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jeudi 7 juin 2012

François, Luce, leur merveille et la vie qui les trahit.

Les mots ne viennent pas. Des larmes et des souvenirs qui remontent. Ils sont nombreux. Ses commentaires ici, dès les tous premiers billets. Mon premier Paris-Carnet, et tous ceux qui ont suivi, les pique-nique et... et... et d'autres souvenirs qui me reviennent. D'autres plus anciens. La souffrance à se tordre, le néant.

Mais ce n'est pas ma douleur, c'est la leur. Et je sais combien elle est insondable.

Je pense à elles. J'ai envie de leur crier qu'elles garderont son amour à tout jamais.

Que c'est leur plus grande force.

Qu'elles se feront rattraper par la vie. Parce qu'il les aimait. Parce qu'elle c'est la seule chose qui compte. Parce que la seule force qui nous reste dans ces moments terribles c'est d'aimer.

Je leur dirai samedi. Et à lui, je dirai Tchao l'ami...

 

Si je n'ai pas les mots, d'autres en ont de très beaux que vous invite à lire :

François et Luce par Samantdi
Lettre à Paco par Sacrip'anne
Sans filtre par Laurent
Aujourd'hui un jeu par Franck Paul
François, sans filtre par Padawan
Deuil Sans Filtre par Otir
Ce dont je veux me souvenir par Racontars

 

mardi 26 avril 2011

L'âme du bivalve et la fougue de la patelle...

Ma vie était un champs de ruine, j'en ai désormais fait un désert. Moitié palourde, moitié bernicle, j'avance à reculons pour ne me fixer que là où l'on a de cesse de ne surtout rien vouloir construire. Étrange banc de sable enjôleur dont la seule constance est de se défaire obstinément. Entière à mon habitude, je partage jusqu'au QI desdits mollusques. Alors je reste là.  Molle et triste. A me boucher la vue, j'ai au moins l'assurance de ne plus risquer de m'illusionner encore...

mardi 5 octobre 2010

l'incommensurable profondeur de la vacuité...

Les histoires d'amour me font toujours pleurer : la mienne était trop belle. Et je ne sais pas bien barbouiller de gris mon passé pour rendre plus luisant mon présent.
Sept années ont passé.
Les premières étaient si sombres que nul éclat ne pouvait les adoucir. Les suivantes, de croire que les ténèbres pouvaient s'éclaircir, étaient chamarrées du plus dérisoire espoir.
Puis les dernières sont venues.

  • S'interdire de jeter les yeux derrière soi
  • Bientôt proscrire toute idée d'un futur 
  • Ne pas penser- surtout ne pas rêver.
  • Calibrer la lumière au trébuchet des ténèbres. Et bien se garder de s'éblouir de ses lumineux souvenirs.
  • Oublier ce qu'est le bonheur. Mon présent en sera moins miteux.

Jusqu'au jour où l'évident constat vous saute à la gorge.
J'ai beau rire, j'ai beau sourire, j'ai beau me réjouir je n'aime décidément pas ce que ma vie est devenue...

 

Avant de m'écrire combien c'est mal de mépriser le présent, de ne pas me jeter dans l'avenir à corps perdu ou tout simplement d'avoir écrit ce billet, merci de lire les deux commentaires que j'ai d'ores et déjà écrits à ce sujet et que je me suis permise de mettre en gras pour que nul n'en ignore. N'insistez pas, je ne retrancherai pas le moindre mot et ne travestirai des émotions qui, bien que publiquement exprimées, sont et demeurent miennes...

 

mercredi 30 juin 2010

Immaculées déceptions

Tendre l'endroit de blanc. Et puis le couvrir d'encre.
Je viendrais oublier tout ce gris dans lequel je me noie. Ces inespérances sans cesse réaffirmées.
Les platanes offrent en cette saison un précieux prétexte à mes larmes. La matin et puis le soir, j'en arrose mon biclou. Comme si celles-ci pouvaient délaver le gris de son cadre. Et aussi celui de ma vie.
Il y a d'abord eu le gouffre. Et puis la terreur. Plus tard, lorsque l'effroi a allégé sa prise j'ai cru que la vie recelait encore quelques espoirs. Je ne sais plus bien pourquoi.
Ici je vais mettre du blanc...

mercredi 12 mai 2010

Métaux lourds

chaise, table et châssis métalliques

Cafétéria de l'Hôpital Saint-Philibert — Lomme



Je rêve d'un cœur d'airain.
Dans mon harnois je ne craindrais ni le sort, ni la mort.
Alors je cesserais mon guet dans la crainte de leur cinglants ricochets.
Et puis je dormirais un peu. Je fermerais les yeux et je m'abandonnerais un peu.
Mais le plomb n'est pas l'airain.
Et je n'ai que le premier pour armure.
Je croyais que la vie me tenait, parfois même contre mon gré.
Je me trompais.
J'ai trop fréquenté la mort pour en aimer encore le commerce.
Et si j'ai moins croisé le venin que le ventre mou des désenchantés, les deux empruntent tant à sa logique qu'à ses façons.
Je n'ai su que faire des besogneux mensonges pas plus que des demi mesures mort-nées.
Il me reste la ouate pour étouffer cris et envies puis oublier ce que confiance veut dire.
Enfin, remplir ma vie de mouvement pour en accepter le vide.



