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dimanche 3 mai 2015

Et j'ai enfin pris ce satané départ... avant de errer 42 bornes sur le pavé parisien

image4.jpgAprès quatre faux départs (et autant de fractures), une prépa un peu poussive (avec pour seul dessein de ne pas me blesser cette année !) et un objectif pour le moins minimaliste (c’est par où la sortie ?)  j’ai donc réussi à prendre le départ de ce satané marathon de Paris. J’ai passé un excellent moment (même si j’ai ronchonné tout le long du parcours).

Les trucs chouettes :

- Les copains !!

- les copains sur twitter (pardon à ma TL que j’ai un peu saoulée mais grâce à vous, j’ai quand même passé de super moments!)

- tous les titres qu’on m’a refilés pour mettre dans mon mp3 (je cavale en musique sinon je m’ennuie à mourir). J’étais à sec et dorénavant j’ai de quoi encore arpenter deux ou trois marathons avant d’épuiser tout ce que vous m’avez donné !

- les copains qu’on retrouve au départ :

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@MGZALLP (le photographe invisible et gentil bénévole), @phiji, @PabloNSN et bibi

- les copains qu’on retrouve à l’arrivée :

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@MGZALLP (toujours le photographe invisible et gentil bénévole), @PabloNSN, bibi et @phiji

Voilà ! Et entre le départ et l’arrivée ? Bah j’ai passé tellement de temps à râler (sur les coureurs qui s’arrêtent sans prévenir et vous font trébucher, sur ceux qui jettent leur peau de banane sur la chaussée (!!), sur les gentils admirateurs qui envahissent le parcours et créent de véritable goulot d’étranglement où l’on fait la queue pour réussir à s’engouffrer, sur celui qui, venu supporter un copain, a fait 5 kilomètres en hurlant dans MES oreilles) que je n’ai pas vu le temps passer ! Les douleurs sont restées raisonnables sous mon satané pied gauche (malgré les arêtes de pavé loin d’être tendres pour nos arpions…) et comme j’avais planqué l’heure sur ma montre (en vissant l’écran de mon GPS sur ma fréquence cardiaque) je n’avais à gérer ni les éventuelles (mais toujours accablantes) désillusions quand la forme n’y est pas, ni, quand elle y est, les efforts (toujours surhumains) à consentir en fin de parcours pour conserver son avance. Bref, j’étais peinarde ! Je ne vais pas vous dire que passée le kilomètre 35 je n’avais pas envie de tout envoyer paître mais globalement, je n’avais jamais couru un marathon aussi facilement (peut-être parce que c’est le deuxième de l’année) pour un temps qui s’est révélé être d’une précision déconcertante pour une course “à l’aveugle” car partie dans le sas 4h.00 je suis arrivée en 4h.00’12” *
Bref, les courses avec les copains c’est drôlement chouette , @MGZALLP, @PabloNSN, @phiji, on remet ça quand ???


*notons quand-même que j’avais doublé vers le kilomètre 12 la flèche des 4h’00 qui ne m’avait jamais rejointe, preuve s’il en est que la régularité n’est pas si aisée à atteindre !

* * *

Addendum - Je rajoute, au surplus de ces impressions, quelques observations techniques qui peuvent profiter à d’autres : si vous cherchez “à faire un temps”, passez votre chemin. Le marathon de Paris est manifestement un marathon lent. D’abord, il s’agit d’une course de masse avec des coureurs qui ne sont pas exactement rompus à la “politesse” de course. Les aires de ravitaillement sont de gigantesques patinoires qu’il vous faudra nécessairement, que vous le souhaitiez ou non, franchir en marchant : imaginez l’adhérence que présente une épaisse couche de peaux de bananes, recouverte de milliers de pelures d’oranges, le tout abondamment arrosé d’eau claire… Les mouvements “intra peloton” sont souvent effectués sans aucun égard pour les petits copains de course (j’ai survécu à deux ou trois croches-pattes) et il vous faudra vous tenir sur vos gardes pour ne pas percuter ceux qui pensent que “trop c’est trop” et entendent bien vous faire bénéficier de leur arrêt brutal. Bref, ici on ne cavale pas en ligne droite mais principalement en diagonales plus ou moins fluides. Ensuite, le parcours est “casse-pattes”. Rien d’insurmontable (c’est quand-même beaucoup moins vallonné que le feu-marathon d’Albert) mais le second semi est incontestablement plus difficile que le premier et si vous n’en avez pas gardé un peu sous le pied pour l’aborder, la fin peut-être très pénible. Les parisiens sont vraiment super sympa… mais aussi indisciplinés que les coureurs ! Et je dois avouer, que c’est ce qui a été le plus pénible pour moi. Je découvre au fur et à mesure des courses que je cavale dans une bulle et que je n’apprécie guère que l’on me force à en sortir. Les encouragements j’aime beaucoup… mais il faut quand-même savoir qu’à un certain moment, ce qui compte c’est surtout d’avancer ! Contourner les pancartes qu’on brandit sous votre nez, enjamber les enfants - qui finissent avec papa ! - se battre pour un bout de trottoir - parce que la chaussée est envahie par les supporters - c’est très sympathique mais un brin dérangeant pour les coureurs… Bref, toute cette ambiance bon enfant (incluant les hurlements, les cornes de brume - ce truc devrait être interdit !! - et le stentor aux mugissements déjà décrits plus haut) m’a fait comprendre que je faisais définitivement partie des vieilles biques ronchons qui ne devraient peut-être pas sortir des petits marathons de région (aux frais d’engagement 4 fois moins chers) aux parcours plus roulants et aux encouragements plus discrets (mais pas moins sincères) !

* * *

lundi 6 octobre 2014

3h53'00'' - faites gaffe... c'est long !

Cette année, j’ai enfin découvert que Laval était une ville absolument ravissante avant de m’écrouler sur mon lit pour y dormir avec une constance et une obstination que je n’avais jamais connues une veille de course ! c’est donc parfaitement décontractée que j’ai pris mon petit déjeuner… avant de m’aviser que j’étais affreusement en retard !! Après un habillage à vitesse supersonique, un cafouillage dans les onguents préparatifs a achevé de me réveiller : imaginez l’effet que produit une crème chauffante aux lieu et place d’une crème anti frottements …sur des endroits stratégiques… Si j’avais déjà testé avec bonheur l’effet des orties sur mon popotin, cette fois, je n’ai pris aucun risque et foncé derechef sous la douche…

Arrivée 20 petites minutes avant le départ à Mayenne, je trottine pour m’échauffer en croisant les doigts pour que ma montre GPS ait le temps de satelliser, ce qu’elle parviendra à faire à 6 minutes du départ… mon palpitant a eu tout le temps de s’emballer dans l’intervalle.

Enfin, me croyant benoîtement fin prête, j’appuie sur l’interrupteur de mon nouveau mp3… qui ne veut rien savoir pour démarrer… Oui, il se trouve que 24 heures avant le départ mon aquanote que j’aime d’amour – ou bien son câble, je ne sais pas- a rendu l’âme.

J’avais eu heureusement le temps de trouver en magasin un nouveau lecteur étanche et avais pris le temps de le tester dans la journée, sans la moindre anicroche.

Sauf que là, maintenant, tout de suite, c’était la catastrophe. J’avais beau répéter tous les gestes décrits dans le mode d’emploi, rien ne se passait. Quatre heures – au moins ! - sans musique… Cela peut vous paraître bizarre mais j’étais paniquée ! J’amorce un retour vers mon sac pour y prendre écouteur et téléphone… quand je me souviens que je les ai laissés dans la chambre… Je reviens vers la ligne la mort dans l’âme… Le départ est annoncé dans 2 minutes. Je squatte la place du fond en tripotant éperdument les boutons de mon mp3… les 30 dernières secondes sont annoncées…Et… Ça marche !!!!!! 

C’est ainsi que j’ai commencé la course : quasiment à la dernière place et plus heureuse que si j’avais été la favorite de l’épreuve !! 

Au rythme de Vivaldi, je me suis tranquillement installée dans mon allure avant d’aviser quelques 3 ou 4 kilomètres plus loin que j’avais désormais rattrapé la flèche des 4 heures qui cheminait entourée d’une volée de coureurs.  J’ai hésité quelques secondes à la suivre et bénéficier ainsi d’un étalonnage tout au long de ma course puis j’ai décidé que, bien au contraire, il fallait que je la quitte le plus vite possible : non pas parce que je présumais aller plus vite qu’eux mais parce que je suis mon pire ennemi et que je ne cours bien qu’en liberté et avec inconscience. Surveiller mon allure ou mon temps me plombe bien davantage que de cavaler le nez au vent… je n’allais pas prendre le risque de courir en suivant quelqu’un !

Je dépasse donc tout ce petit monde et me laisse porter par ma préparation sans trop loucher sur l’heure ou ma vitesse.

Le paysage est toujours aussi beau et le chemin de halage doux sous les pieds… Je déroule facilement et regarde mon temps au semi : 1 h 53, je réalise que passer sous les 4 heures est parfaitement envisageable. Il me faut maintenant gérer l’autre moitié de la course, la plus difficile.

Je redoute évidemment les douleurs osseuses. Mon pied gauche est à la fois engourdi, à la fois hypersensible. Va-t-il tenir à cette vitesse durant deux heures ? Plus la vitesse est grande plus les chocs sont traumatiques. Je décide de me faire confiance, je sais d’expérience que mon allure est naturellement sujette à de grandes variations : sans m’en apercevoir j’accélère quand je me sens bien et ralentis drastiquement lorsque la forme descend. Ce n’est d’ailleurs pas forcément agréable pour ceux qui m’entourent car je les entraîne contre leur gré dans la valse des doublements et redoublements… Au 26ème, je joue encore à saute-mouton avec deux ou trois coureuses et le pied tient toujours… Au 30ème aussi. Je sens la fatigue mais pas de mur à proprement parler. Je sais que j’ai toujours de l’avance sur ces 4 heures. Je le sens dans mes pattes, dans mon souffle, dans ma fraîcheur. Et la flèche ne m’a pas rattrapée !

Et puis, il y a le 35ème. La douleur est là, pas très loin mais il y a surtout ce mur des quatre heures qui s’éloigne de plus en plus. Et cette limite qui disparaît m’importe terriblement. J’ai 47 ans, presque 48, quatre fractures équitablement réparties sur mes deux pieds, des tendinopathies que je ne peux pas même compter, trop de départs manqués et une promesse faite l’an dernier : «  rien ne justifie pareilles douleurs. Si elles s’invitent de nouveau, s’en est fini du marathon ».
Et le 35ème, il est dur, le 35ème et tous ceux qui le suivent. Assez curieusement, je ne me nourris pas des encouragements des gens sur le bord du parcours comme je l’avais fait l’an passé, je saisis à peine leur sourire. Je suis dans une bulle, complétement concentrée sur un seul objectif : ne pas penser, avancer c’est tout. J’attends le prochain ravito pour faire quelques pas et récupérer mais il ne vient décidément pas. Je suis fatiguée et il ne faut pas que je laisse la soif s’installer. Alors entre le 37 et 38ème, je décide de me ravitailler seule. Il me reste un gel et un bon fond de gourde. Je prends le temps de marcher une bonne dizaine de mètres en avalant ce dernier réconfort. Enfin, je regarde l’heure. Je ne connais pas par cœur les temps intermédiaires mais je vois que ma vitesse moyenne est autour de 11 km/h, j’ai donc dû conserver l’avance que j’avais au semi. Je repars. Je sais que ce sera le plus difficile mais cette fois-ci j’y suis, je le sens bien. Je quitte à peine ma bulle en passant devant le dernier ravito au 40ème. Non, je n’y prends rien, cela ne sert plus à rien de se ravitailler à deux kilomètres de l’arrivée. Il faut finir c’est tout. Je suis en mode automatique. Je ne contrôle plus mes jambes, je ne veux même pas y penser. Elles ont trouvé toute seule leur foulée – l’entraînement sert à cela - je sais qu’elles se débrouillent bien, je le sens à leur régularité. Il faut juste tenir, leur faire confiance. Alors je continue à faire le vide dans ma tête. A tout prix, ne pas penser. Les quais arrivent. Un dernier baiser. Je sais que j’y suis. Même en marchant je suis sous les quatre heures. La ligne est là au bout. Je reprends le contrôle. J’allonge les jambes… et je… fonce !!!!!!!!!!!!!!! J’ai fini au sprint. En doublant quelques mètres avant la ligne un bon monsieur qui a dû me détester de lui voler une place à l’arrache. Mais c’est mon plaisir d’enfance, la marque irrémédiable que c’est la fin, l’ultime trait qui achève la course.

