquine

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 13 novembre 2004

Mal

pleureuse sur un tombe

mercredi 13 octobre 2004

Intention de rupture

merde
J'aimerai rompre avec mon passé, lui dire "bye bye" "adieu", le laisser sur le bord de la route et puis poursuivre mon chemin sans lui. Lui dire "salut, merci pour tout, je te dois des moments merveilleux, sans doute les plus belles années de ma vie. Mais maintenant je te quitte."

Le remercier chaleureusement et puis lui expliquer que le bonheur cela se vit, sinon cela moisit... Le bonheur ne se conserve pas au fond d'un vieux cellier, cela ne se congèle même pas !

J'aimerai exciser cette boule de douleur brute que je porte en moi. Cette boule que j'arrive presque à oublier et qui explose brutalement parce que je croise une amie très chère devant le bureau d'un magistrat instructeur (lequel a bien dû se demander ce qu'il avait dit pour déclencher un pareil émoi...)

Je ne voudrais que conserver la rage que je mets à appuyer sur mes pédales, le coeur abandonné à regarder Paris défiler sous mes yeux, ne sachant plus si c'est fuir ou avancer qui exalte autant chacune de mes plus infimes fibres musculaires.

J'arrive à oublier que je l'aimais.
Je parviens à parler de leur père à mes enfants sans m'écrouler, ne conservant de lui que son humour légendaire et sa bonne humeur.
Je peux oublier la quiétude de dormir à deux.
Je peux fermer les yeux et penser à demain.

Mais il est une chose que je ne peux maquiller : c'est combien lui m'aimait.

Alors comme je n'ai jamais réussi à lui tenir rigueur de son amour, je déchire ma lettre en mille morceaux, j'arrête de jouer les héros et je laisse enfin mes larmes couler.

samedi 25 septembre 2004

Une année

T.a.r.q.u.i.n.

Une année, une année de passée, une année sans lui, à jamais.

mercredi 22 septembre 2004

Quel divin motif de me réjouir !

Tarquin et Tarquinou


Pas une seule fois, en arrivant sous mes fenêtres, du haut de mon vélo, je n'ai omis de lever les yeux vers elles ; souvenir d'un temps où en fumant sa clope sur le balcon mon mari me faisait de grands signes du bras.

Pas une seule fois en ouvrant la porte de notre logis, je n'ai eu envie de crier à tue-tête "C'est moi !" pour l'entendre me rétorquer "Ah ! Quand-même !".

Pas une seule fois où je ne me suis couchée dans le lit trop grand sans enfouir mon nez dans son oreiller.

Pas une seule fois, je n'ai regardé mes enfants sans penser combien leur père les aimait.

Tout ce temps passé n'a pas effacé l'horreur de la découverte de l'anomalie cérébrale, monstreux anévrisme géant, juste quelques heures avant qu'il ne cède. Tous ces jours ne m'ont pas fait oublié nos derniers moments ensemble, et puis l'inexorable descente aux enfers, l'abomination d'une nuit, l'appel au SAMU, les mensonges proférés "non, tu ne vas pas mourir !", l'attente, l'espoir, le désespoir. Et puis la fin, l'inénarable moment de pure douleur ,aiguillon lancinant et profond d'horreur absolue ; souvenirs toujours enfouis et toujours affleurants.

Et nulle pendule qui s'arrête, les enfants qui continuent de grandir, il faut travailler, pédaler, avancer, continuer. Parfois j'ai l'impression d'être une étrangère dans ma propre vie. D'avoir été invitée là par hasard, parce que tout était trop beau et trop clair et que je ne pensais pas qu'il puisse y avoir autant de lumière dans ce qui n'était pas un rêve. Mais non ! ce n'était pas un rêve, même si la suite a pris l'allure d'un cauchemar. Parfois j'ai encore du mal à y croire, mais pas vraiment le temps d'y penser, il faut vivre, avancer, continuer sans se culpabiliser d'être encore ici, dans la vie que je n'ai pas choisie mais dont je ne peux fuir.

Il aurait détesté me laisser ainsi. Il en aurait été fou. Une chance que Dieu n'existe pas. Il n'en saura rien !

lundi 6 septembre 2004

Où les larmes ne font pas taire les rires

Une rose mouilléeCombien de fois en mettant la clef dans la serrure ai-je songé que c’était la porte du bonheur qui s’ouvrait ?