mercredi 20 janvier 2010

Frimas et n+∞

Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Il n'y a que le froid qui s'abat, une grise neige aussi plombée que tourmentée : de gourds flocons qui étouffent les sons, les émotions et même la raison. Peu me chaut de comprendre. Je suis trop lasse pour jouer à travestir l'évidence qui se glace. De quelle arrogance, de quel aveuglement souffrais-je pour imaginer réécrire le théorème de récurrence ? Infini glacé d'un soleil qui n'a de cesse de poudroyer et d'une herbe de verdoyer. Je ne suis qu'une énième poussière sur une vague qui n'a d'autre vocation que de s'échouer toujours et toujours.
Rien à dire. Rien à voir. Rien à penser. Je me souviens des méthodes éprouvées aux moments plus désespérés qu'aujourd'hui : mon avenir se limite à l'heure suivante. Surtout pas davantage.
Juste soixante minutes, le froid et l'anesthésie qu'il provoque.
Il m'a toujours paru curieux, alors que je déborde d'émotions, de mesurer la profondeur d'un trouble par le calme qu'il provoque...

Mille mercis à un voisin qui m'offre à son insu un wi-fi malingre et mal protégé quand Free et FT se disputent si fort sur ma ligne qu'ils en détournent tout octet...

mercredi 25 novembre 2009

Les idées qui courent par les nuits trop noires

Le sommeil est parti. Il a dû trouver son bonheur ailleurs. Et je ne lui en tiens pas rigueur. Je sais Ô combien sa quête est légitime. Ici il fait trop sombre. Il fait si noir que les rêves se sont débinés. Il me reste Vivaldi qui ne peut plus rien pour moi, et un carnet plus profond que les enfers à qui je confie des mots que personne ne lira. Silence ou capcha...sésame ou mutisme entendu. J'ai trouvé les limites de l'endroit. Demain matin, dès potron minet j'irai cavaler.


Je courrai d'autres lièvres... je nourrirai alors d'autres ambitions que de retrouver une vie où je pourrais m'abandonner à faire confiance à quelqu'un...


Je préfère la sueur aux pleurs. Que Vivaldi m'emporte loin. Demain. Un autre jour. Où je cesserai de me souvenir de ce passé au trébuchet duquel seules les larmes ont gagné en densité.


lundi 9 novembre 2009

Quand la chaleur s'évanouit

Brusquement elle est partie.
Elle s’est enfuie comme par une porte dérobée.
Et tout s’est accéléré.
Noroît qui s’instille, se tord et faufile dans les failles d’un linteau fatigué lequel vole en éclat dans un grand silence givré.
Béance où s’engouffre la glace.
Un froid dont rien ne vous détourne
Un froid qui s’installe et vous guinde
vous transit,
vous pétrifie.

vendredi 5 décembre 2008

Contagion

Ligne 13 — Pas tout à fait 20 heures.
Sur l'épaule d'un jeune homme une jeune femme pleure.
Face à face.
Je n'ose plus lever les yeux.
Je regarde mes larmes s'écraser sur mon moleskine.
Tâches et flaque.
Tout se brouille. L'encre et la source de cette eau.
Sa peine me renvoie à la mienne.
Comme j'ai tant de fois surpris les leurs dans la vision de mon chagrin.
Ceteris paribus sic stantibus

samedi 19 avril 2008

Stratégie d'altitude

Je vais transporter mes loques dans les cimes.
Opération tortue au sommet.
A moins que je ne construise un igloo.
Le froid m'anesthésiera peut-être...
Ce serait bien.

Je vais me soûler de mes marmots, les respirer, les houspiller, les cajoler, m'en repaître.
Et puis bouffer des pistes.
J'ai même planqué des baskets dans ma valoche avec un lecteur mp3 chargé à bloc.
Compilation "longue cavalcade" — celle qui débite Carmignola en mille morceaux...
Et si je n'arrive pas à m'épuiser assez pour que le sommeil m'emporte, il restera mon Vaio pour faire ronronner un DVD soporifique.

Trouver de la glue.
Je me répands trop, suis trop en vrac.
Tricot, photos.
Et mes marmots, mes marmots, mes marmots...
S'agglutiner, s'agréger, s'agglomérer.

Je vais transporter mes loques dans les cimes.
Pas certaine d'avoir bien chaud.
Le froid m'anesthésiera peut-être...

dimanche 13 avril 2008

Les oripeaux des matins clairs

Cinq heures. Des merles jouent à cimetière enchantée.
Peut-être qu'un jour j'y retournerai ; cela fait, j'en suis certaine, bien plus d'une année que je n'ai pas posé ma main sur son marbre noir.
J'irai quand il fera chaud.
Parce qu'il me réchauffait toujours.
Dorénavant je n'en ai plus que rencontré qui me glacent...

Cinq heures et j'ouvre un œil...
Depuis qu'il n'est plus là pour veiller sur mon sommeil c'est ainsi chaque jour qui passe.
Sauf parfois sous le vieux masque de terre que mes parents avaient ramené de Grèce dans leur jeunesse.
A cinq heures les fantômes se dressent...
Ils se font dossiers, ils se font fiasco, ils se font peur.
Ils sont la liste de tout ce que je n'ai pas fait, de ce que je ne fais pas.

Cinq heures. Les merles jouaient à cimetière enchantée.
Sans bruit je suis descendue.
Ce matin j'ai troqué mon maigre et quotidien café au lait contre un plantureux petit déjeuner.
Puisque sonnera un pistolet de départ dans cinq heures, alors, fait surprenant, je parviens à insuffler un peu de raison dans ma nourriture !