Ma main droite vient arrêter mon chrono… 3h.53’00’’ J’ai la nausée et la tête qui tourne avec ma coquetterie finale mais je suis la femme la plus heureuse du monde. Je souris à tout le monde, je suis sur un nuage. J’avale vite une demi-banane – non je n’ai très pas faim- et bois un demi gobelet d’eau – je n’ai pas très soif non plus- et sors du sas avec un tee-shirt aussi laid que l’année dernière. Je suis ravie. Un peu suante, un peu shootée, je file retrouver mon ravitailleur de bisous, celui qui m’a souri et encouragé tout au long de la course et à qui je dédie ce billet… Et oui, je vous l’avoue les baisers, c’est aussi efficace que l’EPO !

mercredi 5 mars 2014

Le semi de Paris, ses parisiens, ses musiciens et son soleil

Cette année, j’ai longuement hésité à m’y inscrire : je sais mes difficultés à ne pas entrer dans les courses et je ne voulais pas griller ma préparation pour ce maudit marathon de Paris (trois fois inscrite et jamais couru en raison de fractures des métatarses…). Et puis finalement, malgré mes sempiternels reproches contre son organisateur, j’ai décidé de rempiler et de payer le prix fort pour participer à cette épreuve qui constitue d’année en année ma première de la saison. Évidemment le nez dans le guidon de mes quatre séances hebdomadaires en vue du MDP, pas question de faire la moindre préparation spécifique. Ce semi me tiendrait lieu de séance longue dans ma 5ème semaine “de #PM42”.
Je me suis juste organisée pour placer les trois autres séances en tout début de semaine et me laisser deux jours pour “faire du jus” avant le départ. Pour le reste, je me suis limitée à confectionner une jupette aux couleurs de l’association France Choroïdérémie, à retailler son tee-shirt officiel en débardeur et à me faire les ongles en vert… c’est vous dire de quel ordre étaient mes préoccupations…
Bref, je vais vous faire l’économie de mes récriminations sur le nombre de toilettes mises à dispositions de 33.000 coureurs (compte tenu de cette inorganisation manifeste, je m’interroge quand-même quant à savoir comment je vais devoir procéder, pour me soulager, au départ du MDP qui ne sera pas, quant à lui, bordé de sous-bois accueillant mais des Champs-Elysées débordant de passants…) ou du temps qu’il m’a fallu pour rejoindre mon sas de départ… Toujours est-il que quelques minutes à peine avant les 10 heures du départ officiel j’avais rejoint le parc des “1 heure 50”. Forte de mon expérience de l’an passé, je me suis faufilée du mieux que j’ai pu pour avancer au plus près de la ligne et ne pas perdre un temps considérable à jouer à saute-mouton avec celles et ceux qui n’ont manifestement rien à faire dans ce sas. Je me suis échauffée sur place, ma montre calée sur le cardio et ma “zique” vissée dans les oreilles, en sautant, dansant et courant sur place, le tout en essayant de ne pas trop écraser les arpions de mes voisins… Après avoir rejoint -enfin !- la ligne de départ, je me suis élancée directement sur le côté de l’avenue et bifurqué au premier ralentissement sur le trottoir attenant pour tenter de conserver mon rythme de croisière. En voulant vérifier ma vitesse (ma montre “GPS” me l’indique), je m’aperçois que l’écran est verrouillé sur mon rythme cardiaque. Il me suffit d’une pichenette pour le faire disparaître mais je décide immédiatement de cavaler sans temps et sans vitesse mais uniquement au cardio.
Jamais je ne l’avais fait auparavant et je n’y avais jamais songé mais brutalement, ce joli billet de Cécile Bertin m’est revenue en tête. Oui, j’avais envie de courir juste pour le plaisir ! De surcroît, cavaler au cardio,en prenant garde de ne pas le faire monter dans les hauteurs -toutes relatives chez moi- m’est apparu comme la solution idéale pour ne pas me griller pour la suite de ma préparation.
Une fois cette décision prise, j’avoue que je n’ai pas pris garde à grand chose. J’ai senti que mes jambes moulinaient bien même si mon cœur restait dans mes fréquence “marathon”. Je n’ai même pas prêté attention au kilométrage sur le bord de la chaussée. En passant les 10 kilomètres, j’ai quand-même aperçu le temps “officiel” (celui du départ des élites à 10 heures): 1 heure 20. Je me suis souvenue que mon départ s’était fait aux environs de 10 heures 30 et par déduction que je devais être aux alentours des 50 minutes aux 10 bornes. Comme cela me semblait un peu rapide pour un semi et moyennement compatible avec ma fréquence cardiaque de sénateur en goguette, je n’ai pas vraiment porté crédit à ce calcul au “doigt mouillé” 1 et j’ai continué à profiter de l’ambiance. Oui, car s’il y a bien quelque chose qu”il faut reconnaître à cette course c’est son ambiance que j’ai trouvée cette année particulièrement festive. Je n’ai jamais autant reçu d’encouragements, de pompiers, de secouristes, de minots qui tendaient leurs mains pour venir frapper les nôtres. J’ai lu des pancartes drôles, tendres, parfois émouvantes tendues par des enfants, par des amis, des amoureux ou des parents. J’ai rendu les sourires du mieux que j’ai pu, remercié d’une inclinaison de casquette tous ceux qui m’ont encouragé par mon prénom (et ils étaient nombreux !)
Il faisait beau, si beau ! Les gens étaient heureux et je les trouvais charmants. Paris était plus belle que jamais, et ses musiciens qui s’émaillaient tout au long du parcours si généreux… Je n’ai pas vraiment surveillé mon allure mais je n’ai pas vu le temps passer. J’ai juste pris garde à ne pas ralentir par trop dans les côtes (qui sont manifestement mon très gros point faible). Après le 15ème j’ai enfin songé à me ravitailler et me suis aperçue que ma boisson d’effort faite ” à l’arrache ” le matin même (et non goûtée!) était trois fois trop sucrée. Heureusement, le dernier ravito était à deux pas. J’ai eu le temps d’attraper une bouteille d’eau sur une table (en pestant contre un tel gâchis) avant de la jeter quelques mètres plus loin après en avoir bu à peine quelques gorgées… J’ai résisté à l’envie de connaître mon temps. De toute façon au point où j’en étais ma course était faite et compte tenu du relief de la fin de course, je n’y pourrais rien changer (je perds vraiment beaucoup de temps dans les côtes même de faible inclinaison). Si je n’ai pas vraiment souffert, j’ai quand-même constaté que mon palpitant avant gagné deux pulsation/minute ; cela restait parfaitement raisonnable, mais ce n’était plus le moment d’accélérer. Et ce d’autant moins que les douleurs osseuses qui ont fait un enfer du dernier marathon que j’ai couru à Laval avaient réapparues. Parfaitement gérables sur quelques kilomètres, pas question de taper plus fort le pavé sous peine de grever définitivement la fin de ma préparation marathon… J’avoue que je me suis fait surprendre par l’arrivée que je croyais beaucoup plus loin ! Je ne m’attendais pas à voir les photographes si vite j’ai quand même eu le temps de leur faire de grands signes et soigner mon sourire (de toute façon, j’ai toujours l’air tarte alors au moins avoir l’avoir l’air de la tarte heureuse que j’étais !). La plus grande surprise a été de m’apercevoir que la ligne d’arrivée était déjà presque à portée de main ! J’ai à peine eu le temps d’allonger ma foulée (j’ai conservé le plaisir tiré de l’enfance de m’élancer à corps perdu dans la dernière ligne droite) et paf, j’ai arrêté mon chronomètre.
Et puis j’ai fait quelques mètres tranquillement, savourant encore pendant quelques instants le bien-être de courir sans se soucier du temps qui passe… Et j’ai enfin collé la petite pichenette qu’il fallait à ma montre pour afficher le chronomètre : 1h.50’17 (en réalité 1h50’14 au chrono réel de l’épreuve). Sans effort particulier et sans vraiment y penser je venais d’améliorer mon temps sur semi… J’étais ravie, évidemment. Et à dire vrai, je crois que je n’étais pas si surprise que cela, je sentais bien que je courais avec facilité et au fil de mes entraînements j’avais déjà compris depuis un petit moment que je courais bien mieux quand je n’avais pas conscience de ma vitesse… et qu’aucune barrière ne venait s’élever dans ma tête…

VT - semi Paris 2014

De cette première course de l’année, je tire quelques conclusions qui ne sont pas toutes satisfaisantes.
Certaines sont aisément réparables :
- cesser de bricoler à l’arrache mes boissons d’effort et prendre au moins le soin de les goûter avant le départ !
- cesser de se couvrir pour courir ! J’avais prévu de cavaler en débardeur et j’ai bêtement enfilé un sous-pull au prétexte que tout le monde était couvert autour de moi. Résultat j’ai cuit et recuit durant 20,700 mètres et la première chose que j’ai faite après avoir passé la ligne d’arrivée a été de me désaper (faisant fi de toute pudeur)… puis durant l’heure d’attente à récupérer ma consigne, de renfiler des vêtements mouillés !
En revanche, il est une conclusion qui n’augure rien de bon pour la prochaine course, c’est la non-disparition des douleurs osseuses… Je sais -d’expérience-  que lorsqu’elles apparaissent en cours d’épreuve, elles vont en s’aggravant tout au long des kilomètres pour devenir quasiment intolérables. Conserver son allure voire même terminer dans ces conditions-là est une entreprise difficile…
Quelque soit ma forme et la régularité de mes entraînements, je ne fais vraiment aucun pronostic de temps pour le prochain marathon de Paris… et je reste sur le seul but que je m’étais fixé au moment de mon inscription : le terminer avec le moins de souffrance possible.