Combien de fois m'étais-je dis que jamais je n’aurais pu imaginer vingt ans plus tôt ce qu’était ma vie aujourd’hui ? Et que si je l’avais su mes jeunes années auraient été plus apaisées !

Combien de fois ai-je pensé que la vie décidément m’avait tout donné et que bien rares étaient les motifs de me plaindre ?

Si souvent !

Y a-t’il donc un prix à payer pour tout le bonheur que l’on a consommé ?

Existe-t’il une formidable balance divine où le plateau de l’horreur doit venir équilibrer celui des joies et des douceurs ?

Devrais-je inférer de la conjonction de mes malheurs des inconduites aussi insoupçonnées qu’inexcusables ?

Pour l’heure la révolte gronde encore contre cet immonde châtiment.

Oui, mes larmes coulent encore et c’est une éternité qu’il me faudra pour en tarir la source.

Oui la rage tempête encore et il n’est pas né celui qui me fera accroire que la mort de mon aimé n’est pas l’exemple même de l’iniquité.

Mais il ne sera pas dit que je brûlerai avec lui. Oui j’ai le droit de rire. Oui j’ai envie d’offrir autre chose à mes enfants qu’un ramassis de souvenirs de plus en plus rabougri à force de ne plus être aérés.

Même si je sais que je m’écroulerai secouée de sanglots au détour d’une odeur ou d’une incisive futilité ; même si je serre encore les poings pour ne pas crier quand le manque me chavire, je sais bien tout au fond de moi que si j’ai résisté à cette lame de fond, c’est que je n’ai pas encore perdu le goût de cette putain de vie…

mardi 10 août 2004

Je t'aime, texto !

texto : je t'aime


Le 10 août 2003, il était parti quelques jours avant moi afin de soustraire les enfants à la chaleur caniculaire des villes.

J'allais bientôt le rejoindre pour partir ensemble en vacances. Nous étions donc séparés pour quelques jours seulement. Alors, il m'écrivait.

Le 10 août 2003, je recevais son dernier texto.

Je t'aime aussi, tu sais...

dimanche 8 août 2004

Lettre posthume

coeur à la craie

Mon amour,

Les enfants vont bien. Tu leur manques beaucoup et ils continuent à te réclamer. Ils te ressemblent, tu sais, : ils sont beaux comme des Jésus !

Je pense à toi tout le temps, je t'aime tant. La vie sans toi est sans saveur.

Comme ton rire n'est plus là pour se moquer de moi et de mes travers, j'invente les railleries, les gouailleries que tu m'aurais faites !

Comme ils sont absents les rires que nous échangions.

J'aimerais me blottir contre toi et te dire sans ironie que tu es décidément un homme confortable.

J'aimerais que la vie ne soit pas si inique, j'aimerais pouvoir t'aimer sans pleurer.

Je ne te dis pas combien je t'aime, cela, tu l'as toujours su.

Je ne peux te dire "à bientôt", je sais que je ne te reverrai jamais...

Ta Nounette

samedi 24 juillet 2004

Opressante absence

Je ne parviens pas à fuir.

Les billets, les journaux, les carnets, ne parviennent ce soir à m'offrir refuge.

Je me suis usé les yeux en triturant, déformant, malmenant des images, des photos ou même de simples mots sans réussir à faire taire cette sourde douleur.

Je me sens engourdie de misère, cherchant bêtement à m'y soustraire, comme si je ne savais pas que l'entreprise était nécessairement vaine...

Et cette lancinante chaleur qui me ramène en arrière, qui me ramène l'an passé, quand la vie avait encore un sens, une illusion de raison et était synonyme de bonheur.

Rien à faire, je ne peux m'y dérober, ce soir, il faudra donc que je serre les dents pour ne pas crier.

Putain, ce qu'il me manque l'homme que j'aime.

mardi 20 juillet 2004

Emois estivaux

fenêtre ensoleillée dans une maison provencale

Je me souviens, nous étions à Aups, je ne sais plus très bien pourquoi, je crois qu'il était question d'asticots pour la pêche des marmots, j'étais dans la voiture avec notre Tarquinator tout endormi encore.