Cinq heures.
Et des lambeaux.
A cinq heures ma vie est toujours en loque.
Dans cinq heures elle sera sans doute pleine de projets.
Descendre sous les 55 minutes, filer au ski, réparer mon biclou, finir chaussettes et châle, n'importe quelle pécadille fera l'affaire.
J'y mettrai tant d'enthousiasme...
Et puis il y a eux.
Eux à qui je dois tout.
Eux grâce auxquels je parviens à brosser mes guenilles et puis faire illusion.

Tous les jours,
A cinq heures,
Lorsque les merles jouent à cimetière enchantée,
Je ravaude mes penailles...

mardi 25 mars 2008

Il y a encore de la vie quelque part...

Le sommeil qui fuit. Peut-être la faute à ce masque que j'ai quitté et qui désormais n'est plus là pour éconduire mes dragons. La faute aussi au petit et à son asthme qui me font sentinelle... Alors je me dissous dans ces late violin concertos qui m'ensorcellent, dans cet archet dont je suis devenue idolâtre. J'aimerai avoir encore des parents. Rien que pour avoir la liberté de lancer un impératif "j'arrive" sans douter un instant d'être attendue...

Note pour plus tard : penser à allonger le parcours pour s'abrutir d'avantage : l'anesthésie a mal fonctionné aujourd'hui. Il me reste encore l'ultime narcotique... le salvateur DVD, celui qui m'a épargné des monceaux de somnifères et dispense des nuits entières son ronronnement rassurant : — il y a encore de la vie quelque part — Il y a encore de la vie quelque part — Il y a encore de la vie quelque part — Il y a ...

mardi 26 février 2008

Il s'appelait Bidule...

Un jour peut-être je raconterais son amour des sacs poubelles — lesquelles avaient constitué son unique moyen de subsistance pendant de longs mois.
Un jour peut-être je saurais décrire l'allure qu'il avait quand il accourait lorsque je criais son nom , l'allure qu'il avait quand il allait cavaler dans Montmartre et rentrait ventre à terre en reconnaissant mon pas sur le pavé.
Un jour peut-être je vous narrerais l'histoire de ce voisin qui le guettait pour l'emmener chez lui mais s'étranglait chaque soir de dépit de voir s'ensauver la bestiole au moment où elle m'entendait glisser la clef dans ma serrure.
Et puis ses épiques conflits avec Tarquin... Ses provocations dont il avait le don. Et dont j'étais l'enjeu.
Plus tard peut-être, je vous conterai par le menu ces scènes fameuses dont les deux protagonistes ont disparu et dont le souvenir me réjouit autant qu'il me meurtrit.

Il s'appelait Bidule..
Ce matin, il avait à peu près 17 ans.
Hier, il vivait dans la rue. Moi j'étais étudiante à Paris et éperdument amoureuse d'un drôle de bonhomme qui allait peindre ma vie en rose. C'était notre chat à nous, notre première possession commune. Notre premier investissement, notre première projection dans un futur que l'on voulait obstinément heureux.

Il a tout connu.
Mon père qui me soutenait qu'il serait mieux dans la demeure que dans les ruelles parisiennes, les déménagements, les naissances, les départs en vacances avec les planches à voile sur le toit et les marmots qui braillaient, les nuits dans les tentes...

Lui était resté quand tout les autres étaient partis. C'était le plus proche témoin de ma vie et du cours qu'elle avait pris. Il avait essuyé les larmes de joies et celles des douleurs indicibles.
Pour moi, il était toujours là. — Invariablement, il venait m'offrir sa présence lorsque nous savions tous deux qu'il était le seul à pouvoir m'approcher.

Il s'appelait Bidule.
Ce matin, il avait à peu près 17 ans.

samedi 23 février 2008

Prélude à la mort d'un fauve

J'ai moulu mon café, comme si de rien n'était. Juste après avoir croqué une pomme. J'ai moulu mon café et puis repris le mixeur, celui de mes bébés et de leur repas qu'on passe à la moulinette : un bout de légume, un brin d'amour.
J'ai moulu mon café et j'ai mixé son repas. Doucement je l'ai posé. Au matou gouailleur et mafflu j'ai pris soin de ne pas faire peur. Je vois battre son cœur, juste là, là où ses vertèbres ne recouvrent plus son dos décharné. Battements de vie, les derniers.
J'ai prévenu les enfants, sans pathos, sans l'ombre d'un trémolo. Pas certain qu'il vive très longtemps. Passez de bonnes vacances et ne m'en voulez pas si je ne vous préviens pas.
J'ai pris mon café, il mange à petits coups. Je n'ai pas pleuré quand ils sont partis, j'ai fait des grands signes, des grands sourires et fait mine de confisquer leurs bonbons...
La maison est trop vide, pas question de traîner où fleurissaient rires ou cris. Se méfier des jouets en embuscade. Lit & vaio, carnet & stylo.
Désormais je trimballe mon mug comme je trimballais ma clope.
Je l'entoure étroitement de mes deux mains tentant d'en absorber toute la chaleur . Echange de bons procédés : je ne sais boire que tiède et j'ai toujours les doigts gelés...
Il ne viendra pas. Pourtant il sait. Point de larme, point de pleurs. Pas le moindre trémolo, pas le moindre tressaillement. Mais il sait bien. Il est toujours là quand lui et moi savons qu'il est le seul à pouvoir m'approcher. Il vient c'est tout. Sans trémolo.
Il ne viendra pas. Il ne peut se hisser jusqu'à moi, il ne sait plus monter l'escalier.
Alors avec mon mug de café, j'ai rebroussé chemin. Pour rester près de lui. Sans trémolo. Pour être là c'est tout. Je lui dois bien cela.
A mon vieux matou gris.

vendredi 22 février 2008

Désaffection

Bâtiment militaire désaffecté

"Verdun" lit-on...