1 En réalité mon temps réel au 10 kilomètres était de 50’54”

mardi 1 octobre 2013

Le marathon des écluses, c'était dimanche dernier

Avertissement : ce qui suit n’est pas tout un fait un “CR” de course à pied. Il y est moins question de fréquence cardiaque que de peine de cœur, et j’y livre davantage mes piétinements que mes allures “au kilo” ; quant au parcours vous avez deviné que son relief ne se mesure pas en mètre ou en pente mais bien davantage en pluviosité…
Le marathon des Écluses c’est une très belle course. Je l’ai, pourtant, choisie un peu par hasard. Enfin non. Surtout en fonction de sa date : le 29 septembre. Et je n’ai pas trouvé de marathon plus proche du 25 septembre 2013, parce que le 25 de ce mois, dix ans me sépareraient de mon mari. Alors j’ai pris un calendrier des courses et je me suis inscrite. Avec ce que cela impliquait : un marathon cela ne s’improvise pas. Enfin pas pour moi. Cela se prépare. Cela en fait des kilomètres à dérouler entre moi et la nostalgie. Cela fait passer tout un été. Un bel été où j’ai enfin découvert combien j’étais soulagée d’être seule, que mes projets en solitaire avait l’immense avantage de n’être pas de vagues utopies et que j’avais un corps qui servait enfin à quelque chose. Et puis de laisser cet échec-là derrière moi. Une prépa c’est un tunnel dans lequel on s’engouffre. On passe à autre chose. Semaine après semaine on y déroule ses entraînements comme on ferait des gammes. On s’inquiète, on se félicite ou se maudit. Bref on vit. Sans trop penser à ces 10 ans qui s’annoncent et dont on sait que malgré toute la distance que l’on déploie avec ses émotions, cela reste toujours un cap à passer… à cause des regards qu’on ne l’on peut s’empêcher de jeter en arrière, du constat que l’on fait de sa vie, de ce qu’elle est devenue, des choses que l’on a réussies ou de celles où l’on a échoué… et du manque dont la béance me saisit parfois.
Alors j’ai couru tout l’été. Avec entrain et méthode. Et puis de retour à Paris, les choses se sont un peu gâtées. Mon tendon d’Achille droit a décidé de jouer les Castafiore, braillant sa rancœur à plein poumon, et comme si cela ne suffisait pas, les douleurs à l’impact sous mon pied gauche (séquelles de fracture du second métatarse) on fait un retour remarqué en scène. J’ai stoppé là les entraînements, me suis écroulée littéralement de fatigue le weekend précédent l’épreuve. Le samedi suivant, j’ai pris le train pour débarquer à l’hôtel de Paris. Une adresse que l’on m’avait recommandée et que je recommande vivement. Quelques heures de sommeil agité plus tard me voilà attablée devant un dominical petit déjeuner (servi exceptionnellement à 6 heures tapantes pour satisfaire les exigences digestives de nos sportifs estomacs !). Le temps de me bricoler autour de mon tendon d’Achille un bandage avec du KT tape chargé d’espérance quasi mystique et de m’enduire de crème anti-frottement — toujours mon épitact “pieds secs” qui ne m’a jamais déçue en quelques parties du corps où je l’applique — et je m’en vais prendre la navette de l’autre côté du pont. Je prends place auprès d’un jeune homme sympathique qui a déjà couru l’épreuve et m’en livre les détails. J’ai à peine le temps de m’inquiéter que j’apprends que le chemin de halage, représentant environ  80 % du parcours, est constitué d’un mélange de terre et de sable parfaitement stabilisé. Mon Achille droit et mon Lisfranc gauche s’en félicitent incontinent ! J’échange encore quelques sms, tweets ou messages divers puis j’éteins mon portable sur l’injonction de mon Tarquinou : “ne sois pas en retard et ne te dope pas trop !” En deux temps, trois mouvements, je récupère mon dossard et rejoins un vestiaire où je parviens sans trop d’attente à accéder aux toilettes (l’organisation de cette épreuve est sincèrement un modèle du genre !). A la consigne je retrouve mon voisin de bus avec lequel nous échangeons force encouragements. Les rues de Mayenne sentent bon l’arnica et les pommades chauffantes. Je me retrouve 35 ans en arrière dans les allées du Bois de Boulogne un dimanche matin, jour de départ du Cross du Figaro… Mais bientôt, je sais que c’est l’heure de l’échauffement et je le redoute. Dès la première foulée, je sais que le tendon n’est pas rétabli et qu’il va falloir composer avec. Le départ est donné à l’heure, sans bousculade et en toute courtoisie (cela m’a changé des courses parisiennes !). Le début du parcours ne présente pas d’intérêt particulier si ce n’est qu’il est constitué de trois boucles (une petite et deux grandes) Trois passages auprès du staff de l’organisation. Et par trois fois je m’interroge… “n’est-il pas plus raisonnable de renoncer maintenant et de trouver un véhicule pour rentrer sur Laval plutôt que de risquer un abandon en pleine campagne ?…” Pieuse question de forme évidemment, on ne renonce pas maintenant ! Après quelques kilomètres, je me rassure, la chaleur de l’articulation aidant, j’oublie un peu ce tendon qui tire, je m’installe dans mon allure marathon et profite de la course. Sincèrement, c’est, avec la Balade de Riquet, une des plus jolies épreuves à laquelle j’ai participé, toutes deux se déroulant d’ailleurs au bord de l’eau, bercées par les écluses qu’elles enjambent. J’ai passé le semi à l’heure (1h.59’07”), toujours aussi étonnée de notre faculté à cavaler exactement dans l’allure souhaitée. C’est au kilomètre 25 que les choses se sont gâtées. J’ai d’abord senti l’Achille qui protestait à droite puis, sur sa gauche, le Lisfranc s’est mis à rouscailler. Au 26ème kilomètre j’étais déjà dans le rouge… Le joli tapis soyeux qui tapissait ce ravissant chemin les avait tenu en respect sur 26 bornes, c’était déjà bien. Sauf qu’il m’en restait 16 à parcourir. Je savais que la suite n’allait pas être une partie de plaisir. J’étais en deçà de la vérité. J’ai recroquevillé mon pied gauche dans ma chaussure pour essayer de ne plus taper sur le sol le point d’élancement et j’ai essayé d’oublier ce tendon. Le reste est dans tête. Je ne sais plus rien du paysage. Je me souviens des sourires, des encouragements que des inconnus m’ont lancés. Merci à eux. Je me souviens devoir m’arrêter et d’avoir envie de pleurer et puis des coureurs sont passés, ils m’ont lancés des “tiens bon” et aussi des regards de connivence. A un moment les douleurs osseuses était si fortes à gauche que je me suis déchaussée et longuement massée avec de la pommade calmante que j’avais emportée. Quand j’ai repris ma route, j’ai crû que j’allais hurler. La seule solution qui m’est apparue c’était d’abandonner. Mais je ne voulais pas d’un échec. J’en avais déjà connu un et je savais que c’était encore plus long et plus difficile à digérer que les 7 ou 8 bornes qui me séparaient de l’arrivée. C’est à ce moment que dans mon mp3, une voix s’est mise à chanter en espagnol. C’était une chanson que m’avait envoyée Pablo, quelques heures avant le départ quand il me manquait quelques titres pour compléter ma “playlist”. J’y ai vu un encouragement de marathonien… et puis j’ai pensé à la ténacité de ma zomozygote qui collectionne les médailles sur les “ironman“… et puis j’ai pensé aussi à Stéphane. Voilà. J’ai décidé de serrer les dents et, puisque c’était si dur de repartir de ne plus m’arrêter jusqu’à l’arrivée. Enclencher le mode “robot”, ne plus penser mais avancer, exactement de la même façon que durant ces entraînements sur tapis roulant que j’exècre tellement.  Je me suis nourrie de tous les sourires que l’on m’a lancés sur la fin de ce parcours, j’ai frappé dans les mains menues que tendaient les enfants, j’ai pris comme du miel tous les encouragements que l’on s’est lancé entre nous, parce que je n’étais pas la seule à souffrir : “allez on y presque” “la fin est dure mais c’est la fin. Là, il faut tenir”. Sans tous ces gestes, toutes ces attentions, je n’aurais jamais tenu. Je voulais juste finir. Que cela s’arrête enfin. J’ai piqué un dérisoire petit sprint sur les derniers 50 mètres. Je finis les courses ainsi depuis l’âge de 11 ans, celle-ci aussi… Et puis je me suis assise et j’ai pleuré. Je devais avoir les yeux brouillés parce que je n’ai pas fait 4h.15 comme je le pensais mais 4 heures 17. J’ai pleuré bêtement parce que j’avais mal et que cela avait été la course la plus terrible que j’avais terminée et que j’étais tout à la fois fière d’avoir tenue bon et déçue de mon temps. Mais j’ai vite ravalée mes larmes, j’étais bien trop gênée de l’inquiétude que je suscitais. Une dame s’est assise a côté de moi et m’a expliqué qu’elle m’avait suivie presque tout du long. Elle avait repéré mon bandage et se motivait en se disant que si j’y arrivais en étant blessée elle pouvait y arriver aussi. Et elle m’en remerciait. J’en était toute émue. Je suis restée un peu, je me suis chauffée à l’humanité de celles et ceux qui arrivaient et qui savouraient leur joie d’être là. J’ai profité encore quelques instants de cette formidable ambiance de course où l’on se parle, se félicite et se congratule avec chaleur et sincérité et puis j’ai pris le chemin du retour. A l’hôtel, des douches avaient été laissées à disposition des clients sportifs et j’ai dû faire un effort pour m’arracher à la chaleur de l’eau et me rendre à la gare. Je garderai de l’accueil à Laval et de l’organisation de l’épreuve un excellent souvenir que ne viendra pas même gâter la vendeuse du “snak-bar-presse” L’Univers qui expliqué doctement que “non on ne vendait pas d’eau” et que “non, on n’avait pas le droit non plus de remplir mon bidon d’eau du robinet“… j’ai heureusement connu des buralistes plus urbains
J’ai fait encore des rencontres, des chouettes celles-là, parce que quand on vient de partager 42 bornes, on se trouve vite des affinités et puis je me suis assise dans le train du retour près d’un gentil monsieur qui m’a montré ses photos de vacances. A un moment, je me suis retrouvée seule. Alors j’ai pensé que le 25 septembre était vraiment derrière moi. J’ai posé mes coudes sur mes genoux, j’y ai enfoui mon visage et j’ai enfin pleuré à gros bouillons.