Je t'attendais. C'était le matin. Je sortais pour te retrouver et je t'ai vu revenir avec tes deux aînés qui rayonnaient de bonheur.

Je me souviens vous avoir regardé arriver, je me souviens très précisément avoir pensé combien je t'aimais et quel père génial tu faisais.

Je me souviens de ce sentiment qui m'a envahi à ce moment. Un immense élan d'amour pour toi. Ce élan qui me revient, là maintenant, sans que j'en devine la raison mais intact à ton égard…

Parfois, je ne sais plus si t'aimer autant, est une force ou une souffrance…

dimanche 18 juillet 2004

Orageuses réminiscences

Orage d'été

Cela survient n'importe où, sur un quai de gare, au fond de mon lit ou au guidon de ma bicyclette.

Hier, c'était sur un parking de grand magasin, les bras pleins de paquets, en train de charger la voiture.

Le ciel avait pris cette couleur de gris si particulière, quand l'anthracite le dispute à l'acier et le carbone au plomb.

Le vent s'est soudainement levé et la température a baissé.

Quand la pluie a commencé à tomber, j'ai eu le temps de prendre mon « encore presque bébé », de le poser dans la voiture, de m'asseoir au bord du coffre. Puis de pleurer à me déshydrater, de sangloter à en hurler, à ne plus pouvoir m'arrêter.

Simplement parce c'était un orage d'été, qu'il me rappelait les précédentes années, tous ces étés avec lui, depuis l'été où l'on s'était rencontré.

L'orage est passé, mais je sais qu'il n'est jamais très loin.

mardi 6 juillet 2004

Coup de balai magique

Un balai de sorcier

Depuis la mort de Tarquin l'aimé, je ne rangeais plus, je poussais, je posais, je cachais parfois mais je refusais de fouiller dans des papiers, des vêtements, des objets qui auraient pu me faire sombrer dans le désespoir du bonheur perdu.

Cependant, avant de partir en vacances, il faut quand même que je remette la main sur des vêtements, des objets, des papiers que l'on ne sort qu'une fois l'an ou presque...

Si je ne suis pas encore parvenue à me frotter à l'idée de voir les placards de mon époux dépourvus de ses effets, j'ai, en revanche, affronté les autres points urgents.

Et de ces fouilles, plusieurs trouvailles ont enchanté mes Tarquinets.

Une carte mémoire a offert à mon aîné l'entier garage (particulièrement fourni) des écuries de Gran Turismo II de son papa... Ses hurlements de joie ont dû surprendre plus d'un voisin...

La minette a retrouvé toutes ses affaires de plage (bouée, paréo...) avec lesquels elle reconstitue à haute voix, ses dernières et ultimes vacances avec son papa...

Même Tarquinou saute en l'air en rigolant, enchanté de voir ses frère et soeur de bonne humeur.

Puis comme tous les soirs, je leur lis un demi-chapitre de Harry Potter, dans un silence vigilant et gourmand. Parler à des enfants charmés, c'est le plus beau des auditoires, c'est ma plus belle prestation et je la renouvelle tous les soirs...

Parce qu'ils sont tombés dedans et qu'il ne veulent plus en sortir de Potter... Comprenez-les, des héros qui ont perdu non seulement leur papa, mais même leur maman et qui parviennent cependant à vivre des aventures extraordinaires... ça ne court pas les rues !

Quant à moi, je leur souhaite simplement de vivre et de grandir le mieux possible, et puis aussi de connaître un peu de magie... comme celle que je partageais avec leur père, elle se passait de balai cette magie là mais elle vous faisait savoir ce qu'était le bonheur, le vrai, celui que l'on sait, et non pas que l'on devine.

Même si cette magie est inefficace pour vous protéger du mauvais sort, je ferai toujours en sorte qu'ils sachent qu'elle existe et qu'elle est diablement puissante. C'est une promesse que j'ai faite à leur père, alors qu'il ne m'entendait déjà plus, cela importe peu ou, importe davantage... De toute façon, je suis du genre à tenir parole...

samedi 26 juin 2004

Bonheur déchu


S'être vêtue d'allégresse.
S'en être drapée jusqu'à l'enivrement
Et brutalement se dissoudre, se confondre non plus dans la liesse,
mais dans les tourments
La déchéance, c'est quand on s'en fout
Quand le vernis est indifférent.

jeudi 24 juin 2004

[mãk] n. m.