Désaffection, subst. fém.
Perte ou diminution de l'affection, de l'intérêt que l'on éprouvait pour quelqu'un ou quelque chose.


Désaffecté,ée, part. passé et adj.
1. [En parlant d'un inanimé concr.] Qui a changé d'affectation. Temple désaffecté, Ô Panthéon (Péguy, Quatrains, 1914, p. 498).
2. [En parlant d'une pers.] Libéré d'une charge; démis de ses attributions. Un chef d'orchestre désaffecté (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 71).
B.− [Correspond à désaffecter B] Détaché de ce qui avait intéressé. Ce croyant, tour à tour encombré et désaffecté qu'était Rivière (Du Bos, Journal, 1927, p. 229).


Près de moi il y a un chat qui meurt en silence, près de moi il y a un chat qui meurt en prenant son temps. Les enfants vont partir. Bientôt. Il y a un air de Silvius Leopols Weiss chez Avro. Et il y a cette glue qui ne me quitte plus. Un jour il faudra que j'écrive une monographie sur la perspective du champs de ruines, ses creux, ses vallées, ses ombres et ses silences...

Mais ce soir, il est trop tard. Ce soir je vais juste deviser en parcourant le champ lexical où désaffection et désaffectée se tapissent.

jeudi 21 février 2008

Soleil noir

La nuit qui dure. Ce n'est pas ces maigres rayons de soleil qui la chasseront. Sont trop mal armés... pour la faire décamper c'est un arsenal qu'il faudrait. Une nuit où se cacher. Une nuit où il suffirait de ne rien dire pour se faire oublier.
Empiler des boucliers de tous côtés. Au centre il fera doux. Il fera sombre.
Opération tortue...
Une nuit où se souvenir combien je l'aimais mon mari.
Juste une nuit... parce que sinon le monde devient trop pâle, les émois trop fades, la vie trop triste.
Je n'ai pas besoin de bras pour pleurer... le noir me protège bien mieux que votre désarroi. Et je pleure autant ce que j'ai perdu que ce que j'ai découvert. Je suis d'un autre monde, un monde où les mots résonnaient, où les mots s'échangeaient comme on donne un baiser.
Juste une nuit pour oser me souvenir quel homme il était. Pas plus... j'ai la particulière conscience qu'il me faut l'oublier ... seulement le garder. Vos bras sont trop maigres, votre cœur est trop petit, votre force est trop menue.
Juste une nuit pour me rappeler. Il m'aurait pris dans ses bras et serré à me rompre, il aurait étouffé d'impuissance de ne pas savoir tarir ces larmes, et puis bientôt de tristesse. Et je craignais tant de lui faire mal à mon bonhomme...
Donnez moi la nuit. Alors j'ôterais la ouate dont vous vous entourez, je tairais ces non-dits, véritables distances de sécurité dont vous vous croyez le centre. Vos peurs me sont si ternes... Non je n'ai pas de mépris. Simplement je ne parle pas la même langue.

Et dans ma nuit, il y a des couleurs dont je crois que vous avez oublié l'éclat...

jeudi 22 novembre 2007

Le lézard court en silence sur la façade

Je pense des billets que je n'écris pas.
Je contraste des photos que je ne publie pas.
Je laisse la distance se déployer.

Partager le silence.
Il paraît que c'est le comble de l'intimité.

Le mien creuse.
Je dresse des murailles autour des mots.
Je ne réponds plus aux mails.
Je fuis la sonnerie du téléphone.

Illusionniste, je suis...
Je comprends mal pourquoi je dresse ces murs presque en cachette.
Cela ne m'empêchera pas de vous sourire.
Et d'être si heureuse de vous revoir.

Mais je fuis.
Je ne sais pas même quoi...
Peut-être moi.

mardi 31 juillet 2007

Tendons et cavalcade

Putain de tendinites.
Un mois et demi de kiné, trois mois d'arrêt complet et il suffit que je m'arme d'un pinceau et d'un balai pour qu'elles reviennent !
Deux malheureuses journées à bichonner ma vieille baraque et je traîne désormais la patte tel un cycliste du Tour qui aurait bouclé une étape sans EPO !
J'ai le ligament marri quand je ne rêve que de détaler à toutes jambes.
Courir à perdre haleine, brûler le pavé et mes poumons avec, m'abîmer dans la fuite.
Cavalcade, diable aux trousses et sauve qui peut.

Journée maudite s'il en est.
Quatorze ans aujourd'hui.
« Papa est mort » j'ai dit à Maman.

Journée pourrie aussi, la perversion et le désir de puissance de certains juges d'instruction m'impressionnent encore...