mercredi 6 mars 2013

Le semi de Paris sous les couleurs de France Choroïdérémie

Autant vous le dire tout de suite, il y avait bien longtemps - presque deux ans - que je n'avais pas pris le départ d'une épreuve de course à pied. La faute aux fractures, aux blessures de tout poil, à la couture (je souffre du syndrome de monomanie cyclique), à Mademoiselle Azerty, à la vie. Bref, je n'avais pas tout à fait arrêté de cavaler mais j'attendais que l'envie me tenaille de nouveau pour m'inscrire sur une épreuve. L'envie elle est venue à l'automne, juste à temps pour glaner une place -très chère !- au semi marathon de Paris. Ce n'est certes pas la course que je préfère (je l'ai même détestée en 2010 quand j'en ai passé la ligne d'arrivée en marchant pour cause d'embouteillage monstre !) mais elle avait un petit air de déjà vu rassurant (outre qu'elle nécessite peu de logistique pour la mi-banlieusarde mi-parisienne que je suis). Passées les résolutions prises lors de l'inscription, je dois avouer que je ne me suis préparée que très moyennement. Un peu de fractionné au début pour retrouver de la vitesse et des sorties de plus en plus longues mais qui n'ont jamais dépassé les 16 bornes ... et surtout de plus en plus rares puisque ces cinq dernières semaines, je ne faisais qu'une sortie hebdomadaire ! La seule chose que j'avais soignée par rapport à mes anciennes prépa c'est la PPG (préparation physique générale) à la faveur d'un Club se sport qui s'est ouvert en face de mon boulot (monomaniaque toujours...). En dépit de cette préparation un peu loufoque (ou pour le moins désordonnée) je sentais bien que je n'étais pas en trop mauvaise forme et je dois reconnaître que bien que n'ayant jamais eu des liens très étroits avec mes chaussures (à telle enseigne que je les enlevais à la première occasion) mes inov' f195 me transportaient d'aise ! Je n'avais jamais eu de chaussures aussi réactives et aussi légères (merci Olivier pour tes conseils si judicieux) et je sentais bien qu'elles ne demandaient qu'à s'envoler. Pour clore ces préparatifs peu rigoureux, dans les heures précédant le départ j'ai fait ce qu'il ne faut jamais faire : IMPROVISER ! Et ce par trois fois :
  • en changeant mes lacets classiques pour une paire géniale de lacets élastiques et réglables autant au sommet qu'à la base des œillets, paire ramenée de San Francisco puis oubliée, avant d'être exhumée de ma valise "CàP" ouverte la veille pour y chercher mon porte-dossard.
  • en me concoctant un petit déjeuner à la composition imaginée le matin même (crème de riz et arrow-root cuits dans du lait écrémé)
  • en élaborant spontanément - après mon petit déjeuner roboratif - une boisson d'effort que je n'avais donc JAMAIS testée en course :
    • 200 ml de jus de pomme
    • 200 ml d'eau
    • 2 à 3 cuillères à café de sirop d'agave
Et si je n'ai aucune hésitation à partager la composition de ce breuvage, c'est tout simplement que je me suis félicitée de m'être fait confiance ! Cette improvisation (comme les deux autres d'ailleurs) était une excellente initiative de ma part (et c'est suffisamment rare pour être souligné !).
Dimanche 3 mars - réveil à 6 h.45. Après la préparation du petit-déj et de la boisson d'effort, je m'attaque à l'arsenal anti-ampoule... et comme j'ai perdu la main, je perds également un temps fou ! Je fonce en oubliant mon tricot (mon passe-temps dans le métro), mes mouchoirs en papier et mon portefeuille ! Peu importe, j'ai le plus important : mon dossard et un ticket de métro (il m'est arrivé par le passé d'avoir déjà oublié mon dossard...).
J'arrive sur les lieux de la réjouissance à 9 heures 20 (avec 20 minutes de retard donc) et cafouille pour trouver la consigne (non elle n'est pas au Village sportif mais le long de l'esplanade). Je patiente pour y déposer mes affaires que j'ai prudemment enfermées dans un sac plastique orange vif agrémenté de joyeux fils de raphias bleu canard et ainsi le repérer rapidement lors de la cohue qui suit l'arrivée...  puis... je... commence... la........ queue............ aux.................... toi................. let...................... t..................... e........................ s....................
Une queue si longue et si lente que j'ai vite compris qu'à ce rythme, je n'avais strictement aucune chance d'être à l'heure au départ ! Bref, comme toujours, j'ai pesté contre la sous-estimation chronique du nombre de wc nécessaires au soulagement de 30.400 coureurs et coureuses et pris la direction des sous-bois où j'ai rallié le coin des filles (en face de celui des garçons, chacun respectant scrupuleusement le territoire de l'autre sexe). Tout aurait été parfait si déjà concentrée sur ma course j'avais davantage prêté attention à la végétation... et ainsi évité de poser mon postérieur sur une ortie !!
Danse urticaire et échauffement confondus, c'est en sautillant et en gesticulant que j'ai rejoint mon sas de départ (1h.50) où je visse dans mes oreilles les bouchons de mon mp3 (quasiment au sens propre puisqu'il s'agit d'un appareil destiné à fonctionner sous l'eau). Malgré la qualité sonore de ce dernier, je surprends quelques conversations qui m’inquiètent pour le moins... " Ah bon ? mon voisin de droite n'a jamais fait mieux qu'une heure au 10 km ? Mais alors que fait-il donc dans le sas des "1h.50 " ? Et oui, j'allais bientôt découvrir le mal qui ronge le départ : la surestimation manifeste des allures !
Une fois franchie la ligne et quelques hectomètres parcourus, je réalise que "c'est beaucoup trop mou !" J'ai beau me méfier de ces premiers mètres où la fougue force par trop notre allure, j'ai pris suffisamment de départs dans le passé pour savoir que le train de celui-ci est celui d'un départ de marathon à l'économe mais non celui d'un semi !
Un coup d’œil sur ma montre me le confirme : je suis même sous mon allure marathon ! Incontinent je grimpe sur le trottoir mal stabilisé -où je ne suis pas seule ! - pour essayer de reprendre un peu de vitesse. Nous nous suivons à la queue leu leu en remontant sur plus d'un kilomètre des coureurs qui papotent, s'agglutinent ou s'arrêtent au milieu pour refaire leur lacet (véridique !) Mal installée dans le rythme de la compétition, je décide de cesser de regarder ma montre et de pester contre mon allure (en tout état de cause hormis me faire pousser des ailes, je n'ai aucun remède) et de cavaler en laissant mes jambes décider seules de leur cadence. Un coup d’œil oblique après le kilomètre 5 m'indique que je suis à 12,5 km/h en vitesse instantanée. Même si je sais que cette mesure isolée n'a aucune valeur, je suis contente de savoir que je peux encore rouler à cette vitesse, fusse pour quelques instants !
Mon élan allait pourtant vite retomber : avenue Daumesnil, je me fais percuter de plein fouet par un irascible piéton qui avait entrepris de traverser l'artère coûte que coûte. Front buté et épaule agressive, le choc est violent. J'en ai le souffle coupé et je ne passe pas loin de la chute (merci à la PPG de m'avoir tant apporté en stabilité !). Un coureur sympa prend de mes nouvelles "Ca va M'dame ?" - "Oui oui ! Merci beaucoup !" La solidarité des coureurs me réconfortent ! J'attaque la méchante côte sans élan mais je la grimpe finalement pas trop mal (cela sert quand même de cavaler dans les vallons axonais !) Je recompose tranquillement mon allure et je risque un nouveau coup d’œil sur mon temps au 10 km : 53 minutes. Bon ce n'est évidemment pas mon record mais je sais à cet instant précis que j'ai eu raison de prendre le départ ! Cet instant précis mais pas l'instant suivant : une douleur lancinante s'est mise à irradier de mon avant-pied gauche pour me projeter pendant cinq kilomètres dans une terrible gamberge...
J'abandonne ? Je continue ? La petite voix de la raison (la même que celle qui avait glissé un ticket de métro dans une poche de mon camelbak) me souffle ardemment de ne pas réitérer mes piteux exploits montpellierains (16 km avec une fracture du second métatarse du pied gauche) et de foncer ventre à terre vers une bouche de métro. Châtelet, ligne 1, direct Château de Vincennes. On ne peut rêver mieux... Quoique... une autre résonne pour me dire "non ! elle irradie mais elle n'est pas encore insupportable. Souviens-toi Montpellier tu ne pouvais plus poser le pied par terre !" Je décide de faire un test in situ : je change de foulée et j'attaque par le talon. Mes chaussures ne sont pas du tout faites pour cela mais je persiste. Le test est concluant : la douleur est moins vive quand je n'appuie plus sur l'avant-pied. Par ailleurs, quand j'attaque sur l'avant la douleur me paraît stable. Je continue, ce n'est pas une fracture !!  Ne me demandez pas d'où je tiens le bien fondé de mon diagnostic qui relève bien davantage de la croyance que de la médecine mais sur le moment je me le suis tenu pour quasi-scientifique !
Quand je relève la tête de mes considérations orthopédiques, je ne sais plus très bien où j'en suis dans ma course... Oh ! j'arrive à la Bastille ! La place n'a jamais été aussi belle sous ce soleil et pour une fois les gens agglutinés - au lieu des sombres revendications manifestantes - sourient et clament des encouragements ! Je nage dans le bonheur ! Je passe devant le Cabinet. Non, cette année, je n'y reconnais aucun riverain. Tant pis, je salue malgré tout silencieusement les lieux. Je dépasse le stand des ravitos du kilomètre 15 et réalise qu'il est peut-être temps de m'alimenter. Ce que je fais d'un gel à la pomme verte (parce que les gels à la pomme verte me rappellent toujours la balade de Riquet). Depuis que j'ai décidé de ne plus faire attention à mon pied gauche, je reprends un peu de vitesse et gambade jusqu'au kilomètre 17 en attendant le mur (je mange toujours le mur au 17ème, c'est invariable). Quand je sens les jambes s'alourdir je reprends un gel en essayant de ne pas écouter les braillements de mon pied gauche.
Pour m'aider à passer ce cap, je me fais mon film : "en réalité je cavale un marathon et il me reste 25 bornes à faire..." Oui, je suis atteinte du syndrome "plus j'approche, plus c'est dur" donc il suffit de reculer le but pour que cela paraisse plus facile ! Mon cerveau se laisse gentiment tromper et je ne souffre plus trop sur la fin du parcours. Je ne fais plus attention à mon temps, de toute façon, j'ai fait de mon mieux et c'est déjà pas si mal. Je décide de profiter de l'instant. Je suis ravie d'être là. Je fais des grands sourires aux photographes en levant les bras au ciel : j'ai toujours un air lugubre sur les photos de course, il faut que cela change !
Je dépasse des coureurs qui s'arrêtent et j'en suis triste pour eux, j'ai envie de les tirer par la main... jusqu'au moment où j'avise devant moi un jeune homme qui piétine avec difficulté en supportant un drapeau rouge et blanc dont le message, comme ceux qui recouvrent son tee-shirt, est à la gloire de Nicolas Sarkozy. Si je suis la première à me poser en donneuse de leçon quand il s'agit de respecter les valeurs démocratiques à commencer par le droit de ceux qui ne partagent pas mes opinions de s'exprimer librement, j'estime qu'il est en revanche parfaitement déplacé de faire d'une manifestation sportive une tribune politique ! Bref, c'est avec une rare saveur que j'ai doublé l'individu tout en cherchant son regard des yeux. Regard qu'il n'a jamais tourné vers moi. Et j'ai alors compris à sa mine sombre qu'il avait dû endurer plus d'une raillerie durant ces 21 kilomètres...
Je vois bientôt se profiler l'arche de l'arrivée, je ne regarde plus ma montre, je sais que je suis sous les deux heures, que mon pied a tenu, que j'ai passé un bon moment, que d'autres courses viendront bientôt... Je me fais plaisir en me tirant un - tout petit - sprint et je réalise que non, je n'ai pas du tout envie de m'arrêter ! J'ai encore beaucoup de jus à dépenser moi ! 1 heure 55 minutes et 25 secondes. C'est pas mon meilleur temps mais je n'en suis éloignée que de 3 minutes, ce qui me met en joie pour une course de reprise ! Assez en joie pour ne pas être trop dépitée par l'inorganisation manifeste du ravitaillement final. De haute lutte j'ai réussi à m'emparer de deux quartiers d'orange et d'une bouteille d'eau (mais non de bananes ou de boisson de récupération). Tant pis, je sors du sas, cela me dégoûte un peu de voir tous ces coureurs épuisés devoir se battre devant des tables vides quand les cartons sagement entreposés derrière elles débordent de denrées... Décidément l'organisation d'ASO ne me convaincra pas non plus cette fois-ci...
Au final, je suis tout à fait contente de ma course. La douleur de l'avant-pied gauche a disparu dès que j'ai cessé de courir, aucune ampoule n'a fleuri (c'est proprement exceptionnel !) et je n'ai quasiment pas eu de courbatures le lendemain ! Bref, une chouette course de reprise ! Même si je sais qu'il va falloir régler ce problème d'avant pied douloureux avant courir de plus longues distances, cela n'empêche pas de s'inscrire d'ores et déjà sur de plus longues épreuves...

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mardi 23 février 2010

L'infidélité que l'on consomme dans les "toilettes-dames"

L'honnêteté m'oblige à vous le dire, je déverse — du moins s'agissant de mes cavalcades — mes circonlocutions sur d'autres terres...
Les gens qui me font le plaisir de passer par ces pages n'étant pas forcément friands de connaître le régime des inscriptions en ligne des courses à pied, ou des afféteries du logiciel SportTracks, cela ne m'a pas sembler constituer la moindre infidélité à ces carnets auxquels je suis tout particulièrement attachée.

En revanche, il est un billet, un billet qui à mon sens aurait pu aussi être écrit autant par la plume de Tarquine que de celle d'Aurélie. C'est donc sans vergogne et sous cette excuse absolutoire que je m'en vais m'autociter :

Qu’on se le dise, les toilettes, et davantage encore les toilettes-dames sont à l’organisation des courses pédestres ce que la numérotation est au Code civil, la pâte à choux à une pièce montée et la rime au poète : sans elles l’œuvre est gâchée !