 [mãk] n. m. 1606; « offense » 1594; de manquer

dimanche 20 juin 2004

Absence irrévocable

Tarquin

lundi 14 juin 2004

Dorénavant, l'aimer à jamais

Mon Tarquin à moi que j'aime



J'ai toujours su que je l'aimais.
Je lui ai toujours dit. C'est au moins un regret que je n'aurais pas.

J'ai toujours su qu'il m'aimait.
Il me le disait tant. C'est au moins un doute que je n'aurais pas.

J'ai toujours pensé que c'était l'homme de ma vie.
Je lui disais aussi.

J'aurais donné tout ce que j'avais pour le garder
Et tout ce que je n'avais pas.
J'aurais donné n'importe quoi.

Mais il n'est plus là.

Et moi je l'aime toujours autant...

mercredi 7 avril 2004

Responsabilité des père et mère

les jours heureux

Ils ne dorment pas encore, je les entends qui chuchotent.

Tarquinette a la voie si pointue qu'elle ne peut tromper personne.

Je guette le silence, je l'attends. Je suis épuisée. Je rêve de dormir. Fermer les yeux et tout oublier.

Je voudrais tant les protéger, tenter d'adoucir leur peine et de combler leur manque.

Mais rien n'y peut faire : je ne saurais être père et mère.

J'ai peur de n'être pas à la hauteur, d'être trop présente, ou trop absente ; d'être trop prégnante, ou trop distante...

Seulement peur, car pour être honnête je ne raisonne qu'a posteriori. Ex abrupto je vis, je fais, je dis, ce n'est qu'après que je réfléchis.

Ils dorment maintenant... je vais rejoindre Morphée, le seul qui parvienne à adoucir mes tourments.

dimanche 4 avril 2004

Près de nous

Cimetière communal

Tes cendres sont là, il suffit que je soulève le coin du rideau pour que je devine ta sépulture quelque part dans cet océan de tombes.

La proximité de ces morts n'avait pas refroidi d'un degré notre bel enthousiasme de faire l'acquisition de ce "chez-nous".

Et nous y avons été si heureux que nous eu incontestablement raison.

Notre bonheur y a été si grand et si généreux que les murs le respirent encore.

Les enfants parlent de toi, ils me racontent ce qui étaient auparavant vos secrets. J'apprends qu'outre le calin "conventionnel" tu pratiquais le calin "attaque aux chaussettes".

Je comprends désormais pourquoi ils étaient si énervés quand c'était ton tour de les coucher !

Ils miment ton cérémonial lorsque tu les ramenais le soir à la maison. "C'est quoi ce placard ?" disais-tu en entrant dans l'ascenseur. "Mais ce pont va s'écrouler !" t'effrayais-tu en franchissant la passerelle. Les joues roses et les yeux brillants de plaisir les deux grands me répondent un "MEUH NON" tonitruant!

Tarquinette me confie les mots tendres que tu lui destinais. Elle me demande de les écrire ; elle a peur de les oublier...

Tarquinet l'aîné prend son rôle de gardien de la mémoire très au sérieux. Il a compris que le petit Tarquinou ne se souviendrait pas de toi. Alors il conserve précieusement son inestimable trésor : 7 ans et demi de souvenirs, toutes les pièces d'or du monde ne les vaudront jamais !

Tu les as tant aimés qu'ils continuent à se construire avec toi...Tu es toujours près de nous.

lundi 29 mars 2004

Mort cérébrale

deux petits coeurs de Belin

RER D. Je reviens d'Evry. Les barres de HLM défilent le long de la voie et me font jouer à cache-cache avec le soleil printanier qui brille aujourd'hui.

Enfoncée dans mes rêveries je surprends une phrase échangée entre deux post-adolescentes.

Elles parlent de Cantat et de sa condamnation prononcée ce jour par le Tribunal pénal de Vilnius.

Lire la suite...

page 2 de 2 -