Journée amère en outre.
Celle où l'on prend conscience que je n'ai aucun tempérament pour les démons d'autrui. La fréquentation des miens me suffit bien... Et puis je souffre trop à subir ce que je ne peux pas combattre. Or on ne combat jamais les dragons des autres. C'est un principe que la vie m'a enseigné trop douloureusement pour avoir oublié cette leçon... Moi je ne demande rien. Et encore moins que ma fréquentation requiert que l'on ferraille contre des ogres !

Cavaler, circuler, dégager.
Allonger le pas et ralentir son souffle, sentir que chaque muscle me conduit un pas plus loin. Et puis un autre. Et puis un autre.
Trisser, voltiger.
Se démener et se répandre aussi.

J'envisage d'oublier ces tendons capricieux et de chausser mes baskets.
Pour aller plus loin.
Quelques larmes couleront. Là, je m'y autoriserais.




Déjà rentrer chez moi. Quitter ce bureau assombri par la nuit. Mon bureau. Où je me sens chez moi aussi.
Rentrer chez moi.
Il n'y a pas d'enfant mais il a mon chat.
Et je sais que ce soir il se blottira contre moi.

Penser à manger aussi. Et puis couper le téléphone et cesser de vouloir tromper ma fatigue. Peut-être la laisser infuser dans un DVD en courtisant Morphée...



Prendre mon biclou.
Pédaler à perdre haleine.
Se mettre en danseuse et jouer les filles de l'air
Fuir ma vie aussi...



« Papa est mort » j'ai dit à Maman.



Moi je collectionne les démons — et les cercueils aussi...



jeudi 31 mai 2007

L'amour en noir

En noir. Nous ne nous voyons plus qu'habillés de noir. Des pingouins tristes qui se dandinent derrière des cercueils. Et le terrain est glissant. « Bonjour mon cousin. Bonjour ma cousine » Comme vos enfants ont grandi ! D'obsèques en obsèques ils ont perdus les traits de l'enfance. C'est malheureusement un destin qu'ils partagent avec les adultes.

« Bonjour mon frangin, comment vas-tu depuis la mort de maman ? » Une lettre recommandée et tes efforts pour m'ignorer devant monsieur le notaire : j'ai connu des gratifications plus généreuses en matière d'affection... Non rassure-toi, c'est très bien ainsi ! Et puis je sais bien que dans ta mythomanie tu as su préserver l'essentiel. Dans nos silences trop bruyants et nos mépris affectés nous ne sommes pas les enfants que nos parents croyaient mais nous ne les avons pas trahis non plus. Nous ne jouons pas la comédie. C'est tout. Il est juste trop difficile de s'aimer.

Tu avais besoin d'une place dans ce difficile échiquier. Tu as les blancs, les parents t'aimaient mal. Tu as les noirs, les parents nous choyaient tant. Tu as les blancs, Maman t'excusait de tout. Tu as les noirs, Papa n'était pas dupe et tu l'étais pas non plus. Tu es toujours perdant. Nous sommes toujours gagnantes. Jusqu'à la mort de celle que nous gaussions en t'appelant "son petit canard rose"... Quelle vicieuse coïncidence de perdre mère et mari en même temps ! Qui n'avait d'yeux pour moi ? Jusqu'au bout nous étions trop là. Alors tu nous as fait bourreaux... nous, les cruelles jumelles. Et c'est bien. La vie n'est pas l'affrontement. Tu as désormais ta place. Nous, la vie nous as simplement emmenées vers d'autres horizons. Tu as raison. Nous sommes toujours gagnantes avec ce putain d'amour dont ils nous ont couvert.
Il y a simplement des lieux, des instants où il faut encore une fois se croiser.

« Bonjour ma tante ». Vous êtes la dernière de votre génération. Tous les autres ont péri.

« Bonjour mon neveu » Je ne vous connais pas. Moi je suis celle dont personne n'ose prendre des nouvelles. A cause du temps qui passe et de la culpabilité qui s'alourdit chaque année. — celle dont personne n'a jamais pris de nouvelles une fois la réunion macabre achevée — Ah ah ah ! Non bien sûr que ce n'est pas grave ! Regardez moi ! Je pète le feu !

« Bonjour mon cousin, oui je vais bien ». Non ce n'est pas grave. La vie est ailleurs. La vie est devant nous. Pas derrière nous. Laissons mourir ces liens. Je viens juste vous dire au revoir. Vous regarder une dernière fois. Vérifier si tous les petits-enfants partagent un trait commun avec leur prodigieux grand-père. Ressemblances — Vraiment ? A moins que ce ne soit désormais que sa seule histoire qui nous assemble encore.
Je ne sais qui sera le prochain. Ce peut être moi et nous ne nous reverrons pas.
Peu importe. Ne cultivons pas les regrets. La vie est ailleurs que ces champs de morts.

Et pourquoi je pleure ? — Je ne sais pas.