Eu égard au peu de considération qui semble animer nos gentils organisateurs à prévoir des lieux d’aisance en nombre suffisant, il m’apparaît tout à fait indispensable de rappeler à ceux-là, les constantes physiologiques supportées par le genre humain :

* Contrairement à une idée communément reçue de nos édiles municipaux et d’une majorité d’argentiers chargés des questions d’hygiène, les Français — et a fortiori les Françaises — ont des besoins naturels ! Oui, oui, vous lisez bien ! En dépit de ce que pourrait faire accroire l’absence de toilettes dans nombre de lieux publics (mais non chez nos voisins européens ou d’outre-atlantique) les citoyens Français ont une diurèse totale quotidienne moyenne de 0,8 à 1,5 litres ainsi que des selles dont le poids moyen est de 150 g. qu’ils évacuent en se rendant 3 à 5 fois aux toilettes par jour.


(...)

L’indice “toilettes-dames”, l’éloquent révélateur de l’organisation des courses pédestres…


lundi 26 octobre 2009

le rêve de l'une...

Rêve soyeux...
Caresser les 48 minutes... Quelques 20 secondes de mieux qu'aujourd'hui. Si peu. Effilocher le temps, le réduire à sa plus petite expression " Par les temps qui courent, je vous en compte du 4'50'' au kilo. Et vous en voulez deux secondes de moins ? Les temps sont durs cependant".
Pas de rêve de grandeur... mais des rêves d'épicière donc...
Découper le temps.
En prélever une pincée, une larme, un soupir...
Rêve secret...
Tendre le pas, un peu plus vite. Encore une fois. +videmment.
Mais ne plus s'enfuir. Arriver... Surtout arriver.
Alors respirer à grandes goulées. Oui... souffler un peu... Et puis se désaltérer, se restaurer. Simplement ? Simplement... Et goûter sa joie. Une joie brutale et dense. -tre contente de soi. Sans détour ni circonvolution... Moment précieux donc... Si précieux que l'on conserve des jours durant des filaments d'étoile devant les yeux...



Rue Pierre Picard, 14 heures 30, une vitre de plain-pied qui éclaire la rue où j'accours rejoindre le Sacré-Cœur, haut-lieu de mes cavalcades. A travers celle-ci, une femme, du haut de son fauteuil tout en roues et en métal, m'a tendu un grand sourire auquel j'ai répondu avec la même couleur. Signes de la main, fugitifs mouvement de tête. Salutations aussi chaleureuses que silencieuses. Nous ne nous connaissions pourtant pas. J'ai poursuivi la route de mon rêve. De le savoir dérisoire, ne m'a pas coupé les ailes. Et c'est en pensant aussi à elle que j'ai avalé et remâché ces volées d'escalier dont je connais désormais chaque degré.



dimanche 18 octobre 2009

Vent debout

samedi 17 octobre 2009

Vers le départ, en autocar

derrière la vitre du bus



Photographie de Tarquinet




samedi 26 septembre 2009

Du saucissonnage et de l'assemblage, petit traité de taxonomie fâcheuse

D'une course mémorable que nous avions concouru en équipe, j'ai gardé un goût immodéré pour les relais et pour une attachante vidéo qu'au lendemain de l'épreuve, notre seul équipier — ses compères étant toutes féminines—  nous avait adressée. La vidéo reflétait un peu l'état dans lequel nous étions après deux jours de course et nous nous en amusions. J'ai compris après avoir cavalé 42 bornes et quelques mètres que ce n'était vraiment qu'un tout petit peu... et comment quelques banales marches d'escalier deviennent, pendant deux jours, aussi engageantes que la face sud du K2.

Qu'à cela ne tienne, il ne me faudrait pas perdre mes acquis au prétexte de pantoufler au coin du feu : dans quinze jours je parcourerai la moitié de la distance, avant de passer le relais pour une distance identique à ma zomozygote de triathlète — et ci devant championne de Champagne Ardennes, je vous prie !

A former un duo avec une frangine de cet acabit, je redoute de lui faire monter le rouge au front ! Bref, point de salut pour mes quadriceps encore tout souffreteux (je ne me méfierais jamais assez de ces descentes qui réduisent les fibres musculaires en confettis !) fractionné court, sortie longue, j'ai repris sans patience les grandes heures des préparatifs pré-compétitifs... pour bientôt geindre piètrement. Fi des belles foulées me voilà bientôt claudiquant façon "zozozygote pygopage"... Acharnée d'entre toutes, je croyais avoir trouver l'esquive en l'usage du génialissime collant skin dont je confirme la redoutable efficacité ! Certes, boudinée façon jambon dans son filet, mes cuissots ont non seulement pu continuer à sautiller sans être assaillis de cuisantes douleurs, mais au lendemain de mes stakhanovistes séances, ils se sentaient plus fringants que la veille les bougres ! Résultat des courses, même saucissonnée de mailles techniques, et sous peine de me voir infligée un bref mais impératif élancement, ma gambette gauche refuse désormais d'enchaîner la moindre foulée...

Je vois bien le coup venir... Réunies en duo dans à peine une petite quinzaine, nous allons donc former, en quelque sorte, une espèce rare d'iléadelphe... Elle va être fière la zomozygote, tiens !

dimanche 20 septembre 2009

Semelles et cloques

Pieds enrubannés



quelques pas plus tard...
(photographie de mon amoureux)




Deux ans et demi à glisser des semelles au fond de mes runnings, cela me fait la plus belle collection d'ampoules dont on puisse rêver... Des petites cruelles, des grosses lancinantes, et même des sournoises qui s'insinuent jusque sous leurs consœurs déjà cuisantes. Mais attention ! Elles sont pudiques ces cloquinettes et jamais elles ne dévoileront à l'entraînement... non elles attendent le jour J pour fleurir brusquement comme ces coquettes qui ont besoin d'un public pour s'épanouir...

Je me souviens d'un retour de course où Tarquinette n'en revenait pas de me voir rentrer chez nous en chaussettes sous la pluie, ma paire de chaussures à la main.

La plus belle performance que j'ai réalisée dans ce marathon, c'est de le terminer en ne présentant qu'une petite ampoule sous chacune de mes plantes de pied. Haut fait qui m'a demandé une préparation quasiment aussi minutieuse que celle qui m'a dictée allures et kilomètres durant dix semaines.

Je vous livre le truc. On se sait jamais après tout, peut-être qu'un jour il vous prendra brusquement l'idée de cavaler comme un dératé pour annoncer qu'Athènes à vaincu les perses !

  • Chaque soir durant trois semaines, se badigeonner la plante des pieds de jus de citron mélangé à quelques gouttes de d'huile essentielle de camphrier.
  • Hydrater au matin si  besoin est.
  • Quatre jours avant l'épreuve déposer sur chacune des plantes une épaisse couche de henné. Enrouler vos pied dans du film transparent puis un sac plastique pour préserver la couleur de vos draps : il faut passer la nuit avec cet onguent. Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas inviter, pour cette nuit-ci,  votre amoureux à partager votre couche... déjà usé par vos discours mono-maniaques et la longueur de vos entraînements, il risque de vous surprendre en adoptant une allure de sprinteur pour prendre la poudre d'escampette !
  • Continuer avec le jus de citron jusqu'à la veille de l'épreuve,

Et juste avant d'enfiler ses chaussures :
  • Nettoyage minutieux au savon.
  • Passer un coton imbibé d'éther sur chaque plante de pied (pour enlever le film d'hydrolipidique afin que les pansements adhèrent mieux)
  • Faire chauffer au sèche-cheveux un pansement anti-ampoules (oubliez les compeed et les urgo de tout poil, en prévention épitact est d'une qualité cent fois supérieure)
  • Une fois ledit pansement posé, frotter sa face extérieure avec du talc (afin de réussir à le décoller ensuite : il est réutilisable et je ne m'en prive pas)
  • Recouvrir ensuite la plante de ses pieds d'une bande élastoplaste de grande largeur. En en découpant deux tronçons d'une quinzaine de centimètre pour ne pas recouvrir le dessus du pied et être trop à l'étroit dans ses chaussures.
  • Enfin, badigeonner ses orteils avec de la vaseline (je refuse de mettre de la nok chantée sur tous les tons dans les forums mais dont la composition me convainc de la tenir loin de mon épiderme)

Voilà, le plus surprenant reste qu'en dépit de ce pointilleux protocole, elles sont parvenues, certes non sous le pansement anti-ampoules qui protège le point névralgiques de leur terrassantes attaques, à éclore une fois encore. Si vous détenez un moyen plus efficace encore pour les éradiquer, je suis toute ouïe...

mercredi 16 septembre 2009

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage *

Quand le bang a claqué, j'étais, insouciante, penchée sur un lacet multirécidiviste du filage à l'anglaise. 400 mètres plus loin, décidément gauche, j'ai décroché par mégarde celui que j'appelle — ensuite d'une défaillance coupable dans un dix bornes caniculaire — " Crashipode " lequel dans un poignant vol plané s'est retrouvé projeté exactement sous ma semelle droite qui, en ce départ endiablé, frappait l'asphalte à toute volée...

Crashipode, quolibet Ô combien immérité si l'on sait qu'il a, malgré ce traitement imposé, jusqu'au bout de ces quarante deux mille cent quatre vingt quinze mètres, battu en mesure le martèlement sur le sol de son bourreau de semelle...

dans ces vallons qu'on trouve encore charmants, bientôt dans ces descentes où l'on se lance éperdue pour "refaire" son temps perdu, dans les moments d'allégresse qui précèdent ceux où le doute s'installe ;

au moment où, en franchissant la ligne du semi j'ai exactement lu un "deux" et deux "zéro",
à ce moment précis où je me suis dit que je changeais de monde en m'étonnant d'avoir si bien réglé mon allure,

dans les moments où l'on pense aux siens, ceux qui sont là et les autres ; ceux qui ne sont plus.

Aucun d'entre eux ne le savaient mais dans Crashipode le mal nommé, il y avait une plage pour chacun. Un air où l'émotion m'étreignait. Le rire d'un petit dernier, une chanson partagée en 1992, une comptine ... Quelques minutes près d'eux, quelques minutes loin de ce temps que je me faisais défense d'égrainer. Un espace où se rencogner, chauffer son âme à leur amour. Un air pour reprendre son souffle. Quelques notes qui font monter les larmes aux yeux et puis reprendre courage et bientôt allonger le pas.

Trentième kilomètre, le mur se dresse brutalement. J'étais prévenue et je fais le dos rond en attendant que cela passe. — troisième mouvement d'un concerto pour violon de Vivaldi ; mesure à trois temps ? fichtre je ne saurais le dire... — Cinq cent mètre plus loin, la muraille est franchie, c'était donc un muret. Tant mieux.

Crashipode, bruyant pourtant lorsqu'il couvrait par trop les réconfortants encouragements que me dispensait sans compter mon amoureux en me tendant une gourde préalablement remplie de grenadine — douceur héritée de l'enfance qui me fait, dans l'adversité, office de "doudou". Peu m'importe Crashipode, j'ai lu les mots sur ses lèvres. Et ce n'est pas le breuvage qui m'est allé le plus droit au cœur...

Les mots, des mots qu'on annone à soi-même quand le mal s'installe. Kilomètre 35, une putain de côte. La énième mais la première que je doute d'achever en courant ; et puis la descente où l'on comprend que l'on ne se refera plus, la descente où chaque pas devient souffrance, où la violence des impacts contre le sol vous plante une volée d'aiguilles dans les cuisses. Le temps où l'on ne sait plus du tout s'il est ternaire ou binaire. Le temps où l'on serre les dents. Le temps que l'on décide d'ignorer. Le temps où plus comptable de ses forces que du chrono on choisit délibérément de monter celle-là en marchant et en se restaurant. Et puis où l'on recommence un peu plus loin parce que la douleur est trop forte, parce que chaque foulée est une souffrance. Et puis l'instant où l'on décide que l'on finira — et pas en marchant— et où la seule chose que l'on se répète c'est "Tu lâches rien. Tu lâches rien . Tu lâches rien" en se foutant bien de courir en mesure. Jusqu'à la fin. Plus que 800 mètres ; lui qui m'attend et bientôt partage mes foulées, alors talonnée par deux compagnons d'infortune qui m'alignaient dans le viseur, trouver, quand nous étions tous les trois sur la même ligne, les pattes pour faire grimper la cadence et ne rien lâcher de mon temps...