Je ne sais pas...

samedi 3 février 2007

Le vent dans la pente

Je le sens depuis un moment. Le coeur en pente, le moral en débandade. Un mois que je sais que cela me pend au nez. Un mois de ruses pour ne pas me confronter à cette amertume en embuscade.
Le creux... Je savais bien qu'il me rattraperait. Il me rattrape toujours. En dépit de mes rognes qui me caparaçonnent si bien. En dépit de mes feintes, de mes stratagèmes, de mes intrigues pour ne pas céder. Car le moral ne peut être qu'en pente douce, quand un jour la terre ferme s'est dérobée sous vos pieds, quand un jour la vie s'est faite falaise.
D'abord la falaise depuis laquelle on l'on bascule. Inexorablement. Sans même penser à amortir la chute. Sans avoir d'autre conscience que de celle tomber.
Et puis bientôt la falaise qui se dresse et qu'on le veuille ou non, il faudra bien escalader.
L'honnêteté me force quand même à avouer que les deuils sont à l'inverse du vélo : la douleur de la descente est sans commune mesure avec celle de l'ascension. Et c'est un cynisme que je prise particulièrement quand je joue d'évitement et de faux-fuyants avec ma mélancolie. C'est que j'essaye de le domestiquer comme je peux ce cafard ! Dérision. Sarcasmes. Tout est bon.

J'ai mis Montand dans mes oreilles et puis j'ai pédalé comme une dératée. Je me suis couverte de sueur ; de la tête au pied. J'ai crevé mes poumons dans des cotes providentielles ; et dans les pots d'échappement, j'ai éreinté mon haleine. Je ne sais pas si cela suffira. En tout cas j'ai pleuré. Je m'y suis autorisée. Moi, la Madeleine. Qu'un rien émeut... mais qui n'accepte plus dorénavant que de pleurer son bonhomme, voire ses parents. Se laisser aller... j'essaye de me persuader que c'est plutôt bien. Des larmes, je n'en ai pas versé beaucoup, pourtant. Cela me semblait trop futile. Trop insignifiant. Alors j'ai appuyé encore plus fort sur mes pédales. J'ai senti le vent sécher mon visage. Et j'ai songé que je n'ai aucune envie de m'arrêter. Pas maintenant. J'ai pris trop d'élan, j'ai fait trop de chemin.
Et j'ai semé mon bourdon...
Une fois encore. Un instant ou plus longtemps je ne sais.
Non, je ne veux pas pleurer, je ne veux pas chialer ma vie. A aucun prix. Je ne veux pas de ces larmes qui m'obscurcissent la vue encore plus densément que le vent du mouvement. Quant à se savoir aveugle, autant en choisir la manière et conserver l'illusion d'être maître de quelque chose dans ce relief qui, et c'est ma seule certitude, m'échappe parfaitement.

mercredi 27 décembre 2006

Ecran de fumier

Il me faudrait le talent d'un Desproges. Alors je saurais dire de quoi mes tripes se tordent. Et puis je parlerai du relent des ordures qui vous habite pour les avoir respirées de trop près.
A moins que ce ne soit celui d'un Jean Genet ; et je décrirais par le menu de quoi est faite la gerbe que vomissent mes boyaux. Je ne me lamenterais pas trop. Je ne dirais pas l'impression que cela fait d'être prise pour du fumier. Je me draperais dans ma colère, ma haine et mon venin.
Sauf qu'il me faudrait combattre encore une fois. Combattre les mots pour les dompter, parvenir à les élever à la mesure de l'abjection. Combattre ma mémoire qui me dicte que pour une fois il faut fuir. Combattre l'impérieux désir de me tenir le plus éloignée possible de ces latrines où se noie la confiance, précisément celle que certains ne savent obtenir qu'à grands coups de leurre, à grand coup d'imposture.
Et puis viennent se plaindre d'avoir été tenté.
Et puis gémissent.
Visqueuses roulures de la persécution... aussi prompts à faire le mal qu'à se vautrer dans leurs bruyantes lamentations.
Vains et vilains mots.
Mais je suis tombée de haut.
Je ne savais pas que l'on pouvait accepter de vivre dans de tels immondices.
J'ai peur de ne plus jamais savoir faire confiance.
Pour l'heure, je veux juste croire encore que le monde n'est pas seulement peuplé de blattes.

samedi 23 décembre 2006

La reine et le cloporte insane

Il était une fois une reine d'une grande bonté et un cloporte qui grouillait à ses pieds. Dépourvu d'intelligence mais non de malice et d'avidité, il s'imagina qu'en la détrônant il gagnerait respect et autorité. Trop médiocre pour y parvenir seul, il endossa l'habit du martyr qu'il s'empressa de lustrer de fables poisseuses et de hâbleries hardies. Qui n'entend qu'un son n'entend qu'une cloche. J'ai prêté mon ministère à cette comédie, permettant ainsi qu'elle se tienne. Un cloporte même déguisé en souverain reste un cloporte. A la fin de l'histoire, il rampe encore plus profondément dans les excréments dont il aime à faire des festins. La reine et le truchement ont démêlé les mots dont elles étaient les jouets. Et la vérité est sale. D'une crasse noire et grasse qui vous colle à la peau, à l'âme et gâte ce que l'on croyait savoir de l'humanité. La farce est terminée. Maintenant, je ne sais combien d'eau je vais devoir faire couler sur mon corps pour parvenir à effacer ces souillures...

dimanche 10 décembre 2006

L'insecte et le myocarde

Je les fais défiler une à une d'un quart de scroll de souris. Précis et sec mouvement de l'index sur lequel se cale l'œil censeur.
Je les jauge et je me juge aussi : pas une seule ne me plaît. Toutes bonnes à jeter.
Et je ne verse même pas dans le simulacre d'en accuser mon Canon...

Je les couche une à une. Et elles me donnent la nausée, ces phrases alambiquées.
Trop mièvres, trop chialeux ces mots que je déguise en boniment.

Je me déteste d'être la proie de démons que je nourris grassement.
Je me déteste d'être à la merci d'un cœur aussi obtus qu'ahuri.
Il faudra donc qu'il saigne tellement pour qu'elle se réveille ma hargne salutaire et qu'elle ouvre enfin les yeux de cet abruti d'organe amputé de toute sagacité ?

Je me déteste de n'être plus que mon seul sujet.
L'insecte est insigne sous un microscope...

Je vais regarder grouiller les pages des livres. Si mes démons m'en laissent l'esprit.
Parce que le drame de ces états-là c'est que surtout pour soi, qu'on devient son seul sujet...
Et je ne connais rien de plus pitoyable...

vendredi 24 novembre 2006

Quand les ombres n'encombrent plus

Non mes ombres ne m'encombrent pas.
Elles sont là, tout près mais je les appelle quand même.
Je les sens mais de si loin.
Elles ne m'encombrent pas. J'aimerai pourtant qu'elles m'envahissent et m'ensevelissent.
Qu'elles me permettent d'oublier mes éternels combats.

J'aimerai me résigner. Laisser pisser.
Certains semblent savoir le faire. Moi je les envie.
Pourquoi faut-il que je sois toujours en train de me battre ?
Contre moi, contre le temps, contre les évidences, contre ce que je crois savoir, contre ce que je devine, contre ce que je m'imagine.
Accepter.
C'est peut-être cela le traître mot.

Mes ombres sont là. Tout près. Mais elles ne protègent plus.
Elles sont dorénavant trop loin.
Maintenant je suis seule.
Et je sens ma vie qui m'échappe.
Sans bien comprendre pourquoi.

Les mots me fuient aussi.
Je ne sais pas décrire ces larmes qui  coulent et qui me laissent pourtant de marbre.
La douleur est toujours là mais je ne la ressens pas.
Pleurer n'a jamais empêché de vivre, ni même d'en rire.
On pleure sur soi, un peu. Mais pas trop.
On pleure l'amour et la confiance, tous deux envolés. On pleure beaucoup cela.
On pleure son passé.

Mais le pire c'est quand on pleure déjà son avenir.
Avenir.
C'est ce mot là qui me terrifie je crois.
Mes ombres ne suffisent plus à le masquer.
Elles ne m'encombrent pas assez.
J'aimerai pourtant beaucoup qu'elles m'obstruent la vue.
Peut-être alors que j'accepterai.
Que je laisserai tomber mes combats stupides.
Contre moi, contre le temps, contre les évidences, contre ce que je crois savoir, contre ce que je devine, contre ce que je m'imagine.

Mais si c'était enfin d'accepter qu'ils soient morts qui me jettent dans cet avenir si ténébreux ?
Rendez-moi mes morts.
Rendez-moi mes mots.
Pleurer son passé c'est beaucoup moins compliqué que de redouter son avenir.

lundi 20 novembre 2006

Le cœur, la raison et tout plein de fatras dont je me passerai bien !

Il n'y aura pas de papa pour Tarquinou.
Je ne sais pas bien pourquoi.
Sans doute parce que je ne veux pas.
Ou parce que je ne sais pas faire les bons choix.
Sauf que les choix j'ai l'impression que je n'en ai pas.

J'aimerai pourtant planifier ma vie comme un épicier soucieux de sa comptabilité.
Je ferais des additions.
J'en tirerais un résultat.
Je n'oublierais pas de compter les intérêts.
Et de tout cela j'obtiendrais un nombre parfait !

Mais calculer ma vie, je ne sais pas.
Comme s'il fallait que je me résigne à en être l'objet plutôt que le sujet.
Il n'y aura pas de papa pour Tarquinou malgré le désir qu'il en ait.

Et quant à moi je me résous à prendre la vie en pleine poire, à me faire ballotter par elle, beaucoup trop loin de la raison.
Je ne sais pas trop où le courant me mène.
En eaux troubles, j'en suis certaine.
Ma seule boussole c'est de croire qu'un jour elle se réveillera.
C'est de penser qu'elle veille sur moi, ma colère légendaire.
Et qu'un jour, elle sera là, ma rage, pour me tirer de ce mauvais pas.
Qu'elle me sortira de cette glauque résignation où je ne me reconnais pas.
Je l'espère tapie près de moi.
On a les vœux qu'on peut, à défaut d'avoir le nez creux...

Et puisque j'y suis je peux dire aussi que maintenant je lui en veux.
Je lui en veux de m'avoir laisser comme ça.
Le coeur en vrac.
Par trop fragile.
Qu'il m'a tant aimé que je suis mal armée.
Que je l'ai tant aimé que je me sens estropiée.
Moi je ne comprends rien à ces histoires de cœur.
Avec lui c'était tellement facile.
Avec lui j'étais tellement heureuse, tellement confiante et tellement sereine.
Je ne sais pas ce que le temps nous aurait réservé.
Nul ne le sait.
Mais rien ni personne ne pourra m'enlever tout ce bonheur partagé.
Putain, pourquoi faut-il que ce soit si compliqué maintenant ?

dimanche 19 novembre 2006

Cafard replet

Un cafard

Un si dodu qu'on en mangerait !