Quatre heures et neuf minutes, huitième des dames par la grâce de son relief qui décourage les performances et l'absence de primes qui en détourne les plus empressés à les chasser. Je sais bien que ce n'est pas une prouesse. Mais c'était le premier, je l'ai arpenté sur la terre de mes ancêtres et j'ai le sentiment que ce faisant, je ne les ai pas trahis...

Merci à Antonio Vivaldi (57 mouvements issus principalement de ses concertos pour violon) à Jean Sébastien Bach (et ses divines passions) à Mozart (et son requiem), à Telemann (concertos pour hautbois), à tous les autres qu'il serait trop long de citer mais qui se reconnaîtront peut-être depuis l'endroit où ils reposent désormais.

Enfin, pour sa patience qui a accompagné la longue préparation précédant ces quelques heures, pour son constant soutien, son endurance à supporter mes monomaniaques jacassements, son inconditionnelle confiance au cours de cette épreuve, je remercie plus que jamais mon amoureux.



*Ce billet est dédié à Ulysse, chien épris de liberté et de pérambulation et qui dans le silence des chemins de Haute-Loire a, maintes et maintes fois, partagé avec moi l'incomparable plaisir de cavaler à corps perdu.

jeudi 2 juillet 2009

Trophées et postérité

Des prises de mes cavalcades, je faisais des piles turbulentes et colorées au fond d'un placard trop étroit pour elles : "Non Madame, pas de small, il n'y a que du large !" Mais moi, avec un mari grand format, j'avais déjà tout ce qu'il fallait pour jouer à cache-cache dans un tee-shirt ! Alors, j'empilais soigneusement en prévision des prochains grands travaux de peinture que requiert — urgemment ! — mon appartement...

Et puis, avec l'accroissement du nombre de femmes dans ces dominicales suées, la taille des tricots a fini par prendre la mesure d'icelles. Alors, chez moi j'ai ramené du "S", des "S" en mauvais coton chamarrés du patronyme du boucher et du logo tape-à-l'oeil de la concession KROSS TOTO, des "S" bleu canard ou vert olive, des "S" façon "XL" et le plus rare : le "S" de récup ! : celui d'un semi-marathon prestigieux distribué généreusement par les organisateurs d'une course miteuse !

Et puis sont venues les mailles techniques, celles qui vous mettent à sec sans, pour le coup, vous ruiner et que j'avais des remords à enterrer après leur tour réglementaire sur le dessus de la pile.

Un jour de septembre où l'on m'avait remis, avec un record fraîchement éclos, un beau chandail d'une qualité irréprochable, je l'ai lancé à mon aîné persuadée que le vêtement me reviendrait dans la minute par le même chemin.

Que neni. C'était juste le premier d'une longue série qui ne s'entasse plus dans mon armoire mais dans ses placards ! Désormais il arbore toute l'année et par quasiment tous les temps le nom d'une course qu'il n'a pas courue ; foulées parisiennes, boucles faubouriennes, qu'elles qu'en soient la distance, rien ne lui fait peur ! Il m'a même raconté, très fier de lui, avoir croisé à Maroilles, un "faux" frère de suée...

L'affaire est devenue un rituel. Lui... lui à qui je n'ose acheter le moindre vêtement trop certaine de ne pas comprendre les subtilités d'une mode ado que je ne suis pas même capable de déceler dans sa mise ! Lui s'enquiert dés mon retour du tribut que je rapporte et s'en revêt incontinent sans barguigner ! C'est donc avec un brin de tendresse que je m'apprête à devoir bientôt changer la taille de mes prises... La prochaine fois, je crois que c'est un médium que je demanderai... "un médium, Madame ?" "Que voulez-vous mon cher monsieur... avec l'âge on s'étoffe !"

dimanche 19 octobre 2008

Un semi, deux plombes et trois athlètes.

C'était le premier alors je n'avais aucune idée de ce que j'y trouverai. Des culottes courtes, il y en avait beaucoup ; mais de cela je me doutais... Il y avait un grand soleil aussi. Alors j'ai un peu regretté qu'un numerus clausus régente les éponges. Tant pis, pour me consoler, j'ai tapé dans toutes les mains qui se tendaient ! Certaines étaient si petites que j'avais peur de les chiffonner ! Comme dans le doux souvenir que j'ai de San Francisco où je voyais ces enfants d'un autre continent encourager les fuyards d'Alcatraz... Et puis je dois concéder qu'un curieux sentiment m'a envahie en traversant le stade de France, une vraie tendresse... en avisant ces immenses gradins vides d'où s'échappaient des hourras déversés d'une sono bienveillante ! En septembre j'avais pour dessein de finir la saison en mettant deux plombes au semi. Il va me falloir modifier mes objectifs... les deux plombes je les ai prises aujourd'hui ! Deux plombes et 50 secondes ! Il y a des milliards de gens qui courent plus vite que moi mais cela ne gâche rien à mon bonheur ! Heureuse j'étais. Heureuse je suis. Heureuse d'avoir convaincu, une borne avant l'arrivée, un original bavard et pour l'heure au point mort d'embrayer de nouveau et de reprendre sa course. Je ne comprenais pas bien son accent mais on s'est encouragé mutuellement. Et puis au finish il a accéléré avec moi et on a cavalé comme des dératés ! Je n'ai pas mis deux plombes et une minute. Non deux plombes et cinquante secondes. Et d'être restée sous la minute surnuméraire, je crois que je le dois à celui-ci, celui-ci à qui je n'avais jamais parlé et à qui je ne reparlerai sans doute jamais plus...

Un seul regret et un grand : que sur le tee-shirt de la compétition, sur les trois coureurs qui y sont représentés il n'y a pas l'ombre d'une femme... Nous étions pourtant nombreuses. Rien qui ne justifie qu'on oublie ainsi celles qui payent pourtant leur droit d'engagement comme les autres...

lundi 15 septembre 2008

L'hirondelle et le limaçon (et vice versa)

Pendant que je tressaute en culottes courtes parvenant à courir six bornes plus lentement que lorsque j'en couvre le double, la frangine elle bondit, elle vole et bientôt elle plane...
Première la belle !
Première de sa catégorie !!
Je vous préviens : si vous passez à moins d'un mètre de moi, vous saurez tout de sa course, et puis de sa première trottinette — laquelle était rouge et augurait bien des victoires... — de sa première dent — qu'elle avait mauvaise, preuve s'il en est de son esprit combattif... Bientôt je vous ferais accroire que sa victoire est la mienne ! Moi, moi qui le même jour, gros limaçon empesé, découvrais l'insigne épreuve de courir sans plaisir...

Les "parisiennes" de France Choroïdérémie

La fine équipe de France Choroïdérémie pour la Parisienne

Parisiennes, certaines ne le sont que pour un jour.
Mais depuis des années !
La cause aux modifications de programmes, la cause à la vie, la cause à... nous étions moins nombreuses qu'il y a un an. Mais pas moins motivées !
Et toujours en vert les donzelles !
Un beau vert turbulent sur lequel s'assied un nounours devenu aveugle.
"Rien que pour voir"
Et elles ont bien couru les gazelles ! (heu... sauf moi : pour l'occasion j'avais chaussé mes jolies semelles de plomb !)
Toutes leurs photographies sont ici.

France Choroïdérémie dont nous portions haut les couleurs a pour but de faire connaître cette maladie, de rapprocher les personnes malades et de réunir des fonds pour mener des programmes de recherches.

Il n'est donc pas interdit de parler d'elle...

Et ce n'est pas sans une certaine ironie que je tiens à remercier les magasins D+CATHLON grâce auxquels nous cavalons désormais équipées de tee-shirt techniques ! ... Preuve s'il en est que toutes les enseignes de sports ne soigne pas leurs clients d'une façon identique...

samedi 21 juin 2008

Le très very good job de nineteen fifteen

départ à 5 heures du matin

A 5 heures, lorsque je l'ai vue partir dans la nuit, un numéro sur son cadre de vélo, l'air inquiet et résolu à la fois, j'étais déjà convaincue qu'elle ferait bien mieux que de se mettre à l'abri du ridicule.
Sur le site, après l'avoir rejointe "pedibus jambis que" c'est de loin que je l'ai vue préparer son barda.

ligne de vélo sur le site du triathlon

A sa place il y avait écrit le même numéro que celui qu'arborait son cadre. Quelques numéros plus loin un athlète futé avait accroché un ballon gonflé à l'hélium. Lorsqu'au sortir du Pacifique, elle reviendrait chercher son vélo au milieu des 1.999 autres, j'espérais qu'elle se souviendrait de cette sphère argentée qui flottait joyeusement dans le ciel.
Elle est montée dans un car avec Xavier, sa cagoule sur sa tête, sa combine sur le corps et son numéro à peine visible.
Je l'ai alors attendue longtemps. Le temps de voir celle qui sera la première de l'épreuve accrocher son tube de ventoline sur son cadre, le temps de voir le champs se vider des humains aux bonnets de bains aux couleurs vives (une par tranche d'âge). Un café, un banc où l'on papote, la tension qui monte, et puis on en revient toujours à ce champs plein de numéros, encore de vélos et de chaussures prêtes à être enfilées. J'ai bientôt perdu ceux avec lesquels j'attendais. J'ai alors rencontré d'autres Français que je me suis dépêchée de fuir (il faudra que je vous raconte un jour ma sainte détestation des parents idolâtres et qui n'ont de cesse de vous assommer des exploits de leur progéniture !) Mon précieux et fidèle Canon me tenait suffisamment compagnie. La lumière était belle. Je rêvais que ce pâle soleil naissant réchaufferait peut-être cette mer encore grise et dont je savais la température glaciale. J'ai su plus tard qu'elle était à 13 degrés. Et aussi que sur le bateau à aube que je voyais voguer au loin la prière avait été faite à voix haute. Et puis aussi que l'hymne américain avait retenti.
C'est encore loin l'Amérique...
Deux lignes de petits bateaux, c'est cela que j'ai vu en premier. Deux lignes de bateaux qui avançaient lentement. Et puis comme des dauphins que l'on voit au loin, des gerbes sont venues griffer la surface de la mer. Des milliers d'éclaboussures et tout autant de têtes, de bras ou de pieds qui nageaient à quelques kilomètres de nous.

ligne de nageurs vers Alcatraz

Je ne la lâchais plus des yeux, cette vague écume. Je la fixais intensément me répétant qu'elle était là ma précieuse frangine. Quelques hectomètres. Oui, elle y était maintenant. Et moi au bord je ne savais que répéter in petto "Fonce !" "Fonce ma belle !!", "Vas-y ma cocotte" "Sois fière, fière de toi" Fonce fonce championne !" Un joli temps, un joli temps juste pour avoir des ailes ensuite. Surtout aucune déception qui te gâcherait ton plaisir, qui te plomberait ta course... "Fonce fonce ma jolie". Bientôt quelques décamètres, je ne sais pas si les encouragements et les émotions sont conductibles dans l'eau salée mais si la réponse est positive alors ma ferveur a bien dû lui faire grignoter quelques mètres...
Quand la mer s'est faite plus calme le Canon en proue je me suis postée à la fin de la transition, juste avant qu'elle ne récupère son vélo. Le premier que j'ai vu passer était un Français dont je venais d'apprendre le nom — cocorico ! — et derrière lui beaucoup d'hommes évidemment . Et puis quelques femmes. Je regardais ma montre, je calculais en fonction des tranches d'âges que je voyais défiler sous mes yeux. Encore un coup d'œil au cadran, j'en étais à calculer qu'elle n'arriverait pas avant 5 bonnes minutes lorsque j'ai d'abord aperçu le gris de sa "tri-fonction".

Fin de la transition

Interloquée, sans oser y croire. Quand j'ai réalisé que c'était bien elle je me demande encore comment, submergée par l'émotion comme je l'étais, j'ai réussi à prendre une photo ! J'ai hurlé des encouragements, et surtout, ce qui était vrai, qu'elle était super bien placée! De loin je l'ai vu s'emparer de sa bicyclette, les chaussures coincées sur les cale-pieds prêtes à être chaussées et s'envoler pour 30 kilomètres qui n'avaient rien d'une balade de santé ! Et le cœur battant j'ai foncé au stand du chronométrage baragouiner dans mon charabianglais... oui... je n'avais pas rêvé...elle avait mis plus de 10 minutes de moins que le temps qu'elle m'avait annoncé dans les jours précédents !
Alors j'ai déambulé sur le site en me disant qu'elle était "dingue de chez dingue"... Et en repensant au jour où, il y a très longtemps, j'avais encore un papa et je regardais même la télévision... J'avais vu des images d'un triathlon. Découvrant ces trois disciplines et connaissant les prédilections de mon sportif de père, je lui avais immédiatement demandé pourquoi donc il n'en avait jamais concouru. Sa réponse a fusé : "parce que cela n'existait pas... pourtant qu'est-ce que j'aurais aimé cela..." Et, car l'homme n'était pas modeste, il a ajouté, "j'aurai été bon en plus ! ". C'est à cela que je pensais en déambulant sur le site et à l'immense fierté qu'il aurait ressenti. Je savais ses mimiques, ses silences, ses mains qui se frotteraient, ses yeux qui déborderaient d'émotion (et puis non je ne vous le ferai pas ce billet sur les parents idolâtres...)

Arrivée de l'épreuve de vélo

A l'arrivée de son parcours cycliste, elle avait l'air fraîche comme un gardon. Et le sourire qu'elle m'a lancé en disait long sur ce qu'elle vivait. Oh oui elle était bien dans sa course... Un sourire par lequel je savais son bonheur. Il m'était tellement visible que c'était son moment à elle, son jour, sa course, celle si belle qu'elle n'avait pas laissé lui échapper. Je ne sais plus bien comment j'ai fait pour ne pas me briser les cordes vocales. Je sais juste que je me suis postée là où j'allais la voir arriver de loin, le Canon toujours en bandoulière, je me suis casée dans une belle place que m'ont faite ces san-franciscains qui encourageaient chaque concurrent. Moi je me sentais gourde avec mon anglais balbutiant, alors je restais là, plantée sans rien dire. Ils sont passés des champions, certains ventolinés même et qui ne l'étaient plus à mes yeux, ils sont passés des bagnards, des visages où bien plus que la souffrance se lisait leur bonheur.

Arrivée d'un bagnard

Et puis je l'ai vu elle, alors j'ai vociféré des bravos, des vivas et tout plein de charabia français. Et la belle, la championne qui s'était battu pendant presque 3 heures, avait encore l'énergie de m'envoyer le plus beau des sourires et de lever le bras encore une fois. Et ils m'ont tous souri ces ricains bien bâtis, contents d'accueillir des étrangers dans leur beau triathlon. "It's a good job nineteen fifteen ! It's a good job" Oui un very good job my sister !! Voilà, j'étais juste éperdue d'admiration. Je le suis toujours d'ailleurs... Mais s'il vous plaît ! N'allez pas lui répéter !

Arrivée de ma zomozygote

samedi 14 juin 2008

Les photographies de la balade de Riquet.

Les photographies de la Balade de Riquet sont en ligne.

samedi 17 mai 2008

Quand on arrive près d'une écluse

L'arrivée près d'une écluse

jeudi 15 mai 2008

Les cinq équipes de France Choroïdérémie

Les équipes de France Choroïdérémie à la Balade de Riquet

Hein que nous étions beaux, non ? Vous ne voyez pas comme nous étions heureux ?
Nous étions cinq équipes à courir sous les couleurs de France Choroïdérémie.
25 coureurs... j'en ai même retrouvé un que je n'avais pas vu depuis 20 ans... Sans compter tous ceux que j'ai découvert et que je suis sûre je reverrai de nouveau.
Bravo à Marc, Pascal, Jean-François, Ghislain et Raphaël qui ont terminé 13ème au classement général avec une moyenne de 14,47 km/heure (... sur une distance totale de 181,1 kilomètres, je vous promets que cela fait une sacrée performance...)
Et puis surtout bravo à tous, oui à tous sans exception.
J'étais très fière de porter les mêmes couleurs que les vôtres...
Celle d'une association qui me tient tant à cœur.
France Choroïdérémie... à mes yeux, on ne prononce jamais trop son nom !

Et puis pendant qu'on en est aux remerciements, je voudrais remercier l'enseigne Décathlon qui nous a permis de courir, à moindre prix, aux couleurs de France Choïdérémie. Remerciements d'autant plus sincères que j'avais été en son temps particulièrement offusquée de l'attitude de Go Sport qui, pour ne pas répondre à une lettre où je sollicitais que le geste que l'on me proposait bénéficie à France Choroïdérémie s'était empressé de m'adresser un chronopost inepte... Un grand merci également, pour la saveur divine de son mélange de fruits secs, au magasin Biocoop de Clermont l'Hérault... le petit Jésus en culotte de velours, son mélange, vous dis-je !!

mercredi 14 mai 2008

"France Choroïdérémie III", c'était mon équipe à moi !

Tout a commencé par une petite phrase prononcée au bord du bassin de la Villette, il y a six mois de cela. Une phrase de Marie-Cat, celle qui ferait courir un arbre s'il le fallait... La petite phrase a fait son chemin et en novembre elle s'est faite plus pressante : "si tu y vas, j'y vais" m'a dit son frangin. Alors la petite phrase s'est faite refrain. A l'an nouveau, Zomozygote m'a dit : "moi j'en suis !". Alors je n'ai pas réfléchi bien longtemps : la petite ritournelle s'était transformée en un tube à succès depuis un moment déjà. J'ai juste tapoté quelques mots sur mon clavier "Et bien nous irons donc de conserve !".
Aligner quatre courses sur deux jours quand on part à peu près de zéro c'est comme de regarder le Mont Blanc depuis l'autoroute... même quand on l'a sous les yeux on sait que ce n'est pas le même monde. Alors pour tenter de l'approcher on a beaucoup cavalé, entraînement après entraînement, course après course. On s'est beaucoup écrit, on s'est encouragé. On s'est tout un peu surpris d'y mettre tant d'allant.
Et puis on a pris, qui l'avion, qui le train, qui la voiture et on s'est retrouvé quelques heures avant le départ. Pour certains c'était la première entrevue, pour d'autres l'aventure avait commencé vingt-cinq ans plus tôt, à l'époque c'était la musique qui nous réunissait.
Le reste est indicible. Ou presque.
Le reste c'est le canal du midi à perte de vue, à perte de souffle, à perte de force.
Ce sont les mains qui se tendent et dans lesquelles on frappe en clamant "Fonce fonce !!"
Ce sont les bras qu'on tend en criant "Bravo Championne !"
Ce sont les sacs qui débordent dans la voiture qui nous mène rejoindre celui ou celle qui court. C'est la carte étalée sur les jambes trop dures. "38 minutes qu'il est parti, il ne faut pas se perdre..." C'est le regard que l'on lance derrière à celle qui le relayera, "Ca va ? Tu es prête ?" Ce sont les litres que l'on boit, ce sont les ampoules que l'on soigne, ce sont les faims dont on n'imaginait pas qu'elles puissent être si impérieuses et si gigantesques.
Quatre course chacun, celle où l'on dépasse les péniches, celle où l'on souffre, celle où l'on s'étonne d'aimer encore cela, et la plus belle, celle que l'on finit en pleurant.
C'est la plus belle aventure qui m'est arrivée depuis des années.
A l'arrivée, pour le 500 mètres final et en équipe,  nous étions quelques uns à courir un bandeau sur les yeux. Un bandeau pour signifier que d'aucuns perdent la vue et que "rien que pour voir" France Choroïdérémie était venue.
Sur mes yeux il y avait un bandeau noir et c'est tant mieux parce que cela m'a permis de planquer mes larmes.
Je n'avais pas bien envie de la quitter ma belle équipe...



Marie-Catherine
Marie-Cat


Benoît
Benoît


Patricia
Patricia


Marie
Marie... la Zomozygote


Aurélie
et moi...

vendredi 9 mai 2008

France Choroïdérémie, la belle équipe que voilà...

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

En 1992, je connaissais rien au biathlon. Pourtant, une après-midi, quand je me suis plantée devant le poste pour regarder les JO d'Albertville (les Jeux Olympiques constituent la seule exception que je fais à mon insurmontable aversion pour la télévision), je n'en ai plus décrochée. C'était un relais féminin, je n'y connaissais rien mais c'était la plus belle victoire que je n'avais jamais vue. Mesdames, quand l'or a illuminé vos visages pourtant défaits sous l'effort, j'étais tellement émue que j'en ai versé des larmes de joie.

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

Samedi et dimanche, nous ne remporterons aucune médaille. Sauf que je vais faire l'épreuve la plus difficile que je n'ai jamais réalisée. Et surtout que jamais je ne me serais cru capable de faire une chose pareille...

C'est avec les couleurs de France Choroïdérémie que je vais cavaler. Je vais le faire avec des amis de toujours et j'en suis très fière !
Nous serons 5 et nous allons parcourir 191 kilomètres pour rallier Toulouse à Béziers.
Nous serons trois fois cinq et nous allons parcourir 574,2 kilomètres en trois équipes de cinq pour rallier Toulouse à Béziers.

France Choïdérémie.
C'est pour que l'on se souvienne de ce nom et que l'on connaisse cette association que nous le faisons.
Je vous raconterai sans doute les pas qui n'en finissent plus sous la pluie, et puis aussi l'émotion de la main qui se tend et qui en une tape vous donne le relais pour que l'on continue à avancer, que l'on continue à se battre. Juste pour terminer ! Et puis les encouragements qu'on prodigue, l'effort que l'on poursuit, non pas pour soi mais parce que les autres sont là, avec vous.

France Choroïdérémie
Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

On ne rapportera pas de médailles.
On s'en moque.
C'est pour elle qu'on le fait.
Rien que pour voir.

France Choroïdérémie.
Savez-vous le dire ?
Essayez ! Vous verrez, ce n'est pas si difficile que cela à prononcer.
France KO-RO-I-DE-RE-MI
Vous entendez, ce sont presque des notes de musique...
Vous avez réussi ?

Et bien voilà, maintenant vous pouvez continuer !
Parlez, parlez de nous.
C'est pour elle que l'on se bat.

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

dimanche 13 avril 2008

Quand le tabac vous donne des ailes pour courir...

Projet du jour abouti... 53 minutes.
53 minutes et un immense merci au buraliste du 58 avenue du Général de Gaulle ! Sans lui je n'aurais jamais pris le départ en laissant papiers, CB et téléphone dans un algeco ouvert à tous vents... Pas de consigne. J'ai pu ainsi mesurer combien nous étions peu à venir cavaler en solitaire...
Merci Monsieur du Tabac, merci de de votre gentillesse et d'avoir accepté de vous encombrer du sac d'une parfaite inconnue. Grâce à vous, c'est bien plus légère que j'ai pris le départ et mené à bien ce projet... descendre sous les 55 minutes !
Et pour ne rien vous cacher, j'étais tellement déconfite de cette absence de consigne que j'en avais perdu mon dossard, lequel fût heureusement retrouvé quelques minutes avant le départ dans ledit algeco...

samedi 5 avril 2008

La neige et l'estate - Concerto pour violon, cordes & continuo en sol mineur

Demain, j'irai courir toute seule. J'ignore pourquoi j'ai tant de mal à comprendre que c'est vraisemblablement ce que je fais le mieux... avancer seule.