vendredi 3 novembre 2006

Crépuscule et lassitude

crépuscule

Mon Tarquari, chat revêche de son état, se blottit contre moi avant même que je n'ai le temps de me tapir sous ma couette.
Fi de chaleur, croisées ouvertes, moi je cultive les frimas, les froidures qui justifient qu'on multiplie les épaisseurs et qu'on se rencogne au plus profond du lit.
J'attends le matin.
Un autre jour déjà.
Alors j'attends leur éveil.
Je guette le souffle de leur sommeil, les mouvements de leur paupières, les froissements de leur peau.
Je devine qui sera debout le premier.
Son pied n'aura à peine le temps de se poser à terre qu'il est question de livres qu'on raconterait pelotonnés contre Maman, d'oreiller qui ne serait plus surnuméraire et de grabat trop large qu'on occuperait enfin.
Je ne sais plus me réchauffer qu'à la lumière de mes enfants.
Et je me connais assez pour savoir que me concentrer sur l'essentiel n'est jamais anodin.
Je suis trop lasse pour me bercer d'illusions.
D'une lassitude qui m'étreint au plus profond, au plus étroit et au plus fort.
Je sais très bien ce dont j'ai besoin.
C'est plutôt humain, c'est plutôt commun.
Je crois même que c'est assez banal.
Enfin ça l'était pour moi jusqu'à ce que je mesure le poids de son absence.
Parfois j'aimerai imaginer qu'il reste sur terre une personne qui sache prendre soin de moi et qui ne soit pas mort...
Il va peut-être être temps de revoir mes choix...
La lassitude qui m'enserre est de celle qui me rende lotophage, implacablement liquide ou bien Blanquette, celle qui voulait tant faire comme la Renaude.
Pour l'heure elle m'épuise tant qu'elle me protège : point de démons, point de questions.
Je ne le sais que trop bien, le pilote automatique — premier choix du menu déroulant "mode survie" — se déclenche sans même qu'il soit besoin d'effleurer la moindre touche.
Mais en dépit de tout cela, je sais surtout qu'il est temps pour moi d'accepter que se serait pas nécessairement indécent s'il se trouvait quelqu'un qui penserait parfois à prendre soin de moi.
Pas beaucoup... juste un peu...

Marée basse

Marée basse

Je n'y pensais pas.
Moi je m'en foutais un peu d'avoir quarante ans.
Prendre un an, la belle affaire !
Vieillir c'est simplement la preuve que l'on ne meurt pas.

L'âge ne se fige que dans la mort.

Alors soudainement ce n'est plus à mon âge que j'ai pensé mais au sien.
Et à sa mort à lui.

Parce que ce jour-là c'est précisément le jour où je suis devenue plus vieille que mon époux.

Alors j'ai eu le sentiment que je le quittais.
Que je l'abandonnais.

Plus âgée que mon mari...
Il y a des vérités qui vous cueillent comme un fruit trop mûr, des vérités qui vous abîment en tombant.

Je n'ai jamais imaginé très longtemps devoir lui être fidèle.
Je n'ai pas trop souffert de culpabilité en réussissant à ne pas l'être.

Sauf que lui il n'est plus là pour me protéger.
Et c'était le seul dont je savais accepter cela.

Et il y a des jours où j'aimerai tant avoir un refuge.
Ou même l'illusion d'un refuge.
Celui de deux bras où je pourrais verser quelques larmes.
Celles qui connaissent dorénavant trop bien le chemin de mon clavier.
Juste quelques larmes.

mercredi 18 octobre 2006

Où l'on devise sur la météorologie !

Ce qu'il y a d'ennuyeux avec le brouillard c'est que l'on voit pas le ciel.
Bêtement quand ça s'éclaircit un peu on pense que cela va se lever.
Et quand on s'aperçoit que ce qui vient vers vous sont des gros nuages gris, on reste con...
Je devrais pourtant le savoir que cette saison est propice au sale temps...
Sans compter que je vais aligner quarante balais dans quelques jours, sauf que pour le coup, je suis bien certaine qu'entourée comme je vais l'être, peut me chaut qu'il fasse pluie, vent ou tempête... pour moi, au moins ce jour-là, il fera beau !

Les calendriers...

Moi non plus je suis infoutue de m'en souvenir...
J'y pense depuis deux jours. C'était hier, avant hier, aujourd'hui ?
A moins que ce ne soit demain, voire après-demain.
Sauf qu'à force de ne pas vouloir le savoir, j'y pense tout le tout le temps.
Alors ce soir, puisque je ne voulais pas fouiller dans mes papiers, je ne voulais pas exhumer toutes ces douleurs que j'ai déjà parfois tant de mal à ne pas mander, j'ai eu enfin l'idée de ces calendriers perpétuels qu'on trouve si aisément sur internet.
Voyons c'est très simple, il suffit de se mettre la bonne année et de chercher le 4ème jeudi de septembre. Cette date-là je m'en souviens. Je m'en souviendrai tout le temps. Pourquoi je ne sais pas. Peut-être parce que je lui ai fait mes adieux. Une fois que j'ai trouvé le 4ème jeudi de septembre, je vais trois jeudi plus loin. Trois semaines exactement. Jour pour jour.
Bon... j'ai compté du bout de ma souris : c'était avant-hier !
Merde. J'ai loupé de deux jours l'anniversaire de la mort de ma maman.
Mais je suis certaine qu'elle m'en aurait pas voulu... elle m'aurait même certainement dit que c'était bien mieux ainsi !
Je ne suis pas sûre qu'elle ait raison mais force m'est de constater que cela ne change pas grand chose...

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