Une ou deux facétieuses giboulées de neige axonaises devraient — encore une fois — me tenir compagnie.

Parfaite illustration de la température de mon myocarde en début de printemps.

Et encore une fois se déversera Carmignola dans mes oreilles...

Vous ai-je dit qu'en ces jours présents, nul autre homme ne fait battre mon cœur aussi fort que son archet ?
Vous vous imaginez à quelle vitesse je cavale quand s'élève, si hardie que presque indécente, l'interprétation qu'il imprime au troisième mouvement de l'été ... presto !

Je palpite, je frissonne, je m'envole... Je tends les bras et le monde est à moi.

Oui, demain j'irai courir et une heure durant j'aurai le droit de croire que je peux encore aimer.

Quant à ce qu'on puisse m'aimer, la chimère est bien trop cuisante pour que je lui prête flanc...



Nota bene : Il n'y a aucune forme de tristesse dans ce billet... mais qu'un évident constat.
un myocarde de glace vous dis-je...

dimanche 30 mars 2008

Fouler... le pavé, par exemple.

Détail de l'affiche pour la course
Détail de l'affiche — bidouillée — de la vivicitta

Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.

J'ai chargé dans mon "lilipode" la compilation "longue cavalcade".
Un coup de pistolet plus tard, j'avais oublié le reste du monde.

Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
A tout prix.
Avec le sentiment de n'avoir d'autre choix.

Continuer, ne pas s'arrêter.
Oublier les fâcheux, oublier les taiseux, oublier les frileux.

Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
A tout prix.
Sinon je ne serais pas là. Sinon je ne serais déjà plus là.


Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
S'imaginer une heure durant que la vie se résume à cela.

Se serait si facile...

lundi 24 mars 2008

La très sarcastique intempérie axonaise

Crépuscule axonais

Crépuscule axonais

J'ai oublié tous les sentiers, petits chemins boueux où j'allais salir mes pointes tous les dimanches matin. Alors j'ai peur de m'y perdre dorénavant. Oh je n'ai pas peur du loup — pas plus que des araignées, du noir ou de grand chose je dois dire. Mais comme courir ne veut pas dire détaler et que partir, n'est pas s'enfuir : il me faut surtout revenir vite auprès d'eux. Prodigieusement forte de ces improbables souvenirs, je me fourvoie souvent. Je vais puis je reviens ; j'hésite et puis je vire. Exercices d'autant plus hésitants que j'ai les fessiers délicats ! Il n'est pas question pour moi de cavaler sur le macadam : quelques pas de trop sur le bitume et me voilà réduite à soigner d'interminables et cuisantes tendinites...

Au mois de décembre dernier pourtant alors qu'une ribambelle de marmots plus vivants les uns que les autres avait envahi la demeure, il m'est venu l'idée de les épuiser avant qu'ils ne m'achèvent. Une requête ou deux dans Google et les voilà tous munis d'une carte et d'un appareil photo, le tout juché sur une bonne paire de chaussures ! En avant l'aventure : souris crevée, lac gelé, chevaux, veaux et même sombres grottes... Indiana Jones était de retour !
Las ! le périple de neuf kilomètres, surtout lorsque le plus petit a la respiration sifflante peut être harassant. Et il ne sera jamais dit que les vacances seront une épreuve ! Une halte à la demeure pour installer la marmaille au chaud et, chaussée de mes baskets, me voilà cavalant à travers bois pour rallier la voiture abandonnée dans quelques hauteurs.

Grottes, ruisseaux, ornières et boue à l'envie. Tout était resté là, comme avant...

Lorsque je débouchais sur le plateau, j'étais à Amsterdam plus de 25 ans plus tôt, dans une expo où était accroché un tableau de Van Gogh, une toile où l'on ne voyait qu'un ciel terrassant un champs. Alors je me suis trompée, gauche au lieu de droite. Le vent a grossi soudainement, la température a chuté pour venir chatouiller zéro. J'ai couru longtemps avant de comprendre mon erreur. Pour regagner le droit chemin j'ai cru pouvoir couper à travers ce champs gourd. Arrivée au quart de celui-ci une enclume de terre encombrait chacun de mes pieds et bientôt la pluie est tombée. La jolie promenade dans mes souvenirs se transformait en bizutage pour citadine frileuse ! Je me souviens très précisément avoir pensé "mais que pourrais-je bien rêver de pire"... lorsque la grêle s'est mise à tomber. Pas du grésil, pas du calcin, non une gerbe de grêlons épais projetée par un vent cruel... et, toujours perdue au milieu de ce champs, n'était le moindre abri pour m'y dérober. Alors j'ai fait ce que je fais toujours lorsque, en vélo avec mes enfants, nous essuyons l'orage : moitié riant, moitié pleurant j'ai fait à moi toute seule un concours de gros mots. J'ai insulté le ciel jusqu'à sa stratosphère, maudit ce champs jusqu'à sa millionième betterave, j'ai agonis cette terre qui garrottait mes foulées. Et je les sens encore ces grandes claques de glace contre lesquelles je ne savais que pester en prenant mes jambes à mon cou... Et je le sens encore ce rire qui me tenait, cette dérision de cavaler bêtement en plein champs, cette farce de parisienne qui s'en va sautiller niaisement dans le mauvais temps...

C'était à cela que je pensais ce matin en refaisant ce parcours. La lumière était belle, et la température bien que fraîche, loin d'être inquiétante. Lorsque j'ai débouché sur le plateau cette fois longeant le champs au lieu de le pourfendre, ce beau plateau soissonnais dont la perspective est si belle que l'on ne s'imagine pas qu'il ne mesure que quelques petites encablures cernées de près par de profonds vallons, je riais encore de ma mésaventure.
Et puis le vent s'est levé. Mais n'est-ce pas le propre des plateaux d'être venteux .
Et puis la température a chuté et le ciel s'est assombri...
Et mon pull noir s'est, tout à coup, constellé de tâches blanches.
C'est ainsi que, sans gants, sans bonnet, tremblante de froid et de fatigue, je me suis retrouvée tressautant à travers de violentes — mais pascales — bourrasques de neige !
Et il est venu encore ce rire qui me tenait, cette dérision de cavaler bêtement en plein champs, cette farce de parisienne qui s'en va sautiller niaisement dans le mauvais temps...
J'ai indubitablement une certaine tendresse pour cette déroutante intempérie axonaise...

lundi 23 octobre 2006

Papa, mes pointes et moi

Cet été alors que j'investissais la demeure avec mes marmots, mon chat et des valoches à déprimer un liftier, j'ai décidé que ça suffisait ! Il était bien temps que les choses changent dans cette baraque et qu'il était révolu le temps où au prétexte de ne pas déranger les vêtements des défunts les miens étaient exclus des placards ! J'y ai passé deux jours. Deux jours pour deux malheureux réduits qui débordaient de tout ce que peut accumuler une famille pendant 30 ans. Tout en haut, derrière les bombes aérosols périmées depuis au moins une décennie, il y avait un sac en plastique blanc réduit à peu près en miettes.
Je l'ai extirpé en me demandant bien quelle horreur j'avais encore dénichée.

Il y avait deux paires de chaussures.
Blanches, avec encore de la boue dessus.
Deux paires de pointes.
L'une avec des bandes oranges, l'autre avec des bandes vertes.
Car j'avais des soucis d'esthétique quand j'étais jeunette...
Quand j'allais courir tous les dimanche matin en forêt avec mon papa.

Il n'y avait que ces deux paires.
Il n'y avait pas les siennes.
Il n'avait gardé que les miennes.

J'ai couru pendant des années.
J'ai couru quand ce n'était pas encore la mode, quand il n'y avait que nous à sautiller dans la boue en culotte courte !
Quand j'étais trop petite et que je n'aimais pas ça.
Sauf qu'on était avec notre papa et que finalement si on aimait bien, zomozygote et moi aller "cavaler" avec papa.

On a fait quelques compéte aussi.
J'ai en même fait beaucoup.
J'y crevais de trouille mais j'aimais ça quand même.
Surtout les cross.
J'adorais les cross rien que pour l'odeur de l'arnica qui se mêlait à celle du terreau frais.
Pour ces jambes crottées qu'on exhibait comme des blessures de guerre quand ce n'était pas nos joues ou nos scalps cochonnés qu'on arborait avec fierté !
Pour ces pointes dont on ignorait bientôt tout des couleurs mais que je choisissais toujours avec goût.
Tout le monde avait des bandes bleues.
Mais moi j'avais des bandes oranges ou des bandes vertes...



Aujourd'hui, il y avait la course des remparts de Laon.
Tout le monde courait, sauf moi et Tarquinou. Et je trouvais cela parfait !
Mais ce matin, en me levant, il y avait une putain d'envie qui me taraudait.
Certains dormaient, d'autres se préparaient.
Moi j'ai été chausser de vieilles chaussures.
Parce que j'étais grandette mais encore jeunette quand j'enfilais mes jolies pointes qui à bandes oranges, qui à bandes vertes.
Et depuis toutes ces décennies, il y a belle lurette que je ne les chausse plus.

Mais j'ai retrouvé tous les sentiers. Même celui qui monte tout là haut et qui était bien caché.
J'ai tourniquoté un peu mais je l'ai débusqué.
Et je suis montée tout là haut, là où je râlais parce que cela montait trop !

C'était surprenant.
J'ai trouvé cela facile.
Et surtout tellement bien...
Je ne rêve que d'y retourner...



A Laon, j'ai senti de nouveau l'arnica.
Et puis même si je ne partais pas j'avais toujours le coeur qui s'arrêtait avec le bang du pistolet de départ.
Et puis voir tous ces pataloustics cavaler ça m'a fait chaud au coeur...
Et je n'étais pas la seule à penser que ce père qui gardait les pointes de ses filles aurait été fier de voir tout ce petit monde courir au milieu de la ville qu'il aimait tant...



Au fait, c'est décidé... je m'y remets à la course à pied !



dimanche 5 décembre 2004

Courir vers son passé

champs et bois près de la demeure
Dimanche matin. Dans le froid du petit matin je suis sortie dans le jardin de la demeure, peut-être à l'affût d'un merle ou d'un chat égaré. A moins que ce ne soient des ombres que je cherchais... Je ne sais.

C'est l'odeur la première qui m'est revenue. L'odeur du froid et du petit bois qui se consume. L'odeur de ces herbes folles qui deviennent flammèches éperdues et s'élèvent à jamais.

Et puis la cloche du village a sonné comme pour sonner le départ. Alors je me suis dit "c'est l'heure". J'ai retrouvé cette sensation de noeud au creux de mon ventre, ces foulées hésitantes avant que les muscles ne soient chauds, ces buées de plus en blanches qui se formaient sous mon souffle.

Oui, je m'en souviens très bien de nos cavalcades d'antan. Quand tous les dimanche matin avec papa nous allions sillonner la région en pointes et culottes courtes. Je connaissais tous les chemins vicinaux, les maisons cachés dans les bois. Qu'ils étaient magnifiques ces tennis du siècle dernier rendus à la gourmandise de la forêt. Je savais les grottes où allemands et résistants se sont croisés.

Je me souviens surtout de ces instants suspendus où c'était joli. Alors papa s'arrêtait, regardait et il disait avec plein d'humanité : "c'est bat, hein ?". La beauté, ce n'est pas de voir, non, c'est de partager.